Espoir pour le cœur troublé

8
Que puis-je faire quand j’ai mal ?

Parfois le Seigneur calme la tempête ; et parfois il laisse la tempête continuer son cours et calme l’enfant.
Inconnu

La souffrance peut nous conduire à deux réactions. Ou bien elle nous fait maudire Dieu d’avoir permis notre malheur, ou bien elle nous conduit à lui pour obtenir du secours. Il y a l’expression : “Aide-toi et le Ciel t’aidera !” Je crois qu’une phrase comme “Dieu vient à notre aide lorsque nous ne pouvons plus nous aider” est infiniment plus réconfortante.

La maladie nous enseigne que l’activité n’est pas la seule façon de servir Dieu. “Servent aussi ceux qui sont là et attendent.” L’homme s’intéresse aux tâches actives, mais Dieu nous montre qu’il est aussi glorifié par la souffrance.

Linda s’était empoisonnée en absorbant des produits chimiques, ce qui a amené la destruction de son système immunitaire, la rendant “allergique au monde”. Elle ressemblait à cet enfant dans une bulle de plastique qui doit se protéger de tout contaminant atmosphérique. Linda passa son temps entre le département des soins intensifs et la chambre d’observation pendant cinq années de sa jeune vie adulte. “La plupart du temps j’étais incapable de réfléchir de façon cohérente. J’étais trop occupée à essayer de survivre.” dit-elle.

Linda devait lutter avec un petit exercice qu’elle s’était fixé comme objectif quotidien pendant ces années d’intense souffrance. Elle lisait un verset biblique chaque jour et priait une minute. “Et ça demandait un effort extraordinaire,” dit-elle.

Quand elle put quitter la prison de son isolement, elle commença à communiquer avec d’autres personnes. Elle découvrit un organisme Lien Direct, qui lie les gens handicapés à une ressource d’aide et de soutien. Elle dit : “Le Seigneur m’a donné la souffrance pour que je puisse aider les handicapés qui souffrent.”

Jésus dit : “Ce que je vous dis dans l’obscurité, répétez-le à la lumière du jour” (Matthieu 10.27). Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ? Simplement de rester dans le silence et d’écouter Dieu quand les choses vont au pire, et vous serez en mesure de partager avec d’autres lorsque ça ira mieux.

Oswald Chambers expliqua :

“Observez où Dieu vous met dans l’obscurité, et lorsque vous y êtes, gardez le silence. L’obscurité est l’occasion d’écouter et de retenir. Si vous parlez à d’autres personnes, vous ne pouvez entendre ce que Dieu est en train de vous dire. Dans l’obscurité, écoutez, et Dieu vous donnera un très précieux message pour les autres quand vous reviendrez à la lumière.”1

1 Oswald Chambers, My Utmost for His Highest (Weswood, N. J. : Barbour & Co., 1963), 32.

Les réactions à la souffrance varient comme la souffrance elle-même. Beaucoup de gens disent que les femmes peuvent supporter plus de douleur que les hommes. En fait, quelqu’un a écrit : ‘L’homme endure la douleur comme un châtiment immérité ; la femme l’accepte, elle, comme une chose naturelle.” Ayant observé des femmes qui souffraient, je crois que c’est vrai. La plupart des femmes pourraient confirmer ce fait.

Le ressentiment tue

Le ressentiment conduit à l’amertume. Ainsi, Lord Byron et Sir Walter Scott étaient deux écrivains doués et des poètes inspirés de la fin du dix-huitième siècle et début du dix-neuvième. Ils étaient tous les deux boiteux. Byron s’offusquait de son infirmité avec beaucoup d’amertume et se lamentait constamment sur son sort. Scott, lui, n’émettait jamais de plainte à propos de son handicap.

Un jour Scott reçut une lettre de Byron disant : “Je donnerais ma renommée pour avoir votre bonheur.” Qu’est-ce qui faisait que chacun réagissait différemment à sa souffrance et à son infirmité ? Byron tirait orgueil de sa vie dissolue. Ses valeurs morales étaient douteuses. Scott, de son côté, était un chrétien croyant dont la vie courageuse illustrait les valeurs et les principes.

L’une de nos amies, que son mari avait quittée après cinquante ans de mariage pour une fille si jeune qu’elle aurait pu passer pour sa petite-fille, nous demanda un jour “Qu’est-ce qu’on fait avec l’amertume ?” Celle-ci ronge comme l’abcès. Ce dernier infeste et grossit ; il doit parvenir à maturité, ce qui est un processus extrêmement douloureux. Une fois mûr, il éclate ou on le perce, ce qui débarrasse du poison. Même alors, il faut encore du temps pour que la blessure guérisse, et il restera toujours une cicatrice.

L’amertume peut détruire l’être humain. Elle transforme ceux qui souffrent en plaignards qui s’apitoient sur leur sort et finissent par éloigner tout le monde. La Bible dit : “Prenez garde que personne ne se détourne de la grâce de Dieu. Que personne ne devienne comme une plante amère qui pousse et fait du mal à beaucoup de gens par son poison” (Hébreux 12.15).

Betty était une petite femme, mais son influence sur sa fille et ses petits-enfants était profonde. Depuis le décès de son mari, elle était malade. Elle s’était diagnostiquée de tous les maux contenus dans son petit guide médical pour la maison. Sa fille était tenue en tension constante, parce que Betty pouvait l’appeler d’urgence le jour ou la nuit. Ses petits-enfants n’aimaient pas ses visites. Elle s’offusquait du fait que ses maladies, réelles ou imaginaires, la rendaient dépendante de sa famille. Et ce faisant, elle poussait les siens à s’éloigner d’elle.

Si nous vivons repliés sur nous-mêmes et que quelque chose arrive et détruit notre plan méticuleusement élaboré, notre tendance naturelle sera de réagir avec impatience et ressentiment. Nous avons tendance à blâmer Dieu lorsque les choses tournent mal et à nous attribuer le mérite quand ça va bien. Ça peut devenir une manière de vivre à la longue, comme ce fut le cas pour Betty, et les conséquences en sont tristes et désolantes.

L’amertume et le ressentiment se développent quand nous persistons à résister à ce que Dieu a permis qu’il nous arrive. Les chrétiens forts dans la foi grandissent en acceptant tout ce que Dieu permet dans leur vie. Le ressentiment peut entraîner aussi de la douleur physique. Le chemin est court du stress à la tension nerveuse, et la douleur s’aggrave.

Résister et se rebeller contre la correction de Dieu nous fait manquer l’une des plus grandes bénédictions spirituelles que les chrétiens puissent avoir ici-bas. Bien que Job souffrît comme peu d’hommes sur cette terre, il ne perdit jamais de vue la présence de Dieu avec lui au milieu de la souffrance. Il sortit victorieux à la fin de ses malheurs, parce qu’il ne permit jamais au ressentiment d’occulter sa relation avec Dieu.

Le ressentiment nous donne une personnalité amère, mais il y a une autre mauvaise réaction qui semble si noble et si pieuse au premier abord. On l’entend dans les soupirs du martyr !

Souffrir en soupirant !

Poussant un grand soupir, la personne qui souffre entreprend la vie quotidienne avec une résignation lugubre. Avouons-le, il nous arrive à la plupart d’entre nous de nous comporter de cette façon à un moment ou l’autre de notre vie. “C’est simplement une souffrance à laquelle je dois m’habituer !” disons-nous avec un sourire forcé. Mais la résignation n’est pas vraiment une vertu chrétienne. Les Stoiques de la Grèce antique acceptaient le malheur avec résignation et c’était la marque de commerce de leur philosophie. La résignation était souvent le moyen facile de s’en sortir, une sorte d’analgésique, ou d’anesthésiant alors qu’il fallait agir.

Nous avons certainement tous éprouvé des moments où nous sentions que nous devions serrer les dents ou porter le masque d’un visage heureux alors que nous pleurions à l’intérieur. Je suis heureux de ce que David n’a pas toujours vécu des hauts : “Ne vous faites pas de souci pour moi, les amis, tout va à merveille !” David s’est lamenté, a pleuré, et s’est senti abandonné, maïs pas continuellement.

Les chrétiens semblent programmés pour garder la souffrance pour eux-mêmes. Mais Dieu peut entendre nos plaintes, et le plus merveilleux, c’est qu’il ne nous en tient pas rigueur.

David refusa de se résigner à la défaite qui quelquefois menaçait de l’abattre. Plus d’une fois, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, il sembla sur le point de tomber pour de bon, mais il regardait toujours au-delà de l’obstacle ou du problème pour voir Dieu lui-même. Quand nous sommes au fond du gouffre, nous n’avons pas besoin de nous résigner à notre sort ou à la malchance, mais de dire : “Je regarde vers les montagnes : Y a-t-il quelqu’un qui pourra me secourir ? – Pour moi, le secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre” (Psaume 121.1-2).

Si nous avons les yeux fixés sur nous-mêmes, sur nos problèmes et notre peine, nous ne pouvons lever les yeux. Un enfant marche les yeux vers le haut lorsqu’il accompagne son père, et il devrait en être de même pour le chrétien.

Malheureusement dans notre société, on a peu de tolérance pour la maladie et la souffrance d’autrui. Nous mettons les malades à l’écart, ou du moins nous les écartons de nos pensées. Le ressentiment naît lorsque notre valeur n’est plus reconnue. Beaucoup de gens victimes de longues maladies racontent qu’ils ne reçurent des cartes de souhaits et des appels que dans les premiers jours ou les premières semaines de leur maladie. La boîte aux lettres cessa vite de se remplir, le téléphone de sonner et les visiteurs de paraître. La solitude s’installe chez celui qui souffre parce que les gens en santé ne veulent pas être ennuyés.

Parfois nos fardeaux nous semblent trop lourds pour que qui que ce soit les porte. Nous sommes enlisés dans les sables mouvants de la douleur physique et émotive. Jésus vient vers nous avec un amour qui ne fait jamais défaut, qui n’oublie jamais, demeure toujours disponible et nous dit : “Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Le joug que je vous donnerai est facile à porter et le fardeau que je mettrai sur vous est léger” (Matthieu 11.28-30).

Venez, prenez, laissez-vous instruire. Quelles puissantes directives ! Ils renferment une invitation à accepter nos fardeaux et nos douleurs et à en tirer profit. Un muscle s’atrophie si on ne s’en sert jamais. Pour s’affermir, le muscle doit effectuer un effort contre quelque chose. Pour atteindre les sommets, un individu doit apprendre à tirer parti des difficultés.

Dave Dravecky, ancien lanceur étoile des Giants de San Francisco, effectua un remarquable retour au sport après avoir subi une chirurgie pour le cancer ; il donna ensuite des conférences partout au pays sur la façon de surmonter l’adversité. Après s’être fait enlever dans le bras gauche 50% du muscle le plus important pour lancer la balle, il se servit de ce même bras pour lancer huit manches consécutives et infliger la défaite aux Reds de Cincinnati, 4 à 3. Après cette victoire, Dravecky, ému jusqu’aux larmes, s’écria : “C’est un miracle !”

Cinq jours après son triomphe, son bras gauche lâcha. Il dut abandonner pour la saison, mais il croyait pouvoir faire un autre retour au jeu. Ce rêve fut déçu lorsque les médecins découvrirent une masse dans son bras qui ressemblait à une autre tumeur cancéreuse.

Dravecky dit : “Personne n’a jamais promis que la vie serait juste. Chacun connaîtra l’adversité. La seule façon de la surmonter, c’est de garder les yeux fixés non sur notre situation mais sur le Seigneur.”2

2 Los Angeles Times, 16 février, 1990, C9.

Le confort et la prospérité n’ont jamais enrichi le monde autant que l’adversité. La douleur et les difficultés ont donné naissance aux plus belles des chansons, aux plus émouvants des poèmes, et aux plus touchants témoignages. Lorsque nous rendîmes visite à notre fille aînée, qui s’était mariée avec un Suisse, nous sommes montés dans les Alpes en télésiège pour voir le panorama. Je ne suis pas un skieur, aussi nos voyages se faisaient habituellement en été. Nous regardâmes au sol dans ces hauteurs vertigineuses et aperçûmes les plus magnifiques fleurs qu’on puisse trouver. Il est difficile de croire que quelques semaines auparavant, ces fleurs gisaient sous un mètre et plus de neige. Le recouvrement de glace et les tempêtes d’hiver n’ont fait qu’ajouter à leur beauté et que stimuler leur croissance.

Nos fardeaux peuvent avoir le même effet sur notre vie, En affrontant les vents de l’adversité et les tempêtes de la vie, les chrétiens peuvent resplendir avec plus de beauté. Ils ressemblent à ces arbres qui croissent sur les sommets des montagnes de Caroline du Nord : même fouettés par les vents, ces arbres donnent le bois le plus solide qu’on puisse trouver.

Le ressentiment et la résignation ne sont pas la réponse au problème de la souffrance. Il faut accepter son sort et s’attacher au Seigneur et sa puissance atténuera notre souffrance. Il y a une autre étape au-delà de l’acceptation, et c’est l’acceptation joyeuse. Est-ce possible ?

Tout est dans l’attitude

Lorsque Jeff Steinberg entra sur scène en boitant, l’auditoire sembla retenir son souffle. Son corps était difforme et il lui était difficile de marcher. Il avait la tête trop large pour le corps et tenait le microphone avec les crochets qui lui servaient de mains. Mais son sourire était plus grand que son handicap. Jeff Steinberg avait une chanson et un slogan qui lui appartenaient en propre : “Je suis un chef-d’œuvre en construction.”

Plutôt que de s’attarder sur ses problèmes physiques, il regardait aux dons que Dieu lui avait faits et les utilisait pleinement. Il pouvait rire, chanter, et parler de l’amour de Dieu.

Nous n’avons pas de bouclier magique pour nous protéger des difficultés. A la fin, c’est notre attitude qui compte, attitude envers nous-mêmes et envers Dieu. Nous pouvons transformer nos fardeaux en bénédictions, ou bien laisser ces fardeaux nous écraser.

Jacques dit : “Mes frères, considérez-vous comme très heureux quand vous avez à passer par toutes sortes d’épreuves ; car, vous le savez, si votre foi résiste à l’épreuve, celle-ci produit la patience. Mais veillez à ce que votre patience se manifeste pleinement, afin que vous soyez parfaits et complets, qu’il ne vous manque rien” (Jacques 1.2-4).

La joie distingue le vrai croyant. Il ne s’agit pas d’une émotion passagère ou d’un sourire forcé, mais elle vient de la sécurité que procure la connaissance de l’amour de Dieu. J’ai lu un reportage sur les soldats dans le Golfe Persique qui regardaient des vidéocassettes de leurs familles à la maison. Sous une tente lugubre, sirotant un café pour combattre la fraîcheur du matin, les soldats regardaient en silence une des épouses se tenir droite et chanter un cantique auquel son mari pensait chaque fois qu’il se sentait seul. La joie ne consiste pas à trépigner d’enthousiasme lorsque votre équipe compte un but ; c’est plutôt le sentiment profond et permanent qui donne à la femme esseulée d’un soldat la capacité de communiquer avec un homme tout aussi esseulé et lui faire sentir la présence de Dieu. La capacité de se réjouir en toute circonstance est un signe de maturité spirituelle.

Paul chantait et criait de joie à travers les épreuves. Ses plus grandes victoires venaient de ses persécutions. Aux Romains il écrivait : “Bien plus, nous nous réjouissons même dans nos souffrances, car nous savons que la souffrance produit la patience… Qui peut nous séparer de l’amour de Christ ? La souffrance le peut-elle ou bien l’angoisse, ou encore la persécution ?… Soyez joyeux à cause de votre espérance ; soyez patients dans les souffrances ; priez avec fidélité ” (Romains 5.3 ; 8.35 ; 12.12).

Grady Wilson était l’un de mes amis intimes, aussi bien qu’un associé et compagnon de voyage. Il trouvait toujours le moyen de voir l’aspect comique des choses et me faisait rire. Il irradiait la joie et tous ceux qu’il rencontrait se rendaient vite compte que l’exhortation “Considérez-vous comme très heureux” était l’une de ses préférées.

Nous connaissons tous des gens qui ne sont pas chrétiens et qui semblent avoir trouvé le secret de la joie, mais cette joie disparaît aussitôt que les temps difficiles s’amènent. D’autre part, nous en connaissons qui professent le christianisme mais qui ont l’air de se nourrir régulièrement de citrons. Ce sont ceux qui résistent à la volonté de Dieu dans leur vie et se plaignent que la vie leur a donné un traitement injuste. Christ lui-même possède le secret de la joie : “Vous l’aimez, bien que vous ne l’ayez pas vu ; vous croyez en lui, bien que vous ne le voyiez pas maintenant ; c’est pourquoi vous vous réjouissez d’une joie glorieuse, si grande qu’elle ne peut pas s’exprimer par des paroles” (1 Pierre 1.8).

Je me souviens d’avoir rendu visite à un aîné qui avait passé la plus grande partie de sa vie en Chine comme missionnaire. Il avait toujours eu une bonne santé et était exceptionnellement fort physiquement. Sa profonde consécration à Christ et l’amour réciproque entre sa femme et lui attiraient l’amour des gens et provoquaient leur admiration. Cependant, il contracta le cancer, et celui-ci se répandit partout dans son corps. J’allai pour le réconforter, mais ce fut lui qui me réconforta. Cet homme rayonnait d’une joie que j’ai rarement vu. A la fin de ma visite, il s’est levé de son lit et m’a accompagné jusqu’à la voiture. Je n’oublierai jamais la dernière image que j’ai de lui. Avec un grand sourire et un grand geste de la main, il me dit : “Continue à prêcher l’Evangile, Billy. Plus je vieillis, plus la bonté de Christ est merveilleuse pour moi.”

Quand nous sommes si imbibés de ce monde que nous perdons de vue l’éternité, nous pouvons perdre notre joie. Mon beau-père, Nelson Bell, était si peu attaché aux choses de ce monde, que lorsqu’il mourut, on ne retrouva que deux habits dans sa penderie. Les choses matérielles ne comptaient pas pour lui.

Dans mes voyages j’ai découvert que ceux qui gardaient le Ciel en vue demeuraient sereins et joyeux même aux jours les plus sombres. Si les gloires du Paradis nous étaient plus présentes, si nous vivions un peu moins pour les choses matérielles et un peu plus pour les choses éternelles et spirituelles, nous nous laisserions moins facilement troubler par la vie présente.

Un ami m’a raconté s’être arrêté au coin d’une rue de Londres pour écouter un joueur de cornemuse. Il jouait “O Grâce merveilleuse” et avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Mon ami lui demanda s’il était d’Ecosse, et il répondit : “Non, Monsieur, ma maison est au Ciel. Je ne fais que passer dans ce monde.”

Plus près de toi, mon Dieu… ou plus loin ?

Comment réagissons-nous à la crise ou à la souffrance ?

Nous pouvons nous offusquer de la souffrance, nous y résigner, ou l’accepter avec joie parce que nous savons que Dieu dirige notre vie.

Amy Carmichael, qui a vécu presque continuellement dans la souffrance, est un vibrant témoignage que la souffrance physique nous rend apte à refléter la personne de Christ. Elle vécut sa vie dans la joie au milieu des tribulations. Elle écrivit ce poème :

Avant que les vents forts ne s’arrêtent,
Enseigne-moi à me reposer dans ta présence :
Avant que la douleur ne s’éloigne en douceur,
Donne-moi, mon Dieu, de pouvoir chanter un psaume.
Ne me laisse pas perdre cette occasion de démontrer la plénitude de ton amour vivifiant.
O Amour de Dieu, fais cela pour moi : sois toujours victorieux.3

3 Amy Carmichael, Rose from the Brier (Fort Washington, Pa. : Christian Literature Crusade, 1973), 12.

Récompenses maintenant et plus tard

Nous vivons un temps de ténèbres spirituelles et d’agitation politique. Seul le chrétien qui regarde au-delà des circonstances peut demeurer en toute sincérité optimiste et joyeux, sachant que Christ remportera la victoire finale et que “si nous restons fermes, nous régnerons aussi avec lui” (2 Timothée 2.12).

Dieu travaille de façon mystérieuse pour nous fortifier et nous donner la joie au milieu des souffrances. Les Ecritures disent : “De même, vous êtes tristes, vous aussi, maintenant ; mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et personne ne pourra vous enlever votre joie” (Jean 16.22), et “la souffrance légère et momentanée que nous éprouvons nous prépare une gloire abondante et éternelle, beaucoup plus importante que cette souffrance” (2 Corinthiens 4.17).

On peut découvrir la joie au milieu de la souffrance. Je crois vraiment que le sort de ceux qui souffrent est plus enviable que celui de ceux qui semblent mis à part, à l’abri, un peu comme en service de porcelaine qu’on enferme dans un cabinet à clefs. Sans les nuages sombres dans notre vie nous ne connaîtrions pas la joie que procure le soleil. Nous pouvons devenir insensibles et hostiles à tout enseignement si nous n’apprenons pas par la souffrance.

On a dit que si votre coupe vous semble trop amère, si votre fardeau vous semble trop lourd, assurez-vous que c’est la main trouée du Seigneur qui tient la coupe et que c’est celui qui a porté la croix qui porte votre fardeau avec vous. “Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau, dit-il, et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire,… Le joug que je vous donnerai est facile à porter et le fardeau que je mettrai sur vous est léger” (Matthieu 11.28-30).

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant