Bienheureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Le problème des luttes humaines est aussi vieux que l’homme. Il a commencé aux confins du jardin d’Eden quand Caïn, poussé par la jalousie, tua son frère Abel. Les hommes combattaient alors comme maintenant : parce que la lutte était inhérente à leur nature.
Le professeur Quincy Wright, dans son ouvrage A Study of War (« Etude de la Guerre »), établit la statistique suivante : au cours des 461 années écoulées entre 1480 et 1941, la Grande-Bretagne a eu 78 guerres ; la France 71 ; l’Espagne 64 ; la Russie 61 ; l’Autriche 52 ; l’Allemagne 23 ; la Chine 11 ; le Japon 9 ; les Etats-Unis 13, plus 110 guerres contre les Indiens au sein même des Etats-Unis.
Quelqu’un a fait remarquer que dans les quatre mille dernières années, il y a eu moins de trois cents ans de paix. Même les plus optimistes sont forcé d’admettre qu’une telle passion de destruction est le signe que quelque chose est foncièrement détraqué dans le monde.
Si un Martien était envoyé sur la Terre pour y découvrir l’occupation la plus importante aux yeux des hommes, il devrait déclarer en toute bonne foi que la guerre est notre industrie la plus florissante. Il rapporterait que les nations du monde rivalisent entre elles dans la course aux armements les plus meurtriers et aux armées les plus nombreuses. Il devrait dire encore que les peuples de la Terre sont trop querelleurs pour cheminer les uns avec les autres et trop égoïstes pour vivre paisiblement ensemble.
Mais pourquoi, après tant de milliers d’années que la vie existe sur cette planète, la race humaine n’est-elle pas plus près de la paix que ne l’étaient les tribus guerrières de l’histoire ancienne ?
Le fait est là : nous ne pouvons avoir aucune paix véritable sur la terre tant que nous n’avons pas la paix avec Dieu.
Toutes les nations parlent de paix, mais toutes préparent la guerre, et malgré l’armistice, le sang n’a cessé de couler depuis 1945.
La paix n’est pas simplement la cessation des hostilités, un arrêt momentané dans une guerre froide ou active, c’est plus positif que cela. C’est une relation de l’homme avec Dieu. C’est une réalité spirituelle dans un cœur humain, mis en contact vital avec le Dieu infini.
La Bible dit : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un.1 Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près ; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. »2
1 Des deux, des païens et des Juifs.
J’ai vu en Angleterre un tableau émouvant ; il représentait un soldat qui avait été envoyé au front pour réparer des lignes de communication. Le message qui devait être transmis par ces lignes pouvait sauver la vie de centaines, peut-être de milliers d’hommes. Il trouva l’endroit où le fil était rompu, mais il n’avait rien pour le réparer. Alors, tandis que les obus éclataient autour de lui, il prit une extrémité du câble rompu dans sa main gauche et étendant la main droite, il saisit l’autre extrémité et rétablit le contact. Ce tableau dramatique avait pour titre : « Transmis ! »
Christ, par sa mort sur la croix, a rétabli le contact entre Dieu et l’homme. « Il est notre paix. »3 Ceux qui étaient loin sont rapprochés. Il nous a donné accès auprès du Père.
Bien que Dieu n’ait jamais été l’ennemi de l’homme, celui-ci, délibérément, est devenu un ennemi de Dieu. La révolte a débuté dans le jardin d’Eden, lorsque Adam a désobéi à Dieu pour s’allier avec Satan. C’est là que l’inimitié commença, c’est là que la rupture eut lieu, voulue par l’homme.
L’histoire de l’humanité est une longue suite de vains efforts pour atteindre, sans Dieu, le bonheur et la paix. Quand Israël se détourna de l’Eternel pour adorer les idoles, il perdit la paix, devint la proie des autres nations et subit une série de guerres. Chaque pas qui nous éloigne du Dieu vivant et vrai est un pas dans la direction de la guerre.
Hitler se croyait sûr de lui quand il répudia la Bible et le christianisme et essaya de créer une Eglise « purement germanique » adorant un dieu ressemblant étrangement aux dieux de la guerre Thor ou Odin. Nous savons tous ce qui se passa en Allemagne. Le régime qui, en surface, semblait assez fort pour conquérir le monde, s’effondra rapidement. Aujourd’hui, nous voyons une nouvelle Allemagne sortir des ruines de la seconde guerre mondiale, mais c’est une Allemagne assagie dans laquelle beaucoup de regards sont dirigés vers les cieux, à la recherche du Dieu vivant et vrai. En parcourant l’Allemagne dans nos tournées, nous avons senti combien ce peuple doué et viril aspire profondément à trouver une foi vivante qui procure la paix et non la guerre.
Jésus a dit : « Bienheureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »
Où et comment pouvons-nous procurer la paix ?
Nous avons montré que la paix ne peut jamais découler de la guerre. La guerre engendre la pauvreté, la dépression, la souffrance et la haine — elle ne procure jamais une paix durable.
Pouvons-nous trouver la paix en nous ? Freud a dit que la paix n’était qu’une attitude mentale. Rejetons nos phobies, abandonnons nos névroses et nous aurons la paix que les hommes désirent si ardemment.
Je respecte la psychiatrie pour ce qu’elle peut faire. Indubitablement elle a aidé beaucoup de personnes. Mais elle n’est pas capable de se substituer à la paix qui ne peut venir que de Dieu. Si la psychiatrie laisse Dieu de côté, nous verrons finalement les psychiatres aller les uns chez les autres pour se faire traiter. Il ne peut y avoir aucune paix avant d’avoir trouvé la paix avec Dieu. La Bible dit : « Jésus-Christ est notre paix. »4
La Bible ne laisse pas dans le vague la nature de la paix que Christ nous a acquise. Elle définit cette paix avec les mots les plus clairs. Christ a fait la paix par le sang de sa croix.5 Il a porté les péchés des hommes et ainsi ceux qui connaissent son acte rédempteur n’ont plus besoin d’être troublés par leurs péchés. Il s’est interposé Lui-même entre l’homme condamné et la colère de Dieu. Et Il se tient encore entre le Dieu Saint et l’homme déchu dans ses luttes, dans sa rébellion et dans ses conflits. Il est la seule espérance de paix dans la guerre spirituelle intérieure de l’âme et pour cette raison aussi Il est le seul espoir de stabilité sociale.
Dans un monde matérialiste qui a rompu ses relations avec Dieu, il n’y a d’autre ressource que de se replier sur soi-même. Les hommes sont comme des tortues égarées au milieu du trafic routier — tout ce qu’ils peuvent faire est de mettre leur tête sous leur carapace et de fermer les yeux. C’est un moyen infaillible pour se faire écraser.
Si nous voulons procurer la paix, nous devons d’abord faire la paix avec Dieu.
La Bible déclare : « Il n’y a point de paix pour les méchants. »6 Esaïe dit : «Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies. Ils prennent des sentiers détournés : quiconque y marche ne connaît point la paix. »7
6 Esaïe 48.22.
7 Esaïe 59.8.
Le conflit des hommes entre eux n’est qu’une expression, à l’échelle humaine, du conflit de l’homme contre Dieu. Avant de faire l’armistice avec Dieu, l’homme ne peut connaître la paix avec son frère. Comme les hommes modernes, les anciens avaient découvert la paix de Dieu. David a dit : « Je me couche et je m’endors en paix, car toi seul, ô Eternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure. »8
8 Psaumes 4.9.
Un ancien incrédule, ayant récemment découvert la paix de Dieu, me dit : « Ma femme et moi avions l’habitude de nous quereller dès le matin, et nous terminions nos journées dans les chicanes. Mais depuis que nous avons trouvé la paix avec Dieu, notre maison est un paradis sur terre. »
Vous pouvez avoir la paix avec Dieu ! « Mais comment puis-je la découvrir ? » demandez-vous.
Pour trouver la paix avec Dieu, il faut premièrement cesser de Le combattre. Par la Bible, par l’Eglise, par la vie des chrétiens, Dieu a essayé, pendant des années peut-être, de faire parvenir jusqu’à vous le message qui donne la paix. Christ a dit à ses disciples : « Je vous donne ma paix. »9 Il ne fait acception de personne. Il désire vous donner la paix, à vous aussi. Cependant, Il ne peut pas vous donner sa paix tant que vous tenez haut l’étendard de la rébellion. Vous devez cesser de résister à Dieu ! Vous ne devez pas L’exclure plus longtemps de votre vie ! Vous devez arrêter de lutter, vous devez céder !
9 Jean 14.27.
Pour trouver la paix avec Dieu, il faut ensuite se livrer à Lui. Abandonnez vos armes de guerre ! Cessez l’offensive ! La Bible dit, en parlant d’un peuple qui n’avait pas la paix avec Dieu : « Ne raidissez donc pas votre cou, comme vos pères ; donnez la main à l’Eternel. »10
Lorsque vous vous livrez à un « ennemi » qui vous veut du bien, qui vous aime, vous faites preuve de bon sens.
Lorsqu’on a accepté Christ comme Sauveur, on éprouve une paix supérieure à la paix terrestre ; c’est le plus grand des trésors spirituels, même si cela n’amène pas toujours la prospérité matérielle. Connaître Christ, c’est avoir la richesse suprême, une place dans le Royaume de Dieu. Ceux qui Lui donnent la première place dans leur vie découvrent qu’ils n’ont plus de souci à se faire pour les biens matériels. « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses (la nourriture, le vêtement) vous seront données par-dessus. »11
11 Matthieu 6.33.
Mais il y a un aspect de plus à cette paix avec Dieu. Ce n’est pas seulement une paix passive, assise paresseusement sous un saule et jouant de la harpe. C’est une paix faite d’activité et de service.
Pour trouver la paix avec Dieu, il faut aussi Le servir. A un peuple de l’antiquité qui recherchait la paix, la Bible dit non seulement de s’abandonner, mais de « servir l’Eternel, votre Dieu, pour que sa colère ardente se détourne de vous ».12
Comment trouver la paix avec Dieu ? Nous devons arrêter de combattre, nous devons nous rendre et nous devons servir ! Nous ferons naturellement ces pas par la foi et par l’amour.
Ayant trouvé la paix avec Dieu, nous expérimentons ensuite la paix de Dieu. Dieu ne nous considère pas comme des esclaves, mais comme des fils. La Bible dit : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu. »13Nous étant rendus à Lui, nous sommes conduits dans le jardin de sa grâce et nous avons le droit de goûter au fruit de l’Esprit.
13 1 Jean 3.2.
A tous ceux qui se donnent à Lui et qui Le servent, Il donne le Saint-Esprit, l’Esprit de paix. C’est l’Esprit dont notre Seigneur et ses disciples furent baptisés. C’est par l’Esprit que Jésus dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »14 C’est l’Esprit qui poussa Etienne, alors qu’on le lapidait, à prier ainsi : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! »15 C’est aussi l’Esprit qui rendit capables tous les disciples sauf un — son histoire prouve qu’il n’était pas un vrai disciple — d’être fidèles à leur Seigneur jusqu’à la mort. Ils ne purent faire cela que parce qu’ils avaient la paix de Dieu.
14 Luc 23.34.
15 Actes 7.60.
Cette paix de Dieu n’est pas une simple abstraction prônée par les prédicateurs et les théologiens. Des milliers d’hommes peuvent témoigner avoir réellement expérimenté la paix de Dieu et l’avoir trouvée merveilleusement efficace aujourd’hui.
Il y a quelque temps, un ouvrier chrétien fut blessé mortellement en tombant d’un échafaudage très élevé. Un pasteur fut appelé et lorsqu’il vit l’état désespéré de l’homme il lui dit : « Mon pauvre ami, vous êtes bien mal, je vous exhorte à faire la paix avec Dieu. »
« Faire la paix avec Dieu ! » répondit l’homme. « Pourquoi ? Elle a été faite il y a mille neuf cents ans quand mon glorieux Sauveur paya toute ma dette sur le bois cruel. Christ est ma paix et je connais Dieu — vraiment, je connais Dieu. »
Vous aussi, vous pouvez expérimenter la paix de Dieu par Christ, « car il est notre paix ».16
16 Ephésiens 2.14.
Avoir la paix avec Dieu et avoir la paix de Dieu n’est pas suffisant. Cette relation verticale doit correspondre à une action horizontale, sinon notre foi est vaine. Jésus a dit que nous devions aimer Dieu de tout notre cœur et notre prochain comme nous-mêmes. Ce double aspect de l’amour — pour Dieu et pour les hommes — est semblable aux pôles négatif et positif d’une batterie — qui sont tous deux indispensables pour produire le courant. Une foi personnelle est inutile si elle n’a pas une application sociale.
J’ai vu une fois une image qui représentait un homme ramant dans un bateau vers une rive dorée nommée « Cieux ». Tout autour de lui des hommes et des femmes se débattaient en vain dans les flots pour atteindre la rive et le salut, mais il ne se souciait pas de leur péril. Il chantait : « J’avance vers le ciel, Alléluia ! » Cette image ne représente aucunement la vie chrétienne.
Si nous avons la paix de Dieu et la paix avec Dieu, nous procurerons la paix. Nous ne serons pas seulement en paix avec notre prochain, mais nous le conduirons à la source de la vraie paix en Christ.
Le christianisme élargit l’horizon de nos vies. Nous n’avions qu’un seul centre d’intérêt : nous-mêmes, nous en aurons une multitude d’autres. La conversion nous détourne de nous-mêmes pour nous tourner vers notre prochain.
Nos vies prennent de nouvelles dimensions quand nous trouvons la paix avec Dieu. Pour expliquer cela en des termes simples, représentons-nous un triangle rectangle reposant sur sa base horizontale. Au sommet du triangle écrivez la lettre « D » représentant Dieu. Au point où la ligne perpendiculaire rencontre la base, écrivez la lettre « M » signifiant Moi. Ensuite, à l’extrémité opposée de la ligne horizontale, écrivez la lettre « P » représentant le Prochain. Ainsi, géométriquement, vous avez une représentation de nos relations avec Dieu et avec les hommes. Nos vies — qui, avant que nous trouvions la paix de Dieu, étaient représentées par un simple point — deviennent maintenant une surface en entrant en contact avec deux mondes. La paix descend de Dieu et rejaillit sur notre prochain. Nous devenons simplement le canal par lequel elle peut s’écouler. Quelle paix lorsqu’on est un instrument entre les mains de Dieu !
Nous pouvons procurer la paix dans beaucoup de domaines. Chaque moment de notre vie est affecté par cette paix de Dieu que nous devons partager avec les autres.
Nous pouvons tout d’abord procurer la paix à la maison.
A notre époque compliquée et mécanisée, il n’est pas facile d’avoir une vie domestique équilibrée. Les perfectionnements du confort, les moyens de transport et les bouleversements sociaux ont radicalement modifié notre vie de famille. Les anciennes habitudes qui unissaient les membres de la famille semblent se perdre de plus en plus, comme disparaissent les diligences et les chevaux.
Bien que la proportion des divorces soit en légère régression, le foyer — qui est l’unité de base de notre société — continue à se désintégrer à une rapidité alarmante. La rupture des promesses solennelles faites le jour du mariage affecte les autres institutions sociales. Une réaction en chaîne est en train de s’amorcer qui pourrait ruiner la société entière.
Lors de la cérémonie de mariage, après que les promesses ont été faites, le pasteur déclare avec solennité : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » Dieu ne doit-Il pas être considéré comme un troisième partenaire dans le mariage et dans le foyer qui se fonde ? Si Dieu unit le couple, sa présence ne doit-elle pas être continuellement reconnue ?
Beaucoup de foyers sont brisés aujourd’hui parce que Dieu a été rejeté hors de la famille. Dans le mariage, le choc continuel des personnalités exige une force qui les unisse et le Dieu vivant est cette Force !
Un homme vint une fois m’exposer un problème conjugal sérieux. Lui et sa femme se querellaient violemment pour des bagatelles : ils s’accusaient mutuellement de ces disputes et la tension de la vie familiale était arrivée à son point extrême. Je lui posai une question dont je connaissais déjà la réponse. « Allez-vous à l’église, votre femme et vous-même, et priez-vous en famille ? » Il me répondit qu’ils ne faisaient ni l’un ni l’autre.
« L’agitation de votre foyer, lui répondis-je, est le reflet de votre manque de paix avec Dieu. Mettez-vous en règle avec Dieu et vous serez en règle avec votre femme. »
Il le fit ; dans une repentance sincère, il confessa son péché à Dieu, et je vis l’expression de son visage changer et la paix de Christ descendre en son cœur. La lumière de ses yeux reflétait la nouvelle ardeur de son âme. Quelques jours plus tard il conduisit sa femme à Christ. Ce foyer est heureux maintenant, parce que Christ en est le chef.
Bien des couples s’imaginent que s’ils habitaient dans une maison plus belle, s’ils avaient un travail plus agréable, ou s’ils vivaient dans un autre quartier, leur vie de famille serait plus heureuse. Non ! Le secret du bonheur domestique est de laisser Dieu être le troisième partenaire dans le contrat du mariage et de Lui donner la place d’honneur dans le foyer. Faites la paix avec Lui et ensuite vous pourrez réellement procurer la paix chez vous.
Vous pourrez aussi procurer la paix dans votre entourage.
Notre société est pourrie de commérages, de médisance et de calomnie. Les disputes dans certains milieux sont presque insupportables. Ici aussi, la cause profonde de ce trouble est l’absence de relation avec Dieu.
La Bible dit : « Les œuvres de la chair sont… les inimitiés, les querelles… les animosités, les disputes, les divisions… l’envie. »17 Il est vrai que nous trouvons déjà quelques-unes de ces œuvres dans les communautés chrétiennes du premier siècle. Cependant ceux qui observaient ces premiers chrétiens disaient : « Voyez comme ils s’aiment. »
17 Galates 5.19.
Comment pouvez-vous procurer la paix dans votre milieu ?
Le moyen est simple : faites premièrement la paix avec Dieu et après vous pourrez apporter la paix autour de vous. Le fruit de la nature humaine c’est la discorde et les querelles ; « mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ».18
18 Galates 5.22-23.
Notre erreur est d’avoir voulu construire une société bonne sans Dieu. Nous avons banni Dieu de nos conversations et dans beaucoup de localités, nous avons retiré la Bible de nos écoles. Le résultat est que la décence disparaît de notre monde et que la folie y règne. La paix et la décence seront restaurées quand les individus auront redonné à Dieu la place qui lui est due.
Nous pouvons encore procurer la paix dans notre Eglise.
Nous devons le reconnaître : les disputes se sont infiltrées dans notre vie d’Eglise. Il est vrai que l’Eglise est maintenant l’Eglise militante, mais le combat qu’elle doit mener est celui de la consécration à la vérité révélée et à la sainteté divine, il n’est pas fait de luttes intestines et de disputes charnelles.
Nous lisons dans le deuxième chapitre de l’Evangile de Luc qu’un jour Joseph et Marie perdirent Jésus. Ils Le perdirent dans l’endroit le plus invraisemblable au monde — dans le temple. C’est assez étrange, mais cela peut illustrer dans une certaine mesure ce qui se passe aujourd’hui. J’ai vu bien des gens perdre Jésus même dans l’église : j’en ai vu Le perdre à cause d’une dispute dans le choix du directeur du chœur, de l’organiste, des anciens ou du pasteur. Oui, parce que nous sommes humains, quoique chrétiens, il nous est facile de perdre de vue Jésus, même dans notre église !
J’ai entendu parler de deux membres d’une église qui s’étaient querellés pour une peccadille et qui ne s’étaient pas adressé la parole pendant longtemps. L’un des deux, désirant faire la paix, alla visiter son voisin. Tendant sa Bible à son « vieil ennemi », il lui dit : « Lis et je prierai, il faut nous réconcilier. »
Mais celui-ci, cherchant en tâtonnant ses lunettes, dit : « Je ne peux pas lire, je n’ai pas mes lunettes. »
« Prends les miennes », dit le voisin conciliant.
Après avoir lu la Parole de Dieu et prié ensemble, ils se levèrent et s’embrassèrent. Celui qui avait emprunté les lunettes les rendit à son ami et lui dit : « Ce différend qui nous séparait a un tout autre aspect vu au travers de tes lunettes. »
Lorsque nous avons la paix de Dieu, nous pouvons voir les choses au travers des lunettes de notre prochain, et ainsi nous pouvons procurer la paix.
Nous pouvons enfin procurer la paix dans notre travail.
Les relations entre employés et employeurs sont une des plus grandes causes de tension de notre économie. On reconnaît aujourd’hui dans bien des industries que les contestations sont coûteuses pour les deux parties — patrons et ouvriers — et on cherche la paix professionnelle par Dieu et par la foi en Lui.
Un pasteur nous écrivit récemment pour nous dire qu’il était l’aumônier de trois entreprises industrielles. Les directeurs avaient estimé que si chaque jour ils s’asseyaient avec leurs employés pour écouter le message chrétien, tout le monde était dans un meilleur état d’esprit.
A Londres, un industriel donna son cœur à Christ ; il nous écrivit qu’il présidait maintenant un service religieux dans son entreprise et que deux cents personnes y assistaient régulièrement. « Il n’y a jamais eu une si grande paix dans notre usine », écrivait-il.
Voulez-vous procurer la paix dans votre travail ? Vous pouvez le faire — que vous soyez directeur ou ouvrier — si premièrement vous faites la paix avec Dieu et que vous cherchiez par sa grâce à la communiquer à ceux qui vous entourent.
Lorsqu’un employeur et des employés connaissent réellement Christ, ils donnent un démenti à la thèse de Marx affirmant que la religion est l’opium du peuple. Connaître Christ c’est avoir part à son salut et c’est Le laisser régner dans notre vie. Lorsqu’un employeur est véritablement chrétien et que l’employé est sur le plan spirituel l’associé de son employeur, ils sont tous deux unis dans une vocation éternelle.
Nous avons besoin d’hommes procurant la paix sur le plan international également.
Lorsque je vis, à Genève19, à la veille de la conférence des Quatre Grands, le président Eisenhower, dans une chapelle, demander à Dieu sa direction divine pour les délibérations qui allaient suivre, je fus assuré que Dieu répondrait à sa prière sincère. Je suis persuadé qu’Il le fit, car le président Eisenhower montra dans ces journées un esprit de paix, sur le plan international. Aimable, attentif aux idées de l’opposition, prêt à discuter intelligemment, il fut le héros incontesté de la conférence de Genève. Il ne le fut pas parce qu’il était le plus fort mais parce qu’il sut convaincre les communistes, au moins dans une certaine mesure, qu’il désirait la paix et non la guerre.
19 Le 17 juillet 1955.
Je ne suis pas un pacifiste intégral, ni sur le plan international, ni sur le plan de la communauté locale. Légiférer et faire observer la loi est à la fois biblique et logique. La police est bien obligée d’employer la force pour protéger la société contre les malfaiteurs.
Mais nous devrions être beaucoup plus préoccupés d’aller au cœur du problème du crime plutôt que de le punir. La punition du criminel, bien que nécessaire pour la tranquillité publique, ne le réforme que rarement.
La seule mesure corrective qui puisse établir la paix, c’est que les hommes, individuellement, apprennent à connaître la paix de Dieu. Bien que je ne sois pas défavorable aux mouvements qui, d’une manière ou d’une autre, cherchent à obtenir la paix pour le monde, je suis profondément convaincu qu’une telle paix ne se produira pas sans qu’il y ait une force spirituelle au centre. Je prie pour que les guerres cessent comme je prie pour que les crimes disparaissent ; mais je sais que la cause profonde, et de la guerre et du crime, est l’état de péché inhérent à la nature humaine.
Quand Jésus dit à Nicodème qu’il devait naître de nouveau, Il ne s’adressait pas à lui seul, mais à nous tous, car Il vit en lui un représentant typique de la race humaine. Le monde ne peut être régénéré avant que les hommes, individuellement, ne soient nés de nouveau et vivent en paix avec Dieu.
L’historien Arnold Toynbee a dit : « L’Occident s’est trompé parce qu’il a choisi de combattre le communisme avec les armes matérialistes mêmes du communisme, Aussi longtemps que la bataille se livrera ainsi, les communistes continueront de gagner. L’Occident doit fonder son idéal sur plus que la liberté, sur mieux que la prospérité : il doit le fonder sur la religion. »
Quant à la paix raciale, permettez-moi de vous dire que pour les vrais chrétiens il n’y a pas de discrimination raciale. Les différences de races sont aplanies à la Croix, et il n’y a pas de citoyens de seconde zone pour Dieu. Cependant, il faut admettre que ces problèmes sont grands, et qu’ils ne pourront pas être résolus d’un jour à l’autre ; mais si tous les peuples qui en sont affectés voulaient faire la paix avec Dieu, ils pourraient plus facilement ensuite faire la paix les uns avec les autres. Si nous abordons ces problèmes avec une attitude vindicative, intolérante et non chrétienne, nous allons au-devant d’un échec et d’un désastre.
Procurer la paix est une noble vocation. Mais vous ne pouvez pas plus donner la paix avec votre propre force qu’un maçon ne peut construire un mur sans truelle, un charpentier édifier une maison sans marteau ou un artiste peindre sans pinceau. Vous devez avoir l’outillage approprié. Pour procurer la paix, vous devez connaître Celui qui donne la paix. Pour procurer la paix sur la terre, vous devez connaître la paix du ciel. Vous devez Le connaître, « car Il est notre paix ».20
20 Ephésiens 2.14.
Jésus n’a pas laissé un héritage matériel à ses disciples. Tout ce qu’il possédait à sa mort était une tunique, qui fut donnée aux soldats romains, sa mère qu’il confia à Jean, son corps qu’Il donna à Joseph d’Arimathée, et son esprit qui retourna à son Père.
Mais Il légua à ses disciples quelque chose de plus précieux que l’or, de plus durable que la possession de grands domaines et de plus désirable que des palais de marbre — Il donna sa paix. Il dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. »21
21 Jean 14.27.
Dans la mesure où nous Le connaissons Lui et la paix qu’Il donne, nous pourrons procurer la paix… et Il a promis le bonheur à celui qui procure la paix !