Jésus-Christ lui-même a dit un jour à ses disciples : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : c’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens ». L’une des ruses employées par le premier cavalier pour séduire est la contrefaçon ou la fausse religion.
Une après-midi, à Paris, Ruth ouvrit la porte de notre chambre d’hôtel à deux hommes. L’un d’eux expliqua dans un anglais hésitant que l’autre était « le Messie » venu me voir pour une « mission divine » (?) Après cette pathétique rencontre d’une personne dérangée, ayant croisé mon chemin, prétendant être « le Messie », Ruth nota qu’il prétendait être le Christ, mais qu’il était même incapable de communiquer dans notre langue ! De par le monde aujourd’hui, il y a une profusion de messies de mascarade – des hommes et des femmes prétendant être le Christ. Certains sont des handicapés mentaux ou déséquilibrés. D’autres complotent et rêvent avec encore plus de raffinement dangereux et de puissance. Mais tous sont des contrefaçons, des faux.
La Bible dit que cette liste de faux-christs s’allongera jusqu’à l’incarnation finale de l’Antéchrist, chef de file de la procession. Il sera l’exécuteur de Satan. A l’exemple du Christ, il propose une paix qui est aussi fausse que lui-même. Son âge d’or n’aura qu’un temps. La Bible dit que Satan est un imitateur !
La séduction est la méthode privilégiée du cavalier. Il promet la paix au monde, mais elle est fausse. Tel un superman, il imposera un super-système avec une poigne de fer. Jésus a dit : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez ».
Le monde qui a rejeté le Christ de Dieu est prêt à recevoir le christ du diable.
La Bible dit que dans l’avenir ; on verra se lever un surhomme appelé l’Antéchrist. Comme Jean l’annonce, « un antéchrist vient ». D’autre part, précédant la réelle venue de l’Antéchrist, Jean a prophétisé qu’il y aura « l’esprit de l’Antéchrist », et qu’il y aura « plusieurs antéchrists ».
Certains séducteurs autour de nous sont manifestement plus liés à Satan et à son commerce que d’autres. Plusieurs même ne dissimulent même pas leurs tentatives de séduction. Ils parlent sans détour des puissances alléchantes du mal et invitent hommes et femmes à venir adorer Satan lui-même. Le culte public à Satan est peut-être la séduction la plus facile à analyser. Dans son livre « les religions étranges nouvelles », William J. Petersen, autrefois rédacteur du magazine « Eternité » parle du satanisme : « Le blasphème le plus infâme du rite sataniste est la messe noire ». Petersen explique comment, pendant la messe noire, les participants essaient de contrer radicalement toutes leurs notions du christianisme : Le crucifix est mis à l’envers. On couvre l’autel d’une nappe noire au lieu d’une blanche. On chante les cantiques à l’envers. C’est un prêtre défroqué qui officie et, à la mention du Christ ou du Seigneur, il crache sur l’autel, ou pire que cela. Afin de rendre le blasphème encore plus méprisable, on y ajoute des rites sexuels. On sacrifie même un enfant parfois. Pendant la cérémonie, les adorateurs renient leur foi, reconnaissent Satan comme Seigneur et à la fin du rite, le grand prêtre termine par une malédiction au lieu d’une bénédiction.
Que cela vous semble ou non horrible et répugnant, n’oubliez pas qu’il y a aujourd’hui des milliers et des milliers de Satanistes dans le monde. Dans mes voyages, j’ai relevé différents types de culte à Satan. Par exemple, un soir à Nuremberg, en Allemagne de l’Ouest, nous avions une Campagne d’évangélisation dans ce stade utilisé naguère par Hitler pour ses abominables rallyes guerriers. Il était difficile d’être là, dans cet endroit, et d’entendre de mémoire les foules crier « Heil, Hitler ! » Nous réalisions que depuis ce lieu, le 3ème Reich s’était décidé à exterminer des millions de Juifs et d’autres prisonniers pour raisons politique, religieuse ou médicale. Ce soir-là, l’arène ouverte comptait 60.000 personnes qui chantaient les louanges du Christ et nous prêchions la Parole de Dieu. Des milliers s’engageaient pour le Christ, qui devenait leur Sauveur et Seigneur. La présence du peuple de Dieu semblait exorciser les vieux démons qui avaient hanté les allées trente ans plus tôt.
Un soir où j’étais sur l’estrade, les adorateurs de Satan, habillés de noir s’assemblèrent à l’entrée des portes du stade. Utilisant des rites anciens et diaboliques, ils essayaient de mettre un interdit sur la réunion. La rumeur de leur présence se propagea. Les chrétiens prièrent, et en réponse à ces prières, l’incident n’eut pas de suite.
Un autre soir, à Chicago, 300 adorateurs de Satan se dirigèrent vers l’auditorium Mc Cormick dans le but précis d’envahir l’estrade et d’arrêter le service en cours. Ils avaient annoncé leurs intentions auparavant mais je n’imaginais pas le moins du monde qu’ils prendraient réellement d’assaut la tribune. Nous venions de chanter le second cantique, George Beverly Shea avait chanté un gospel et Cliff Barrows allait diriger une chorale nombreuse dans un grand hymne de louange, quand un policier se précipita vers la tribune et murmura quelque chose à l’oreille du maire de Chicago, venu nous accueillir ce soir-là.
Au même moment, les adorateurs de Satan forcèrent le chemin, dépassant le service d’accueil au fond de cet auditorium spacieux, et empruntèrent les allées latérales pour se diriger vers la tribune. Il y avait plus de 30.000 jeunes dans ce rallye. Seuls, ceux du fond virent les adorateurs de Satan entrer. Le maire de Chicago se tourna vers moi et me dit : « Dr Graham, laissons la police s’occuper de ces intrus ! ».
Dans la mesure du possible, nous ne faisons jamais appel aux forces de police pour assurer le service d’ordre. « Permettez-moi de tenter autre chose, Monsieur le Maire » suggérai-je alors. Je fis cesser le chant de la chorale et je m’adressai aux 30.000 jeunes de l’auditorium : « Environ 300 adorateurs de Satan entrent en ce moment dans ce lieu. Ils disent qu’ils vont prendre d’assaut la tribune. Vous pouvez les entendre arriver ! ».
La foule pouvait entendre les incantations monter progressivement. Tous se retournaient pour les voir s’avancer, décidés et dépassant les membres du service d’accueil qui essayaient de les retenir. Ils causaient un désordre considérable ; je continuai donc à parler à la foule : « Jeunes chrétiens, je vais vous demander d’entourer ces adorateurs de Satan » les exhortai-je. « Aimez-les, priez pour eux, chantez pour eux ; et amenez-les à rejoindre les entrées par lesquelles ils sont venus ».
Jamais je n’oublierai ce moment ! Des centaines de jeunes chrétiens se levèrent et firent exactement ce que je leur avais demandé. Certains se donnèrent la main et entonnèrent un chant. D’autres entourèrent les adorateurs de Satan de leurs bras et se mirent à prier pour eux. D’autres communiquèrent leur foi calmement. Le reste de l’auditoire était assis, priant, pendant que l’Esprit de Dieu travaillait au travers de son peuple pour confondre le travail du diable en son sein. Je regardais la scène en silence. J’attendis dans une attitude de prière jusqu’au retour de la paix et de la reprise du déroulement normal de la réunion.
J’ai connu la même expérience à Oakland, en Californie, dans le stade de foot-ball. Des centaines d’adorateurs de Satan envahirent encore le rassemblement pour distraire et troubler les milliers de personnes venues pour entendre parler du Christ et de son plan de salut. Nous avons adopté la même solution qu’à Chicago. Là aussi, des centaines de chrétiens se levèrent et amenèrent les adorateurs de Satan à quitter amicalement le stade. J’invitai les jeunes à les entourer d’amour. Ils le firent ! Vers la fin de la même semaine, je reçus un courrier d’un des responsables du groupe sataniste, me remerciant pour ce que j’avais fait. Voici un extrait de sa lettre : « Vous nous avez sauvé la vie ». La puissance de nos jeunes chrétiens ne venait pas de l’impact du mal et de l’abus de la force, mais au contraire de leur détermination calme, affectueuse et spirituelle.
Au cours des années passées, nous enregistrons quelques encouragements dans les églises. Certaines atteignent un rythme de croissance imprévu. Les facultés de théologie évangéliques sont surpeuplées. Des milliers et des milliers de petits cercles d’étude biblique se sont créés dans tout le pays. Parallèlement, certains, les jeunes surtout, éprouvent un sentiment d’insatisfaction de l’église chrétienne traditionnelle. Ils ont grandi dans un climat de méfiance et d’insatisfaction. Chez nous, la guerre du Viet-Nam, la Baie des cochons et la corruption mise au jour de bien des politiciens ont secoué le pays. Il y a eu Jim Jones et le Temple du Peuple ; des scandales ont agité l’église, y compris l’emploi douteux de l’argent et des fonds. La liste des causes de mécontentement s’allonge sans cesse. La déception précède de peu la séduction. Le premier cavalier propose deux solutions face à la foi véritable en Dieu.
La première est d’ignorer la religion dans son ensemble. Si nous nous sentons éloignés, isolés, mal-aimés, solitaires et à la dérive dans un univers froid et sombre, nous ne cherchons pas Dieu à travers Christ. Nous tentons simplement de nous échapper. Voilà pourquoi la promiscuité sexuelle sévit, pourquoi les abus d’alcool sont courants. Il – ou elle – essaie de faire l’impossible pour chasser la solitude, mais c’est l’échec. Saint-Augustin écrit : « Tu nous as créés pour toi-même et notre cœur est agité jusqu’à ce qu’il se repose en toi ».
La seconde solution est de s’investir dans une religion fabriquée de toutes pièces, et fausse, une contre-façon proposée par le premier cavalier de l’ Apocalypse. Considérez la croissance exceptionnelle des religions orientales en Amérique du Nord. Le cinéaste Ralph Thomas, metteur en scène du court-métrage sur les sectes, « Laisser-passer pour le ciel » a fait des recherches sérieuses sur « 2.200 sectes aux U.S.A. ». Il croit que « des millions de jeunes s’y impliquent, et même davantage encore d’amis et de parents ont là-bas quelqu’un qui s’y est engagé. Il est presque impossible de rencontrer quelqu’un n’ayant pas une nièce, un neveu ou un enfant impliqués dans les sectes ».
Un responsable d’une secte coréenne, par exemple a prouvé que loin d’être passagers, les mouvements de faux messies se multiplient. Le Journal de Wall Street du 3 février 1982 précise que « cette secte, originaire de Corée, ne badine pas avec les affaires. Cette secte est véritablement une curiosité actuelle du monde des affaires… un réseau grandissant de sociétés avec des intérêts dans la publicité, les loisirs, la pêche, les denrées périssables et les banques ». Les églises de cette secte pullulent dans bien des pays, attirant de jeunes recrues. Cette secte compte aujourd’hui des milliers de membres dans les Etats-Unis et elle a des revenus annuels de plusieurs millions de dollars.
Le film du metteur en scène Thomas raconte l’histoire d’un adepte zélé et montre comment les adeptes sont recrutés par des techniques typiques de lavage de cerveau. Parmi ces techniques, une thérapie : la privation de nourriture, de sommeil, l’isolement, les émotions, l’intérêt, les sentiments, les incantations, les chants et l’introspection dans la vie privée du passé de chacun. Deux ou trois jours d’un tel traitement suffisent à provoquer une dépression nerveuse, premier signe d’un lavage de cerveau réussi.
Cette seconde solution face à la foi chrétienne – l’essor des sectes, en particulier d’origine orientale, se manifeste de jour en jour. Les singeries de la foi véritable sont nombreuses et virulentes. Que devons-nous faire ? Un chrétien ne peut ignorer cela, il ne peut se croiser les bras dans une attitude de jugement ou de dérision. Nous avons bien souvent contribué aux déceptions ressenties par les jeunes concernant la foi chrétienne.
Supposons qu’un voisin, ou parent se soit engagé dans un certain groupement religieux et vous demande de réfléchir et d’y adhérer aussi. Ou imaginez que quelqu’un frappe à votre porte, et avec un sourire engageant, vous suggère un entretien pour vous renseigner sur son mouvement religieux ou vous donner de la littérature religieuse. Que faire pour éviter d’être séduit ou de s’éloigner de la vérité du Christ ? Je vous conseille de poser trois questions.
Premièrement, Christ est-il adoré en Seigneur et Sauveur ? La question primordiale aujourd’hui est encore la même qu’il y a deux mille ans, celle que Jésus posait déjà : « Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il fils ? » Certains rejettent totalement le Christ, ou disent qu’il n’était qu’un grand prophète. D’autres affirment que le salut ne se trouve pas en Christ, mais uniquement en leur chef ou fondateur de leur enseignement. Bien des sectes ont une haute opinion du Christ, mais nient qu’il soit ressuscité des morts, ou qu’il était le Fils unique de Dieu, que seule sa mort expiatoire sur la croix nous acquiert le salut.
Mais Jésus a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ». L’apôtre Pierre, en un raccourci saisissant du message intégral du Nouveau Testament, a affirmé : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés ». Ne vous y trompez pas ! Aucun responsable, groupe, ni cercle d’enseignement religieux ou de concepts philosophiques ne peuvent vous délivrer de vos péchés et vous réconcilier avec Dieu. Christ seul est capable de le faire, et il le fera pour tous ceux qui se tournent vers lui dans la simplicité de la foi, et qui se confient en lui comme Sauveur et Seigneur.
Deuxièmement, la Bible est-elle primordiale comme guide unique et vrai de la foi et des œuvres ? Les sectes et les fausses religions ignorent souvent, où même nient l’inspiration et l’autorité souveraines de la Bible comme Parole de Dieu. Ils remplacent parfois le livre des livres par un autre livre ou un ensemble d’enseignements non basés sur la Bible. Certaines sectes accordent que la Bible est Parole de Dieu mais ajoutent ensuite un autre livre qui « interprète correctement » la Bible selon leurs propres pensées. Une secte importante affirme que ses enseignements sont basés sur la Parole de Dieu, mais elle a « sa propre traduction » de la Bible, déformant l’enseignement clair de la Bible claire !
La Bible est la Parole de Dieu, et cette source de vérité sur Dieu fait autorité en la matière. Elle n’est pas le produit d’imaginations humaines – même si Dieu a habitué les hommes à la transcrire – mais elle vient de l’Esprit de Dieu lui-même. « Sachez tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de l’Ecriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu ».
Troisièmement, encourage-t-on à participer sérieusement aux activités d’un groupe local de chrétiens ? Une caractéristique commune aux nombreuses sectes est qu’elles affirment être les seuls détenteurs de la vérité. Elles déconseillent donc fermement à leurs membres de s’intégrer à une communauté chrétienne, lors de l’adoration ou des études bibliques – et peuvent éventuellement prendre des mesures draconiennes pour les en empêcher.
L’Eglise n’est pas parfaite. Certains membres d’église – comme nous le verrons plus tard – se sont même écartés des vérités fondamentales de la foi chrétienne. Mais Dieu veille sur son peuple et l’église joue un rôle essentiel pour l’accomplissement de son plan. Nous avons besoin des autres croyants et réciproquement. La Bible dit : « N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques uns, mais exhortons-nous réciproquement ». Méfiez-vous de tout groupe qui critique d’autres chrétiens et églises, et clame que lui seul détient la vérité.
Après notre approche de ce sujet, peut-être vous posez-vous cette question : pourquoi y a-t-il apparemment tant de tromperies de nos jours ? Pourquoi tant de gens se laissent-ils séduire par de fausses doctrines et abandonnent la vérité de Dieu ?
Il y a, bien sûr, de nombreuses raisons à ce phénomène. Mais je crains que nous, chrétiens, n’ayons été impliqués dans ce problème, confessons-le, car nous ne sommes pas toujours des exemples dignes de l’amour et de la pureté du Christ. Beaucoup de jeunes, en particulier, ont été déçus de la foi des chrétiens, de l’église et se sont donc trouvés être une proie facile du cavalier séducteur.
L’histoire a montré que des chrétiens sont devenus, involontairement, des alliés du séducteur. Plutôt que de nous élever contre le symbole du cheval blanc qui s’approche au galop, nous pouvons l’aider sans le savoir, en parole et en action parfois. Un exemple : une partie de l’église d’état de l’Allemagne nazie donna sa bénédiction officielle au 3ème Reich d’Adolf Hitler qui ravageait l’Europe. Notre péché réside dans notre silence et notre inaction. Jim Jones avait été un pasteur consacré. Il est certain qu’un comité ecclésiastique aurait dû contester ses références avant la fin tragique de 913 personnes en Guyane. Au contraire, on n’inquiéta nullement Jones, ambassadeur du cavalier séducteur.
Les chrétiens d’aujourd’hui courent aussi le danger d’aider le cavalier chevauchant le cheval blanc à séduire. Dans son livre : « Piété profane : la raison de l’attrait des sectes pour les chrétiens », Harold Bussell dit : « dans notre zèle à dénoncer les erreurs de doctrine des sectes, nous avons pratiquement passé sous silence nos propres défauts et vulnérabilités ». Je ferai un bref exposé de certaines attitudes adoptées par trop de gens qui contribuent par là-même à en séduire d’autres :
L’une des raisons principales du rejet du Christ par les jeunes et de leur adhésion au cavalier séducteur et ses alliés occultes est le fait des demi-vérités, des réponses superficielles et des mensonges que nous, chrétiens, avons parfois utilisés dans nos tentatives de « vendre la foi ». J’ai entendu trop de sermons, lu trop de livres idylliques. Certains disent même que si vous devenez chrétien, vous serez riche, prospérant toujours. En essayant de communiquer la foi, nous avons donné l’impression qu’accepter Christ comme Sauveur et Seigneur, c’est la fin des problèmes. Ce n’est pas vrai. « Naître de nouveau » en Christ est un merveilleux commencement, mais ce n’est pas la fin de la douleur ou des problèmes dans nos vies. C’est commencer à y faire face. Etre chrétien signifie vivre une existence comblée de dur labeur, d’études sérieuses et de décisions difficiles.
Après la fantastique conversion de l’apôtre Paul sur le chemin de Damas, je doute fort qu’il ait entrevu les difficultés et la souffrance à venir. Malgré l’avertissement de Dieu à Ananias (qui allait former Paul), « Je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom », la vie chrétienne seule n’aurait pu le modeler pour ce qui allait arriver, comme le ferait le service du Christ. Aux Corinthiens, il rappelle certaines épreuves – non dans le découragement et les plaintes, mais dans la joie et la victoire. « Dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes, au milieu de la gloire et de l’ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation, étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques, comme inconnus quoique bien connus, comme mourants, et voici nous vivons, comme châtiés quoique non mis à mort, comme attristés et nous sommes toujours joyeux, comme pauvres et nous en enrichissons plusieurs, comme n’ayant rien et nous possédons toutes choses ».
Il leur donne davantage de détails encore : « Trois fois, j’ai été battu de verges, une fois, j’ai été lapidé, trois fois, j’ai fait naufrage ; j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Fréquemment en voyage, j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux-frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les églises. Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui ne vient à tomber que je ne brûle ? S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai ».
Pour Paul, la vie chrétienne fut une vie de souffrances comme celle d’une multitude de disciples du Christ dont beaucoup périrent pour leur foi. Lorsque le Christ répétait encore et encore que l’on doit « renoncer à soi-même, porter sa croix et le suivre », il précisait qu’il n’était pas facile d’être véritablement son disciple. L’apôtre Paul prévient les croyants : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés ». Il n’offre ni une grâce à bon marché, ni une vie facile. Un homme a dit : « Si le salut est gratuit, il n’est pas bon marché ».
Charles T. Studd, un célèbre sportif anglais, capitaine de l’équipe de cricket de Cambridge il y a un siècle, fit don de sa grande fortune au profit d’œuvres en détresse et conduisit ses sept condisciples de l’Université de Cambridge en Chine. Voici son slogan : « Si Jésus-Christ est Dieu, mort pour moi, alors aucun sacrifice pour lui ne sera trop grand pour moi ».
Au début du siècle, Charles Borden a laissé une des plus grandes fortunes familiales d’Amérique pour devenir missionnaire en Chine. Il n’alla pas plus loin que l’Egypte et là, à près de 20 ans, mourut de la fièvre typhoïde. Avant sa mort, il dit : « Sans restrictions, ni recul, ni regrets ! ».
Il y a une génération, Jim Elliot partit de la Faculté de Théologie Wheaton pour évangéliser les Aucas en Equateur. Avant d’être tué, il avait écrit : « Celui qui abandonne ce qu’il ne peut garder pour gagner ce qu’il ne peut perdre, celui-là n’est pas un insensé ».
La foi chrétienne apporte sa propre part de « sang, sueur et larmes » aux disciples prêts à suivre le Christ, Christ nous appelle à faire des disciples. Quand nous venons à lui, il enlève tout le poids des fardeaux. Le fardeau du péché, le fardeau de la culpabilité, le fardeau de la séparation d’avec Dieu, le fardeau du désespoir. Mais il nous appelle aussi à ceci : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions ». Ce joug n’est pas trop lourd à porter, puisque le Christ le porte avec nous : « Car mon joug est doux et mon fardeau léger ». Christ nous convie néanmoins à le suivre, sans nous soucier du prix à payer, et il ne nous a jamais promis un chemin sans épines. Une vie comporte toujours une série de difficultés. J’ai choisi le Christ non parce qu’il enlève ma douleur mais parce qu’il me donne la force de surmonter cette douleur et à la longue d’en être victorieux. Corrie Ten Boom disait : « Le pire peut arriver, mais le meilleur demeure ». Quand nous balançons entre bienfaits spirituels ou matériels de la foi chrétienne, nous pactisons avec le cavalier séducteur.
Je me souviens d’un jeune homme remarquable qui assista à l’une de nos Campagnes dans une chaise roulante. Il était au dernier stade d’un cancer généralisé, dans la révolte et l’amertume. Il avait lu trop de livres chrétiens promettant au croyant. Trop de chrétiens bien intentionnés lui avaient promis la guérison complète. Ses chers parents l’avaient conduit de l’un à l’autre qui priaient avec emphase pour sa guérison immédiate, mais en pure perte. Le jeune homme avait prié, jeûné et cru – et pourtant aucun miracle ne s’était produit. Il était en train de mourir maintenant. On avait mobilisé des centaines de personnes pour prier. Notre Campagne serait la dernière soirée chrétienne pour lui.
Notre invitée spéciale à cette soirée de jeunes était Joni Eareckson Tada. Elle aussi, avait prié pour la guérison. Et elle aussi, restait prisonnière de sa chaise roulante – quadriplégique ! Quand elle se dirigea, en chaise roulante, vers le micro ce soir-là, elle présenta la bonne nouvelle du Christ sans détour. Elle avoua sa propre révolte du début devant l’infirmité, après avoir prié et cru au miracle. Elle confia alors comment Dieu s’était révélé à elle dans sa douleur et avait donné un sens nouveau à sa vie malgré la déception et le découragement.
Joni osa dire les choses comme elles sont. Son honnêteté avait libéré ce jeune homme mourant. Abandonnant son amertume et sa révolte, il cessa de se considérer comme un échec, comme quelqu’un manquant de foi. Il voyait Christ à travers et malgré sa souffrance. Peu après cette soirée, il mourut et ses parents furent heureux qu’il ne soit pas mort révolté. Il ne fit que rendre sa vie à son Père bien-aimé, en se donnant à Jésus-Christ, et partit vivre avec le Ressuscité, libéré à jamais de la souffrance et de la douleur.
Cela ne signifie pas que Dieu ne guérisse jamais miraculeusement, car il le fait quelquefois. Mais à d’autres moments, il ne le fait pas. Il est difficile de comprendre pourquoi certains semblent mener une vie paisible sans effort particulier, quand d’autres sont sans cesse en proie à la douleur et à la peine. Difficile d’expliquer pourquoi certains corps meurtris sont guéris et pourquoi d’autres souffrent et meurent ; impossible de savoir pourquoi certaines prières paraissent exaucées si merveilleusement et d’autres ne semblent pas avoir été entendues ; impossible de prétendre que la vie en Christ est toujours synonyme de victoire, de miracle ou de succès sur cette terre. Si nous ne mentionnons que les expériences victorieuses, nous cachons une partie de la vérité. Quand nous ne relatons que les prières exaucées, nous simplifions trop. Si nous laissons entendre que la foi chrétienne ne comporte pas de joug, nous mentons. Et les demi-vérités, les réponses faciles et les mensonges sont les armes qu’utilise le cavalier séducteur.
Dans les souffrances, les épreuves et les tentations, Dieu procure sa paix, sa joie et son amitié. Nous ne sommes pas tous appelés à souffrir pour le Christ de façon semblable. Il est très difficile d’être chrétien dans certains pays, même si chez nous, il est peut-être aussi ardu de prendre position contre le matérialisme et l’égocentrisme de notre époque. Quel que soit votre cheminement, sachez que Christ est avec vous. Il connaît la souffrance – car lui, le fils de Dieu sans péché, a souffert les tiraillements de la mort et de l’enfer pour vous. Il a expérimenté la tentation et « car, du fait qu’il a souffert lui-même et qu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés ». Dans chaque situation de la vie, il peut donner une paix et une force intérieures que vous n’auriez jamais imaginées loin de lui. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point ».
Une autre raison du succès du cavalier séducteur est le double style de vie mené dans l’église chrétienne. J’approuve cet auto-collant qui dit : « Les chrétiens ne sont pas parfaits, ils sont tout juste pardonnés ! » Nous accusons durement les sectes et leurs chefs de tromper leurs membres. « Ils disent une chose et font l’autre », nous plaignons-nous. Cependant, considérons notre vie chrétienne : qui contredira l’apôtre Paul lorsqu’il déclare : « Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais ».
Bien souvent, l’incroyant perce à jour nos façades. Il a entendu parler de ces églises chrétiennes divisées par la révolte et la haine. Il sait que tel diacre chrétien a quitté sa femme pour s’enfuir avec l’organiste de l’église. Il n’ignore pas les activités du samedi soir de certains fidèles du dimanche matin. Il sait que les croyants sont des êtres humains également. Et malgré cela nous continuons la politique de l’autruche.
On écrit des biographies de célébrités soi-disant converties à la foi chrétienne. Bien souvent, peu après la parution du livre, on voit la photo de notre célébrité à la une d’un journal à sensations. On produit des films relatant le changement merveilleux qu’apporte le Christ dans un couple déchiré. Il est arrivé parfois, qu’à la sortie du film, ce même couple annonce son divorce. Les pasteurs, diacres et responsables chrétiens sont vulnérables. Pourquoi ne pas l’admettre tout simplement ? Nul n’est parfait. Nul ne vit sans pécher ou échouer à l’occasion et il serait hypocrite de dire le contraire. Parallèlement, nous devons éviter de nous accommoder du péché, ou de dire simplement : « après tout, les autres aussi le font ! ». La Bible donne un ordre : « Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ». Elle dit également que le pardon et une vie nouvelle accompagnent la repentance et la confession de nos péchés au Christ.
Ma femme vient de me rappeler que, dans notre région, les montagnards autrefois employaient un berceau de bois aux parois ajourées pour mettre leur linge. Il était maintenu en travers d’un courant d’eau qui, coulant par les jours, rinçait le linge continuellement. (Ce fut sans doute le premier lave-linge automatique !) Un contrebandier de Caroline du Nord s’étant converti fut amené au cours d’eau pour y être baptisé. Il demanda à ses amis de le placer à la transversale du courant pour « être lavé plus correctement ! ».
Face au péché et aux échecs qui viendront sans doute, nous avons cette merveilleuse promesse que : « le sang de Jésus, son fils, nous purifie de tout péché ». Cette promesse s’adressait aux croyants. Et le terme employé ici « purifie » (ou dans la version du Roi Jacques : nettoye) signifie « nettoyage permanent ».
La première chose à faire après avoir péché est de lire la Bible tout de suite et de se mettre au bénéfice des nombreuses promesses de Dieu. Mémorisez-en quelques-unes !
J’ai aussi noté qu’il était utile de se confier à un très proche ami chrétien qui pourra comprendre votre peine ou votre échec dans un climat de confiance. (Soyez prudent, tout de même. Même si certains chrétiens auxquels vous vous confiez ne peuvent rester muets, n’en tirez pas une excuse pour cacher tous vos secrets. Assurez-vous de la confiance que vous pouvez accorder à votre confident). Que cet ami lise la Bible et prie ensuite avec vous.
Pourquoi vivre avec des masques ? Pourquoi adopter des sourires factices de victoire dans nos rencontres publiques et pleurer sur notre isolement et notre révolte quand nous sommes seuls ? Si votre commerce va à la dérive et si la banqueroute menace, laissez votre frère ou sœur en Christ être conscient de votre lutte. Si votre couple est défaillant, trouvez un ou deux croyants dignes de confiance pour partager votre douleur et vous aidez à traiter le problème pratiquement. La Bible dit « portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Dieu ».
Il suffit d’un acte de repentance pour recevoir Christ comme Sauveur et Seigneur. Mais cet acte, s’il est d’abord exigé, n’est pas momentané. Tous les chrétiens sont coupables d’avoir péché individuellement et collectivement. Le péché collectif, c’est de prendre part à l’attitude pécheresse d’un groupe : une famille qui ignore un voisin nécessiteux, une église qui ignore les besoins de son voisinage, une nation qui ignore les besoins d’autres nations dans le monde. Si nous admettons que, nous chrétiens, péchons également, nous portons sur les incroyants un autre regard, et réciproquement. Nous ne méprisons pas leur condition de pécheur d’un air arrogant. Nous essayons tout simplement de les toucher par notre compréhension, notre amour, leur proposant le pardon et la vie nouvelle que nous avons reçus gratuitement du Christ. Quand nous reconnaissons que nous ne sommes pas des êtres parfaits non plus, tout juste pardonnés, et communiquons les passages bibliques s’y rapportant, nous nous éloignons au galop du cavalier séducteur, comme Jésus au désert. Mais, tant que nous prétendons être parfaits et vivons une double attitude, nous lui « offrons » de nous manipuler.
Nous aidons parfois le cavalier séducteur en trompant ceux qui nous observent, lorsque nous condamnons certains péchés et en tolérons d’autres. Plusieurs ont grandi dans des églises ayant des règles bien établies de choses « à faire » et « à ne pas faire ». Ce qui a parfois occulté les autres péchés qui mettaient nos vies en contradiction avec notre profession de foi au Christ.
Mais aux yeux de Dieu, le péché est le péché prions qu’il ouvre nos yeux pour le déceler dans nos vies et l’en déraciner. Par exemple, quelle est notre attitude face aux personnes qui luttent contre les déviations sexuelles ? La Bible dénonce ces pratiques – mais ni plus ni moins que l’adultère. Bien des chrétiens n’ont eu que trop peu de compassion envers les individus déchirés par les déviations sexuelles ! Ou comment considérons-nous les personnes meurtries par le divorce – même si elles sont innocentes ?
Jeannie Mills, une des responsables de la secte de Jim Jones, le Temple du Peuple, avait été, avant de suivre Jones, enseignante et directrice de l’Ecole du dimanche de son église pendant neuf ans. Elle avait occupé des fonctions rémunérées pour payer les études de son mari, mais celui-ci, diplômé enfin, divorça et se remaria. Les anciens de l’église convoquèrent Jeannie et la firent comparaître devant une assemblée officielle où il lui fut signifié qu’elle était désormais relevée de ses fonctions dans l’église, à cause de son divorce – malgré son innocence. Le cœur brisé, se sentant « rejetée comme une vieille pantoufle », elle finit par aboutir au Temple du Peuple et elle mit ses talents au service d’un groupe qui « m’aima, m’accepta et m’utilisa ! ».
Dans son court-métrage primé sur la secte Jones, Mel White relate comment Jeannie Mills finit par quitter la secte et fonder le Centre pour la Liberté de l’Homme, à Berkeley, un point de ralliement pour les victimes de Jones et d’autres sectes. Mais toute sa souffrance avait pour point de départ la condamnation de son église quand, victime innocente du péché d’un autre, elle avait été rejetée, par des membres d’église, sur le chemin du cavalier séducteur, exposée à ses attaques.
Nous sommes aussi enclins à excuser d’autres catégories de péchés. Sommes-nous satisfaits de l’accueil réservé aux étrangers dans notre communauté ? Sommes-nous indifférents à l’injustice et à ses victimes ou à la pauvreté grinçante de ce monde ? Abandonnons-nous brusquement nos assiettes débordantes pour éteindre le téléviseur quand, aux actualités, un cameraman présente pour nous les victimes de la famine dans un pays éloigné ? Prions Dieu de nous sensibiliser au péché là où il se trouve. Notre devoir de chrétiens est d’aimer ceux dont les vies sont malmenées et déchirées par le péché, de leur faire connaître Celui qui apporte la vie nouvelle et la guérison, et de les accueillir dans notre communauté. « Car c’est la volonté de Dieu qu’en pratiquant le bien, vous réduisiez au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu ».
La démarche intérieure s’apparente à un pèlerinage de toute une vie de progression et de maturité spirituelles. Nous considérons trop souvent la conversion comme un aboutissement plutôt que le début d’une vie conquérante pour connaître Dieu et faire sa volonté. S’avancer à l’appel, par exemple, lors d’une Campagne ou dans une église, pour recevoir le Christ comme Sauveur et Seigneur est le premier pas d’une longue croissance intérieure. Pour grandir dans la foi chrétienne, il est nécessaire de partager certaines activités, à savoir, l’étude de la Parole de Dieu, l’exercice de la prière, une lecture variée de livres et articles chrétiens, la mémorisation de versets bibliques, hymnes et cantiques, les rencontres dans la communauté chrétienne, les cellules et cours de vie chrétienne, établir des relations d’amitié chrétiennes, honnêtes et profondes. Cependant, nous nous contentons souvent de supposer que les personnes comprennent et s’exercent à toutes ces activités par elles-mêmes.
Je me souviendrai toujours de ce pasteur me racontant l’histoire d’une de ses fidèles qui ne savait pas comment prier. Membre consacrée, active de l’église depuis sa conversion, elle avait enseigné à l’école du dimanche et apportait régulièrement sa participation financière à l’église. Elle y avait même amené des voisins et des amis. Un mercredi soir, le pasteur demanda à cette dame de clore la soirée par une prière de bénédiction. Après un long silence embarrassant, elle sortit de la salle en pleurant. On ne la vit plus pendant un certain temps. Elle ne répondait plus au téléphone, ne revenait pas à l’église. Finalement, elle appela le pasteur pour prendre rendez-vous. Dans son bureau, elle lui avoua qu’on ne lui avait jamais appris à prier. Elle ne savait que dire, où comment le dire. Tout le monde avait simplement supposé qu’elle était capable de prier, mais elle ne savait sincèrement pas comment. Le pasteur me confia qu’apprendre à prier à cette personne venant d’un milieu totalement étranger à l’évangile fut une des tâches les plus difficiles mais les plus fructueuses de son ministère. Elle donna une signification nouvelle à la question des disciples de Jésus : « Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples ».
Chaque soir d’une Campagne, je lance à tous un appel à s’engager personnellement avec Christ. Je leur parle ensuite des quatre choses importantes qui doivent marquer leur vie afin de prospérer et de s’affermir. L’une de celles-ci est la prière. Je leur dis qu’ils ne prient pas tout de suite comme un pasteur, bien sûr, mais qu’ils peuvent commencer par une simple phrase. « Seigneur, je t’aime », c’est une prière, ou « Dieu, aide-moi », c’est une prière. Puisque les disciples avaient besoin d’un enseignement sur la prière, nous devrions étudier les Ecritures et apprendre à prier.
Les responsables des sectes anéantissent bien vite les faibles bases dans la vie de ceux qui sont demeurés « bébés en Christ » pour leur imposer une discipline spirituelle (?) rigoureuse. Si nous prenons pour acquise la bonne santé spirituelle des nouveaux convertis, les sectes supposent que leurs nouveaux membres ne savent rien. Elles commencent par déceler et édifier dans ce nouveau venu toutes les qualités nécessaires et requises pour qu’il se sente intégré à ce système particulier de secte.
En supposant trop de choses, nous laissons nos nouveaux croyants à découvert et vulnérables à l’influence des sectes, de leurs systèmes talentueux et de leurs réponses subtiles. Les dirigeants d’églises locales devraient être au courant de l’état spirituel de leurs membres, connaître le niveau de leurs connaissances bibliques et la capacité et la fréquence de leurs prières.
Une statistique récente a montré que 85% des facultés de théologie ne proposent pas de cours sur la prière. Combien d’églises locales font des études bibliques sur l’acquisition de la technique et de la pratique de la prière ? – ou une semaine complète de prière ! Le cavalier séducteur jubile quand nous nous contentons de supposer nos membres d’église en bonne santé et prospères. Il est trop heureux de chevaucher dans nos rangs et de faire de nous ses victimes lorsque notre croissance intérieure, notre progression et notre maturité spirituelles ne font pas parties de nos priorités.
A mon avis, cette expression de « démarche extérieure » vient d’Elisabeth O’Connor, historienne, de l’Eglise du Sauveur à Washington. Mûrir par une croissance intérieure, pour connaître Dieu n’est pas suffisant. Nous sommes aussi appelés à suivre les traces du Christ en apportant son message de rédemption au monde. Cette démarche extérieure, démarche qui nous transplante de notre petit monde jusqu’au monde dans le besoin est le résultat d’une démarche intérieure authentique. La croix montre deux directions. Celle de Dieu et celle de mon prochain.
L’Eglise du Sauveur à Washington exige de chaque membre une participation active à un projet d’évangélisation – que ce soit par un café-bar, par des séminaires, par des restaurations de maisons ou en nourrissant des malheureux, en prenant soin des veuves, des orphelins et des gens de passage, en s’engageant dans une œuvre d’éducation, d’environnement ou de relogement public. Nous agissons parfois comme si aller à l’église le dimanche matin et mettre à l’offrande était tout ce que Dieu demande de nous. Nous donnons à la foi l’apparence de ne pas être exigeante. Et nous oublions Jésus avec le jeune homme riche, et lui disant : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres… puis viens, et suis-moi ! ».
Le cavalier séducteur se réjouit lorsque nous faisons de la foi une chose trop facile. La foi implique la confiance et l’engagement. On détourne facilement une foule au pied de la croix. Mais ceux qui mêlent leur sang et leur sueur avec ceux des martyrs ne sont pas facilement séduits. Plus un croyant sera engagé dans une vie de prière quotidienne et concerné par la vie et les besoins des autres, plus il, ou elle, grandira dans la foi et les œuvres. Moins il, ou elle, sera impliqué, plus il y aura risque de séduction.
Beaucoup de gens sincères quittent l’église pour les sectes car celles-ci sont exigeantes. Les gens veulent être concernés. Ils répondent présents à un appel à la hardiesse. Les sectes proposent des solutions très pratiques pour le service du prochain – nous palabrons sur le fait de « porter sa croix » mais donnons rarement à nos membres l’occasion de s’investir dans des taches pratiques et difficiles de service chrétien. Cela peut paraître bizarre, mais si nous n’exigeons rien, le cavalier séducteur ramènera son cheval et fournira des techniques pratiques de cure d’âmes, comme premier stade de la séduction.