La forme du baptême par immersion nous enseigne qu’il signifie une mort à la vie antérieure et un départ dans une vie renouvelée. Se faire baptiser est une occasion de passer toute sa vie en revue pour voir quels aspects font partie du « vieil homme » que nous devons « faire mourir » (Col 3.5). Ou, pour employer l’image de Jésus, de passer dans toutes les chambres de notre existence et de faire le ménage à fond afin que la maison soit «&nbs;vide, balayée et mise en ordre » (Mt 12.44).
Dans l’Eglise ancienne, on demandait aux candidats au baptême de prononcer un acte de « renonciation » : « Je renonce à Satan et à ses œuvres ». Peut-être avez-vous pratiqué une forme ou une autre d’occultisme, ou simplement touché à l’un de ces domaines : astrologie, magie, voyance, spiritisme, nécromancie (consultation des morts), divination, cartomancie, chiromancie, télépathie, lévitation, horoscopes…
Vous avez donné par là à Satan un certain accès qu’il considère comme un droit sur vous. Il est important de lui refuser ce droit en prononçant à haute voix, éventuellement devant témoins, les paroles suivantes : « Je renonce au diable et à ses œuvres. Je me livre au Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit à qui je veux rester fidèle dans la foi et l’obéissance jusqu’à la mort ».
Il faut aussi vous débarrasser de tout ce qui a trait à ces pratiques : livres (voir Ac 19.19), amulettes, talismans, horoscopes, médailles porte-bonheur, littérature occulte (6e et 7e livres de Moïse), jeux de cartes utilisés pour la cartomancie…
D’autres publications devront prendre le même chemin pour ne pas laisser à d’anciennes passions un point d’ancrage. Elles l’utiliseraient pour reprendre leur ascendant sur vous en profitant d’une phase de « basses eaux spirituelles » : livres, revues, cassettes vidéo à caractère pornographique ou ésotérique, images équivoques, statuettes religieuses…
Certains chrétiens qui avaient été esclaves du hard rock ont même jugé nécessaire de détruire les disques qui les avaient asservis à cette musique.
Dans le même ordre d’idées, il s’agit de couper les relations avec les personnes auxquelles nous étions associées dans des pratiques condamnées par la Parole de Dieu. Cela ne signifie pas couper toute relation avec des non-chrétiens. L’apôtre Paul est clair à ce sujet : « Dans ma dernière lettre, je vous ai écrit de ne pas avoir de relations avec des personnes vivant dans la débauche. Mais je ne voulais évidemment pas dire par là qu’il faut éviter toute relation avec ceux qui, dans ce monde, mènent une vie de débauche, ou avec les avares, les voleurs ou les adorateurs d’idoles ; car alors il vous faudrait sortir du monde » (1 Co 5.9-10), et vous n’auriez plus d’occasion de témoigner de votre foi à ceux qui ne la possèdent pas. Il nous faut éviter les personnes avec lesquelles nous avons pratiqué ce qui est inconciliable avec la vie nouvelle, sinon elles risqueraient de nous entraîner à nouveau dans notre ancienne dépendance (voir 2 Pi 2.20-22).
L’apôtre ajoute une précision à sa recommandation : « Non, je voulais simplement vous dire de ne pas entretenir de relations avec celui qui, tout en se disant votre ‘frère’, vivrait dans la débauche, ou serait avare, idolâtre, calomniateur, adonné à la boisson ou voleur. Avec des gens de cette sorte, il ne vous faut même pas prendre de repas » (1 Co 5.11). Des chrétiens ou des gens qui se disent tels — qui ont un comportement non conforme aux directives de la Parole de Dieu — constituent, pour de jeunes chrétiens, un danger plus grand que des inconvertis. « Si un tel, qui a tant d’années de vie chrétienne derrière lui, peut se permettre cela, pourquoi serait-ce mauvais ? Pourquoi ne me le permettrais-je pas ? »
Le plus difficile sera sans doute de couper certains liens affectifs, de renoncer éventuellement à une perspective de mariage si le — ou la — partenaire n’est pas chrétien (ne) et ne désire pas suivre le même chemin. Décision douloureuse et souvent lourde de conséquences — dans un sens comme dans l’autre. Certes, renoncer peut signifier rester seul(e). Mais Dieu peut aussi honorer la décision courageuse et donner à la situation un cours inattendu. Je repense à une jeune fille qui, en devenant chrétienne, a rompu ses fiançailles. Le jeune homme, intrigué par cette décision, a voulu connaître ce Jésus pour lequel sa fiancée avait renoncé à sa « dernière chance » de connaître les joies du mariage. Il s’est rendu — sans invitation — à une réunion de Billy Graham où il s’est décidé à suivre le Seigneur. La suite se devine aisément : un mariage chrétien et une vie de famille heureuse et stable.
Le cas est plus délicat s’il s’agit d’une situation similimatrimoniale, c.-à-d. d’une cohabitation qui a toutes les caractéristiques d’un mariage — sauf le passage devant le maire : stabilité, fidélité réciproque, peut-être même un ou plusieurs enfants. Cette situation de plus en plus courante a même été sanctionnée par le législateur et assimilée en partie à un mariage. Une rupture intempestive n’est pas toujours la meilleure solution (surtout s’il y a des enfants). Mais d’un autre côté, baptiser une personne vivant dans cette situation pourrait apparaître comme une approbation tacite de ce genre de relation. La meilleure solution est peut-être de surseoir au baptême et de donner au partenaire croyant l’occasion de « gagner à la foi » l’autre partie par son « attitude respectueuse et pure » (1 Pi 3.2) et aux amis chrétiens la possibilité de témoigner, par leur conduite et leurs paroles, de ce que la vie avec le Christ leur a apporté. Si, devant les nouvelles dispositions du partenaire croyant, « le non-croyant veut se séparer, qu’il se sépare ; dans ce cas le frère ou la sœur n’est pas lié » (1 Co 7.15).
Une séparation serait aussi à envisager si le non-croyant empêchait le croyant de vivre conformément à sa foi ou cherchait obstinément à l’en détourner. S’il s’agit d’une liaison plus ou moins fugace où la seule motivation est de jouir des avantages d’une vie à deux sans en avoir les obligations, le cas est plus simple : la Parole de Dieu l’assimile à la porneia (inconduite, débauche, union illégitime). Une seule décision s’impose : la rupture. Baptiser quelqu’un qui s’obstinerait à rester dans cette situation serait, de la part de l’Eglise, pactiser avec le péché.
On objectera sans doute que le monde contemporain l’accepte comme normale1. Mais l’Église ne prend pas ses normes dans le monde ou dans l’opinion publique ; elle s’oriente uniquement d’après la révélation divine telle qu’elle est contenue pour tous les temps dans la Bible, la Parole de Dieu. Si l’Eglise ne précise pas au moment du baptême la ligne de conduite biblique sur ce point, il lui sera très difficile, par la suite, d’exiger un comportement différent de celui qu’elle a toléré à l’entrée.
1 Effectivement, des sondages ont montré que l’opinion publique a passé en dix ans d’une réprobation quasi unanime à une acceptation tout aussi générale de cette situation.
Dans l’Eglise primitive, on baptisait généralement tout de suite après la conversion. Il est vrai qu’il s’agissait en grande partie de Juifs ou de prosélytes du judaïsme qui connaissaient le plan de Dieu d’après les Ecritures. Dans l’Eglise ancienne, les candidats au baptême devaient participer pendant plusieurs années à des cours de catéchèse. Beaucoup d’Eglises évangéliques ont choisi une voie médiane entre ces deux extrêmes : un cours de plusieurs séances de préparation au baptême.
Il est important, en effet, de bien connaître le Père, le Fils et le Saint-Esprit envers qui l’on s’engage, ainsi que les règles de la vie chrétienne dans laquelle on entre. L’apôtre Paul dit aux chrétiens d’Ephèse qu’ils ont « appris ce que signifie pour vous le Christ » (Ep 4.20). Il enseignait ses disciples tous les jours, parfois pendant plusieurs années (Ac 19.9-10). La connaissance est un élément essentiel du plan de Dieu pour nous (Lc 1.77 ; 2 Co 4.6 ; 10.5 ; Ep 1.17 ; 4.13 ; Ph 1.9 ; 3.8 ; Col 1.9-10 ; 3.10 ; 1 Tm 2.4 ; 2 Pi 1.2-3, 8 ; 3.18).