Baptême et sainte cène

Conclusion

Donnons, pour finir, la parole à un éminent serviteur de Dieu du siècle passé : Georges Müller. Après avoir mené une vie dissolue, il passa en 1825, durant ses études de théologie à Halle (Allemagne), par une véritable conversion !1

1 Lire son témoignage dans A.K : Ils sont nés deux fois p. 112 et sa biographie : L’audace de la foi (Ed. Emmaüs).

En 1830, il fut pasteur d’une petite ville du Devonshire (Angleterre) et alla souvent prêcher dans des paroisses voisines.

« Vers le commencement d’avril, j’allai prêcher à Sidmouth. Pendant mon séjour dans ce lieu, trois sœurs, dont l’une avait été baptisée après avoir cru, eurent en ma présence une conversation sur le baptême. Après avoir un peu conversé entre elles, elles me demandèrent mon opinion sur ce point. Je répondis que je ne ressentais pas le besoin d’être baptisé une seconde fois. La sœur qui avait reçu le baptême après sa conversion me demanda alors si j’avais été baptisé, je répondis que je l’avais été étant enfant. Là dessus, elle me demanda encore si je n’avais jamais sondé les Ecritures dans un esprit de prière afin de connaître la volonté de Dieu à cet égard. Lui ayant répondu négativement, elle m’engagea à ne plus parler sur ce sujet jusqu’à ce que je l’aie fait. Le Seigneur voulut bien me faire voir combien sa remarque était importante ; car, tandis que j’exhortais chacun à ne recevoir que ce qu’il pouvait prouver par la Parole de Dieu, j’avais plus d’une fois parlé contre le baptême des croyants sans avoir jamais consulté sérieusement et avec prières les Ecritures à ce sujet. En conséquence, je pris la détermination, avec le secours de Dieu, d’examiner la chose, de soutenir le baptême des enfants si Dieu me faisait voir qu’il est scripturaire, de défendre le baptême des croyants et de le recevoir moi-même dans le cas contraire.

Dès que j’en eus le temps, j’entrepris cet examen en lisant le Nouveau Testament du commencement à la fin, et en priant sans cesse le Seigneur de m’éclairer.

Comme j’étais occupé sérieusement par cette doctrine, plusieurs objections se présentèrent à mon esprit :

— Puisque tant d’hommes saints et éclairés ont été divisés d’opinion sur ce point, cela ne prouve-t-il pas que, dans l’état d’imperfection où se trouve maintenant l’Eglise, nous ne pouvons nous attendre de parvenir à une conclusion satisfaisante sur ce sujet ? Cette objection fut bientôt écartée par les réflexions suivantes : si cette institution est révélée dans la Bible, pourquoi Dieu ne me le ferait-il pas connaître, puisque le Saint-Esprit est aussi bien le docteur de l’Eglise aujourd’hui qu’il l’était autrefois.

— Il n’y a que bien peu de frères parmi mes amis qui aient été baptisés, tandis que la plus grande partie sont opposés au baptême des croyants et me tourneront le dos. Réponse : lors même que tous les hommes m’abandonneraient, pourvu que le Seigneur me reçoive, je serai bienheureux.

— En admettant que je vienne à découvrir que le baptême des croyants est le véritable, il faudrait que je confesse publiquement avoir été dans l’erreur à cet égard, et cela après avoir prêché pendant plusieurs années. Réponse : il vaut infiniment mieux confesser que je me suis trompé sur ce point que de rester dans l’erreur.

— Mais lors même que le baptême des fidèles me serait révélé comme étant la vérité, il ne serait plus temps de me faire baptiser, puisque j’aurais dû l’être immédiatement après avoir cru. Réponse : mieux vaut accomplir un peu tard un commandement du Seigneur que de continuer à le négliger.

— Dans sa grande miséricorde, Dieu voulut bien disposer mon cœur de telle manière que j’étais prêt à réaliser dans ma vie tout ce que je découvrirais dans l’Ecriture concernant cette institution, soit dans un sens, soit dans l’autre. Je pouvais dire : « Je veux faire ta volonté », et c’est sans doute pour cette raison que je n’ai pas tardé à voir « quelle est la doctrine qui est de Dieu » : le baptême des enfants ou celui des croyants.

— Dès que j’ai été amené à cette disposition, je veux dire à ce désir sincère de faire la volonté de Dieu quelle qu’elle fût, les Ecritures me firent voir qu’il n’y a que les croyants qui doivent être baptisés, qu’ils doivent l’être par immersion, et qu’en conséquence je devais l’être moi-même de cette manière. Je fus convaincu que le baptême des croyants est selon Dieu par Ac 8.36-38. Rm 6.3-5 me fit voir que l’immersion est la seule manière scripturaire de baptiser. Quelque temps après, je reçus en effet le baptême ; j’en ressentis une grande paix, et je n’ai jamais regretté un seul instant d’avoir obéi à cette conviction.

— Quant à mes premières objections, j’ai maintenant acquis la conviction que, de toutes les vérités de la Bible, il n’y en a aucune qui soit plus clairement révélée que le baptême des croyants, pas même la justification par la foi, et que le sujet a été embrouillé et obscurci par des hommes qui n’ont pas voulu prendre les Ecritures pour seule règle de leur croyance. Il n’est aucun de mes véritables amis dans le Seigneur qui m’ait abandonné, comme je le supposais, et ils ont presque tous été baptisés depuis lors.

— Enfin, mon exemple a été suivi par un grand nombre de croyants qui, après avoir examiné la question du baptême, se sont soumis à cette ordonnance par conviction. Après avoir été éclairé sur ce sujet, j’ai été conduit à en parler aussi bien que de toute autre vérité, et depuis seize ans que je demeure à Bristol, plus de huit cents personnes ont été baptisées au milieu de nous ».2

2 Exposé de quelques-unes des dispensations de Dieu envers G. Müller (Michaud. Neuchâtel, 1848), pp. 65-68.

En continuant à obéir à Dieu chaque fois qu’il lui révélait sa volonté, Georges Müller devint l’un des serviteurs de Dieu les plus bénis du 19e siècle. Il créa à Bristol des orphelinats où plus de dix mille enfants délaissés furent élevés, manifestant ainsi que Dieu est vivant et qu’il répond à la prière.

Le grand prédicateur Spurgeon disait : « Si nous trouvions le baptême des enfants dans la Parole de Dieu, nous devrions l’adopter. Cela nous épargnerait bien des difficultés, car cela ôterait le discrédit qui s’attache à nous (on dit que nous sommes fous et ne voulons pas faire comme tout le monde). Mais nous avons bien examiné la Bible et nous ne pouvons pas l’y trouver, et nous ne croyons pas qu’il s’y trouve. Nous ne pensons pas non plus que d’autres puissent découvrir le baptême des enfants dans l’Ecriture, à moins qu’ils ne l’y importent d’abord ».3

3 Autobiography, Banner of Truth 1967, Vol. 1, pp. 154-155.

Dieu à certainement aussi de nombreuses bénédictions en réserve pour vous. « Voici, je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction. si vous obéissez aux commandements de l’Eternel, votre Dieu » (Dt 11.26). Vous ne savez pas où votre obéissance à ce commandement précis du Seigneur peut vous mener ? « C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait » (Hé 11.8). Si nous marchons en nous conformant à sa volonté, Dieu prend la responsabilité des conséquences de notre obéissance. « Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel » (Hé 5.9). Dieu « a donné le Saint-Esprit à ceux qui lui obéissent » (Ac 5.32). Ce Saint-Esprit « vous conduira dans toute la vérité » (Jn 16.13) et vous guidera par son conseil à travers les difficultés que votre acte d’obéissance pourrait susciter. « Ne crains rien, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. Voici ils seront confondus, ils seront couverts de honte, tous ceux qui sont irrités contre toi » (Es 41.10-11).

« Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi et sois baptisé » (Ac 22.16) afin d’entendre un jour la voix du Maître te dire : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je te confierai beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (Mt 25.21).

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