Re-naître

Deuxième partie
La réponse de Dieu

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L’HOMME QUI EST DIEU

Au moment où j’écris ce chapitre, nous sommes à la veille de Noël. Les cartes de vœux affluent chaque jour, remplissant la boîte aux lettres et fascinant les regards. Beaucoup d’entre elles représentent Jésus, parfois sous la forme d’un bébé dans une crèche grossière, parfois comme un berger entouré d’enfants. Le monde est intrigué par l’aspect que devait avoir Jésus. Depuis les vitraux des magnifiques cathédrales de l’Europe jusqu’aux tableaux des écoles du dimanche aux Etats-Unis, partout nous voyons comment les artistes ont imaginé Jésus. Juste avant Noël, j’ai vu en Afrique Jésus représenté comme un bébé noir. L’an passé, en Orient, je l’ai vu dépeint comme un Asiatique.

Comment le monde se représente-t-il Jésus-Christ ? Parfois on le voit en homme pâle, avec des yeux bleus, souriant doucement sous une auréole diaphane. En Amérique, l’image la plus familière est celle d’un jeune homme viril, dont la beauté a un charme robuste. Il est probable que Jésus avait le type des gens du Moyen-Orient, avec la peau sombre. En réalité, nous n’en savons rien. Et c’est aussi bien comme cela, puisque aujourd’hui il appartient à toutes les races !

Peu importe comment nous imaginons Jésus, il n’a pas d’autre portrait que celui de la Bible. Elle nous présente l’homme qui est Dieu. L’affirmation que Jésus-Christ est Dieu est le point central de notre foi. C’est le fondement du christianisme. Comme on sait que la meilleure façon de détruire un édifice est de saper ou de faire sauter ses fondations, les hommes se sont toujours efforcés de nier, de railler ou d’ignorer les déclarations du Christ à ce sujet. Sachons que notre espoir de rédemption dépend de la divinité du Christ.

Qui est-il ?

Jésus, l’unique en toutes choses

Nous savons que Jésus a vécu. Il a existé dans l’Histoire et il appartient à tous les temps. Tacite, peut-être le plus grand historien de Rome, a parlé, dès le 1er siècle, de Jésus. Josèphe, historien juif né en l’an 37, mentionne le crucifiement de Jésus. Un savant contemporain a écrit : « La dernière édition de l’Encyclopaedia Britannica a besoin de 20 000 mots pour parler d’une seule personne : Jésus. L’article qui lui est consacré tient beaucoup plus de place que ceux concernant Aristote, Cicéron, Jules César, Bouddha, Confucius, Mahomet ou Napoléon1. »

1 Josh McDowell : Evidence that demands a verdict, p. 89.

Rousseau a déclaré : « Inventer une vie comme celle du Christ serait un plus grand miracle que de la vivre. »

Jésus vécut, enseigna et mourut sur la terre dans une infime portion du Moyen-Orient, correspondant à peu près à l’actuel Etat d’Israël. C’est un fait historique.

Son intelligence

Bien des hommes ont atteint aux plus grands honneurs et ont été admirés en raison de leurs prouesses intellectuelles : aucun d’entre eux ne posséda l’intelligence incisive de Jésus. Dans toutes les circonstances, Jésus, malgré sa fatigue ou les attaques de ses adversaires, a confondu les plus grands esprits de son temps.

Pendant trois ans il subit les assauts intellectuels de grands penseurs. Souvent ils ont tenté de l’embarrasser en lui posant des questions insidieuses. Une fois, alors qu’il enseignait dans le Temple, les prêtres et les anciens l’interrogèrent hostilement. Ils lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? qui t’a donné cette autorité ? » (Matthieu 21.23).

Ils avaient conscience d’être les responsables de l’enseignement religieux et voilà ce Jésus, charpentier de Nazareth, qui n’était même pas leur élève et se permettait d’enseigner dans leur territoire. Imaginez-vous ce qui se passerait dans une de nos prestigieuses institutions théologiques si tout d’un coup le concierge montait en chaire pour instruire les étudiants ?

Jésus répondit à la question en interrogeant à son tour : « Je vous adresserai aussi une question ; et, si vous y répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? »

Or Jean-Baptiste n’avait pas non plus été ordonné par eux ; et il avait pressé ses disciples d’obéir à Jésus. Les autorités religieuses étaient ainsi plongées dans la confusion. S’ils répondaient : « Du ciel », Jésus leur dirait : « Pourquoi donc ne lui avez-vous pas obéi ? » D’autre part, s’ils répondaient : « Des hommes », ils redoutaient de soulever la colère de la foule qui considérait Jean comme un prophète. Ils ont alors simplement répondu : « Nous n’en savons rien ! »

Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses » (Matthieu 21.27). Jésus avait une agilité mentale que les savants ont admirée depuis deux mille ans.

Sa franchise

Jésus avait une franchise absolue, et ne se souciait pas des conséquences. Les membres de l’« institution » religieuse de son temps observaient méticuleusement certains rites de purification, en particulier à table, chaque jour. A propos de ces pratiques, Jésus fit un discours sévère : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au-dedans ils sont pleins de rapine et d’intolérance. Pharisiens aveugles ! nettoyez d’abord l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi soit propre » (Matthieu 23.25, 26).

Les accusations faites par Jésus sont, hélas ! toujours valables. La véritable foi en Dieu est intérieure et concerne notre engagement personnel et notre attitude, et ne consiste pas en pratiques strictes de rites et de règles. La plupart d’entre nous, nous n’oserions pas apostropher si franchement les leaders ecclésiastiques de notre temps. Jésus, lui, était franc, hardi et honnête en toutes circonstances.

Sa largeur d’idées

Jésus était capable de comprendre tous les hommes, dans toutes les situations. Un jour, il prenait un repas chez un grand chef religieux nommé Simon. Pendant le repas, une prostituée repentie entra dans la salle à manger et lava les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuya avec ses cheveux. L’homme religieux fut scandalisé et lança sur Jésus un regard de doute, en pensant : « Si cet homme était vraiment un prophète, il saurait quel genre de femme est celle qui le touche. »

Jésus, sachant ce qu’il pensait, lui raconta une petite histoire : « Un prêteur avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents deniers (le denier représentait le salaire d’une journée de travail) et l’autre cinquante. Comme l’un et l’autre étaient insolvables, le créancier leur remit gracieusement leur dette. Lequel des deux l’aimera le plus ? »

Simon a dû être fort surpris : quel était le sens de cette histoire ? Sans doute haussa-t-il les épaules quand il répondit : « Celui, je pense, à qui la dette la plus grande fut remise. »

Jésus approuva sa réponse, puis rappela à Simon son oubli des coutumes locales envers un hôte : « Tu ne m’as pas lavé les pieds quand je suis arrivé chez toi, mais cette femme les lave avec ses pleurs et les sèche avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné le baiser de paix : depuis qu’elle est entrée, cette femme ne cesse d’embrasser mes pieds. »

Puis, se tournant vers cette femme, Jésus lui affirma que ses péchés étaient pardonnés.

Les autres invités furent étonnés. « Qui est cet homme qui pardonne — même les péchés ? » (Luc 7).

Ainsi Jésus mangea souvent avec l’élite sociale pour défendre ceux que la société excommunie.

Son esprit de pardon

Ses adversaires étaient puissants et persévérants. Ils se sont moqués de lui, ont fait des complots contre lui, et ont finalement manipulé la foule pour qu’elle réclame sa mort par crucifiement.

Quand il fut cloué sur la croix, sanglant et souffrant au grand soleil, beaucoup se moquaient de lui en disant : « Sauve-toi toi-même et descends de la croix ! » (Marc 15.30).

Dans ces circonstances effroyables, Jésus montra une qualité qui défie notre compréhension. Il pria Dieu, son père, en disant : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).

Qui parmi les hommes ordinaires pourrait pardonner à ses bourreaux dans de si brutales circonstances ?

Son autorité morale

Les portraits de Jésus le représentant terne et effacé ne correspondent pas à ce que l’Histoire nous rapporte de sa vigueur et de son autorité morale. A la fin de sa vie, l’« établissement », politique et religieux, fut unanime pour le supprimer. On envoya des hommes d’armes pour le saisir : ces rudes gaillards, quand ils furent près de Jésus, s’arrêtèrent, stupéfaits par ses paroles. Ils revinrent sans leur prisonnier.

« Pourquoi ne pas l’avoir interpellé ? » demandèrent les chefs. « Jamais personne n’a parlé comme lui ! » répondirent les soldats. Ils venaient de vivre une expérience faite déjà par des multitudes avant eux : « Les foules étaient frappées par son enseignement, car il parlait avec autorité, et non pas comme les scribes » (Matthieu 7.28, 29).

Jésus-Christ faisait ce qu’il enseignait, sa vie confirmait sa doctrine. Il existe beaucoup de gens qui sont nobles, intelligents, francs, ouverts et parlent avec autorité. Mais c’est seulement chez Jésus que nous trouvons les traits humains que Dieu manifesterait s’il devenait un homme.

La divinité que Jésus déclare posséder est prouvée par sa nature. Il a été unique dans l’Histoire des hommes.

Plus qu’un simple homme

Si nous n’avions rien de plus à dire sur Jésus, il n’aurait guère mieux à nous offrir que les autres grands personnages de l’Histoire. Toutefois, le caractère unique du Christ se voit dans le fait qu’il a eu, pendant sa vie terrestre, tous les attributs de la divinité.

Qu’est-ce qu’un attribut de Dieu ? Un théologien nous donne cette simple définition : « Ce sont les caractères distinctifs de la nature de Dieu, inséparables de la notion de divinité, qui constituent les bases de ses diverses manifestations à ses créatures2. »

2 Harry Rimmer : The Magnificence of Jesus (Grand Rapids, 1943), p. 112.

Jésus-Christ a été la manifestation suprême de Dieu. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Corinthiens 5.19).

Il ne fut pas un homme ordinaire. Plusieurs siècles avant sa naissance, le prophète Esaïe a dit : « Voici, la vierge deviendra enceinte et elle enfantera un fils » (Esaïe 7.14). Aucun autre homme, dans toute l’Histoire, n’est né d’une mère vierge. La Bible affirme qu’il n’eut pas de père humain ; s’il en avait eu un, il aurait hérité de lui les péchés et les infirmités qui affectent tous les hommes puisque « ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3.6). Comme il n’a pas été conçu « naturellement » mais par le Saint-Esprit, il est le seul homme qui soit sorti pur, directement de la main de Dieu. Il a donc pu se tourner vers ses compatriotes pour les défier : « Qui d’entre vous pourra me convaincre de péché ? » (Jean 8.46). Il est le seul, depuis Adam, à pouvoir affirmer : « Je suis pur. »

Si nous voulons rester sincères, nous devons avouer que dans cette incarnation se trouvent des mystères que nul d’entre nous ne peut comprendre. En vérité, saint Paul dit que cette manifestation de Dieu dans la chair est un « mystère » (1 Timothée 3.16).

Dans une autre lettre, l’apôtre Paul explique ainsi le problème de l’homme qui est Dieu : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a pas regardé le fait qu’il était l’égal de Dieu comme une proie à arracher, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes » (Philippiens 2.5-7).

D’abord Dieu est saint. C’est une caractéristique possédée par Jésus-Christ et qui est au centre de la foi chrétienne. Que signifie la « sainteté » ? C’est un terme pouvant s’appliquer à des personnes, des objets, des lieux et même des circonstances. Mais ce mot, très courant, est souvent mal compris et mal utilisé : il signifie « la pureté absolue, évidente ». Aucun être humain ne peut et n’a jamais pu posséder la pureté absolue et la perfection morale.

Dans l’Ancien Testament, Dieu est présenté comme étant « saint dans toutes ses œuvres » (Psaume 145.17) et le prophète Esaïe, dans sa vision de Dieu, proclame : « Saint, saint, saint est l’Eternel des Armées » (Esaïe 6.3). Dans le Nouveau Testament, cet attribut unique est possédé par Jésus-Christ, le saint enfant, l’homme sans péché. Ainsi Jésus-Christ possède une des caractéristiques que Dieu seul possède.

Deuxièmement, Dieu est juste. Pour pouvoir préserver sa sainteté, Dieu doit exercer la justice. Comme tout péché est une offense faite à Dieu, le principe de la justice divine est vital pour maintenir l’univers en ordre. Il en est ainsi pour une nation qui doit avoir des lois et des principes juridiques. Mais, alors que les gouvernements humains exercent la justice conformément aux désirs des chefs et des gouvernements, la justice de Dieu est pure et n’est jamais faillible.

Jésus-Christ était juste. Pendant son ministère terrestre, il manifesta cette qualité quand il chassa les profiteurs hors du Temple, à coups de fouet. La Bible le dit « fidèle et juste pour pardonner nos péchés ». Il est mort pour nos péchés, lui, « le Juste » pour les injustes.

Troisièmement, Dieu est miséricorde. Cette qualité divine se voit en Jésus-Christ tout au long de sa vie. Quand la femme adultère, prise en flagrant délit, fut traînée devant le tribunal et fut condamnée à la lapidation, Jésus défendit sa cause en disant : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. » Ses accusateurs s’effacèrent l’un après l’autre. Jésus-Christ, manifestant la miséricorde de Dieu, lui dit de partir et de ne plus pécher. A chaque instant on constate dans la vie de Jésus son amour, sa miséricorde et sa compassion. Lorsqu’il fit un discours dans la synagogue de son village de Nazareth, Jésus cita cette parole d’Esaïe, le prophète : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur » (Luc 4.18-19).

Quatrièmement, Dieu est amour. Les premiers chants qu’on apprend aux enfants dans les écoles du dimanche, alors qu’ils ne peuvent pas encore reconnaître une mélodie, parlent de l’amour de Dieu. Un enfant peut comprendre l’amour de Dieu, mais cet amour a de telles dimensions que l’adulte ne peut le sonder. L’amour de Dieu est le prolongement et le fruit de sa sainteté, de sa justice et de sa miséricorde.

Nous savons que le Dieu saint déteste le péché et ne peut supporter tout contact avec lui. La Bible dit que l’âme qui pèche doit mourir, c’est-à-dire que le péché sépare l’homme de Dieu. Pourtant le Dieu de miséricorde et d’amour ne peut se résigner à voir périr le pécheur coupable, il désire le sauver et doit en trouver le moyen Pour satisfaire la justice divine, Dieu substitue Jésus Christ à l’homme pécheur. C’est là que se dévoile l’amour de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3.16).

Dieu et Jésus-Christ sont le même

Cinquièmement, Jésus-Christ possède les trois attributs divins de plénitude, ceux dont le nom commence par le préfixe latin omni : « tous », « en totalité ».

Il est omnipotent, le possesseur de toutes les puissances possibles. Le dictionnaire ne reconnaît qu’une personne omnipotente : Dieu.

Au cours de son ministère terrestre, Jésus-Christ fit de nombreux miracles. Il ressuscita des morts ; il multi- plia quelques pains et quelques poissons pour nourrir des foules ; il guérit des malades incurables et des handicapés. Pourquoi en être surpris ? Il a dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28.18). Un homme ordinaire n’aurait jamais pu dire cela. Dieu seul peut faire une affirmation pareille.

Jésus fut aussi omniscient. Il sait toutes choses. La Bible dit que Jésus connaissait les pensées des gens (Matthieu 9.4) : « Jésus les connaissait tous…, il savait ce qui était dans l’homme » (Jean 2.24, 25). « En lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de l’intelligence » (Colossiens 2.3).

Connaissez-vous quelqu’un, y a-t-il eu dans l’Histoire une personne sachant toutes choses ? capable de connaître sans erreur la pensée des gens ? Il faut être le Dieu tout-puissant pour tout savoir. Jésus-Christ fut omniscient.

Il nous est sans doute plus difficile encore de concevoir la notion d’omniprésence. Comment être partout en même temps ? Nous sommes, dans notre expérience, prisonniers du temps et de l’espace. Etant créatures physiques, nous pouvons exister uniquement en un seul lieu dans un temps donné. Nous réagissons ainsi : « Je ne peux pas être partout ! » Dieu transcende l’espace et le temps, Jésus aussi. Il existe hors du temps. « Avant qu’Abraham soit né, je suis » (Jean 8.58). « Il est avant toutes choses » (Colossiens 1.17).

Jésus n’est pas lié à la terre. Il a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Il peut être avec un groupe de croyants dans une hutte primitive de Nouvelle-Guinée au moment où il assiste à un dîner d’hommes d’affaires à Dallas, au Texas. Il peut partager le repas d’une simple famille et un banquet royal, en même temps. Jésus-Christ est omniprésent.

Jésus a prétendu être Dieu. Il a dit : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10.30). « Celui qui me voit voit celui qui m’a envoyé » (Jean 12.45). Il a dit très clairement qui il était aux autorités religieuses de son temps : « Je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m’a envoyé rend témoignage de moi » (Jean 8.18).

A des responsables de la hiérarchie ecclésiastique lui demandant qui était son père, Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez mon Père » (Jean 8.19).

Jésus déclare avoir été « envoyé » par Dieu et ne pas « être de ce monde ». Il se présente comme « l;la lumière du monde », « le chemin, la vérité et la vie », « la résurrection et la vie ». Il promet la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui comme leur Sauveur et leur Seigneur.

En face de toutes ces déclarations de Jésus, il nous reste à prendre une décision vitale :

Que ferai-je de Jésus ?

Que pensez-vous de Jésus-Christ ? Voilà la question. S’il n’est pas ce qu’il prétend, il est un charlatan ou un fou. Il est impossible de prendre l’attitude « moyenne » admettant qu’il fut un homme bon, une sorte de superstar, comme on le fait parfois aujourd’hui. Sa personne même écarte la neutralité. On est pour ou contre. Ou bien il est un menteur, un dément, ou bien il est vraiment le Seigneur.

A la lumière des preuves fournies par la Bible et du fait historique de la résurrection, la seule conclusion sage, c’est que Jésus est Dieu, digne de notre confiance et de notre adoration. Quand je prends la décision de devenir chrétien, je décide aussi qui est le Christ. Lui faire confiance, c’est devenir un croyant en lui : et c’est cela qui me fait vivre vraiment !

Cheminer dans son désert privé

J’ai entendu l’histoire d’un jeune couple pendant la dernière guerre mondiale. Alors qu’ils étaient séparés, la femme mit au monde une petite fille. Les années passèrent, et la mère avait sur sa table une grande photographie de son mari pour que l’enfant puisse connaître son père. La petite fille apprit à dire « papa » en regardant la photo, si bien que la notion de père fut liée pour elle au portrait sur la table. Le jour vint enfin où le père revint de la guerre. Toute sa famille se rassembla pour voir les réactions de la fillette quand elle verrait son père pour la première fois. Imaginez leur déception quand elle refusa de lui accorder la moindre attention. Elle courut vers la photo sur la table et dit : « Il est là, papa. » Jour après jour, le père tenta de conquérir l’amour de sa petite fille, lui disant qu’il était vraiment son papa. Mais toutes ses tentatives échouèrent, au grand chagrin de tous. Chaque fois elle s’échappait pour aller regarder le portrait sur la table en disant : « Papa, il est là. » Cette tragédie, qui torturait le jeune père et toute la famille, dura longtemps. Un jour, pourtant, la petite fille, après avoir longuement regardé la photo, vint vers son père pour l’examiner avec soin ; puis elle retourna vers la photo. Tout le monde retenait son souffle. Tout à coup le visage de l’enfant s’éclaira et elle dit, très excitée par sa découverte : « Mais c’est le même papa ! »

C. S. Lewis décrit ainsi son expérience : « Imaginez-moi, tout seul, dans ma chambre d’étudiant, soir après soir, sentant, chaque fois que ma pensée s’écartait même pour une seconde de mon travail, l’approche implacable et régulière de Celui que je ne voulais à aucun prix rencontrer. Ce que j’avais tellement redouté m’arrivait finalement. Vers le temps de la Trinité, j’ai dû capituler, et admettre que Dieu est Dieu. Je me suis mis à genoux et j’ai prié. J’étais, ce soir-là, sans doute le converti le plus récalcitrant et le plus affligé de toute l’Angleterre. Je ne voyais pas à ce moment-là ce qui est aujourd’hui pour moi la réalité la plus lumineuse : l’humilité divine qui accepte de recevoir un converti même à ces conditions-là. L’enfant prodigue, lui, est au moins rentré chez lui sur ses jambes. Mais comment célébrer assez l’amour qui ouvre tout grand le portail pour accueillir un prodigue qu’on ramène traînant les pieds, se débattant, furieux et regardant de tous côtés pour trouver un moyen de s’enfuir ? Les paroles compelle intrare, contrains-les d’entrer, ont été tellement utilisées abusivement par les méchants qu’elles nous répugnent ; mais, bien comprises, elles permettent de mesurer la profondeur de la miséricorde de Dieu. La dureté de Dieu est plus tendre que la douceur des hommes, et ses contraintes sont notre libération3. »

3 C. S. Lewis : Surprised by Joy (New York, 1955), pp. 228 et suiv.

Un certain professeur m’a dit que pendant plus de quarante ans de vie universitaire jamais personne, sur le campus, ne lui a demandé : « Etes-vous un chrétien ? » Pendant ses études, il avait lu des livres qui expliquaient comment les miracles du Christ sont des supercheries. Il se croyait bien renseigné sur la question et très sûr de ses idées. Mais, tout en niant la divinité de Jésus-Christ, il avait conservé une croyance très vague en Dieu.

Pratiquement, raconte-t-il : « J’avais choisi de ne pas m’occuper de ces problèmes, après mes études. Je me suis avancé dans une sorte de désert personnel. J’ai tenté de satisfaire ma soif intérieure en lisant et en étudiant des livres de science ou de littérature. Mon opinion s’affermissait en ce qui concerne le Christ : il n’était qu’un prophète de plus. »

Un jour, un de ses étudiants pénétra dans le « désert privé » de ce professeur pour l’inviter à une conférence sur la divinité de Jésus-Christ. Ledit professeur a raconté plus tard : « Alors je fus confronté avec l’aspect positif de cette question pour la première fois depuis mon enfance. Je ne pensais pas que mon opinion arrêtée sur la divinité du Christ puisse jamais changer. Pendant la conférence, ce soir-là, j’étais partagé entre le scepticisme et l’espoir, car j’admets avoir secrètement souhaité être convaincu. L’’orateur en était encore à la première moitié de sa causerie quand je vis la vérité de la divinité du Christ. Une opinion professée pendant une longue vie s’effondra. Jésus était autre chose qu’un sage rabbi parmi d’autres. Ma volte-face fut très simple. »

Je suis d’accord. C’est simple. Jésus est Dieu. De l’acceptation de ce fait dépendent notre vie terrestre et notre destinée éternelle.

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