Comment lire la Bible

2ème PARTIE : ÉTUDIONS L’ÉVANGILE

DE LA BONNE NOUVELLE

1. L’ÉTUDE PERSONNELLE DE LA BIBLE

L’étude de la Bible se distingue de la méditation par son but : elle vise l’enrichissement de nos connaissances, plutôt que le développement de notre vie intérieure. Par ses moyens : elle fait appel à des méthodes plus rigoureuses d’examen du texte, elle procède, non par association libre des idées, mais par réflexion systématique : analyse, comparaison, relations avec d’autres textes, questions de date, lieu, ordre de succession… Elle s’adresse plus à l’intelligence qu’au sentiment et à la volonté. Par le temps qui lui est consacré : la méditation se fait journellement, de préférence chaque matin. Elle ne demande que peu de temps. L’étude est plus exigeante : on ne peut guère s’y lancer à moins d’avoir une heure ou plus à sa disposition. Elle demande aussi un esprit alerte que la réflexion ne rebute pas.

Son but ultime n’est cependant pas d’accumuler des connaissances, mais de nous amener à mieux servir Dieu en nous familiarisant davantage avec sa volonté — ou d’aider les autres à le servir en leur faisant connaître cette volonté. L’étude personnelle de la Bible est indispensable à tout serviteur de Dieu, quel que soit son ministère.

Quelques conseils généraux

Réservez le meilleur moment de votre temps libre à cette étude. Veillez à ce que vous ne soyez pas dérangés, ni distraits par d’autres préoccupations. Rien n’agace davantage le diable que de nous voir étudier la Parole de Dieu ; si nous n’y prenons garde, il aura tôt fait de nous aiguiller sur une voie de garage. Cherchez un endroit tranquille et solitaire — fût-il inconfortable (j’ai fait certaines de mes plus belles découvertes dans la Bible pendant la guerre, sur une caisse, dans un grenier).

Prenez votre Bible et du papier et laissez, pour commencer, tous les autres livres de côté. C’est l’Ecriture qui doit vous parler d’abord. Les commentaires peuvent être utiles pour nous conduire plus loin ou pour rectifier notre cours, mais ils ne devront jamais s’interposer entre Dieu et nous dans ce premier contact avec sa Parole.

Décidez à l’avance le sujet de votre étude et persévérez, même si, pour commencer, le champ paraît stérile. Ne papillonnez pas d’un sujet à l’autre, vous ne récolterez que déception. A force de creuser, vous découvrirez des trésors. Choisissez des sujets à votre mesure et allez jusqu’au bout de votre projet. Vous ne sonderez jamais l’Ecriture en vain.

Etude textuelle ou thématique ?

On peut étudier un passage biblique précis, en dégager des conclusions sur tous les sujets qu’il aborde. On peut aussi se limiter à un thème et voir ce que l’ensemble d’un livre biblique — ou de la Bible — nous en dit. Il est bien plus facile d’étudier un passage biblique, plutôt qu’un thème. Le texte donne à notre étude un cadre précis et nous exerce à un travail rigoureux et approfondi.

A force d’étudier des textes, nous prendrons l’habitude d’en tirer rapidement des leçons évidentes. Nous dominerons différents sujets et nous pourrons aborder avec profit l’étude de quelques thèmes. Nous commencerons cette étude thématique en limitant notre champ d’investigation à un chapitre, puis à un livre biblique assez court, avant d’étudier un sujet à travers toute l’Ecriture.

Etude d’un texte

Quelques conseils généraux :

Choisissez, pour commencer, un texte simple : un récit, un discours, une parabole ou un psaume, avant d’aborder une épître ou un livre prophétique.

  1. Lisez le texte plusieurs fois, si possible dans des versions différentes.
  2. Lisez le chapitre précédent et le suivant pour situer le passage choisi dans son contexte.
  3. Cherchez les passages parallèles indiqués.
  4. Faites le plan du texte. Résumez chaque partie en une phrase.
  5. Posez-vous des questions auxquelles vous essaierez de répondre avec la Bible seule en vous servant abondamment des « Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? »
  6. Demandez-vous ce que l’auteur voulait dire aux destinataires primitifs de l’écrit.
  7. Posez-vous les questions : Qu’’est-ce que Dieu veut me dire par lui ? Qu’est-ce que Dieu veut nous dire ? Que veut-il peut-être dire par moi à ceux que je côtoie journellement (promesses, avertissement, portée sociale du message) ?

La Bible à parallèles

Nous voudrions, dès à présent, attirer votre attention sur un outil de première importance déjà signalé dans les conseils pratiques : la Bible à parallèles.

Elle indique, pour chaque verset, la référence d’autres passages des Ecritures où une pensée analogue se retrouve. Si je lis une phrase dont je ne comprends pas bien le sens, je consulte « les parallèles » et souvent un détail supplémentaire, une nuance différente, me permettent de mieux saisir la signification du premier passage. L’Ecriture elle-même reste le meilleur complémentaire de l’Ecriture et le Saint-Esprit se sert souvent d’un autre texte inspiré pour éclairer la pensée divine.

Dans les évangiles, ou les livres des Rois et des Chroniques, nous pouvons comparer et compléter les récits du même événement. Lorsque des auteurs du Nouveau Testament citent des écrits de l’ancienne alliance, les parallèles nous permettent de relire le passage cité dans son contexte d’origine. Lorsque nous lisons l’Ancien Testament et cherchons les parallèles dans le Nouveau, nous voyons quelles applications en ont tirées les apôtres.

Les parallèles nous aident aussi à comprendre les passages difficiles. Si nous lisons par exemple un verset de l’épître aux Romains sur la justification par la foi, les parallèles nous renvoient à d’autres versets de l’épître où l’apôtre développe la même pensée. Ensuite, ils nous adressent aux autres épîtres de Paul où cette doctrine est exposée. Peut-être trouverons-nous aussi, parmi les parallèles, la référence d’une parabole (le publicain qui rentra justifié chez lui), d’un prophète de l’Ancien Testament, d’une épître de Pierre ou de Jean. Nous découvrirons ainsi l’unité profonde de la révélation biblique de l’ancienne à la nouvelle alliance. Souvent les parallèles nous indiquent aussi un récit biblique illustrant une vérité abstraite.

Nous pouvons, à l’aide de notre Bible à parallèles, faire de petites études thématiques. Le point de départ sera un verset où la pensée que nous aimerions creuser est clairement exposée. Notons-le sur une feuille et marquons en-dessous, dans la marge, toutes les références parallèles indiquées, en ayant soin de laisser, entre elles, la place nécessaire pour recopier chaque verset. Marquons d’un petit point le premier verset et recherchons les parallèles du deuxième. Lorsque nous aurons noté toutes les références parallèles indiquées, on cochera aussi ce verset d’un point. Nous nous arrêterons lorsque les parallèles n’auront plus trait à notre sujet. Si nous avons bien choisi le verset de départ, nous aurons sans doute trouvé l’essentiel de ce que la Bible nous dit sur ce sujet.

Outre les deux Bibles à parallèles signalées au chapitre 2, il existe un ouvrage qui donne 500 000 parallèles : Treasury of Scripture Knowledge (S. Bagster, 80, Wigmore Street, London W.1). Ce livre peut être utilisé sans connaissance de l’anglais, il suffit de savoir reconnaître l’abréviation des livres bibliques en anglais (John = Jean, James = Jacques, Rev. = Apoc…).

Comment annoter sa Bible ?

Beaucoup d’études peuvent être préparées ou facilitées par une annotation judicieuse de sa Bible. Annotons-la avec discrétion et méthode, sans barioler le texte à tort et à travers. Il faut avant tout qu’il reste lisible. Si possible la même couleur et le même signe doivent garder leur signification à travers toute la Bible.

Nous pouvons souligner (en trait plein, pointillé, trait-point-trait, double, sinueux, oblique…) ou encadrer un mot (en entier ou sur deux ou trois côtés). En repassant les lettres en couleurs, de nombreuses possibilités s’offrent à nous : une seule lettre repassée ou remplie dans un mot (les o de offrir, offrande, le j de joie, le s de sang…). Nous pouvons aussi utiliser de nombreux signes dans le texte ou dans la marge pour repérer une même pensée : points, angles, cercles, demi-cercles, guillemets… au début ou à la fin du mot, dessus ou dessous, lettres dans la marge… En combinant ces différents procédés avec les quatre couleurs habituelles des stylos à bille nous disposons déjà de plus d’une centaine de possibilités d’annotations différentes qui ne nuisent en rien à la lisibilité du texte. Il suffirait d’étendre la gamme des couleurs et des signes pour multiplier ces possibilités.

On pourra ainsi établir de véritables « chaînes » de références thématiques, à travers toute la Bible et retrouver immédiatement par leur couleur ou leur signe, les versets qui parlent de la rédemption, du pardon des péchés, de l’amour, de la joie, la paix, l’espérance ou de certaines vérités particulières: Satan, l’occultisme, le baptême, la prière…

Après quelques années, notre Bible personnalisée par ces annotations, sera devenue notre plus précieux instrument de travail. Mais peut-être, pour garder la fraîcheur de nos réactions devant le texte, déciderons-nous alors d’acheter une autre Bible que nous garderons vierge de toute annotation pour ne pas glisser dans des ornières de pensées déjà vues.

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