« Après ces événements », c.-à-d. après sa victoire sur les rois élamites, Abram se pose des questions : Quelle va être la suite ? Ces rois ne vont-ils pas revenir et me battre ? J’ai refusé l’offre du roi de Sodome. Ce n’est pas lui qui me protégera !
Quand Abram eut refusé la récompense du roi de Sodome, Dieu lui apparut dans une vision et lui dit : « Ne crains rien, Abram, je suis ton protecteur, ta récompense sera très grande » (Genèse 15.1). Tu as renoncé à la protection du roi de Sodome, c’est moi qui te protégerai.
C’est la première fois que cette exhortation Ne crains rien apparaît dans la Bible. Elle sera répétée souvent, jusqu’à l’Apocalypse (1.17-18 ; 2.10). Que craignait Abram après sa victoire sur Kedorlaomer ? Celui-ci se tiendra-t-il pour battu ou cherchera-t-il d’autres alliés avec lesquels il pourrait prendre sa revanche ? Dieu se manifeste à Abram au moment où il a le plus besoin d’être réconforté. Il lui dit : « Je suis ton protecteur (litt. : ton bouclier) ». Le bouclier protège des flèches adverses (Psaume 3.4 ; 5.13 ; 84.12 ; Proverbes 11.18 ; Ephésiens 6.16). Peut-être qu’Abram avait entendu toutes sortes de rumeurs et qu’il a pensé à sa situation précaire avec sa petite troupe de combattants. Dieu se manifeste à lui comme celui qui peut le protéger.
« Ta récompense sera très grande ». Dieu donne à Abram, non seulement une assurance de son pouvoir, mais aussi de son amour. Abram a refusé la récompense du roi de Sodome ; Dieu veut compenser ce manque par une récompense venant de lui. Il lui a déjà montré comment il pouvait remplacer ce à quoi Abram avait renoncé (13.9, 14, 15).
Cette idée de récompense fait tiquer Abram. « Abram répondit : Eternel Dieu, que me donnerais-tu ? ». Des moutons, des ânes, des chameaux ? J’ai tout ce qu’il me faut. La seule chose qui m’intéresserait serait un descendant qui puisse hériter de mes biens. Or, « tu ne m’as pas donné de descendance, poursuivit-il, et c’est un serviteur attaché à mon service qui sera mon héritier ». Abram dit franchement à Dieu ce qui le tourmente tout au long des jours et des nuits. Dieu lui a bien promis un fils, mais le temps passe, et ce fils n’est toujours pas là. Aussi Abram a-t-il pensé à l’une des dispositions du droit coutumier1 : conférer l’héritage à un serviteur. Son exemple nous encourage à exposer franchement à Dieu nos questions, nos doutes et nos objections. « Alors l’Eternel lui parla en ces termes : Non, cet homme-là ne sera pas ton héritier : c’est celui qui naîtra de toi qui héritera de toi ». Et il lui fait contempler l’immensité des étoiles célestes préfigurant le nombre infini de ses descendants. Le Créateur de tous ces mondes célestes ne pourrait-il pas donner un fils à un homme et à une femme qui ont perdu leur pouvoir créateur ? « D’un seul homme, plus encore : d’un homme déjà marqué par la mort sont issus des descendants aussi nombreux que les étoiles du ciel » (Hébreux 11.12).
1 Des tablettes découvertes à Nuzi et à Our ont révélé qu’un couple sans enfant pouvait adopter légalement un serviteur comme héritier.
Cette récompense est encore visible aujourd’hui dans le peuple d’Israël né de la semence d’Abraham – qui n’avait pas un seul descendant à l’heure où Dieu s’est adressé à lui.
Ce n’était pas encore son heure ; Abram n’était pas encore prêt à accueillir un fils. « Nous serons amenés à remercier sans cesse notre Dieu parce qu’il ne nous a pas donné telle ou telle chose plus tôt, parce qu’il nous a d’abord fait mûrir pour ce qu’il voulait nous donner. Par ce qu’il nous donne et ce qu’il nous refuse, il nous éduque pour la gloire et nous préserve de nous attacher à la glèbe » (O. Stockmayer, p. 55).
Le seul moyen de dépasser ses frustrations est la foi : « Abram fit confiance à l’Etemel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » (v. 6). Abram n’a pas seulement « cru en Dieu » (Jacques dit : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu ? C’est bien. Mais les démons aussi le croient, et ils tremblent » Jacques 2.19). Dans notre monde christianisé, beaucoup de gens « croient en Dieu » – sans que cela change quoi que ce soit dans leur vie. Ce qui a justifié Abram, ce fut sa foi dans la parole de Dieu. Ce qui nous justifie, c’est cette même foi dans la parole divine qui nous annonce que le Fils de Dieu a pris nos péchés sur la croix, qu’il est mort pour nous. « Il a été livré pour nos fautes, et Dieu l’a ressuscité pour que nous soyons déclarés justes » (Romains 4.25).
La révélation que l’Eternel donnera à Abram fait partie des vérités fondamentales de la Bible : la justification par la foi.
Abram attendait depuis dix ans cet héritier promis. Entre-temps, ses chances de paternité se sont encore amoindries. Dieu fait sortir Abram de sa tente et lui demande de contempler l’immensité des étoiles. Jusqu’à présent, Abram n’avait pas porté un regard en haut, mais en bas, sur la stérilité de sa femme et la solution de substitution (Eliézer). Dieu montre à Abram qu’il doit diriger son regard en haut. Dans le chapitre 13, Dieu lui avait promis une descendance aussi nombreuse que le sable des mers. Cela concernait-il le peuple d’Israël ? Ici, il lui promet une descendance bien plus nombreuse et plus glorieuse : une descendance céleste dont le pays promis ne sera pas Canaan, mais la cité céleste.
« Aucun événement de la vie d’Abram ne surpasse celui-ci en importance » (J. Baldwin, p. 50). Parce qu’il a placé sa confiance en l’Eternel et qu’il a mis l’honneur de Dieu avant le sien propre, il ne sera pas perdant. La promesse d’une « très grande récompense » oriente les pensées d’Abram vers l’avenir : que sera cette récompense ? Qui en bénéficiera ? Il part sans enfant et c’est son serviteur qui héritera de tous ses biens (conformément à une pratique attestée par les lois hourriennes et les textes de Nuzi).2 L’Eternel oppose sa promesse d’un fils biologique aux considérations pessimistes d’Abram et il l’illustre en lui demandant de contempler le ciel étoilé et les innombrables étoiles pour lui donner une idée du nombre de ses descendants.
2 Voir l’entrée sur Genèse 15.2 dans l’EDB I.
Abram avait de bonnes raisons de mettre la parole de Dieu en doute. Il les a toutes balayées de son esprit. Il « fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » (v. 6). Il était convaincu que Dieu était digne de confiance et capable d’accomplir sa promesse ; c’est pourquoi, malgré toutes les circonstances adverses, « il crut » et espéra voir ce fils. Il basait sa confiance sur la grandeur de Celui qui lui avait fait la promesse et sur sa fiabilité.
« Abram fit confiance à l’Eternel ». Il crut à la parole donnée3. Il considéra, non les impossibilités humaines, mais la puissance du Tout-Puissant, sa bonté et sa miséricorde. Il se souvint des nombreuses expériences au travers desquelles il avait pu voir combien Dieu était fidèle à sa parole.
3 Qu’impliquait cet acte de foi d’Abram ? Voir l’entrée sur Genèse 15.6 dans l’EDB I. Comment comprendre le lien entre foi et justice dans ce verset ? Voir celle sur Genèse 15.2 dans l’EDB I.
Et, « à cause de cela, l’Eternel le déclara juste ». C’est la seule base de justification à laquelle l’apôtre Paul se référera constamment (Romains 4.3 ; 5.1ss ; Galates 3.6 ; cf Jacques 2.23).
« Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » (v. 6). Toute l’épître de Paul aux Romains est construite sur ce verset ; tout le Nouveau Testament en dépend.
Depuis le commencement, Dieu n’a demandé aux hommes rien de plus qu’un acte de confiance dans sa parole : qu’il se fie à son amour pour lui : « Il est mon Créateur, il veut mon bien, je peux donc lui faire confiance dans toutes les voies par lesquelles il me conduit. Je ne peux pas me libérer moi-même de mes pulsions, mes instincts, mes fantaisies et mes fantasmes, de tout ce qui me paralyse, m’enflamme et me souille. J’ai besoin d’un Sauveur qui me libère et je fais confiance au salut que Dieu me propose ».
Dans Apocalypse 1.5, nous lisons selon les versions que « Celui qui nous aime… nous a délivrés de nos péchés par son sacrifice » ou « nous a lavés par son sacrifice ». Les deux sont justes – et complémentaires : d’abord Dieu nous lave de nos péchés du passé, puis il nous en délivre.
Nous avons une pleine confiance dans des hommes et des femmes qui ne nous ont jamais déçus mais avaient toujours de bonnes intentions à notre égard. Pourquoi ne pourrions-nous pas faire confiance à notre Dieu qui a toujours démontré qu’il ne voulait que notre bien ? Sa Parole nous révèle la manière dont il a conduit son peuple, l’éduquant pour le sanctifier. Avons-nous confiance dans cette Parole ?
« Tout ce que nous rencontrons sur la terre est placé par Dieu dans notre vie afin que cela serve à notre maturation en vue de la gloire, afin que devienne manifeste ce qui est en nous. Tout, même les plus petites choses, doit servir à nous peser et à montrer combien de valeur d’éternité nous avons, ce qu’en fait nous croyons… Dans les heures d’épreuve ; nous sommes pesés pour savoir si nous honorons notre Dieu en lui faisant absolument confiance ou bien si nous nous décourageons comme si Dieu ne pouvait pas continuer à nous aider » (O. Stockmayer, p. 63).
La justification par la foi est apparente dès les premières pages de la Bible& : c’est par la foi qu’Abel a offert un sacrifice agréable à Dieu (Hébreux 11.4), qu’Hénoc a mené une vie pure et fut enlevé par Dieu (11.6). Noé reçut sa justice par la foi (11.7). Ce qui est nouveau, c’est que nous lisons pour la première fois le lien entre la confiance dans la parole divine et le fait d’être considéré comme un juste : « Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » (Genèse 15.6). Déclarer est un terme de comptabilité : Dieu a mis sur le compte d’Abram son acte de foi comme s’il avait toujours été juste. Cette justice était un cadeau. C’était la justice du Christ que Dieu lui a attribuée. Ce cadeau est aussi disponible pour nous – si nous l’acceptons par la foi. « Loin de mettre en doute la promesse et de refuser de croire, il trouva sa force dans la foi, en reconnaissant la grandeur de Dieu et en étant absolument persuadé que Dieu est capable d’accomplir ce qu’il a promis » (Romains 4.20).
Dans sa vie passée, Abram avait eu la preuve que Dieu est fidèle. L’Eternel dit à Abram : « Je suis l’Eternel qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en possession » (v. 7). Cela aussi demandait un acte de foi, car, dans ce pays qu’Abram avait parcouru, il y avait diverses peuplades qui n’étaient pas prêtes à se laisser déloger. C’était « le pays des Qéniens, des Qeniziens, des Qadmonéens, des Hittites, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Yebousiens » (v. 19-21). On comprend sa réplique légèrement incrédule : « Seigneur Dieu, répondit Abram, comment aurai-je la certitude que je le posséderai ? ». Il expose honnêtement à Dieu ses questions et ses doutes. Et Dieu ne le réprimande pas pour cela ; au contraire, il lui répond par une manifestation de sa grâce. A première vue, cette réponse est difficile à comprendre ; il dit à Abram : « Va chercher une génisse, une chèvre et un bélier ayant chacun trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon ». Pourquoi ? Dieu semble lui avoir dit en plus de les couper en deux par le milieu, puisque c’est ce qu’Abram fit (v. 10). Sans doute s’est-il souvenu d’avoir vu cette pratique durant ses années à Our-en-Chaldée, lorsqu’il s’agissait de conclure une alliance solennelle qui engageait deux parties. Cette cérémonie (publique) avait la même valeur qu’un document légal dûment signé. Les deux parties marchant entre les animaux divisés se déclaraient ainsi constituer une seule entité.
Abram obéit – et passa le reste de la journée à chasser les vautours attirés par ces cadavres d’animaux. Et rien ne se passait ! Il devait se demander s’il avait bien entendu. Une fois de plus, Dieu mettait sa foi à l’épreuve. « Au moment où le soleil se couchait, une grande torpeur s’empara d’Abram ». On le comprend : pendant toute cette chaude journée, il n’avait fait que défendre les animaux des sacrifices contre les oiseaux de proie. Il avait demandé comment savoir qu’il posséderait le pays et Dieu lui répond en lui révélant que, pendant quatre siècles, ses descendants seront assujettis dans un pays étranger, « réduits en esclavage ». Il lui dit aussi qu’il punira ceux qui les auront asservis et pourquoi il ne chasse pas encore les occupants actuels du pays promis : ce n’est que lorsque les Cananéens auront atteint un point de non-retour dans la perversité que Dieu interviendra contre eux.
Le Juge de toute la terre connaît exactement l’état moral de chaque nation. Les descendants d’Abram auxquels les termes de cette alliance seront transmis sauront que l’esclavage en Egypte n’était pas un accident de l’Histoire, mais qu’il entrait dans le plan parfait de Dieu et aura sa fin au temps prévu. Plus tard, les Israélites déportés par les Assyriens et les Judéens exilés à Babylone sauront aussi, en lisant ces récits, qu’il n’y a pas de hasard dans le plan de Dieu : tout se passe selon ce que sa justice a décidé. Dieu a imposé à son peuple un délai dans l’accomplissement de sa promesse parce qu’il voulait laisser aux habitants de Canaan du temps pour se repentir. « Cela nous donne une leçon importante : lorsque Dieu semble tarder, c’est parce que plus de choses se passent que celles que nous pouvons voir » (D. Jackman, p. 78).
A la fin, Dieu apparut et passa seul entre les animaux sacrifiés dans « un tourbillon de fumée et une torche de feu », prenant sur lui toutes les malédictions impliquées dans ce rite, montrant que notre alliance avec lui est totalement dépendante de son initiative et de sa grâce. Nous n’avons rien à faire, seulement à recevoir et accepter.4
4 « Les contractants étaient comme les deux moitiés d’un même corps avec la menace de connaître le même sort pour celui qui romprait l’alliance. La fournaise et la flamme de feu – symbole de la présence divine – passent entre les morceaux, mais sans Abram ! Dieu seul s’engage, l’alliance est unilatérale et donc inconditionnelle pour l’homme. Elle procède de la grâce de Dieu et non d’un contrat d’égal à égal » (R. Benz, p. 18).
C’est nous qui sommes « en Christ » qui avons hérité de cette « meilleure patrie » (Ephésiens 1.3). Sur la croix du Christ, il prendra sur lui le châtiment de nos manquements à l’alliance avec lui : il mourra à notre place. « Le Christ nous a libérés de la malédiction que la Loi faisait peser sur nous en prenant la malédiction sur lui, à notre place. Il est, en effet, écrit : Maudit est quiconque est pendu au gibet. Jésus-Christ l’a fait pour que, grâce à lui, la bénédiction d’Abraham s’étende aux non-Juifs et que nous recevions, parla foi, l’Esprit que Dieu avait promis » (Galates 3.13-14). Le sacrifice sur lequel reposait l’alliance de Dieu avec Abram était une préfiguration de celui qui fonde la « meilleure alliance » dont nous jouissons (Hébreux 7.22 ; Luc 22.20).
Après une promesse personnelle d’une « heureuse vieillesse », Dieu précise encore à Abram les dimensions du futur domaine de ses descendants (v. 19-20). Elles seront à peu près atteintes sous les règnes de David et de Salomon. « Je promets de donner à ta descendance tout ce pays, depuis le neuve d’Egypte jusqu’au grand neuve, l’Euphrate, le pays des Qéniens, des Qeniziens, des Qadmonéens, des Hittites, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Yebousiens » (15.18-21).5 Pourtant, lui-même et ses descendants directs y ont « vécu en étrangers » (Hébreux 11.9). Cela ne semblait pas l’inquiéter. « Car il attendait la cité aux fondements inébranlables dont Dieu lui-même est l’architecte et le constructeur » (Hébreux 11.10) – pas plus que ses descendants. « C’est dans la foi que tous ces gens sont morts sans avoir reçu ce qui leur avait été promis. Mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient eux-mêmes étrangers et voyageurs sur la terre… En fait, c’est une meilleure patrie qu’ils désirent, c’est-à-dire la patrie céleste. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé ‘leur Dieu’, et il leur a préparé une cité » (v. 13, 16).
5 Les promesses faites à Abraham sont-elles accomplies – ou vont- elles s’accomplir – dans l’Etat moderne d’Israël ? Voir l’entrée Genèse 12.7 dans l’EDB I.
Pourquoi Abram fut-il saisi d’angoisse dans une profonde obscurité lorsque Dieu a fait alliance avec lui (v. 12) ?
Don Fleming dit qu’« Abram fut saisi d’angoisse ‘dans une profonde obscurité’, car il comprit que l’alliance s’accomplirait au milieu de l’opposition, de la servitude, du jugement et de l’oppression pendant plusieurs centaines d’années (v. 13). Dieu sera patient avec les peuples habitant en Canaan et leur donnera beaucoup d’occasions de se repentir. Ce n’est que lorsque leur méchanceté aura atteint des limites inacceptables (v. 16) que Dieu permettra à Israël de les détruire et d’occuper leur pays » (Bridge Bible Handbook 1, p. 22).
Comment comprendre la raison que Dieu donne à Abram du long séjour d’Israël en Egypte ?
« La seconde moitié du verset jette un trait de lumière sur la justice des dispensations divines dans l’histoire des peuples. Pour que l’Eternel fasse tomber une nation et donne sa place à une autre, il faut qu’elle soit arrivée au point où le mal est devenu chez elle tout à fait incurable. Cette parole nous aide à comprendre le fait, si révoltant en apparence, de la destruction des Cananéens » (Bible annotée, p. 216).