Dieu n’est pas loin

Evangile selon saint Luc 14.25 à 30

De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur dit :

Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever !

Evangile selon saint Matthieu 16.24

Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.


7
SOYONS ANARCHISTES

J’aimerais que nous nous penchions sur la quatorzième chapitre de l’Evangile de saint Luc, à partir du verset 25 : « De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur dit : Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer ? »

Puis dans l’Evangile de saint Matthieu, au seizième chapitre, le verset 24 : « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. »

Jésus a exigé trois choses : que l’homme renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Le suive.

Dans son livre intitulé The Age of Longing on raconte l’histoire d’une jeune fille américaine qui épousa un anarchiste de Paris. A l’université, elle avait perdu la foi et tout ce que ses parents lui avaient enseigné, et elle était partie pour Paris où elle avait rencontré un révolutionnaire, un anarchiste. Quand on lui demanda pourquoi elle l’avait épousé, elle répondit : « Il est la première personne que j’aie rencontrée qui ait des convictions assez fortes pour être prête à mourir pour elles. Et bien que je ne croie pas exactement comme lui, j’ai été attirée par cet homme qui a trouvé une cause. »

Les jeunes gens aujourd’hui cherchent une cause, ils ne recherchent pas la facilité.

Un étudiant de Moscou a dit il y a quelque temps à un de mes collègues : « Vous, les chrétiens, vous dites que vous allez gagner le monde, mais nous avons fait davantage en cinquante ans que vous en deux mille ans. Savez-vous pourquoi ? C’est parce que vous n’êtes pas consacrés. Nous le sommes. Nous gagnerons. »

Je possède une lettre qu’un jeune anarchiste, étudiant, écrivit à son amie. Aimeriez-vous savoir ce qu’il lui dit ? Voici :

« Nous, les anarchistes, nous avons une mortalité très élevée. C’est sur nous qu’on tire, c’est nous qu’on pend, qu’on maltraite, qu’on met en prison, qu’on calomnie, qu’on ridiculise, qu’on chasse de notre profession, et c’est à nous que l’on fait tout ce qui est possible pour nous rendre la vie inconfortable. Un certain pourcentage des nôtres se font tuer. Nous n’avons pas le temps d’aller au cinéma ou au concert. On nous décrit comme des fanatiques : nous le sommes. Nos vies sont dominées par un seul idéal tout-puissant : la lutte pour la révolution. Nous avons une philosophie de la vie qu’aucune somme d’argent ne peut acheter. Nous avons une cause pour laquelle lutter, un but précis dans la vie, et nous subordonnons tout notre petit moi à un grand mouvement d’humanité. Et si nos vies personnelles paraissent difficiles ou si notre moi semble souffrir de cette subordination à notre cause, nous avons pour compensation valable la pensée que chacun de nous, dans une petite mesure, aide à faire un monde meilleur. Il y a une chose que je prends entièrement au sérieux : c’est la cause révolutionnaire. C’est ma vie, mes affaires, ma religion, mon passe-temps, mon amour, ma femme, mon mystère, mon pain et mon vin. J’y travaille le jour et j’en rêve la nuit. Son emprise sur moi grandit avec le temps. C’est pourquoi (il s’adresse à son amie) je ne peux pas continuer une amitié, une aventure amoureuse ou même une conversation sans me rapporter à cette force qui tout à la fois conduit et guide ma vie. J’évalue les gens, les livres, les idées, les actions selon leur effet sur les causes anarchistes et selon leur attitude envers elles. Je suis déjà allé en prison à cause de mes idées, et s’il le faut je suis prêt à aller devant le peloton d’exécution. »

J’utilise ces illustrations dans un but précis. Ces paroles ressemblent beaucoup aux écrits de l’Eglise primitive. C’était la sorte de consécration à Christ que possédait un groupe de jeunes révolutionnaires il y a deux mille ans, au moment où ils sont partis pour changer le monde avec l’amour au lieu de la haine, des jeunes gens qui avaient consacré leur vie à une Personne appelée Jésus qui, comme ils le croyaient, était ressuscitée des morts. Ils étaient prêts à mourir pour sa cause.

Au cours des siècles, nous avons perdu la signification du terme de « disciple ». Nous ne savons plus ce que signifie vraiment suivre Jésus-Christ. Et je crois que ce que nous voyons dans les universités, aujourd’hui, commence à nous apprendre quelque chose sur la consécration et sur ce que les petites minorités peuvent faire si elles sont dévouées à leur cause.

Quand on consulte la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament, on voit que Dieu ne demande pas moins de nous dans notre relation avec Jésus-Christ. Regardez dans l’Ancien Testament ce que Dieu a demandé à Abraham. Dieu lui dit un jour : « Abraham, je veux que tu ailles à la montagne de Morija et je veux que tu prennes ton fils, le fils que tu as attendu tant d’années, le fils que tu aimes plus que tout au monde, et je veux que tu l’offres sur l’autel. »

Abraham obéit à Dieu et partit ; il mit son fils sur un autel, prit un grand couteau et il allait le plonger dans le cœur de son fils pour obéir à Dieu, quand Dieu arrêta sa main et lui dit : « Tu es allé trop loin, Abraham. Je sais maintenant que tu es prêt à aller jusqu’au bout avec moi. »

Prenez l’exemple de Moïse. Il était le fils adoptif de la fille du pharaon. Il était l’héritier possible du trône d’Egypte. Il aurait pu être l’empereur du plus grand empire de cette époque. Il avait toutes les richesses, toute la gloire et toute la puissance qu’un homme peut avoir, mais il s’en est détourné délibérément pour souffrir avec le peuple de Dieu. Dieu exigea que Moïse abandonne tout pour être disponible, et Dieu l’envoya dans le désert pour étudier, prier, croître et apprendre.

Et Joseph : il fut vendu par ses frères, il dut descendre en Egypte comme étranger. Il aurait pu faire des compromis ; personne ne l’aurait jamais su, sinon Dieu. Et la femme de Potiphar était très belle et attirante. Elle l’incita à coucher avec elle, Joseph était adolescent et vivait à des centaines de kilomètres de la maison: personne ne l’aurait jamais su. Il savait qu’il aurait pu devenir influent dans le royaume en ayant les faveurs de la femme de Potiphar, mais il refusa. Il laissa son manteau quand elle le saisit : il fut envoyé en prison et condamné à mort. Dieu voulait voir si ce jeune homme était vraiment sincère.

Et Daniel ; on lui avait dit : « Daniel, on ne veut plus de prières à Babylone. Si tu pries, tu seras envoyé dans la fosse aux lions. »

Daniel priait trois fois par jour, croyait en Dieu et avait confiance en Lui. Bien qu’il fût le premier ministre du pays, on l’envoya dans la fosse aux lions, et il ne savait pas que Dieu fermerait la gueule des lions. Dieu lui demandait de payer le prix suprême, et il était prêt à le faire.

Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul, qui porta le message du Christ dans l’Eglise primitive, déclare dans sa deuxième épître aux Corinthiens, au chapitre 11 : « Souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Fréquemment en voyage, j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. » Il a porté le message de l’Evangile : en voilà le prix.

Et, en 1969, Jésus nous dit : « Prenez votre croix, renoncez à vous-mêmes, suivez-Moi et nous pourrons changer le monde », et Il nous montre le chemin. Nous recherchons les richesses : mais Lui qui était riche se fit pauvre pour nous afin que nous soyons enrichis. Nous cherchons le confort, mais « les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. »1 Nous voulons être acceptés par tous, mais Il a été rejeté et méprisé par les hommes. Nous voulons éviter la souffrance, mais Il a été blessé pour nos transgressions, Il a été brisé pour nos iniquités. Nous sommes égoïstes, mais Il a dit : « Je donne ma vie. »2 Il s’intéressait aux autres. Christ a enseigné cela, Il l’a vécu, Il le demande de nous.

1 Matthieu 8.20.

2 Jean 10.17.

Puis Jésus a dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. »

Acceptez-vous de le faire, ce soir, si cela signifie tout ?

Quand vous ouvrez le Nouveau Testament, vous constatez que les termes qui définissent le christianisme ne sont pas des noms, mais des verbes. Combattre, souffrir et travailler, voilà les verbes qui firent de l’Eglise primitive une Eglise de disciples sous la seigneurie de Christ.

Dans le Nouveau Testament, le chrétien est décrit comme un soldat qui doit souffrir dans les difficultés. « Souffre avec moi, comme un bon soldat de Jésus-Christ. »3 Voilà ce qu’écrit Paul à Timothée. Il vous demande de vous enrôler dans son armée. Il vous enverra dans un camp d’entraînement, peut-être dans une école biblique pour étudier et apprendre. Dieu n’emploie que des hommes préparés. Ça sera difficile et ardu.

3 2 Timothée 2.3.

La Bible nous dit que nous sommes comme des athlètes : nous devons nous exercer à la sobriété et à la discipline.

Jésus a dit : « Venez à Moi… et recevez mes instructions. »4 Il faut être discipliné. Le mot disciple veut dire personne qui reçoit un enseignement.

4 Matthieu 11.29.

« Si quelqu’un veut venir après Moi. » Remarquez que vous devez faire un choix personnel. Vous ne pouvez pas venir après Lui avant d’être venu à Lui, et beaucoup d’entre vous ne sont jamais vraiment allés à Lui. Vous ne L’avez jamais reçu comme Seigneur et Sauveur. Aucune cause ne domine vraiment votre vie. La grande majorité des jeunes n’est engagée nulle part. Et la petite minorité qui s’engage fait parler d’elle. Je vous demande de vous engager à la plus grande des causes, la cause de Christ.

Si des millions de jeunes gens peuvent marcher en Chine pour Mao Tsé-toung, nous devrions aussi pouvoir marcher pour Christ. Et s’ils acceptent de mémoriser les écrits et les paroles du petit livre rouge de Mao, nous devrions aussi vouloir étudier la Bible et en apprendre des passages afin qu’elle devienne une épée dans nos mains.

« Qu’il renonce à lui-même », dit Christ. Comment renoncer à soi-même ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce que cela signifie que vous devez renoncer à boire un café ou un Coca-Cola, à prendre un médicament, ou que vous deviez vous priver d’alcool et d’érotisme ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que vous devez renoncer à votre moi. C’est l’opposé de l’égoïsme. Cela veut dire que l’amour doit dominer votre vie. L’amour pour Dieu ? « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. »5 Vous renoncez à vous-même. Vous mettez Dieu en premier, les autres en second et vous en dernier.

5 Luc 10.27.

Mais cela signifie encore quelque chose de plus profond : c’est le renoncement à toutes les tentations qui assaillent les jeunes aujourd’hui. Personne ne peut suivre Christ et avoir des relations sexuelles en dehors du mariage. C’est renoncer à soi-même aussi dans le domaine de la nourriture. Vous vous modérez quant à votre nourriture et à vos boissons parce que la Bible a beaucoup à dire au sujet de la gourmandise. Cela signifie que vous renoncez aux plaisirs entachés de péché, aux plaisirs qui sont mauvais. Vous savez qu’ils sont mauvais. Cela veut dire que vous renoncez à l’orgueil, intellectuel et religieux, car il est faux. Il y a un certain orgueil de la chose accomplie qui est juste, il y a une certaine ambition qui est juste, mais si cette ambition vise à vous glorifier et à vous flatter, elle est fausse. Ce texte biblique veut dire qu’il faut renoncer au désir d’être quelqu’un par vous-même, d’être reconnu et admiré. Cela signifie que vous ne pouvez plus ignorer votre voisin qui est dans le besoin, comme l’homme riche ignorait Lazare. Il ne lui lançait pas des pierres, il ne lui donnait pas des coups de pied, ce n’était pas là son péché : il l’ignorait, simplement.

Cela veut dire aussi que vous devenez non conformiste. Presque tous les jeunes, aujourd’hui, s’habillent de la même manière, se ressemblent, agissent identiquement, lisent les mêmes livres ; vous voulez vous vêtir comme vos copains, suivre toutes les modes, de peur de paraître différent des autres ou bizarre. Mais la Bible vous appelle à être autre, à sortir du tas et à être non-conformiste intellectuellement et spirituellement. Quand les autres disent qu’il n’y a point de Dieu, ou que Dieu ne compte pas, ou encore que Dieu est hors de la course, vous accepterez de vous avancer, de dire que Dieu compte et qu’Il est le centre de votre vie.

« Soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. »6 «&nbs;Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ. »7

6 Romains 12.2.

7 Philippiens 2.5.

Cela signifie que Christ dominera votre pensée, parce que, voyez-vous, votre intelligence a été affectée par le péché, et c’est pourquoi vous ne pouvez venir à Christ avec votre intelligence seule. Vous devez venir par la foi, et quand vous le faites, Il prend, Lui, la direction de votre intelligence.

« A celui qui est ferme dans ses sentiments, Tu assures la paix. »8

8 Esaïe 26.3.

On peut avoir la paix dans un monde tourmenté et plein de tensions si notre esprit repose en Lui. Cela veut dire que votre intellect est maintenant sous la seigneurie de Jésus-Christ. Quand vous recevez Christ comme Sauveur, vous ne Le recevez pas comme un Sauveur seulement, vous Le recevez aussi comme un Seigneur.

« Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé. »9

9 Actes 16.31.

« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu L’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. »10

10 Romains 10.9.

La divinité de Jésus-Christ exige que vous ne Le receviez pas seulement comme Sauveur, mais que vous Le receviez aussi comme Seigneur. Il prend la direction de votre vie, Il dirige votre pensée, vos lectures, vos spectacles. Christ a son mot à dire dans tout cela, et sa pensée est contraignante. Vous disciplinez votre intelligence pour étudier, pour lire et apprendre ce qui Le concerne.

Vous ne devez pas être conformiste physiquement non plus. Quand vous recevez Christ, votre corps devient le temple du Saint-Esprit et il est offert comme un sacrifice vivant à Dieu. Vos mains deviennent ses mains. Vos yeux ne peuvent regarder des choses qui Lui déplairaient. Voudriez-vous qu’Il regarde à travers vos yeux certaines des choses que vous avez regardées aujourd’hui ? Nos oreilles, nos pieds, notre corps tout entier doit être soumis à la seigneurie de Christ.

Vous ne devez pas vous conformer à ce monde dans le domaine religieux. Nous ne vivons pas selon l’idée que le monde se fait de la religion.

Les gens qui vivaient du temps d’Esaïe étaient très religieux, mais Dieu leur dit : « Cessez d’apporter de vaines offrandes : j’ai en horreur l’encens, les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; je ne puis voir le crime s’associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; elles me sont à charge ; je suis las de les supporter. »11 Dieu pourrait dire : « Même vos services religieux sont devenus une offense à mes yeux. Finissez-en. »

11 Esaïe 1.13, 14.

Etre religieux veut dire quelque chose aujourd’hui, mais être chrétien a une autre signification. Vous dites peut-être : « Je viens d’un foyer chrétien, j’ai été élevé dans un pays chrétien, j’ai un entourage chrétien, des influences chrétiennes. Je suis allé à l’église toute ma vie ; donc, cela fait de moi un chrétien. »

Non, cela ne fait pas de vous un chrétien ! Cela ne fait pas de vous un disciple de Jésus-Christ. Vous devez vous soumettre à la seigneurie de Christ. Vous devez naître de. nouveau, vous repentir de votre péché, vous devez vous convertir. Vous devez avoir un contact personnel avec Christ et, si vous ne l’avez pas, vous ne pouvez pas être son disciple. C’est une expérience journalière, ce n’est pas simplement le fait de s’avancer une fois dans une croisade d’évangélisation comme celle-ci. C’est une expérience de chaque jour. Le fait de vous avancer n’est que le point de départ.

Non, nous ne devons pas nous conformer à ce monde. On n’entend pas beaucoup prêcher de séparation aujourd’hui, mais je veux vous dire qu’il est temps de commencer à prêcher et à enseigner ce que la Bible dit au sujet du monde et de la nécessité de s’en séparer. « N’aimez point le monde, dit l’Ecriture, ni les choses qui sont dans le monde. »12

12 1 Jean 2.15.

Je peux aller parmi les publicains et les pécheurs. Jésus fut accusé d’être buveur et jouisseur. Il alla chez des amis à des soirées, mais Il ne s’est jamais conformé au mal qui pouvait s’y trouver. Il était au milieu des gens, mais non l’un des leurs. Nous devons être dans le monde, mais non du monde. Nous sommes citoyens de deux mondes. Christ vit dans nos cœurs et nous ne devons pas participer au mal de ce monde. Nous devons vivre une vie coupée du mal de ce monde. Jésus a dit : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste. »13 De quel jour s’agit-il ? C’est le jour du jugement, le jour où Christ reviendra. Il a dit qu’il viendrait comme un voleur au milieu de la nuit. Semblable à un coup de tonnerre, il pourrait nous prendre à l’improviste.

13 Luc 21.34.

L’apôtre Paul a dit : « Je vous exhorte… à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. »14 Ces convoitises charnelles qui nous assaillent ont déclaré la guerre à votre esprit, à votre vie spirituelle et à votre relation avec Dieu. La bataille fait rage.

14 1 Pierre 2.11.

Avant de recevoir Christ, votre nature est dominée par vous-même. Quand vous acceptez Christ comme Sauveur, Il vous donne une nouvelle nature. La vieille nature est encore là, mais la nouvelle nature vient habiter dans votre cœur. Vous cédez la nouvelle nature à Christ, Seigneur et Maître. Il règne tellement que votre moi ne domine plus. Le péché et l’égoïsme ne peuvent plus être maîtres en vous. Dieu est maintenant aux commandes de votre vie, mais une bataille a constamment lieu dans le cœur d’un chrétien. Si vous êtes un vrai croyant en Christ, vous serez en guerre. Les convoitises de la chair, le monde et le diable vont lutter contre votre vie chrétienne. La chair lutte contre l’esprit et l’esprit contre la chair, et il y aura un conflit constant. Et les seuls moments où vous aurez une paix totale seront ceux où vous serez entièrement soumis et abandonné à Christ, dans tous les domaines de votre vie. Trop de jeunes gens veulent avoir un pied dans le monde et l’autre dans le Royaume de Dieu ; c’est comme si vous étiez à califourchon sur une barrière. Vous n’êtes satisfait ni d’un côté ni de l’autre. Décidez-vous, passez d’un côté ou de l’autre. Ne souillez pas le nom de Christ en vous prétendant chrétien et en suivant le diable. Vous faites plus de mal que de bien et il vaut mieux sortir de l’Eglise. Ne vous appelez pas chrétien si vous ne l’êtes pas. Dans l’Eglise primitive, on avait de la discipline: si un homme ne vivait pas selon l’éthique chrétienne, il était rejeté hors de l’Eglise. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de réunions de réveil hors programme pour nous débarrasser de certaines personnes qui sont dans l’Eglise. Je crois que nous pourrions faire du meilleur travail si nous étions des disciples consacrés et disciplinés, comme l’étaient ceux de l’Eglise primitive. Il faut de la discipline pour se lever une heure plus tôt, le matin, pour étudier la Bible. Il faut de la volonté pour arrêter la télévision une heure plus tôt le soir afin de passer une heure dans la prière. Il faut la discipline que Job avait quand il disait : « Je n’ai pas abandonné les commandements de ses lèvres ; j’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche. »15

15 Job 23.12.

L’apôtre Paul a dit : « Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout. »16

16 Philippiens 3.7, 8.

Puis Paul ajoute : « Je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ. » Il aurait pu dire : « Toute la gloire de ce monde, toute mon intelligence, tout l’argent que je pourrais posséder, j’y renonce avec joie. C’est de la boue en comparaison de ce que j’ai trouvé en Jésus-Christ. »

Les choses anciennes sont passées. Le monde entier est nouveau et Christ domine nos vies et notre pensée. Le moment est venu dans l’Eglise de demander aux jeunes de suivre Jésus-Christ, même si cela entraîne des souffrances, car c’est ce que cela signifie et ce que cela coûte.

Vous savez peut-être qu’une réclame a paru il y a quelques années dans le New York Times au sujet d’un homme qui allait dans l’Arctique, à Shackleton je crois, et il avait fait paraître une annonce dans le grand quotidien parce qu’il n’avait pas trouvé de volontaire pour l’accompagner. Le texte disait : « Le salaire sera bas, le travail sera dur et ardu, et il est possible que vous y laissiez votre vie. » J’ai lu que cette annonce avait attiré un plus grand nombre de réponses que toutes les réclames jamais parues dans le New York Times. Les jeunes veulent des défis, ils veulent des difficultés et des obstacles, et c’est ce que Jésus offre. Il ne nous propose pas des amusements, Il nous offre la souffrance, une croix et la mort, mais les récompenses sont fantastiques : la paix et la joie ici-bas, une force surnaturelle pour aimer nos amis et nos voisins, une puissance nouvelle pour s’engager dans le monde et la vie éternelle.

« Renoncez à vous-mêmes, et prenez votre croix. » Qu’entendait-Il par cette croix ? Vous êtes libre de choisir, vous ne devez pas la prendre si vous ne la voulez pas. C’est volontaire. Cette croix n’est pas la punition du péché. Celle-là, seul Christ peut la porter. Ce n’est pas une croix d’or, d’ivoire ou d’argent, ce n’est pas la pauvreté ou la maladie. Ce ne sont pas non plus les fardeaux que vous portez dans la vie. La croix de Paul n’était pas l’écharde qu’il portait dans la chair. Qu’est-ce que Jésus voulait dire lorsqu’Il déclarait : « Prenez votre croix » ? La croix en ce temps-là était le moyen d’exécuter les criminels ; et c’est comme si ce soir on nous disait : « Prenez votre chaise électrique et suivez-moi. » Vous en seriez scandalisés, et c’est ainsi que les gens du temps de Jésus ont réagi. La plupart d’entre eux se sont détournés et n’ont plus suivi Jésus en déclarant : « Nous ne savions pas qu’il allait à la croix. » Seule une poignée d’hommes est restée avec Lui, mais quelle poignée ! En peu de temps, ces hommes transformèrent le monde.

Jésus a dit que si on Le suivait on devait partager sa souffrance et son rejet.

« Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ seront persécutés. »17

17 2 Timothée 3.12.

Ce que Dieu nous demande de faire, à notre manière, là où nous sommes: vivre pour Christ même si nous devons être seuls. Vous serez peut-être le seul dans votre communauté ou dans votre école, comme Noé dans sa génération : il était seul. La Bible nous rapporte l’histoire d’un homme qui est venu à Jésus et qui désirait Le suivre. Christ lui a demandé : « Jeune homme, as-tu calculé le prix ? Cela va te coûter quelque chose. » Le jeune homme lui déclara : « Eh bien ! Seigneur, je désire Te suivre, mais je ne veux pas tout abandonner. » Jésus lui répondit : « Cela ne va pas », et Il perdit ce jeune homme qui se détourna tout triste. Je vous dis que si vous n’acceptez pas d’aller jusqu’au bout pour Jésus-Christ, de Lui donner tout ce que vous avez, vous ne serez pas considérés comme ses disciples. Mais si vous en avez l’intention, si vous voulez qu’Il domine votre vie, si vous voulez qu’il soit Seigneur et Sauveur, je vais vous demander de Le recevoir ce soir. Voulez-vous suivre Christ, dans une vie disciplinée, dans une vie de prière et d’étude de la Bible, avec une intelligence soumise, une langue sanctifiée et dans la volonté de racheter le temps ?

Winston Churchill a déclaré : « Il y a tant à faire dans le monde et si peu de temps pour l’accomplir ! »

Vous avez la vie devant vous. Vous ne savez pas combien de temps — peut-être un, deux, cinq ou dix ans — vous n’avez pas beaucoup de temps. Acceptez-vous de donner ce que vous avez à Christ ? Vous pouvez venir simplement comme vous êtes, avec tous vos péchés, tous vos ennuis, toutes vos difficultés ; venez et dites : « Seigneur Jésus, je Te reçois comme mon Seigneur et comme mon Sauveur. Je veux être un de tes disciples, je veux être un vrai disciple. »

Le 19 juin 1969.

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