Espoir pour le cœur troublé

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La souffrance des enfants de Dieu

L’entrée de Jésus dans une vie transforme la personnalité humaine. Elle apporte la paix d’esprit, le contentement, le bonheur et la joie. Mais s’arrêter ici comme plusieurs le font est comme comparer la vraie vie à un conte de fées pour enfants dans lequel les héros et héroïnes vivent heureux pour le reste de leur vie.
Charles Colson, Sentence de Vie

Un nouveau croyant peut recevoir de fausses impressions sur la vie chrétienne normale. Il peut entendre un prédicateur qui désire gagner ses auditeurs à Christ et qui pour ce faire “embellit” l’expérience chrétienne en la rendant la plus insouciante et positive possible. Souvent les croyants commencent leur vie chrétienne dans les nuages. Ils obtiennent de remarquables exaucements à leurs prières et ne voient plus le monde qu’a travers des lunettes roses.

Je ne peux m’empêcher de comparer ce sentiment à celui du peuple américain pendant les premiers jours de la Guerre du Golfe. Tout semblait aller comme sur des roulettes ; nos pilotes anéantissaient les installations ennemies sans grande riposte. Cependant, le Président George Bush dans un discours télévisé, mit le peuple en garde contre “l’euphorie” que ces succès apparents pouvaient produire.

L’entraînement dans la marine est extrêmement dur. La discipline physique à laquelle ces soldats se soumettent est souvent la plus difficile qu’ils aient connue. Même les plus costauds et en bonne santé en sortent épuisés. De plus, la discipline mentale les conduit à la limite de leurs capacités. Dans les vrais combats, cet entraînement est mis en pratique. Le danger serait encore plus grand pour eux dans la bataille si l’entraînement avait consisté en petites tâches faciles et qu’on les eût loués pour chaque petite réussite.

Etre chrétien ne nous exempte pas de la nécessité d’un entraînement robuste, qui peut aller jusqu’à la souffrance. Si cet entraînement était trop aisé, il ne nous préparerait pas adéquatement pour les jours difficiles à venir.

Erreurs de jugement

Il y a deux grandes erreurs qu’on peut faire en réaction à la souffrance. La première est de penser que l’entraîneur est cruel. Plusieurs marines pensent ainsi du sergent qui les entraîne et puis un jour ils se retrouvent au front et pensent différemment.

La deuxième erreur consiste à se préparer mais en niant la possibilité d’être blessé ou capturé. La vie chrétienne est un champ de bataille. L’antithèse de cela est la théologie de “prospérité et santé” qui dit que nous méritons les bénédictions matérielles et physiques de Dieu simplement parce que nous sommes ses enfants. Si nous commettons l’une ou l’autre erreur de jugement, nous serons continuellement angoissés par la question : “Pourquoi les chrétiens souffrent-ils ?”

Je ne peux dire pourquoi un enfant innocent meurt après une longue maladie, ni pourquoi la vie d’un grand serviteur de Dieu est interrompue alors que son ministère fructueux semblait si crucial. Au moment où j’écris ce livre, un de mes amis se meurt du cancer, un autre a un infarctus, un autre une tumeur cérébrale, et un autre une attaque d’apoplexie.

Je ne pense pas que la souffrance en elle-même nous enseigne. Autrement le monde entier serait aujourd’hui sage ! Cependant, je sais que la Bible nous donne de bons arguments qui peuvent répondre aux moqueurs qui disent : “Si votre Dieu est si grand, pourquoi ne vous sauve-t-il pas de votre souffrance ?”

Parce que nous sommes humains

Quand nous sommes enfants, nous entendons dire que le bien est récompensé et que le mal est puni. Si tu es bon, tu auras du dessert ; si tu es mauvais, tu iras te coucher tôt. Cette règle peut se développer en enseignement théologique fleur bleue : si vous travaillez dans l’église, assister aux études bibliques, et appuyer de nobles causes, vous serez récompensés d’une quelconque façon. Quand les temps durs arrivent, les victimes peuvent alors penser : “Après tout ce que j’ai fait pour le Seigneur, pourquoi me soumet-il à cette épreuve ?” Nous essayons de négocier avec le Seigneur, échangeant nos bonnes œuvres pour ses bénédictions. Nous retournons au système de notre enfance où nos bons coups nous valaient une étoile d’or au tableau.

A la fin de la guerre du Golfe, je suis allé à Greensburg en Pennsylvanie pour parler à un service en mémoire de ceux qui sont morts victimes d’un missile scud qui frappa leurs baraquements à Dahran. Un petite région de Pennsylvanie y perdit à elle seule à peu près le quart de tous les morts que nous avons eus dans cette guerre. Les gens demandaient : “Mais pourquoi Dieu permet-il cela ?” Les désastres, les problèmes, et les maladies sont communs à toute l’humanité ; chrétiens et non-chrétiens en ont leur part parce qu’ils partagent la même expérience humaine.

Parce que nous avons péché ou désobéi à Dieu

Si un chrétien se met en colère, dit un mensonge, ou commet un quelconque péché, il subira la correction de Dieu ou son jugement. L’apôtre Pierre déclara aux croyants de son temps que le jugement devait commencer d’abord par les enfants de Dieu (voir 1 Pierre 4.17). Tout comme l’enfant a besoin de discipline, ainsi les enfants de Dieu ont besoin de correction.

Beaucoup d’enfants aujourd’hui grandissent sans discipline. En devenant adultes et devant assumer la discipline d’un travail ou les exigences d’une famille, ils ne savent où donner de la tête. Les enfants d’aujourd’hui ont besoin de discipline pour devenir plus tard des membres utiles de la société. De la même façon, les enfants de Dieu ont besoin de discipline pour être des membres utiles de la famille de Dieu.

L’Ecriture dit que le Seigneur corrige ceux qu’il aime, et châtie tous ceux qu’il accepte comme ses fils. “Supportez vos souffrances comme si c’était la punition d’un père. En effet, ces souffrances prouvent que Dieu vous traite comme ses fils. Existe-t-il un fils que son père ne punisse pas ? … Quand nous sommes punis, il nous semble au moment même que c’est là une cause de tristesse et non de joie. Mais plus tard, ceux qui ont été formés par cette punition bénéficient de l’effet qu’elle produit : la paix associée à une vie juste.” (Hébreux 12.7, 11).

Un chrétien a des responsabilités immenses envers sa famille. Maris et femmes doivent s’aimer l’un l’autre et se soumettre l’un à l’autre. Nous devons élever nos enfants dans la voie qu’ils doivent suivre, non celle qu’ils veulent suivre. Ma femme et ses merveilleux parents ont élevé nos enfants pendant les temps difficiles où j’étais si souvent absent. Dieu ma accordé la bénédiction d’avoir une femme qui sache discipliner avec amour.

Si nous négligeons les responsabilités dans nos propres familles, nous en souffrirons les conséquences. Peut-être pas immédiatement, mais plus tard.

Je connais un leader chrétien qui traita durement sa femme pendant des années, jusqu’à ce qu’elle s’effondre physiquement et mentalement. Il s’amouracha de sa secrétaire, mais voulait garder son rôle de leader dans la communauté. Il voulait tout avoir, mais ce n’était pas possible. Un terrible combat se livra en lui-même jusqu’à ce qu’il en perde le sourire et que la tristesse remplisse son coeur. Sa situation devint tellement évidente que d’autres apprirent ce qui se passait et exposèrent son péché. Sa souffrance devint insupportable, tout cela à cause de son propre péché. Autant que je sache, il ne s’est pas encore repenti.

Si nous sommes froids ou infidèles dans notre vie chrétienne, nous paierons un jour le prix soit par le sentiment de culpabilité qui nous rongera ou un châtiment que Dieu enverra. Beaucoup de chrétiens qui professent Christ ne vivent pas pour lui. Ce sont des hypocrites qu’on trouve dans l’église, mais aussi en chaire et enseignant dans les écoles bibliques et séminaires. Le non-croyant les voit et dit : “Si c’est cela le christianisme, ça ne m’intéresse pas.” Il y avait des hypocrites aussi au temps de Jésus. Il n’était pas tendre à leur égard. Il dit : “Malheur à vous… vous, hypocrites ! Vous fermez la porte du Royaume des cieux devant les hommes” (Matthieu 23.13).

Pour notre correction

Mon frère Melvin essaya de décrire ce que j’avais l’air quand j’étais jeune garçon. Nous ne connaissions pas le terme “hyperactif”, mais il dit que si ç’avait été le cas, c’est ce terme qui m’aurait décrit le mieux. Je pense qu’on pourrait dire que je débordais d’énergie “nerveuse”. En fait, un de mes professeurs dit à ma mère : “Billy n’arrivera pas à grand-chose.”

J’ai moi aussi eu ma part de correction. Mon père n’était pas du genre à ménager la verge. Cependant, il y a une chose que je savais dans mon cœur : il m’aimait.

Jésus dit : “Je corrige et je punis tous ceux que j’aime” (Apocalypse 3.19). La discipline de Dieu se fait avec amour. La vie du chrétien peut être difficile, mais Dieu a son plan pour notre vie, et celui-ci inclut souvent la souffrance.

Je me souviens d’avoir visité Dohnavur en Inde, où avait vécu une femme remarquable. Elle avait écrit plus de quarante livres. Et elle avait passé les vingt dernières années de sa vie comme invalide alitée, mais c’est pendant cette période qu’elle écrivit le plus. Cette femme s’appelait Amy Carmichael.

Quand je me tins dans la chambre simple qui avait été sa prison particulière pendant tout ce temps, la présence de Christ était si réelle pour moi que lorsqu’on me demanda de prier, je m’affaissai et ne pus continuer. Je me tournai alors vers mon compagnon de voyage, le célèbre industriel allemand John Bolton, un homme très discipliné et apparemment peu émotif, et lui dis : “Vous, priez !” il commença, mais après quelques mots, il fut lui aussi saisi d’émotion, incapable de continuer, les larmes coulant sur son beau visage.

Quand je parle de souffrance, ce qui comprend tous les aspects de la douleur et de l’angoisse connus de l’homme, et non simplement la douleur physique, je ne suis pas différent de vous. J’aimerais mener une vie exempte de problèmes, de souffrance, et de correction. Toutefois, j’ai eu des moments d’accablement extrême dans ma vie où je voulais fuir la réalité. J’ai même été tenté de demander au Seigneur de me prendre avec lui dans son ciel.

C. S. Lewis dit dans Le Problème de la Souffrance :

“Vous aimeriez savoir comment je me comporte dans la souffrance, et non quand j’écris des livres sur ce sujet. Vous n’avez pas besoin de deviner, parce que je vais vous le dire ; je suis un grand lâche… Mais à quoi cela sert-il de vous parler de mes sentiments ? Vous les connaissez déjà; car vous avez les mêmes. Je ne suis pas en train de vous dire que la souffrance n’est pas douloureuse. La souffrance fait mal.”1

1 C. S. Lewis, The Problem of Pain (New York : Macmillan, 1955), 93.

Je dois confesser que je me sens très mal à l’aise parfois quand je parle de la correction de Dieu au moyen de la souffrance. J’ai connu intimement des gens qui ont perdu leurs enfants dans des accidents ou par des maladies graves. Mon propre neveu, Sandy Ford, un leader étudiant à l’Université de Caroline du Sud, est décédé après une opération pour une maladie cardiovasculaire assez rare. J’étais avec Leighton et Jean dans leur temps de souffrance.

J’ai connu des leaders dont la carrière fut ruinée à cause de leurs propres mauvais choix. J’ai visité des endroits dévastés par des tremblements de terre, des incendies, et des bombes. Quand ceux que j’aimais souffraient, je voulais prendre leur souffrance sur moi. Cependant, j’ai vécu un grand nombre d’années, et ma femme, mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants sont tous vivants. Qui suis-je pour parler de la correction par la souffrance ? Sans la Parole de Dieu et des exemples de la vie des croyants, je serais bien mal placé pour vous entretenir de la souffrance, comme un enfant qui voudrait expliquer la physique nucléaire.

La correction de Dieu en est une inspirée par la sagesse. Horatius Bonar dit : “Quelle profonde sagesse doit-il y avoir alors dans toutes ses actions ! Il sait exactement de quoi nous avons besoin et comment les satisfaire… Le moment, la manière et le moyen sont dictés par sa sagesse parfaite.”2

2 Horatius Bonar, When God’s Children Suffer (Grand Rapids, Mich. : Kregel Publications, 1981), 28.

Quand Charles Colson fut incarcéré pour sa participation au scandale de Watergate, la sagesse de Dieu se servit de cet emprisonnement. Le juge fut peut-être l’instrument humain au moyen duquel Dieu travailla, mais le résultat fut la réalisation du plan de Dieu dans la vie d’un homme qui, depuis, sert Dieu auprès de milliers, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons partout dans le monde.

La sagesse de la correction de Dieu peut nous être voilée quand nous sommes au milieu de la souffrance. Dans le chapitre de la foi en Hébreux 11, il y a une énumération des héros de Dieu. Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph et Moïse furent quelques-uns de ces croyants de l’Ancien Testament. Beaucoup furent délivrés de façon glorieuse à cause de leur foi. Mais d’autres furent torturés, flagellés, lapidés, emprisonnés, et dépouillés de tous leurs biens.

Dans ce grand défilé des héros de la foi, en commençant par la deuxième partie du verset 35, nous avons la section des “Médailles d’honneur". Les deux derniers versets du chapitre nous disent : “Tous ces hommes ont été approuvés par Dieu à cause de leur foi ; pourtant, ils n’ont pas reçu ce que Dieu avait promis. En effet, comme Dieu avait prévu mieux encore pour nous, il n’a pas voulu qu’ils soient rendus parfaits autrement qu’avec nous” (v. 39-40).

La récompense de certains pourrait être plus grande dans les cieux parce qu’ils durent souffrir sans voir de délivrance à l’horizon. Ils crurent et eurent confiance, même s’ils ne furent pas délivrés. Il nous faut comprendre que lorsque Dieu permet ces choses, c’est qu’il y a une raison qui ne nous sera peut-être révélée qu’au paradis.

La souffrance peut-elle nous être profitable ?

Le lieutenant de la Marine Clebe McClary se trouvait dans un poste fixe d’observation de combat situé à l’intérieur du territoire ennemi au Vietnam. Après cinq mois comme commandant de patrouille, il n’avait perdu aucun homme. Il ne pensait pas être touché. Il n’avait aucune prémonition sombre à propos de sa mission. Ce soir-là en 1968, les grenades ennemies prirent pour cible son repaire. Il en perdit sa main gauche, son œil gauche, et une jambe. Selon ses propres paroles : “la Mort m’a examiné de près ; je n’étais plus qu’un amas misérable de chair ensanglantée et d’os brisés.”

McClary survécut par un miracle de la grâce de Dieu. Bien qu’il fût un homme religieux, ce ne fut qu’après son départ de l’hôpital lorsqu’il assista à une campagne d’évangélisation où Billy Zeoli prêcha l’Evangile, qu’il invita Jésus à venir dans son cœur. Un an plus tard, McClary donnait son témoignage à notre Croisade d’Anaheim en Californie, où il partagea avec cinquante-six mille personnes ce que Dieu avait fait dans sa vie.

Cette horrible épreuve qui l’a estropié pour la vie fut-elle utile à Clebe McClary ? Voici ce qu’il écrivit :

“Je ne pense pas que ma souffrance ait été vaine. Le Seigneur s’est servi de mon expérience pour le bien en attirant plusieurs personnes à lui. Il est difficile de trouver quelque chose de bon dans la guerre du Vietnam, mais je ne crois pas que notre effort ait été inutile. Certainement un peu de semence fut plantée pour Christ qui ne peut être déracinée.”3

3 Clebe McClary avec Diane Baker, Living Proof (Pawleys Island, S.C. : Clebe McClary, 1978), 140.

L’apôtre Pierre explique ainsi le pourquoi des épreuves et des persécutions : “Celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. L’or est destiné à disparaître, pourtant il est éprouvé par le feu ; de même votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or, est mise à l’épreuve afin de prouver sa solidité. Et ainsi, vous pourrez recevoir louange, gloire et honneur quand Jésus-Christ apparaîtra” (1 Pierre 1.7).

Vous vous souvenez de Job ? Si jamais un homme eut des épreuves, ce fut bien cet homme. Mais voici ce qu’il en conclut : “Il m’a mis à l’épreuve, mais j’en sortirai pur, comme l’or du creuset” (Job 23.10). Voilà une façon positive de réagir à l’épreuve, constructive, plutôt que de s’adonner à la critique négative et au reproche parce qu’elle perturbe notre vie.

Les épreuves qui se produisent dans notre vie chrétienne sont l’accomplissement du dessein gracieux de Dieu qui veut nous façonner selon son plan original. Comme un sculpteur, il commence avec un morceau de marbre informe. Mais il voit déjà dans son esprit le chef-d’œuvre qu’il veut créer. Il casse, fend, cisèle et polit jusqu’au jour où émerge sa vision, comme le David de Michel-Ange. En ce moment, la sculpture qu’il fait avec nous est incomplète. Dieu n’en a pas encore fini avec nous.

Pour nous conduire à la Bible

Martin Luther dit : “Si ce n’était de la tribulation je ne comprendrais pas les Ecritures.” L’étude biblique peut devenir un exercice routinier, une expérience monotone lorsqu’elle devient l’une “parmi tant d’autres” activités journalières. Mais comme nous apprenons vite au jour du malheur ou quand des difficultés surviennent ! Nous devenons conscients de notre ignorance des promesses bibliques jusqu’à ce que les temps d’épreuves nous conduisent aux Ecritures.

Joni Earekson Tada décrivit ce qu’elle ressentait sur son lit d’hôpital, impotente. Elle écrivit dans son livre Joni que pour la première fois les paroles de la Bible avaient du sens pour elle. “Mes dures épreuves me semblaient maintenant un peu plus faciles à surmonter maintenant que je voyais comment je faisais partie du plan de Dieu, surtout en lisant les Psaumes.” Joni s’était identifiée aux paroles de David dans le Psaume 41.4 : “Le Seigneur (me) soutient sur (mon) lit de souffrance.”

Une jeune femme dont le frère cadet fut tué raconta comment elle prit sa Bible et, les yeux brouillés par les larmes, se mit à lire jusqu’à ce qu’elle arrive à un certain verset. Elle appela sa mère qui avait le cœur brisé et dit : “Maman, écoute ce verset. ‘Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur’ (Romains 14.8). Maman, ça va aller. Je sais où est Bob.”

Au début, quand le malheur, la déception, la tristesse ou le deuil nous atteint, nous nous sentons dépassés. Nous sommes abasourdis et incapables de voir aucun bien dans le malheur qui nous arrive. Mais avant longtemps, en lisant la Parole de Dieu avec patience, nous commençons à pouvoir dire avec David : “C’est un bien pour moi d’avoir été humilié, pour que j’apprenne qu’elle est ta volonté. La loi que tu as édictée vaut mieux pour moi que des milliers de pièces d’or ou d’argent” (Psaume 119.71-72).

Pour approfondir notre relation avec Dieu

Rien ne nous fait mettre à genoux plus rapidement que les problèmes. Quand la guerre était en cours dans le Golfe Persique, on entendait davantage parler de la prière que dans toutes ces dernières années. Même des journalistes endurcis parlaient de prière.

Dieu entend les prières de ceux qui reconnaissent Jésus-Christ comme leur Sauveur personnel, mais nos prières doivent s’accorder avec sa volonté. Il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

Trop souvent nous négligeons le privilège de la prière jusqu’à ce que nous rencontrions une épreuve ou une difficulté. Quelques-uns des plus grands combattants de la prière que je connaisse sont de braves âmes dans des foyers ou sur des lits d’hôpitaux. Ma mère fut un merveilleux exemple de chrétienne qui sait prier. Dans ses dernières années, où elle ne pouvait plus prendre soin d’elle-même et souffrait constamment, elle croyait que la seule raison pour laquelle le Seigneur tardait à venir la chercher était pour qu’elle prie pour les autres. C’était un ministère formidable. Chaque fois qu’elle entendait parler de quelqu’un dans le besoin, elle faisait écrire une note à Rose, sa compagne, et envoyait quelques dollars.

J’étais en France pour une Croisade d’évangélisation, et j’appelai ma mère. Rose me répondit que ma mère lui avait donné le texte biblique pour cette journée, Colossiens 1.9 : “C’est pourquoi nous ne cessons pas de prier pour vous, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous. Nous demandons à Dieu de vous remplir de la connaissance de sa volonté, en vous accordant toute la sagesse et l’intelligence que donne son Esprit.” Pendant que je me souciais de ma chèremère, à des milliers de kilomètres au loin sur un lit de souffrance, elle avait, elle, un verset d’encouragement pour moi.

La souffrance nous enseigne la patience

Une femme qui vécut avec la souffrance dit qu’elle ne pouvait pas vivre “au jour le jour”, comme son docteur lui avait dit. “Je vis un moment à la fois, sachant que je peux supporter cette mesure de souffrance et pas plus ! Quand ce moment est passé, je peux vivre pour un autre moment.”

Helen Keller dit : “Faites face à vos déficiences et reconnaissez-les, mais ne les laissez pas vous dominer. Laissez-les vous enseigner la patience, la douceur, la vision intérieure. Quand nous faisons notre possible, nous ne savons jamais quel miracle s’opère dans notre propre vie ou dans la vie d’un autre.“4

4 Lines to live by (Nashville : Thomas Nelson, 1972), 162.

Dans Sophonie 3.17, la Version Segond traduit : “Il gardera le silence dans son amour.” Quelquefois Dieu semble si silencieux. Mais quand nous voyons la façon dont il travaille dans la vie de ceux qui sont emprisonnés dans des murs ou dans une situation, quand nous entendons comment la foi peut luire à travers l’incertitude, nous commençons à avoir une petite idée du fruit de la patience qui peut croître dans notre épreuve.

Pierre dit : “Car quel mérite y a-t-il à supporter les coups si vous les recevez pour avoir commis une faute ? Mais si vous avez à souffrir après avoir bien agi et que vous le supportez, c’est un bien devant Dieu” (1 Pierre 2.20). Les gens souffrent et demandent des explications à Dieu. Ils citent souvent (ou se font citer) l’un de mes versets préférés, Romains 8.28 : “Nous savons que Dieu travaille en tout pour le bien de ceux qui l’aiment, de ceux qu’il a appelés selon son plan.” Les chrétiens regardent leur situation et disent : “Comment cela pourra-t-il jamais tourner en bien pour moi ?” Nous ne pouvons répondre à cela. Dieu seul peut opérer cette transformation, et il ne peut le faire que si nous collaborons avec lui. Dans toutes nos prières, nous devons demander que sa volonté soit faite.

Calvin Thielman, le pasteur de l’église de notre quartier, illustrait Romains 8.28 de cette façon. Pris chacun individuellement, les ingrédients d’un gâteau ne goûtent pas très bon. La farine seule n’est pas bonne ! La poudre à pâte, les œufs, le chocolat amer, ou la graisse n’ont rien d’appétissant. Ce n’est que mélangés ensemble que ces ingrédients deviennent un délicieux gâteau. De la même façon, Dieu met ensemble les épreuves individuelles que nous traversons et les travaille pour notre bien.

Je ne suis pas celui qui croit que nous devrions délaisser nos journaux et débrancher nos téléviseurs pour ne plus savoir ce qui se passe dans le monde. Mais lorsque je vois la terrible injustice, la cruauté, la folie incroyable qui existent, je ne peux m’empêcher de demander : “Le monde est-il devenu fou ?”

Il est rassurant de savoir que Dieu est encore Tout-Puissant, que rien ne peut toucher ma vie sans sa permission. Certaines choses m’arrivent que je ne peux comprendre, mais je ne doute jamais de l’amour de Dieu. A l’heure de l’épreuve, je ne peux sans doute voir son plan, mais je suis confiant qu’il n’a pas dérogé de son dessein.

Le véritable problème philosophique serait plutôt “Pourquoi, au milieu de la folie et de la rébellion dans le monde, où le péché est glorifié et le bien dégradé, pourquoi Dieu devait-il envoyer son Fils unique pour aimer, guérir, réconforter, et après trente-trois années d’enseignement et de ministère, lui faire donner sa vie pour ce même monde ?”

Quand un groupe de jeunes théologiens demandèrent au brillant théologien suisse Karl Barth quelle était la vérité théologique la plus importante qu’il avait découverte pendant ses d’études, le vieil homme tira une bouffée de sa pipe en silence et se concentra très sérieusement sur la question. Les étudiants étaient assis, silencieux, et attendaient une réponse de haute voltige. Finalement, il retira sa pipe de sa bouche, fit une pause, et dit simplement : “Jésus m’aime, je sais que c’est vrai, c’est la Bible qui me le dit !”

Le mystère de l’amour de Dieu n’en serait plus un si nous avions toutes les réponses. Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Ce que nous possédons, ce sont les réponses que la Bible donne, et à partir de cette base, nous avons la possibilité de partager l’amour de Christ lui-même.

Il est vital que nous apprenions soit la réponse à ces questions soit la façon de vivre avec elles, parce que comme la souffrance qui les soulève, elles sont inévitables. L’apôtre Paul vécut avec ces mêmes questions, mais elles furent l’occasion d’augmenter sa foi plutôt que de la diminuer. Il conclut que maintenant nous voyons comme au travers d’un miroir opaque, mais qu’un jour tout deviendra clair.

Dans le premier petit livre qu’elle écrivit, bien longtemps avant d’être connu par tout le monde, Corrie ten Boom raconta son expérience dans la prison de Ravensbruk pendant la Deuxième Guerre Mondiale :

Je ne comprenais pas le pourquoi de la souffrance, sauf celui de ma propre souffrance à cet endroit. Dieu m’avait amenée ici pour une tâche précise. Je devais conduire les malheureux et les désespérés au Sauveur. Je devais voir comment il les réconfortait. Je devais montrer la voie qui mène au ciel aux gens parmi lesquels beaucoup allaient bientôt mourir… Le “pourquoi” de ma propre souffrance ne me posait aucun problème.

J’appris aussi ceci : que je n’étais pas appelée à porter la douleur et les problèmes de tout le monde autour de moi. Aussi je priai : “Seigneur, enseigne-moi à me décharger de tous mes fardeaux sur toi et à en vivre libérée. Seul ton Esprit peut m’apprendre cette leçon. Donne-moi ton Esprit, Seigneur, et j’aurai la foi, une foi telle que je ne porterai plus de fardeaux ni de soucis.”5

5 Corrie ten Boom, A Prisoner and Yet (London : Christian Literature Crusade, 1954).

Chapitre 8

Où est Dieu quand nous souffrons ? Il est toujours là à nos côtés et sait tout ; il nous accompagne dans nos luttes et nos épreuves. Rien dans notre vie ne le prend par surprise. Nous ne sommes pas seuls dans notre souffrance, car nous avons un Dieu qui nous aime, une aide très présente dans les difficultés. Dieu règne encore. Il peut ne pas enlever les épreuves ou ne pas nous faire faire de détours, mais il nous donnera la force de les traverser.

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