Josué se reposait avec les soldats de l’armée d’Israël. Au loin, il voyait la forteresse apparemment imprenable de Jéricho, clé de l’entrée dans le pays. Cette ville fortifiée « avait une grande importance stratégique : porte d’entrée du plateau de Benjamin qui la limite à l’ouest, elle ouvrait plusieurs itinéraires. L’un au nord conduisait vers le sanctuaire de Sichem et tout le nord du pays. Par le sud de Jéricho, la gorge du ouadi Qelt offrait deux passages, l’un traversait le plateau de Benjamin, menant droit sur Aï et Béthel, l’autre par la rive droite du ouadi conduisait à Jérusalem et au sud du pays » (Fourmond p. 43).
Comment éliminer cet obstacle ? « Un jour où Josué se trouvait près de Jéricho, il vit soudain un homme qui se tenait debout devant lui, avec son épée dégainée à la main. Josué s’avança vers lui et lui demanda: Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? Non, répondit l’homme. Je suis le chef de l’armée de l’Eternel et je viens maintenant » (5.13-14a). « Chef de l’armée » ? « Mais c’est moi, Josué, établi par ordre de l’Eternel ». Telle aurait pu être la première réaction de Josué. Mais il a bien écouté ce que l’homme disait : « chef de l’armée de l’Eternel » c.-à-d. des armées célestes, des armées angéliques (cf. Psaume 103.21 ; 148.2). Lorsqu’il entendit cette réponse, « Josué se prosterna, le visage contre terre » et se mit à ses ordres. Il reconnaissait que la victoire se remporterait, non par la force des armes terrestres, mais sur le plan spirituel entre les forces du Bien et celles de l’Adversaire. Il se souvenait certainement de la bataille contre Amalec où il avait remporté la victoire grâce à l’intercession de Moïse sur la montagne.
Josué a reconnu qu’il avait devant lui l’Ange de l’Eternel qui lui commandait d’ôter ses sandales «&nbs;car l’endroit où tu te tiens est un lieu saint » (tout comme il l’avait dit à Moïse devant le buisson ardent : Exode 3.4-6). Il savait que ce serait Lui qui déposséderait les nations qui occupent le pays, comme il l’avait promis (Deutéronome 9.5) et donnerait à Israël le pays en possession (v. 6). Le chef de l’armée de l’Eternel dit : « Je viens maintenant », « au moment où tu te poses des questions, où l’angoisse remplit ton cœur, où tu te demandes comment tu arriveras à vaincre cet obstacle insurmontable qu’est la forteresse de Jéricho ». Pour nous aussi, il arrive toujours au moment opportun.
« Le récit très significatif de la rencontre de Josué avec ‘un homme… son épée nue à la main’, sert de prologue à la conquête. Ce dut être un moment de crainte intense et de suspense pour Josué. Le Jourdain traversé, il n’y avait plus de retour possible. La charge de chef pesait lourdement sur ses épaules. Mais à un moment précis, il était ‘près de Jéricho’ (verset 13, littéralement ‘dans Jéricho’, c’est-à-dire sur les terres de Jéricho), et faisait anxieusement la reconnaissance de cette ville forte qui barrait la route d’Israël ; c’est alors que lui apparut le représentant de Yahvé, qui se présenta comme ‘chef de l’armée de l’Eternel’ (verset 14). Il est indubitable que c’était le Seigneur lui-même, apparaissant sous forme humaine. Ignorant la coupure artificielle qu’apporte la numérotation d’un nouveau chapitre, il convient de considérer 5.15 et 6.2 comme un récit continu, 6.1 étant une simple parenthèse. Le chef de 5.13 devient ‘l’Eternel’ de 6.2. Cf. ‘L’Ange de l’Etemel’ souvent identifié à Dieu, par exemple dans Genèse 16.7-11, 13. Cet Ange n’était autre que le Fils de Dieu lui-même, préexistant (voir dans le NCB, L’introduction à l’Exode, ‘L’ange de L’Eternel’ ; et ‘Théologie de l’Ancien Testament’) » (H.J. Blair NCB p. 248-249).
« Le fait que le chef de l’armée de l’Eternel se tenait avec son épée dégainée est significatif ; il indiquait que les habitants du pays allaient être jugés. Ainsi Jos 5.13-15 peut être vu comme le point de départ de la conquête telle qu’elle est relatée dans les chapitres 6 à 12. La théophanie constitue la transition entre l’entrée d’Israël dans le pays et sa conquête du pays. Bien que Josué fût le capitaine humain d’Israël, l’Eternel lui-même se préparait à mener son peuple dans la bataille contre l’ennemi » (P.P. Enns Joshua p. 50).
« Bien que cet étranger ne réapparaisse pas dans le récit de la Conquête, c’était un être céleste qui combattait derrière la scène dans les lieux célestes. Sa présence était le signe que l’Eternel était le chef militaire de la Conquête. Beaucoup identifient cette personne avec l’Ange de l’Eternel qui, parfois ne peut être distingué de l’Eternel lui-même (cf. Exode 3.2-4.17 ; Juges 6.11-23). L’armée de l’Eternel était l’armée céleste qui assurait la victoire à Israël s’il était obéissant (cf. Genèse 32.1-2 ; 2 Rois 6.17) » (D.H. Madvig EBC III p. 276).