La rencontre du Sadhou Sundar Singh avec le Christ se fit de manière dramatique.
La mère de Sundar Singh lui inculqua très tôt la nécessité de chercher Dieu. Sundar put lire très jeune et apprit par cœur, en sanscrit, une grande partie du Granth, le livre sacré des Sikhs. Il était toujours animé d’une soif grandissante de trouver la paix intérieure et la pleine satisfaction de l’âme dont sa mère lui avait parlé. A côté du Granth, Sundar lisait aussi le Coran et les livres sacrés de l’hindouisme. Le Sadhou qu’on lui avait donné comme maître ne pouvait répondre à ses questions ; il lui dit simplement qu’il trouverait peut-être la réponse dans une prochaine réincarnation.
Plus tard, il fut envoyé à l’Ecole missionnaire américaine où il fut obligé d’entendre tous les matins une lecture biblique, ce qui suscitait sa colère et sa révolte. Après la mort de sa mère, il se mit à pratiquer le yoga pour entrer en transe ; cela lui procura un soulagement passager de sa douleur, mais le laissait encore plus désemparé lorsqu’il revenait à la réalité.
Malgré lui et malgré sa haine féroce du christianisme, l’Evangile pénétrait peu à peu dans son esprit. Certaines promesses comme Mt 11.28 et Jn 3.16 résonnaient constamment en lui. Un jour, il déchira sa Bible et la jeta au feu, mais cela ne lui enleva ni son trouble ni ses doutes. Alors il décida de se suicider. Il avait 15 ans et vint dire adieu à son père. Il avait résolu de se jeter sous le train qui passait à 5 heures au bout de leur propriété s’il n’avait pas trouvé la paix de l’âme d’ici-là. Il s’éveilla à 3 heures, prit un bain froid et se mit à prier Dieu — s’il y avait un Dieu — de se révéler à lui, sinon il mettrait sa tête sur les rails avant le passage du train. Tout à coup, sa chambre fut remplie d’une grande lumière au centre de laquelle il n’y avait ni Bouddha, ni Krischna, mais le Christ qui lui dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? Je mourus pour toi, j’ai donné ma vie pour toi, je suis le Sauveur du monde ».
Cette apparition fut le point tournant de sa vie. En un instant, il trouva la paix qu’il avait vainement cherchée dans toutes les religions. Mais à partir de ce moment, il connut l’hostilité et la persécution des membres de sa famille qu’il « déshonorait » en devenant chrétien. Son frère lui voua une haine implacable. Un oncle très riche essaya une autre méthode : il le mena dans une chambre secrète où il ouvrit un coffre rempli d’or et d’autres richesses. « Tout cela est à toi si tu abandonnes le christianisme pour revenir à la religion de tes ancêtres ». Finalement, il fut chassé de la maison et empoisonné. Un médecin hindou le soigna et promit de revenir le lendemain pour constater le décès. Le voyant revenu à la vie, il se mit à lire la Bible et se convertit.
La mère de Sundar lui avait prédit qu’un jour il serait un Sadhou, c.-à-d. un saint homme vivant d’aumônes. Un mois après son baptême, Sundar pensa que ce serait un moyen de répandre l’Evangile parmi son peuple et il adopta la robe jaune des sadhous. Il fut en effet reçu favorablement par la population indienne, mais dès que l’on entendait qu’il annonçait Jésus-Christ, il fut chassé à coups de pierres. Pendant de longues années, il poursuivit son ministère aux Indes, au Tibet, en Amérique, en Australie et en Europe.9
9 Lire le récit de sa vie dans A. Van Berchem : Un témoin du Christ : le Sadhou Sundar Singh St Légier, Ed. Emmaüs.