Le secret du bonheur

6
LE BONHEUR PAR LA MISÉRICORDE

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Matthieu 5.7

Quelqu’un demanda une fois à un vieux conseiller de paroisse s’il était chrétien ; celui-ci répondit avec plus de vérité qu’il ne se l’imaginait : « Par moments. »

Beaucoup d’entre nous sont chrétiens dans certains domaines de leur vie. Nous considérons comme bons et désirables l’idéal et les idées générales du christianisme. Nous allons à l’église à certaines occasions parce que cela nous semble convenable. Nous croyons à une certaine honorabilité, nous pensons que les hommes doivent être droits, moraux et de bons citoyens, mais lorsque la question « êtes-vous chrétien ? » nous est posée à brûle-pourpoint, nous avons de la peine à répondre affirmativement. Intérieurement, nous sommes prêts à avouer que si les disciples de Christ n’avaient pas eu une foi plus solide que la nôtre, il est peu probable que le christianisme eût été la force révolutionnaire qu’il a été dans le monde.

La vérité toute simple, la voici : nous avons négligé de prendre Christ au sérieux. Notre vie ne lui appartient pas véritablement. Si nous avions vécu au moment de la Crucifixion, nous aurions probablement imité Pierre dans son reniement ; beaucoup d’entre nous auraient approuvé Judas dans sa trahison ou auraient pris le parti de la foule plutôt que celui de Jésus.

Dans cette Béatitude, Jésus met le doigt sur le pouls désordonné du christianisme moderne. En quelques mots précis, Lui, le grand médecin, fait le diagnostic d’un christianisme malade et hésitant. Il décèle une de nos maladies : l’égocentrisme.

Avez-vous pris garde au nombre d’adjectifs possessifs que nous employons dans la conversation journalière : ma maison, mes problèmes, mes ennuis, mes sentiments, mes nerfs, ma famille, mon église, ma dénomination.

Vous souvenez-vous du jeune homme riche qui désirait suivre Jésus, mais qui, lorsque Jésus lui eut dit de vendre tout ce qu’il possédait et de le donner aux pauvres, s’en alla tout triste car il avait de grands biens ?

Jésus savait qu’une des meilleures preuves de notre soumission à Dieu est notre volonté de partager nos biens avec les autres. Si nous n’avons aucune miséricorde pour les autres, c’est une preuve que nous n’avons jamais expérimenté la miséricorde de Dieu.

On pourrait paraphraser cette Béatitude ainsi : « Ceux qui ont obtenu miséricorde de la part de Dieu sont si heureux, qu’ils sont miséricordieux envers les autres hommes. » Notre attitude envers notre prochain mesure notre religion avec plus de précision que toutes nos déclamations religieuses.

Emerson devait avoir consulté la jauge de la miséricorde humaine lorsqu’il déclara : « Ce que vous êtes crie si fort que je ne peux pas entendre ce que vous dites. »

Jésus a résumé tout le problème du véritable christianisme quand il a dit : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Ecriture. »1

1 Jean 7.37-38.

Le christianisme, c’est tout d’abord rencontrer Christ — recevoir de Lui l’eau vive ; c’est ensuite partir en son nom, pour la déverser sur les autres. Car l’eau vive doit être partagée avec le prochain dans l’amour, la miséricorde et la compassion. Un étang où l’eau pénètre mais qui n’a pas d’écoulement devient un marais stagnant et infesté d’insectes. Lorsque nous considérons le christianisme comme étant mon expérience, mes émotions, mes extases, ma joie et ma foi — sans partager tout cela miséricordieusement avec les autres — nous pouvons nous vanter d’être de l’eau stagnante. Notre christianisme n’est pas vivant, vivifiant et conquérant.

Ecoutez ce que disent les Saintes Ecritures : « Rendez justice au faible et à l’orphelin, faites droit au malheureux et au pauvre »2 ; « Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n’aura point de réponse »3.

2 Psaumes 82.3.

3 Proverbes 21.13.

Jésus a dit : « Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi »4 ; « Donnez et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde »5.

4 Matthieu 5.42.

5 Luc 6.38.

Dans cette Béatitude que nous pourrions surnommer la « Béatitude de la plénitude », Jésus insiste sur le fait que nous devons être des canaux largement ouverts par lesquels son amour et sa miséricorde se déversent sur les hommes.

Si vous avez une religion qui n’agit pas effectivement dans la vie de chaque jour, qui n’influence pas votre attitude envers vos semblables et qui fait de vous un égocentrique, vous pouvez être certain de ne pas connaître le Christ qui prononça ces Béatitudes.

Théorisez le christianisme et professez Christ tant que vous voudrez, ce n’est pas cela qui effraie Satan. Ce qu’il redoute, c’est que vous viviez Christ — que vous deveniez un instrument de miséricorde, de compassion et d’amour, pour manifester Christ dans le monde. Si Satan réussit à priver le christianisme de sa miséricorde et de son cœur, il tue son efficacité. S’il parvient à nous faire beaucoup parler de religion, mais à nous la faire peu pratiquer, il nous dépouille de notre puissance.

Si nous adoptons un Evangile uniquement spirituel et esthétique tout en négligeant nos obligations envers notre prochain, nous rendons vain cet Evangile. La bonne nouvelle du Nouveau Testament ne peut s’épanouir pleinement que lorsque la semence de l’Esprit est ensevelie dans la terre fertile de la miséricorde humaine.

C’est tout d’abord un cadeau que l’on reçoit puis un don que l’on fait. Jésus a dit qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

Il y a quelque temps une dame m’écrivit : « Je suis âgée de soixante-cinq ans. Mes enfants sont tous mariés, mon mari est décédé et je suis une des personnes les plus seules au monde. » On lui suggéra de trouver un moyen de partager sa foi religieuse et ses biens matériels avec ceux qui l’entouraient. Quelques semaines plus tard, elle écrivit encore : « Je suis la femme la plus heureuse de la ville. J’ai trouvé une nouvelle joie et un nouveau bonheur en partageant avec les autres. »

C’est exactement ce que Jésus a promis !

Quels sont aujourd’hui les différents domaines dans lesquels nous pouvons montrer de la miséricorde ?

TOUT D’ABORD nous pouvons montrer de la miséricorde en nous souciant des besoins sociaux de notre prochain.

En vous couchant ce soir, souvenez-vous que plus de la moitié de la population du monde est affamée, pauvre et malheureuse. La majorité de ces gens est illettrée et emploie des méthodes d’agriculture vieilles de mille ans. Beaucoup d’entre eux n’ont pas une situation plus enviable que les serfs du temps des grands seigneurs féodaux. Ils ont besoin de nourriture, d’instruction, de vêtements, de maisons, de soins médicaux et — par-dessus tout — d’amour. Nous avons une responsabilité envers ces peuples opprimés.

Jésus n’a-t-il pas nourri les foules tout en leur prêchant l’Evangile ? Ne nous a-t-il pas montré la folie qu’il y a à parler de la religion et à ne pas la mettre en pratique ? N’a-t-il pas dit : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux. parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l’apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. »6

6 Matthieu 23.13-14.

Nous avons certainement failli à cela ! Nous avons fait de la religion une théorie et nous avons débattu des sujets doctrinaux alors que le monde mourait dans la misère, manquait des choses indispensables à la vie et n’avait souvent aucune espérance.

Quels hommes égoïstes, parvenus et déréglés nous sommes devenus ! Il n’est pas surprenant qu’il y ait tant de déceptions, de lassitude et de malheur. Les paroles de Jésus « Bienheureux les miséricordieux » sont bien destinées à cette génération sans pitié.

Le docteur Frank Laubach m’écrivit récemment : « A mon avis, les Etats-Unis doivent faire un effort désespéré pour sortir de sa misère la moitié de la population du monde, sinon nous découvrirons qu’elle devenue communiste à cause de notre négligence. »

Vous ne pouvez peut-être pas aller dans ces pays éloignés, mais vous pouvez donner aux missionnaires et aux œuvres charitables, afin de construire des hôpitaux, des instituts d’éducation, des orphelinats et de procurer le minimum vital à beaucoup de ces millions de déshérités.

Mais regardons plus près de chez nous. Vous trouverez certainement des gens qui, à votre porte, ont des besoins matériels urgents. Un soir de Noël, un ami vint chez moi et m’offrit de l’accompagner pour distribuer des cadeaux de Noël dans la montagne. Je fus très content d’y aller, et cela fut une des plus grandes surprises de ma vie ! Je pensais que tout le monde dans notre communauté avait ce qui lui fallait pour vivre. Mais dans une petite vallée de montagne je trouvai des gens qui n’avaient pas de quoi se vêtir suffisamment et n’avaient pas assez à manger. Consterné et humilié, je demandai à Dieu de me pardonner d’avoir négligé les gens de ma propre communauté. Je ne m’étais même pas soucié de regarder quels étaient les besoins de ceux qui m’entouraient.

Si vous demandez à Dieu de vous les montrer, vous trouverez, dans votre communauté même, des hommes, des femmes ayant besoin d’aide matérielle.

Et toujours dans votre communauté vous trouverez des gens qui recherchent un ami. Il y a beaucoup de personnes seules à qui une poignée de main amicale n’est jamais donnée et à qui une lettre n’est jamais adressée. Ils sont abandonnés dans leur solitude. Si quelqu’un était disposé à leur écrire, à leur rendre visite, leur vie serait transformée.

Certains peut-être sont seuls et misérables parce que leur tempérament ne les pousse pas à se mêler aux autres. Un de mes amis se rendit une fois à une soirée mondaine. Il y avait, assis dans un coin, un jeune homme défiguré par un bec-de-lièvre et tout couvert de boutons. Personne ne faisait attention à lui ; il avait l’air abandonné, abattu, misérable et tout à fait dépaysé. Mon ami s’avança et passa la soirée avec lui. Lorsqu’il quitta la salle, cet homme était tout souriant ; quelqu’un lui avait témoigné de la miséricorde.

Il y a mille et une manières d’être miséricordieux dans la vie de tous les jours. Vous pouvez connaître un hôpital dans lequel des quantités de malades désirent que quelqu’un vienne les visiter, leur apporter des fleurs et un sourire joyeux. Ainsi vous pouvez être miséricordieux en visitant les malades.

ENSUITE, vous pouvez montrer de la miséricorde en abandonnant vos préjugés.

Dans le monde entier un nouveau nationalisme surgit. Les barrières sociales s’élèvent. Les préjugés divisent de nombreux peuples.

Le mot préjugé signifie « opinion préconçue, adoptée sans examen ». Les préjugés sont une marque de faiblesse, non de force ; c’est un outil de fanatisme, et non de vrai chrétien. C’est un de nos plus grands problèmes actuels, à tel point que l’homme moderne a quitté le sentier de la compréhension et de la miséricorde chrétiennes pour suivre la route de l’intolérance et de la haine.

Emerson évoque l’amabilité de la Belle Epoque quand ll écrit :

«Il traça le cercle pour m’exclure, moi l’hérétique, le rebelle, le misérable.

» Mais l’amour et moi nous devions gagner la partie : nous avons tracé le cercle où il était inclus ! »

Les préjugés se mesurent à la distance séparant nos idées faussées de l’exacte vérité. Si nous voulions tous être parfaitement honnêtes devant Dieu, il n’y aurait pas de préjugés ; mais comme la plupart d’entre nous avons des opinions préconçues et des cœurs pervertis, les préjugés sont répandus partout dans le monde.

Edward R. Murrow a dit une fois : « Un journaliste objectif, cela n’existe pas, nous sommes tous esclaves de notre entourage. »

Tous, nous avons des partis pris et des préjugés. En dépit de nos méthodes d’éducation avancées, nos préjugés n’ont fait qu’augmenter ces dernières années — nous pouvons en conclure que l’éducation n’est pas le remède à tous les préjugés.

Charles Lamb a même déclaré : « En toute franchise, je suis un paquet de préjugés : mes goûts et mes dégoûts. »

Le préjugé est une forme de vol, car il dérobe à sa victime l’occasion de se défendre à armes égales, il est aussi une sorte de meurtre, car il tue, en sa victime, toute possibilité d’avancement.

Jésus a touché le cœur de la question quand Il a dit : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? »7 Jésus donna ensuite une règle contre le préjugé : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. »8

7 Matthieu 7.3.

8 Matthieu 7.1.

Le plus grand mal social aujourd’hui dans le monde est le préjugé qui est souvent basé sur notre propre ignorance. Je doute sérieusement que nous puissions avoir un parti-pris contre une personne en la connaissant intimement. Nous sommes prompts à juger et à dénoncer ce que nous ne connaissons ni ne comprenons et ce que nous n’avons pas expérimenté.

Mais comment pouvons-nous nous débarrasser de ce défaut meurtrier ?

Il n’y a qu’un seul moyen : la nouvelle naissance spirituelle. Le préjugé, l’intolérance et le fanatisme doivent céder à la justice, à l’humilité et à la miséricorde. Et cela ne peut se produire que par la puissance divine agissant dans l’homme. Tous les savants du monde — bien qu’ils soient capables de désintégrer l’atome — ne peuvent désintégrer le préjugé. Aucun éducateur ne peut extraire « ,la racine d’amertume » de l’âme humaine. C’est une opération que Dieu seul peut effectuer.

Ecoutez les paroles de Saul de Tarse qui avait été l’un des hommes les plus envahis de préjugés : « La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n’est point envieuse, la charité ne se vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil… elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. »9

9 1 Corinthiens 13.4-7.

Ce que la logique grecque ne put faire pour Saul, la grâce de Dieu le fit. Ce que la culture de Rome ne put faire, la grâce de Dieu l’accomplit. Les préjugés s’évanouirent après son expérience du chemin de Damas. La miséricorde devint le mot clé de sa prédication, le thème de ses épîtres et le modèle de sa vie. « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant. »10 Tel était l’esprit de ses exhortations. Ayant obtenu miséricorde, il devint un dispensateur de miséricorde. Ayant été délivré de ses préjugés, il désirait ardemment que tous puissent être déchargés de leur puissance destructrice.

10 Romains 12.1.

Comment pouvons-nous être assez impudents pour avoir un parti pris contre quelqu’un quand Dieu dans sa miséricorde a été si bon envers nous ?

ENFIN, nous pouvons aussi montrer de la miséricorde en faisant part de l’Evangile de Christ aux autres. La pauvreté spirituelle de l’homme est encore plus grave que sa pauvreté matérielle. Son incapacité à faire ce qu’il devrait faire et à être ce qu’il devrait être prouve qu’il y a quelque chose qui ne va pas en lui.

La Bible l’exprime ainsi : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. » 11 L’immoralité, la licence, la cupidité, l’égoïsme, les préjugés, la souffrance, la haine et le fanatisme n’ont qu’une source : le cœur humain. Rien, dans l’univers, n’est tombé si bas, et pourtant par la grâce de Dieu, rien ne peut monter si haut.

11 Jérémie 7.9.

Le fait qu’après deux mille ans de christianisme plus de la moitié de la population du monde ne sache rien de la grâce rédemptrice de Christ, devrait nous pousser à une nouvelle consécration pour annoncer au monde qui meurt la miséricorde de Dieu.

Jésus a dit : « p;Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. »12

12 Marc 16.15.

Remarquez le mot allez. C’est un petit mot — mais il a une portée universelle ! Les disciples sont d’abord venus, et maintenant Jésus leur commande d’aller !

Nous sommes venus, mais nous nous sommes vite arrêtés, et pourtant Christ a dit : « Allez ». Un petit mot — mais qui contient dans ses quelques lettres toute la substance de l’Evangile de Christ. Il devrait être brodé sur les bannières de l’Eglise. « Allez », dit le Maître. Dix-neufs longs siècles se sont écoulés et pourtant des millions d’hommes sont encore plongés dans les ténèbres spirituelles.

Il y a deux manières de concevoir la nature déchue de l’homme. Certains prétendent que la nature humaine est radicalement bonne et qu’elle peut s’élever à la perfection indépendamment de Dieu. Mais le chrétien déclare que la nature humaine est radicalement mauvaise et que la puissance capable de la purifier et de l’élever est en Christ — et en Christ seul. La puissance nécessaire pour supprimer le vice et développer la vertu n’est pas en l’homme — elle est hors de l’homme, plus haut que lui — elle est en Christ.

Il est pourtant aujourd’hui des hommes d’Etat qui croient avoir trouvé le remède infaillible aux problèmes du monde contemporain : il suffirait de mieux organiser les gouvernements. Comme le vice et le crime pro- viennent de l’ignorance et de la pauvreté, ils supposent que la vertu pourra naître du savoir et de l’aisance. L’histoire prouve pourtant que cette théorie est fausse. Les constitutions et les lois ne contiennent pas l’élément indispensable pour purifier la nature humaine. La puissance d’affranchissement n’est pas du ressort de la loi, que celle-ci soit humaine ou divine.

La Bible dit : « Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi. »13 « Car — chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force — Dieu a condamné le péché dans la chair en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. »14

13 Romains 3.20.

14 Romains 8.3.

Nous sommes tous d’avis qu’une certaine forme de gouvernement peut être meilleure qu’une autre, mais tous les gouvernements ont été impuissants à supprimer le vice et à faire régner la vertu. Rome n’était pas plus pure sous l’éloquent Cicéron que sous le cruel Néron.

L’histoire prouve que le vice et la vertu existent indépendamment des lois civiles et aujourd’hui cependant il existe des hommes d’Etat qui croient que notre forme de démocratie devrait être imposée à toutes les nations de la terre et qu’elle serait un remède à tous les maux du monde. Ainsi nous sommes allés vers les tribus païennes et nous avons essayé de leur imposer notre civilisation occidentale, alors qu’elles n’y étaient pas du tout préparées et nous avons tenté de les persuader que nos lois étaient meilleures que les leurs.

La loi peut élever la société, mais elle ne peut pas atteindre les principes qui sont à l’origine de nos actes. Derrière les constitutions, derrière les lois et derrière les administrations, il doit y avoir un code moral qui est la puissance et la gloire de tout gouvernement humain.

Les savants, eux, affirment que le remède au vice doit être trouvé dans un système universel d’éducation : Leur opinion est que l’homme sera rendu pur et heureux par la culture intellectuelle.

Supposez que l’éducation soit la réponse à tous les problèmes qui se posent à l’homme. Développez l’intelligence au maximum : atteindrez-vous la vertu ? La sagesse n’a pas sauvé Salomon du vice ou Byron de l’immoralité. L’art et l’éducation peuvent affiner le goût, mais ils ne peuvent pas purifier le cœur, pardonner les péchés, ni régénérer l’individu.

Ce n’est pas un supplément d’instruction qu’il faut à notre civilisation, mais une conscience plus éclairée. Il ne lui suffit pas d’avoir des chemins de fer, des navires et de gigantesques entreprises industrielles, elle a besoin d’organisations dépouillées de toute espèce de corruption.

J’aimerais mieux que le monde soit peuplé de sauvages plutôt que de démons civilisés. Je préfère la jungle inexplorée aux palais débauchés d’une civilisation honteuse. Les cannibales des mers du Sud sont préférables aux voyous raffinés de nos villes.

Vous vous demandez peut-être si je suis opposé à la civilisation ? Non, mais je voudrais la réformer par la régénération. Je voudrais que la corruption fasse place à l’honnêteté et les préjugés à la Loi royale15. Je voudrais remplacer la cruauté par la miséricorde. Cela ne peut s’accomplir que si les individus qui forment ensemble la société humaine acceptent, chacun pour sa part, de recevoir Jésus-Christ comme Sauveur personnel.

15 La Loi royale : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », Jacques 2.8.

Vous pouvez construire une école et une université dans chaque quartier de toutes les villes de votre pays — vous ne pourrez pas, par l’instruction, l’empêcher de se corrompre moralement. L’éducation qui néglige ce qu’il y a d’essentiel dans la nature humaine ne mérite pas de s’appeler éducation. Cette éducation partielle qui ne s’intéresse qu’à l’intelligence et néglige l’âme est plus néfaste que l’ignorance totale.

Prenez un homme à demi éduqué mais ne reconnaissant aucune autorité au-dessus de la sienne ; placez-le dans votre milieu et mettez à sa portée des ressources inépuisables — il sera un monstre ! A moitié éduqué, il est plus dangereux que s’il n’était pas éduqué du tout : il est comparable à une locomotive avançant sans mécanicien, à un bateau balloté, sans boussole, sans pilote, sans direction.

Vouloir civiliser des hommes sans les convertir à Christ est aussi sage que de penser transformer des loups en moutons simplement en les lavant et en les recouvrant d’une toison de laine.

« Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. »

La miséricorde dont les hommes ont besoin, c’est la grâce, l’amour et la paix de notre Seigneur Jésus Christ. C’est sa puissance transformatrice et régénratrice qu’il faut avant tout dans le monde.

Il est évident que nous devons employer les ressources du monde physique, mais en même temps, nous devons nous emparer de la puissance régénératrice de Christ. Nous devons prendre un verre d’eau fraiche d’une main et la régénération de l’autre et les offrir au monde. Nous avions pensé que les besoins des hommes n’étaient que matériels, mais nous commençons à nous rendre compte qu’ils sont aussi spirituels.

L’Evangile de Christ satisfait l’être physique de l’homme. Le matérialisme s’imagine que notre corps s’explique par des formules chimiques, mais la Bible met le holà : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? »16

16 1 Corinthiens 6.19.

L’Evangile satisfait l’intelligence de l’homme. Il la pousse à sa plus grande activité. Il stimule le développement de toutes ses facultés. La Bible dit : « Ceignez les reins de votre entendement. »17 L’Evangile offre à l’homme régénéré un univers de vérité.

17 1 Pierre 1.3.

L’Evangile satisfait aussi les sentiments de l’homme. « Que votre cœur ne se trouble point. »18 « Bienheureux les affligés, car ils seront consolés » a dit Jésus. L’humanité désire la consolation dans ses chagrins, la lumière dans ses ténèbres, la paix dans ses tourments, le repos dans sa fatigue et un calmant dans ses maladies et dans ses maux : tout cela, l’Evangile le donne à l’homme.

18 Jean 14.1.

L’Evangile satisfait la volonté. Il invite l’homme à soumettre sa volonté propre à celle toute-puissante de Dieu et à participer ainsi à la puissance divine.

L’Evangile satisfait également la nature morale de l’homme. Son code de morale est reconnu par tous les hommes comme étant au-dessus de tout reproche.

L’Evangile est le seul dans le monde à donner satisfaction à la nature spirituelle de l’homme. L’Evangile reconnaît le fait terrible du péché et propose un remède efficace.

L’Evangile n’élude pas la question obsédante : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » en affirmant que l’homme n’a pas besoin de salut. Il ne sort pas l’homme de la fosse en lui assurant qu’il n’est pas mauvais. Il n’arrache pas l’aiguillon de la conscience en étouffant la conscience elle-même. Il ne trompe pas l’homme.

L’Evangile montre aux hommes leurs plaies et répand sur elles l’amour. Il leur montre l’esclavage dans lequel ils sont, et leur donne le moyen de briser leurs chaînes. Il leur fait voir leur nudité et leur offre des vêtements de pureté. Il les rend attentifs à leur pauvreté et met dans leurs mains les richesses du ciel. Il les convainc de péché et leur présente le Sauveur.

Voilà le message que nous devons porter à un monde troublé, égaré et perdu ! C’est cela, être miséricordieux !

Bien des gens qui vivent près de vous, dans votre propre communauté, ont besoin de la puissance régénératrice de Christ. Vous les connaissez personnellement. Je vous propose d’en faire la liste et de commencer à prier pour eux. Demandez à Dieu de vous montrer comment leur rendre témoignage et comment les gagner. Leur vie peut être transformée par le message que vous leur apportez. Vous devez partager cet Evangile que vous avez reçu. Partager ce que Christ a fait pour vous ! En le faisant vous montrerez de la miséricorde.

Comme vous avez reçu par la miséricorde de Dieu le pardon de vos péchés et la promesse de la vie éternelle — de même témoignez de la miséricorde. En étant miséricordieux non seulement vous obtiendrez miséricorde, mais vous trouverez un bonheur qui agit !

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant