« Il peut paraître étrange, pour notre société occidentale, que l’on attache tant d’importance à une bénédiction ou à un testament oral. Toutefois, les découvertes récentes ont prouvé qu’une bénédiction orale était légalement aussi valable qu’un testament écrit ou que les ‘dernières volontés”. Une décision de justice de Nuzi parle d’un certain Tarmiya dont les deux frères contestaient le fait qu’il ait hérité d’une esclave. Tarmiya prétendait que le testament oral de son père lui avait conféré la possession de l’esclave. ‘Mon père Houya était malade et alité ; alors il a saisi ma main et m’a dit : Mes autres fils, étant plus âgés, ont déjà une femme ; donc je te donne Soulouli-Ichtar comme femme. Après avoir entendu les témoins, les juges se décidèrent en faveur de Tarmiya’. Il est significatif, ajoute Davis, qu’Isaac ait introduit son testament oral en disant : ‘Je suis vieux, je ne connais pas le jour de ma mort’ (Genèse 27.2). Une déclaration semblable introduit, dans un texte de Nuzi, la déclaration finale de propriété. La correspondance étonnante entre le processus judiciaire rapporté dans la Genèse et celui des textes de Nuzi confirme l’exactitude historique de l’AT. Elle indique aussi que les patriarches ont été influencés par les pratiques mésopotamiennes » (J.J. Davis Paradise to Prison p. 240) – sauf pour leur foi restée monothéiste dans un environnement totalement polythéiste.
1 Rois 21.8 dit que Jézabel écrivit des lettres aux magistrats de la ville où demeurait Naboth et les « scella du sceau royal ». Néhémie 10.2 dresse la liste de « ceux qui apposèrent leur sceau sur les documents ». Qu’étaient ces sceaux ? On en a retrouvé de grandes quantités en Israël. C’étaient de petites pierres semi-précieuses rondes sur lesquelles était gravé le nom de leur propriétaire généralement suivi de celui de Dieu (El, Yah ou Yaw). Elles étaient soit enchâssées sur des bagues, soit percées pour être portées en pendentifs. Ces sceaux servaient à authentifier des documents (lorsqu’on les imprimait sur de la cire qui cachetait un rouleau) ou à désigner le possesseur d’un objet (lorsque le sceau était imprimé sur de l’argile fixé à un meuble). Les sceaux des païens portaient généralement des images de plantes ou d’animaux (que les Hébreux évitaient à cause d’Exode 20.4). Les archéologues ont découvert plusieurs centaines de sceaux et beaucoup d’empreintes de sceaux, dont celle de Baruch, le scribe de Jérémie (Jérémie 36) et celle d’un nommé Eliakim, intendant du roi Yehoyakîn (voir le NDB p. 165 et p. 1343). Un des sceaux découverts à Lakich mentionne « pour Guédalia », qui fut nommé gouverneur de Juda par Nabuchodonosor (Jérémie 41.2). Deux autres étaient « pour Challoum et Chebna ».1
1 Voir des reproductions de sceaux dans A. Millard Trésors des temps bibliques ex Des pierres qui parlent p. 112-113.
On a trouvé à Jérusalem des pièces de monnaie en argent datant de la période perse. Néhémie 7.70 mentionne des « pièces d’argent » et des « pièces d’or » (cf. Esdras 2.69). Ce sont les premières mentions de monnaies dans la Bible. Auparavant, on pesait l’argent et l’or dans les transactions. Les Perses ont répandu l’usage de la monnaie (inventée en Asie mineure au 6e siècle av. J.-C.) pour faciliter les échanges commerciaux.2
2 Monnaies : voir une représentation dans Des pierres qui parlent p. 233.
| Récit biblique | Inscriptions |
| « La cinquième année du règne de Roboam, Chichaq, roi d'Egypte, vint attaquer Jérusalem » (1&nbs;Rois 14.25) (vers 924 av. J.-C.) | Au temple d'Amon à Karnak : « Victoires de Sheschonq 1er sur les Asiatiques des pays lointains (+ une liste de cités prises en Palestine) |
| « Mécha, roi de Moab, élevait de nombreux troupeaux de moutons. Chaque année, il devait payer au roi d'Israël un tribut de cent mille agneaux et de cent mille béliers avec leur laine. A la mort d’Achab, le roi de Moab se révolta contre le roi d'Israël » (2&énbsp;Rois 3.4-5) | Sur la stèle de Mécha : «Omri, roi d’Israël humilia Moab de nombreuses années… et son fils le suivit… Mais j'ai triomphé de lui… Israël a péri à jamais » (Mécha, roi de Moab) (vers 830 av. J.-C.) |
| « De son temps, Poul (ou Tiglath-Piléser II), roi d’Assyrie, envahit le pays ; mais Menahem lui donna trente-quatre tonnes d'argent pour qu'il l’aide à se maintenir sur le trône et à renforcer son pouvoiré » (2 Rois 15.19) | A Nimroud : Je reçus le tribut… de Menahem de Samarie (Tiglath-Piléser III) s(738 av. J.-C.) |
| « Ahaz envoya des messagers à Tiglath-Piléser, roi d’Assyrie, pour lui direénbsp;: Je suis ton vassal et ton fils. Viens me délivrer du roi de Syrie et du roi d'Israël qui sont venus m’attaquer. Ahaz prit l'argent et l’or qui se trouvaient dans le Temple de l'Eternel et dans le trésor du palais royal et il l’envoya comme présent au roi d'Assyrie » (2 Rois 16.7-8) | Inscription sur l'argile : « Je reçus le tribut de Yohaz de Juda » (Tiglath-Piléser III) (734 av. J.-C.) |
| « Sous le règne de Péqah, roi d'Israël, Tiglath-Piléser, roi d’Assyrie, fit une invasion… Osée, fils d’Ela, forma une conspiration contre Péqah, fils de Remaliahou, il l’assassina et lui succéda sur le trône au cours de la vingtième année du règne de Yotam, fils d'Ozias ». | Inscription à Nimroud : « Ils détrônèrent leur roi Péqah et j'instituai Osée sur eux » (732 av. J.-C.) |
| « La neuvième année du règne d’Osée, le roi d’Assyrie s'empara de Samarie et déporta les Israélites en Assyrie » (1 Rois 17.6) | Inscription à Khorsabad : « J'assiégeai et je conquis Samarie, emportant comme butin 27290 habitants » (Sargon II) (722 av. J.-C.)3 |
| « :L'année où le généralissime envoyé par Sargon, roi d’Assyrie, vint attaquer Asdod, et s’en empara » (Esaïe 20.1) (712 av. J.-C.) | Inscription à Khorsabad : Azouri, roi d’Asdod, ne voulut plus payer de tribut… En raison de ses fautes, j’abolis sa souveraineté. J’assiégeai et je conquis Asdod, Gath et Asdoudimmou » (Sargon II) |
| « Alors Ezéchias, roi de Juda, fit transmettre au roi d’Assyrie à Lakich le message suivant : J'ai commis une faute, cesse de m'’attaquer. J'accepte de payer le tribut que tu m’imposeras. Le roi d’Assyrie exigea d’Ezéchias dix tonnes d'argent et une tonne d’or » (2 Rois 18.14) (701 av. J.-C.) | Inscription à Ninive : « Ezéchias le Juif ne se soumit pas à mon joug. J'assiégeai 46 de ses cités puissantes, j’en déportai 100150 personnes. Je le fis prisonnier à Jérusalem… Il m’envoya plus tard 30 talents d’or et 800 talents d'argent » (Sennachérib) |
| « Nabuchodonosor lui-même vint sur place pendant le siège. Alors Yehoyakîn, roi de Juda, se rendit au roi de Babylone, avec sa mère, ses ministres, ses officiers, et ses hauts-fonctionnaires. Ils furent faits prisonniers par le roi de Babylone la huitième année de son règne. Nabuchodonosor emporta tous les trésors du Temple de l’Eternel et les trésors du palais royal » (2 Rois 24.11ss) | D'une tablette de Babylone : « Le roi d’Akkad fit le siège de la cité de Juda. et Le roi prit la ville… Il y nomma un nouveau roi à sa guise, en tira un énorme butin et le rapporta à Babylone » (Nabuchodonosor II) (597 av. J.-C.) (Date confirmée par l'astronomie) |
3 Voir une représentation de sa citadelle dans Bible et archéologie p. 56-57.