Il y a quelques années, un jeune médecin qui venait d’obtenir son doctorat s’installa dans un petit village et chercha à faire une bonne impression. Son premier patient fut un vieillard. Le malade énuméra ses maux et attendit le diagnostic du médecin. Mais après un examen approfondi, le praticien n’avait pas découvert le mal. Finalement il lui demanda : « Avez-vous eu ces ennuis auparavant ? » Le vieil homme répondit : « Oui, plusieurs fois. » « Alors, cela recommence » fut la réplique du médecin. Quand nous considérons la détresse, les frustrations, la confusion et les maladies profondes de notre siècle, tout ce que nous pouvons dire est : « Cela recommence ! » Mais qu’est-ce qui recommence ?
Chaque journal que nous regardons contient la preuve de la maladie de l’homme — la haine, la convoitise, la cupidité et les préjugés qui se manifestent de mille manières différentes chaque jour. Le fait même que nous ayons des policiers, des prisons et des armées montre qu’il y a quelque chose de radicalement faussé. L’homme est vraiment un paradoxe. Nous trouvons en lui d’une part la légèreté, la dégradation et le péché et d’autre part la bonté, l’amabilité, la gentillesse et l’amour. Sénèque a dit : « Les hommes aiment et haïssent leurs vices tout à la fois. » Où que nous regardions, nous trouvons ce paradoxe chez l’homme. D’un côté il est un pécheur invétéré et de l’autre il montre des traits qui le relient à Dieu. Il n’est pas étonnant que l’apôtre Paul nomme cette maladie humaine le « mystère de l’iniquité ». (2 Thessaloniciens 2.7.)
Nous admettons tous que la race humaine est malade, que l’homme est atteint d’un mal qui affecte toute vie. La Bible appelle cette maladie le péché, elle dit que l’homme est pécheur. Qu’est-ce que le péché ? La Confession de Westminster dit qu’il est tout désir de transgresser la loi de Dieu. En d’autres termes, le péché est ce qui est contraire à la volonté et à la loi divines.
Nous pouvons nous poser une question déroutante : Où le péché a-t-il commencé et pourquoi Dieu l’a-t-il permis ? La Bible dit que le péché n’a pas commencé avec l’homme mais qu’il vient de l’ange que nous appelons Satan. L’origine du péché ne nous est cependant pas connue. C’est un des mystères que la Bible ne nous révèle pas complètement. Ici et là dans les Ecritures nous saisissons des bribes de cette énigme. Dans le vingt-huitième chapitre du livre d’Ezéchiel, nous lisons la description d’un être grand et glorieux dont le prophète dit : « Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu… Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. » (Ezéchiel 28.14-15.) Nous avons ici un aperçu de l’origine du péché. Dans un passé inconnu, l’iniquité fut trouvée dans le cœur de l’une des créatures les plus merveilleuses du ciel. Il ne nous est pas dit comment l’iniquité naquit. Pour une certaine raison, il n’a pas plu à Dieu de nous révéler la donnée complète du mystère de l’origine de l’iniquité. Il nous suffit de savoir qu’elle est dans le monde et que l’homme est tombé sous sa domination.
Dans le livre d’Esaïe, nous trouvons une autre allusion à l’origine du mal : « Te voilà tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, toi le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de la fosse. » (Esaïe 14.12-15.) Nous avons ici une description du péché de Lucifer, de l’iniquité qui fut trouvée en son cœur ; mais il ne nous est pas expliqué comment elle s’y trouva.
Ces références nous apprennent que Lucifer est tombé et qu’il devint Satan à cause de son ambition excessive. Le Nouveau Testament fait une allusion au péché de l’orgueil : « … de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. » (1 Timothée 3.6.) L’apôtre Paul affirme donc que le péché de Lucifer fut l’orgueil.
Le péché est une révolte contre Dieu. C’est l’établissement d’une fausse indépendance, la substitution de « la-vie-pour-moi » au lieu de « la-vie-pour-Dieu ».
La Bible est beaucoup plus précise quant à l’entrée du péché dans la race humaine. Elle nous enseigne que par un acte commis par un homme le péché est entré dans le monde et avec lui ses conséquences universelles. Cet homme était Adam et cet acte fut la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, acte qui avait été interdit par Dieu. « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché… car jusqu’à la loi le péché était dans le monde. Or le péché n’est pas imputé, quand il n’y a point de loi. Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense ; car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. Et il n’en est pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché ; car c’est après une seule offense que le jugement est devenu condamnation, tandis que le don gratuit devient justification après plusieurs offenses. Si par l’offense d’un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ lui seul. Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. » (Romains 5.12-19.) « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Maïs quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d ’elle, et il en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. Alors ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. » (Genèse 3.1-8.) « Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. » (1 Timothée 2.13-14.)
Dieu a fait don de la liberté à l’homme. Il pouvait choisir soit de servir et d’aimer Dieu, soit de se révolter et de chercher à construire son univers sans Dieu. L’arbre de la connaissance du bien et du mal était un test.
La conséquence immédiate de la rébellion de l’homme fut : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie. » (1 Jean 2.16.) « La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. » (Genèse 3.6.) Des siècles plus tard, dans le désert, Christ eut à faire face aux mêmes tentations. Il les vainquit toutes et par là nous montra qu’il est possible à l’homme de résister aux attaques de Satan. « Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matthieu 4.1-8.)
Désirer ce que Dieu défend, c’est se préférer soi-même à Dieu et c’est cela le péché. Adam et Eve n’ont pas réussi ce test, ils se révoltèrent contre Dieu. Cependant, la loi morale a été faite pour le bien de l’homme, elle est plus qu’un test. La loi a été faite par Dieu, pour le profit de l’homme. Si celui-ci l’enfreint, il ne se révolte pas contre Dieu seulement, mais il se blesse lui-même.
Dieu avait donné cet avertissement : « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2.17.) Comme résultat de son infraction à la loi de Dieu, l’homme mourut spirituellement et dut affronter la mort éternelle. Les conséquences du péché d’Adam et d’Eve furent immédiates, immenses et terribles. Nous ne pouvons qu’imaginer ce que l’homme aurait accompli dans les milliers d’années qui suivirent sa création s’il avait obéi à Dieu. Il n’y aurait eu ni haine, ni cupidité, ni préjugés. Il n’ y aurait point eu de guerres. L’homme n’aurait jamais connu la souffrance, la maladie, la pauvreté et la mort. Dieu et l’homme, ensemble, auraient établi sur cette planète un glorieux ordre social qui nous est totalement inconnu aujourd’hui.
Il est cependant inutile de spéculer sur ce qui aurait pu être. Le péché est un fait certain dans notre monde. Nous devons compter avec lui.
Dans les premiers chapitres de la Genèse nous lisons l’histoire de la gloire qui aurait pu être celle de l’homme, créature créée à l’image de Dieu, puis les effets de sa capitulation devant la tentation, la tragédie et la dégradation qui suivirent. Ce récit nous montre que le mal existait avant l’homme, qu’il n’a pas commencé en lui. Une brèche et une dissonance existaient déjà dans la création en la personne de Satan, lui qui était le prince des anges ou le vice-roi de Dieu. C’est de cette source mauvaise que vint la tentation. Ce fait ne disculpe cependant pas l’homme de la responsabilité de sa propre révolte.
La Bible nous enseigne ainsi que le problème principal de l’homme est spirituel. L’origine de ce problème nous est révélée dans le compte rendu que fait la Genèse de la tentation de l’homme et de sa chute. Dieu créa l’homme libre. Il était libre non seulement d’obéir mais aussi de désobéir. S’il n’avait pas eu la faculté de choisir, l’obéissance n’aurait plus eu de signification.
Dans sa liberté, l’homme fut placé devant deux possibilités qui s’opposaient l’une à l’autre. D’une part Dieu lui offrait la suprématie et la puissance s’il se soumettait à la loi et au gouvernement divins. D’autre part Satan lui proposait la connaissance et la ressemblance avec Dieu s’il désobéissait à la loi divine. Bien que la récompense de l’obéissance eût été de beaucoup supérieure à celle de la désobéissance, l’homme choisit de désobéir.
Quel fut le résultat ? Satan avait promis la connaissance du bien et du mal et, d’une manière déformée, il a tenu sa promesse. Mais au lieu de pouvoir tout contempler du sommet du bien, l’homme contemple « le bien » du fond de l’abîme du mal. Selon le plan de Dieu, l’homme, par la victoire sur la tentation, aurait dû comprendre ce que le bien était et ce que le mal aurait été, mais par le péché, il comprit en fait ce qu’est le mal et ce que le bien aurait pu être. Et parce qu’il a péché délibérément, l’homme doit maintenant aussi être retranché de l’arbre de la vie. La mort entra dans la race humaine et l’enfer commença dans le paradis.
L’univers est soumis à la loi de Dieu. Dans le domaine de la physique, les planètes se meuvent avec une précision de fractions de seconde. Dans l’univers entier nous voyons l’harmonie, l’ordre et l’obéissance. Dieu n’est pas moins exigeant dans le domaine spirituel et moral. Bien qu’il aime l’homme d’un amour infini, Dieu ne peut et ne veut supporter le désordre. C’est pourquoi il a établi des lois spirituelles qui, si elles sont respectées, apportent l’harmonie et la plénitude, mais dont l’infraction amène la discorde et le malheur.
Le résultat du péché d’Adam se manifesta de plusieurs manières. Satan et Adam avaient tous deux défié la loi divine. Ils ne brisèrent pas la loi, ils se brisèrent eux, contre elle. Dieu avait donné cet avertissement : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2.17.) Le résultat, comme prédit, fut la mort. La vie de beauté, de liberté et de communion qu’Adam avait connue avait maintenant disparu. Son péché aboutit à une mort vivante. La nature fut maudite et le poison du péché infecta la race humaine entière. Toute la création fut jetée dans le désordre. Le paradis trouvé devint le paradis perdu ! La terre était une planète en révolte !
Il y a plusieurs mots dans le Nouveau Testament qui ont été traduits par le mot « pécher ». L’un des plus fréquents est hamartanein. Il signifie : « manquer l’objectif ». Pécher, c’est manquer le but vers lequel la vie doit tendre et qu’elle doit atteindre. Pécher, c’est ne pas arriver à suivre les standards de Dieu. Puisque aucun de nous n’est capable d’accomplir toujours toutes les lois de Dieu, nous manquons tous l’objectif. La Bible dit, tout au commencement de l’histoire de l’humanité: « Toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. » (Genèse 6.12.) Et le roi David : « Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. » (Psaume 14.3.) Esaïe, le prophète, a fait cette confession : « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie. » (Esaïe 53.6.) Le roi Salomon a déclaré : « Il n’y a point d’homme qui ne pèche. » (2 Chroniques 6.36.)
Bien que la tendance à pécher nous ait été léguée par nos premiers parents, nous sommes aussi pécheurs de notre propre choix. Quand nous atteignons l’âge où nous sommes responsables de nos actes, et que nous devons choisir entre le bien et le mal, nous choisissons tous une fois ou l’autre de nous mettre en colère, de dire un mensonge ou d’agir égoïstement. Le roi David a dit : « Je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché. » (Psaume 51.7.) Cela ne signifie pas qu’il était né hors des liens du mariage, mais qu’il avait hérité de ses parents la tendance à pécher. Jérémie le prophète a dit : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? » (Jérémie 17.9.)
Un garçon de dix-sept ans tua un vieillard à coups de couteau dans le quartier de Brooklyn à New York. Plus tard, au poste de police, il déclara qu’il ne savait pas pourquoi il avait fait cela. Un dompteur de lions a dit : « Il n’existe pas de lions apprivoisés. Un lion peut se bien conduire aujourd’hui et être enragé demain. » Aucun de nous ne peut se fier à son cœur. La Bible le dit d’une manière précise : « Le péché se couche à la porte. » (Genèse 4.7.) Placés dans les circonstances voulues, la plupart d’entre nous sommes capables de presque n’importe quelle transgression.
Tout cela ne veut pas dire que nous soyons tous dépourvus de qualités appréciables. L’homme peut avoir certaines qualités morales, il peut être un gentleman dans tous les sens du mot. Cependant, les Ecritures nous enseignent que l’homme est dépourvu de cet amour pour Dieu qui est l’exigence fondamentale de la loi, et qu’il se préfère donc à Dieu.
Parce que l’homme n’arrive pas à remplir les exigences de Dieu, il est coupable et condamnable. Etre coupable signifie mériter une punition. Dieu réagit contre le péché parce qu’il est un Dieu saint. C’est pourquoi il nous est parlé de « la colère de Dieu ». (Romains 1.18.)
La Bible nous enseigne que le péché affecte l’esprit. « L’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu… et il ne peut les connaître parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (1 Corinthiens 2.14.)
Un homme peut à la fois être brillant dans certains domaines et être grossièrement dans l’erreur sur les réalités spirituelles. La Bible nous dit qu’il y a un voile sur son esprit, et avant qu’une personne puisse se convertir à Christ, il faut que le voile soit levé. Ceci s’accomplit par la puissance surnaturelle du Saint-Esprit. Sans cette « levée de voile » l’homme n’a pas la possibilité de venir à Dieu. L’Evangile de Jésus-Christ n’est pas anti-intellectuel, il demande l’emploi de l’esprit : mais celui-ci est affecté par le péché, il est au service d’une volonté rebelle. L’homme doit en fin de compte soumettre son esprit à la Seigneurie de Christ. Ces dernières années, j’ai vu un grand nombre d’intellectuels répondre à l’Evangile. Plusieurs d’entre eux ont essayé de le faire la tête la première, mais cela n’a pas marché ! L’homme entier doit répondre — l’intellect, la volonté et les émotions — à l’initiative salvatrice de Dieu.
La Bible nous dit que le péché affecte la volonté. Jésus a déclaré : « Quiconque se livre au péché est esclave du péché. » (Jean 8.34.) Un nombre incalculable de personnes vivent sous la tyrannie de l’orgueil, de la jalousie, des préjugés ou sont peut-être enchaînées par l’alcool, les stupéfiants ou les excitants. Même ceux qui ne désirent pas faire ce qu’ils font n’ont pas la force d’abandonner. Ils sont devenus des esclaves. Ils appellent la délivrance mais il semble qu’il n’y ait pas d’issue. Christ a dit : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8.32.) C’est Lui la vérité. Il peut vous libérer.
Le péché touche également la conscience, jusqu’à ce que celle-ci n’arrive plus à le détecter. La Bible parle de la fausseté du péché. On a découvert que si on jetait une grenouille dans de l’eau chaude, elle sautait hors du récipient. Cependant on s’est rendu compte que si on mettait une grenouille dans de l’eau tiède et qu’on la chauffe graduellement, l’animal ne bondissait pas. Il en est de même avec le péché. Il y eut peut-être un temps où un certain péché vous préoccupait et où votre conscience vous travaillait ; c’était l’immoralité, un mensonge, votre première tricherie à l’école. Mais maintenant votre conscience ne vous reproche presque plus rien. Votre cœur s’est endurci, vous n’êtes plus sensible aux choses que vous savez être mauvaises. Vous vous êtes établi un système rationnel pour calmer votre conscience. Dans le premier chapitre de l’épître aux Romains, l’apôtre Paul dit que parce que des hommes étaient tellement adonnés à leurs péchés, « Dieu les a livrés ». (Romains 1.24.) Dieu a déclaré en parlant d’Ephraïm : « Ephraïm est attaché aux idoles : laisse-le. » (Osée 4.17.)
Voilà un des résultats les plus terrifiants du péché. Vous commencez par appeler le noir blanc — et le blanc noir. Vous ne voyez plus la différence entre le bien et le mal. J’ai rencontré des gens qui étaient des menteurs invétérés. Ils avaient tellement menti qu’ils n’arrivaient plus à distinguer un mensonge de la vérité. Leur sensibilité au péché s’était presque complètement émoussée.
Toutes les parties de la Bible révèlent cette infection ; elle se montre dans les journaux que nous lisons, elle se manifeste dans les émissions de radio ou de télévision : l’homme nous y est montré complètement dépravé. Cela ne veut pas dire que l’homme soit totalement pécheur, irrémédiablement et irréparablement mauvais et qu’il n’y ait aucune bonté en lui ; cela signifie que le péché a infecté tous les domaines de la vie, obscurcissant l’intelligence, affaiblissant la volonté et corrompant les émotions. L’homme est éloigné de Dieu et il a besoin d’être restauré. Ses inclinations naturelles et instinctives s’écartent de Dieu et se rapprochent du péché.
L’homme, dans sa fatuité, comme son père Adam, aimerait croire qu’il peut construire son monde sans Dieu. Voilà sa dépravation. Il aimerait croire que ses problèmes peuvent être résolus par davantage de connaissances, par la diplomatie, les négociations et par son propre travail. Voilà sa dépravation. Il aimerait croire qu’il peut se sauver lui-même par ses bonnes œuvres et par ses efforts. Voilà encore une marque de sa perversité.
Tous les hommes ayant péché, tous sont condamnés à mort. Non seulement l’homme doit souffrir dans cette vie à cause du péché, mais il doit encore faire face au jugement à venir. Il en est de tous les hommes comme il en a été pour Adam. Dieu punit le péché par une triple mort — physique, spirituelle et éternelle.
Il y a tout d’abord la mort physique. La Bible dit : « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois » (Hébreux 9.27) ; elle dit aussi qu’il y a « un temps pour naître, et un temps pour mourir ». (Ecclésiaste 3.2.) Elle nous pose encore cette question : « Y a-t-il un homme qui puisse vivre et ne pas voir la mort ? » (Psaume 89.49.) Ainsi, la Bible mentionne clairement que Dieu a déjà fixé pour chaque homme un rendez-vous avec la mort : un jour, une heure, une minute. Dans bien des passages la Bible parle de la brièveté de la vie. « Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand. » (Job 7.6.) « Ma vie est un souffle. » (Job 7.7.) « Toute chair est comme l’herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe sèche, la fleur tombe. » (Esaïe 40.6-7.) Nous voyons nos années s’évanouir comme un son. » (Psaume 90.9.)
Une génération passe et l’autre vient. Si Dieu n’avait pas imposé le jugement de la mort physique sur la race humaine, les hommes auraient persévéré dans leurs péchés jusqu’à ce que la terre soit devenue l’enfer lui-même. Chaque génération repart à neuf. Ainsi, bien que la mort soit la punition du péché divinement infligée aux individus, elle devient une bénédiction si l’on considère les générations qui se succèdent.
A cause de la brièveté de la vie, la Bible nous conseille d’être en tout temps préparés à rencontrer Dieu. « Ses jours sont fixés, tu as compté ses mois, tu en as marqué le terme qu’il ne saurait franchir. » (Job 14.5.)
La Bible nous donne cette exhortation : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu. » (Amos 4.12.) César Borgia déclara dans ses derniers moments : « J’ai tout prévu au cours de ma vie, sauf la mort, et maintenant, malheureusement, il me faut l’affronter sans y être préparé du tout. »
Il y a ensuite la mort spirituelle. Des millions d’êtres humains ici et maintenant souffrent de mort spirituelle. Presque chaque jour vous pouvez prendre votre journal et lire ce que l’on dit de ceux dont la vie prouve qu’ils sont vides ou perdus. Ils avaient été créés pour vivre en communion avec Dieu et ils se sont séparés de leur Créateur. C’est cela la mort spirituelle. C’est la séparation de l’âme d’avec Dieu, la séparation de l’homme d’avec Celui qui a dit : « Je suis… la vie. » (Jean 14.6.) Il est écrit dans la Bible : vous êtes « morts par vos offenses et par vos péchés ». (Ephésiens 2.1.)
Il y a enfin la mort éternelle. La Bible parle beaucoup de l’enfer. Personne n’a autant parlé de l’enfer que Jésus, et l’enfer dont Il est venu sauver les hommes n’était pas seulement un enfer terrestre. Ce n’était pas simplement une condition de vie actuelle. C’était quelque chose de futur. Jésus n’a jamais enseigné que quelqu’un vivait l’enfer déjà sur la terre. Il a toujours donné des avertissements pour un enfer à venir. Ce qu’il entendait par l’enfer est essentiellement la séparation de l’âme d’avec Dieu, le point culminant de la mort spirituelle de l’homme. Nous touchons bien des mystères dans ce domaine, et nous n’osons pas nous aventurer au-delà des enseignements des Ecritures. Pour avertir les hommes, il suffit de savoir que Jésus a dit : « Ceux-ci iront au châtiment éternel. » (Matthieu 25.46.) Jésus a aussi déclaré : « Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité : et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Matthieu 13.41-42.)
Sir Thomas Scott, l’ancien chancelier d’Angleterre, a dit sur son lit de mort : « Jusqu’aujourd’hui, j’ai cru qu’il n’y avait ni Dieu ni enfer. Maintenant, je sais et je sens que les deux existent et que je suis voué à la perdition par le juste jugement du Tout-Puissant. »
La Bible nous montre donc qu’il est arrivé quelque chose à l’homme, qu’il est différent de ce que Dieu avait créé et qu’il continue à être ce qu’il n’était pas censé devenir. Il faut donc un remède qui soit radical et révolutionnaire, qui retourne l’homme et lui donne une nouvelle direction.
Le besoin d’une nouvelle naissance spirituelle est évident à l’observateur de la nature humaine le plus dilettante. L’homme est tombé, il est perdu, il s’est éloigné de Dieu ; son rétablissement doit partir du point de sa chute. Il s’est choisi lui plutôt que Dieu et s’il veut se rétablir il doit mettre Dieu au-dessus de lui-même. L’homme vit sous sa condamnation à mort, qui ne peut être levée que si, par un acte libre de sa propre volonté, il renverse complètement son choix originel.
La première allusion à l’Evangile que nous rencontrions dans la Bible se trouve dans la Genèse : « Je mettrai l’inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » (Genèse 3.15.) C’est la première note de l’Evangile, la première promesse de salut ! Pour la première fois Dieu parle de son Fils dont l’acte rédempteur écrasera la tête de Satan.
Ainsi Dieu prend l’initiative de ce que l’homme était incapable de fournir — son propre salut. Toutes les puissances morales de l’individu et toutes les formes sociales de la communauté sont inadéquates, car le salut de Dieu en Christ est le seul plan possible pour la rédemption de l’homme.
L’homme a essayé désespérément de rétablir sa communion perdue avec Dieu. Il l’a essayé de mille manières, mais en vain. Par des religions variées, il a tenté de retrouver le paradis. L’homme occidental s’est maintenant tourné vers le matérialisme et l’humanisme, espérant par ses efforts arriver à construire une utopie sur la terre. Tous les autres plans ont échoué, celui-ci aussi échouera.
Il y a ceux qui disent que le monde a essayé le christianisme et que lui aussi a échoué. Cependant, si le monde ne s’est pas amélioré moralement, ce n’est pas la faute du christianisme, mais de l’homme qui ne l’a pas appliqué. Lorsque nous sommes mis face aux problèmes mondiaux, nous les chrétiens, disons automatiquement : « Le christianisme est la réponse à donner. » Cela n’est pas vrai ! C’est la mise en pratique du christianisme qu’il faut. G. K. Chesterton a dit, il y a une génération : « L’idéal chrétien n’a pas été essayé puis trouvé défectueux. On l’a trouvé difficile et on ne l’a pas essayé. »
Dès le commencement, toutes les tentatives pour sortir l’homme de son état de perdition ont été divisées en deux catégories. Adam et Eve ont eu deux fils, Caïn et Abel. L’un était obéissant, il a pris le chemin de Dieu. L’autre, Caïn, a choisi sa voie et il désobéit au simple commandement de Dieu. Abel était le représentant de « la postérité de la femme » alors que Caïn était le représentant de « la postérité du serpent ».
Caïn est l’architecte de la civilisation moderne. C’est l’humaniste religieux et matérialiste se suffisant à lui-même. Tout en étant religieux et se présentant devant l’autel de Dieu, il rejetait la révélation du salut donnée à Adam et qui consistait en habits provenant de la vie de quelqu’un d’autre. « L’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. » (Genèse 3.21.) Il apporta à l’autel le symbole de son travail et de sa force. Il devint le prototype de tous ceux qui osent s’approcher de Dieu sans être couverts de sang.
A partir de ce moment, deux voies traversent l’histoire humaine. Il y a d’une part la voie de Caïn avec sa religion de la chair et la rédemption humaine s’appuyant sur l’homme seulement et rejetant la substitution de Dieu. Cette voie humanise Dieu et déifie l’homme, c’est la voie du matérialiste et de l’humaniste.
Il y a d’autre part la voie d’Abel, reconnaissant humblement que le péché demande la mort, et que le pécheur coupable doit compter sur le sacrifice choisi par Dieu. Cette voie devient un type de la mort de Christ.
Depuis l’époque de Caïn et d’Abel jusqu’aujourd’hui, l’homme a cherché un remède pour sa maladie, le péché. Caïn n’y est pas arrivé, aucun autre homme n’y est jamais arrivé et personne n’y arrivera. Seul Dieu peut diagnostiquer avec justesse la maladie de l’homme, seul Dieu peut donner le remède : Dieu a choisi le sang comme moyen de rédemption. L’apôtre Jean a écrit que Jésus-Christ « nous a délivrés de nos péchés par son sang ». (Apocalypse 1.5.)
Le sang est le symbole de la vie sacrifiée pour le péché. « La vie de la chair est dans le sang. Ce sang, je vous l’ai donné, moi, pour faire sur l’autel, le rite d’expiation pour vos vies, car c’est le sang qui expie pour une vie. » (Lévitique 17.11 – Version Jérusalem.) Tout au long de l’Ancien Testament nous voyons que Dieu demande la vie d’un animal parfait dont le sang doit être répandu sur l’autel, en sacrifice pour le péché. « Sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. » (Hébreux 9.22.) Ces sacrifices étaient faits par anticipation du jour où un sacrifice permanent serait offert. « Le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices ; car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. » (Hébreux 10.3-4.)
Quand Jésus-Christ, l’Homme-Dieu parfait, versa son sang sur la Croix, Il abandonnait sa vie pure et immaculée à la mort en sacrifice éternel pour le péché de l’homme. Une fois pour toutes Dieu a assuré complètement et parfaitement la guérison de l’homme. Sans le sang de Christ, le péché est vraiment une maladie mortelle.
Quand Jésus prit son dernier repas avec ses disciples, Il a dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. » (Matthieu 26.28.)
Les apôtres ont confirmé ces paroles à plusieurs reprises :
L’apôtre Paul a écrit : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés. » (Ephésiens 1.7.)
L’apôtre Pierre : « Ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or que vous avez été rachetés… mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache. » (1 Pierre 1.18-19.)
L’apôtre Jean : « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1.7.)
Chacun doit choisir entre ces deux voies — la voie de l’homme ou la voie de Dieu. L’une est la voie de l’effort personnel pour se guérir soi-même et se procurer la rédemption ; l’autre est la voie de la justification par la foi dans le sang de Jésus-Christ.
Pendant nos croisades d’évangélisation, nous chantons toujours ce cantique, qui illustre le besoin de l’homme et la réponse que Dieu lui donne :
Tel que je suis, sans rien à moi
Sinon ton sang versé pour moi,
Et ta voix qui m’appelle à toi,
Agneau de Dieu, je viens, je viens !
Tel que je suis : Ton cœur est prêt
A prendre le mien tel qu’il est,
Pour tout changer, Sauveur parfait !
Agneau de Dieu, je viens, je viens !