Un monde en flammes

5
LES CHERCHEURS DANS UN MONDE EN FEU

A l’aube du 7 décembre 1946, un incendie terrible ravagea l’Hôtel Winecoff d’Atlanta. Avant d’être maîtrisé, le feu tua des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants. La plupart d’entre eux ne furent pas brûlés, ils moururent en essayant désespérément de s’échapper. Plusieurs, pris de panique, sautèrent des fenêtres et vinrent s’écraser sur le trottoir. D’autres furent assaillis par la fumée et la chaleur en cherchant une issue. Mais pour tous, il était trop tard. Ils se sont réveillés trop tard pour échapper à l’horreur de cet holocauste de quinze étages et ils périrent en cherchant une sortie.

Aujourd’hui, dans ce monde où les flammes font rage sur chaque continent et presque dans chaque pays, bien des gens cherchent une issue. Nous vivons en effet une époque où l’on recherche quelque chose. Dans tous les domaines de la vie, l’homme est à la poursuite de la vérité. Des fusées sont envoyées dans l’espace pour sonder la vérité scientifique. De la même manière qu’il veut découvrir la vérité scientifique, l’homme désire trouver des réponses, des panacées, un sens et des remèdes pour ses profonds besoins spirituels. L’homme met toute la sagesse accumulée du passé dans cette recherche.

L’industrie se rend compte que demain commence aujourd’hui. Les changements sont si rapides que les hommes doivent penser avec une décennie ou plus d’avance afin de suivre les progrès. Pour y arriver, l’industrie dépend de programmeurs dont le travail est de chercher et de sonder, de découvrir et de préparer. Leur responsabilité principale est de répondre à cette question :

« A quoi en sommes-nous ? »

Toute cette réflexion, toutes ces idées et tous ces projets sont bons. Maïs qu’en est-il des grandes questions de la vie et de la mort ? N’y a-t-il donc pas de profondes questions morales et spirituelles auxquelles il faille penser ? L’homme a toujours su qu’il fallait y répondre, et c’est pour cela qu’il y a des philosophes, des psychologues et des théologiens. Aujourd’hui, cependant, notre recherche est très matérialiste, naturaliste et humaniste. Un professeur de l’Université de l’Etat de Michigan m’a dit : « Dès que nous créerons la vie dans une éprouvette, nous n’aurons plus besoin de Dieu. » Je lui ai répondu que cette situation s’était déjà présentée quand l’homme avait rejeté Dieu et s’était mis à construire la Tour de Babel. Tout cela s’était terminé dans la frustration, la confusion et le jugement.

Lors d’un colloque qui eut lieu à l’Université de Harvard, un étudiant fit cette remarque : « N’est-ce pas étrange que l’on dépense des millions pour créer la vie, où pour en découvrir l’origine ? Notre problème numéro un n’est-il pas de prendre soin de la vie que nous possédons déjà ? »

Ou bien l’homme n’a commencé nulle part et il est en train de chercher un endroit où aller, ou bien il a commencé quelque part et il a perdu sa voie. Dans les deux cas, il regarde et il cherche. La Bible nous dit que l’homme a été fait à l’image de Dieu mais qu’il a perdu son chemin. Certains automobilistes placent cette pancarte sur la vitre arrière de leur voiture : « Ne me suivez pas, je suis perdu ! » C’est une bonne image de la situation dans laquelle se trouve l’homme. Carl Jung, l’éminent psychologue, a déclaré : « L’homme est une énigme pour lui-même. »

L’être humain a au fond de lui-même un certain sentiment de frustration. Des voix se font entendre au plus profond de son âme : « Je ne devrais pas être comme je suis, j’ai été fait pour quelque chose de plus grand. Il doit y avoir un être suprême, la vie ne devrait pas être si vide. » Ces voix, souvent inarticulées, poussent l’homme à se débattre et à avancer vers un but inconnu et sans nom. Nous essayons peut-être d’échapper à cette recherche, de nous égarer par l’imagination ; nous revenons aux niveaux les plus terre à terre de la vie et tentons d’échapper à cette vérité pénible. En effet, il nous arrive peut-être même d’abandonner temporairement la lutte, de lever les bras et de dire : « A quoi bon ? » Mais toujours une force intérieure nous ramène et invariablement nous recommençons notre recherche.

Les hommes de toute culture sont engagés dans cette poursuite éternelle. J’ai suivi durant mes études des cours d’anthropologie dans lesquels nous avons étudié les sociétés primitives. On n’a jamais trouvé une tribu dans le monde, aussi primitive qu’elle eût été, qui n’ait participé à cette recherche. Cette recherche tend à découvrir un but et une signification à la vie, c’est la volonté de dévoiler la vérité et la réalité. Cette recherche peut être grossière, primitive ou même vulgaire, mais c’est toujours une recherche.

Je suis convaincu que les émeutes, les frasques, les escapades et souvent les délits qui se commettent sont des symptômes de cette poursuite. Le chapelain d’une grande université de l’est des Etats-Unis m’a parlé d’un groupe d’étudiants qui étaient venus le voir un jour et lui avaient dit : « Nous aimerions faire une démonstration, mais nous ne savons pas pour quoi manifester. » En observant les démonstrations faites dans le monde entier, on peut voir cette « recherche » inscrite sur le visage des manifestants.

Dans un salon de l’Hôtel Ukraine à Moscou, je me trouvai un jour assis à côté d’un homme apparemment assez important. Il parlait un anglais relativement bon et montrait une cordialité exceptionnelle. Nous commençâmes à parler tout d’abord de la pluie et du beau temps, puis des spoutniks, puis finalement il me dit : « J’ai vécu deux guerres, j’ai vu bien des changements, mais il y a une chose que je trouve immuable. » Curieux, je lui demandai ce que c’était. « Le cœur humain », me répondit-il montrant sa poitrine. « Quelque forme de gouvernement ou d’idéologie que nous embrassions, le cœur recherche toujours la paix. »

Dans chaque continent, de la jungle à l’université, du marchand au soldat, j’ai parlé avec des gens qui tous possédaient en eux ce désir de sonder et de rechercher le sens profond et souvent caché de la vie.

Le propriétaire d’un luxueux hôtel de Miami Beach m’a confié : « Billy, j’ai tout ce qu’un homme peut matériellement posséder. J’ai cru que j’étais satisfait, mais dernièrement j’ai commencé à être fatigué de tout cela. J’ai toujours désiré avoir ce que j’ai, mais maintenant que je possède ces choses, elles ne me paraissent pas aussi importantes que je ne le croyais. Je crois que la vie est davantage que cela. » Il avait raison. Jésus a dit : « La vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. » (Luc 12.15.)

« J’ai besoin de quelque chose ici » m’a dit en montrant son cœur un hindouiste pratiquant. Voilà le cri de tous les hommes de tous les temps : « J’ai besoin de quelque chose dans le cœur. »

Après la première guerre mondiale, on pensait avoir trouvé la réponse. La science triomphait. « La guerre pour mettre fin aux guerres » était terminée. La Société des Nations était formée, le progrès devenait le dieu de l’époque, l’optimisme régnait partout. Mais à peine étions-nous dans les années vingt qu’il sembla que l’histoire fit marche arrière. La criminalité augmentait, la moralité déclinait et la foi disparaissait. Puis vint la crise ; le fascisme et le nazisme jaillirent, la bombe atomique explosa — et des millions d’hommes moururent dans la guerre la plus sanglante de l’histoire. Quand le tourbillon fut passé, nous nous sommes réveillés avec une angoisse de lendemain d’ivresse.

L’homme s’examine lui-même

Pendant que l’Occident se berçait et s’endormait dans la réconfortante doctrine des réalisations humaines, une grande révolution était en cours en Russie. Le marteau avait frappé et la faucille avait glané jusqu’à ce qu’un nouvel ordre social appelé communisme eût jailli et fût devenu une des idéologies les plus puissantes de tous les temps. Il défiait toutes les idées que les hommes avaient jamais eues, il menaçait la vie du monde entier, il devenait la plus grande provocation que le christianisme ait rencontré en deux mille ans, Il fut bientôt admis que le communisme était plus qu’un déterminisme économique. C’était une religion fanatique qui posait des questions et qui attendait des réponses. Dans le monde entier les étudiants commencèrent à s’interroger comme jamais auparavant.

Une fois de plus l’homme a été forcé d’examiner son âme. Les questions que nous croyions résolues sont soulevées à nouveau. Qu’est-ce que l’homme ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Y a-t-il un Dieu ? S’il y a un Dieu, s’est-Il révélé à l’homme ? L’homme peut-il connaître Dieu ? Dieu compte-t-Il dans la vie de tous les jours ? Est-ce que Dieu a vraiment de l’importance ?

Le Dr Jung a dit que « la principale névrose de notre temps était le vide ». Conséquent avec ses paroles, il embrassa lui-même le christianisme pour combler le vide de sa propre vie. Ici et là, d’autres intellectuels, déçus par les buts si superficiels d’une société matérialiste, commencèrent à examiner leur âme. Beaucoup d’entre eux se tournèrent vers cet ancien livre appelé la Bible. Des milliers d’autres hommes suivirent des messies variés ou cherchèrent à échapper au moyen de drogues, le LSD par exemple. Certains suivirent des cultes étranges ; néanmoins beaucoup d’autres hommes commencèrent à trouver une réponse dans un renouveau de la foi de leurs pères.

Partout les gens cherchent quelque chose qui « marche ». Nous aimerions nous sauver nous-mêmes, car cela satisferait notre ego et notre orgueil. Penser que nous pourrions nous débrouiller sans Dieu grandit l’estime que nous avons de nous-mêmes. Comme Lucifer, nous disons : « Je serai semblable au Très-Haut. » (Esaïe 14.14) La puissance destructrice de l’orgueil réside dans le fait qu’il ne reconnaît rien au-dessus de lui-même. A cause d’une faute inhérente à sa nature, l’homme est attiré par l’erreur. Dans notre désir et notre volonté d’être indépendants de Dieu, nous avons coupé le contact qui nous reliait à la source de toute vie. Nous nous sommes éloignés de la seule espérance.

Jamais une génération n’a été appelée à subir plus de souffrances, de troubles, de déchirements et de désespoir que la nôtre. La peur qui paralyse, la douleur qui engourdit, la guerre qui détruit, la mort tragique et le pessimisme intellectuel, tout cela l’homme doit le supporter parce que dans son orgueil il refuse de se tourner vers Dieu ! Rappelons-nous les paroles de Jésus : « L’homme ne vivra pas de pain seulement. » (Matthieu 4.4.) L’homme est ainsi fait qu’il ne peut subsister sans Dieu. La prospérité matérielle ne suffit pas, nous devons avoir Dieu. Sonder l’espace, atterrir sur la Lune ou sur Mars, aussi excitant et fantastique que cela soit, ne satisfera pas la faim intérieure de l’homme. Il lui faut Dieu ! Avoir plus de loisirs, une maison plus spacieuse, une voiture plus puissante et la télévision en couleurs : cela n’est pas la réponse. L’homme doit avoir Dieu !

A la fin de sa vie, Bouddha a dit : « Je suis encore à la recherche de la vérité. » Cette déclaration pourrait être faite par des milliers de savants, de philosophes et de chefs religieux de l’histoire. Cependant, Jésus-Christ a fait cette déclaration étonnante : « Je suis la vérité. » (Jean 14.6.) Il est l’incarnation de toute vérité. La seule réponse à la recherche de l’homme se trouve en Lui.

La foi opposée à l’intellectualisme orgueilleux

Une attitude analytique à l’égard de Dieu ne suffit pas. Nous vivons une époque où l’on donne beaucoup d’importance à l’intellectualisme. La Bible nous enseigne que l’homme ne peut trouver Dieu par la sagesse. Job posa la question suivante : « Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant ? » (Job 11.7.) Remarquez que Job n’a pas demandé : « Prétends-tu trouver Dieu ? » Job veut montrer que dans ses capacités intellectuelles limitées, l’homme ne peut même pas mesurer et comprendre l’immensité de Dieu. Il est possible de trouver Dieu, mais il est impossible de « sonder » l’infini de l’immensité de Dieu. En d’autres termes, ce que l’homme aimerait faire, serait d’enfermer Dieu dans un laboratoire. Nous aimerions pouvoir le circonscrire dans les limites de nos petits cerveaux, et cela est bien sûr impossible. Nous ne pouvons même pas prouver l’existence de Dieu, mais nous savons bien qu’il existe.

Le christianisme ne peut jamais être réduit à la raison seule. C’est un des points sur lesquels je diffère d’avec certains théologiens qui essaient de limiter tout le contenu de la foi chrétienne à un exercice de gymnastique intellectuelle. Si l’homme veut trouver Dieu, il doit s’en rapprocher dans une foi simple et semblable à celle d’un enfant et dans une complète dépendance de la Parole de Dieu. Le mot « foi » est employé environ une centaine de fois dans l’Evangile de Jean seulement, ce qui montre la grande importance que lui donne la Bible.

Un de mes amis s’était juré, pendant qu’il était aux études, d’être millionnaire avant d’avoir atteint l’âge de vingt-cinq ans. Il y parvint sans peine. Il devint un brillant homme d’affaires, un homme arrivé. Il épousa une femme très belle, et il pouvait dire : « Mon âme… repose-toi, mange, bois et te réjouis. » (Luc 12.19.) Cependant tous deux étaient malheureux, dans leur abondance. Par curiosité, ils vinrent à une de nos réunions et répondirent à l’appel qui y fut fait de recevoir Jésus-Christ. Christ demandait une décision, un saut, un choix ! Ils firent ce pas et aujourd’hui ils sont parmi les personnes les plus radieuses et heureuses que je connaisse.

La révolution pacifique

Aujourd’hui dans le monde, a lieu une révolution calme et pacifique ; elle change la vie de milliers de gens. Elle donne un but et une signification à la vie des hommes de toutes les races et de toutes les nationalités qui trouvent la paix avec Dieu.

Le Dr Fred Smith fut un des grands biochimistes du monde. Il reçut son instruction en Grande-Bretagne puis, jusqu’à sa mort récente, fut professeur à l’Université du Minnesota. Il vint une fois à une de nos réunions « pour voir le spectacle ». Par la science il avait cherché les réponses aux questions profondes de son cœur. Ce soir-là, après avoir entendu un message, il trouva la réponse.

C’est ici que le récit de l’incendie de l’hôtel d’Atlanta cesse d’être une illustration adéquate, car il y a une issue. La sûreté et la sécurité sont à la disposition de tous ceux qui cherchent. L’homme n’a pas besoin de sauter d’une manière dangereuse pour échapper aux problèmes de ce monde. Car en dépit des philosophes modernes qui nous disent qu’il n’y a pas d’issue, Jésus-Christ lance encore un appel à tous ceux qui cherchent. Il dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14.6.)

Mon ami, le Dr Kenneth L. Pike, professeur de linguistique à l’Université du Michigan, a écrit un petit livre percutant intitulé : With Heart and Mind (Avec le Cœur et l’Esprit). Dans un chapitre intitulé « Prescription pour les intellectuels », le Dr Pike écrit : « Ceux qui sont devenus des épaves et qui désirent être purifiés, pardonnés et remis sur le droit chemin n’ont pas besoin d’une plus ample compréhension de la manière dont leur vient l’aide. Ils ont simplement et rapidement besoin de secours. » Si vous êtes en train de vous noyer, vous criez simplement : « Au secours ! » A ce moment-là, vous n’essayez pas de raisonner pour savoir comment vous êtes arrivé dans cette situation dangereuse. Vous savez que vous avez besoin d’aide, vous le faites manifestement savoir et vous saisissez tout ce qui vous tombe sous la main. C’est tout ce que fait une personne qui est « en bas ». Elle est désespérée et elle le sait. Vous n’avez pas besoin de connaître la philosophie du christianisme pour vous faire aider. La Bible dit : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10.13.)

Cependant, le Dr Pike montre dans son ouvrage que le même phénomène n’est pas valable pour l’intellectuel qui a déjà son opinion mentale logiquement formée dans un système cohérent dont toutes les parties s’adaptent comme les pièces d’une mosaïque et dont le dessin est détruit si l’on enlève une de ces pièces. L’intellectuel pense qu’il doit être capable de comprendre avant de venir à Christ. Il ne peut simplement tendre la main et s’agripper parce qu’il lui faut une explication de la situation faite dans les termes de son système de pensée. Il veut connaître la source de l’aide qu’il reçoit, sa manière de fonctionner, car il possède déjà un système de postulats rigide et complet. A son idée, son système est impeccable.

Nicodème était un intellectuel. Lui aussi avait un système philosophique et théologique établi et rigide et bon. Il y avait même inclus la croyance en Dieu. La structure intellectuelle de son système philosophique et religieux n’acceptait pas Jésus comme le Fils de Dieu. Mais qu’a dit Jésus à cet intellectuel ? Il lui a dit je pense à peu près ceci : « Nicodème, je regrette de ne pouvoir te l’expliquer. Tu as vu quelque chose qui te trouble, quelque chose qui ne s’adapte pas à ton système. Tu m’as vu être bon et tu m’as entendu dire que j’étais Dieu et que j’agissais avec la puissance de Dieu. Cela n’entre pas dans ton système, cependant je ne peux te l’expliquer car tes idées n’acceptent pas de point de départ. Nicodème, tout cela n’est pas logique pour toi, rien dans ton système n’admet cela ; je regrette de ne pouvoir t’expliquer, il te faudra simplement naître de nouveau. » (cf. Jean 3.1-5.)

Nicodème dut donc commencer sans même être logique à ses propres yeux. Il dut partir sans être arrivé à faire entrer dans son système ce que Jésus lui avait dit. Il dut faire un saut par la foi dans un système nouveau.

Si vous voulez trouver une réponse à votre recherche, vous devrez peut-être aussi rejeter une partie de votre ancien système de pensée et vous engager dans un nouvel ordre d’idées. Le Dr Pike a dit encore : « Il faut dire à l’intellectuel que son système entier doit être changé… qu’il doit naître de nouveau. Le christianisme n’est pas une addition, ce n’est pas quelque chose que l’on ajoute à ce que l’on a. C’est une perspective tout à fait nouvelle qui n’est rien moins qu’une pénétration dans les profondeurs de l’esprit. »

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant