« Pour personne, dit H. Carson, cette leçon n’a dû être plus difficile à apprendre que pour la mère de Jésus ; peut-être cela faisait-il partie de l’épée qui transpercerait son âme (Luc 2.35). Pour cela, nous devrions l’honorer davantage ».11
11 The Gospel according to John p. 171.
Jésus a connu bien des oppositions durant son ministère de la part de ses compatriotes, des pharisiens et des autorités civiles et religieuses. Mais il y avait une autre opposition, moins directe, mais combien plus sensible pour Jésus : celle qui venait de la part de ceux qui l’aimaient le plus – et qu’il aimait : sa propre famille. « Jésus alla à la maison et, de nouveau, la foule s’y pressa au point que lui et ses disciples n’arrivaient même plus à manger. Quand les membres de sa famille l’apprirent, ils vinrent pour le ramener de force avec eux. Ils disaient en effet : ‘Il est devenu fou.’… La mère et les frères de Jésus arrivèrent. Ils se tinrent dehors et envoyèrent quelqu’un l’appeler. Beaucoup de monde était assis autour de lui. On vint lui dire – Ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors et te cherchent » (Marc 3.20-21, 31-32).
Peut-être les membres de sa famille avaient-ils entendu parler des intentions des pharisiens et des hérodiens (Marc 3.6) et voulaient-ils arrêter son activité qui suscitait leur colère avant qu’ils aient pu mettre leurs menaces à exécution. Même si ses ennemis n’avaient plus le pouvoir de prononcer une condamnation à mort, parce que les Romains dominaient le pays et se réservaient les peines capitales, le discrédit qui risquait de frapper la famille par une accusation leur semblait un motif suffisant pour intervenir.
« Jésus répondit : – Qui sont ma mère et mes frères ? Et, promenant les regards sur ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : – Voici ma mère et mes frères, car celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, ou une mère » (Marc 3.20-21, 31-35). La réponse de Jésus à l’intervention des siens contrevenait à toutes les traditions judaïques : les liens de famille passaient au-dessus de tous les autres liens – sauf lorsqu’un converti du paganisme adoptait la religion juive et considérait sa nouvelle famille religieuse comme plus importante que sa famille naturelle. Jésus fait usage de ce précédent pour déclarer que les liens tissés entre lui et ceux qui le suivent sont plus importants que ceux qui l’unissent à ses parents et ses frères et sœurs.
On imagine aisément avec quels sentiments Marie a dû accueillir ces paroles.
Une autre fois, « Pendant qu’il parlait ainsi, du milieu de la foule, une femme s’écria : Heureuse la femme qui t’a mis au monde et qui t’a allaité ! Mais Jésus répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui (lui) obéissent ! » (Luc 11.27-28). Une fois de plus, l’épée s’est enfoncée dans le cœur de Marie.