Dieu a délégué ses anges pour communiquer certains de ses messages particuliers, maïs il ne leur a pas donné le privilège de proclamer l’Evangile. L’Ecriture n’explique pas pourquoi. Des êtres spirituels, n’ayant jamais fait l’expérience de la privation de la communion de Dieu, dans le péché, sont peut-être incapables de prêcher l’Evangile en connaissance de cause.
Remarquez ce que dit le poète dans le cantique :
Saint, saint, saint, chantent les anges,
Et je veux avec eux faire retentir
Ce chant dans les parvis célestes,
Mais quand je chante l’histoire de mon salut
Ils couvrent leurs visages de leurs ailes
Car jamais ils n’ont pu connaître
La joie d’être rachetés !
Depuis des siècles le cœur de l’homme n’a jamais changé. Quels que soient la couleur de sa peau, son milieu culturel ou ethnique, tout homme a besoin de l’Evangile de Jésus-Christ. Mais qui Dieu a-t-il désigné pour porter l’Evangile aux hommes perdus ? Les anges déchus en sont incapables : ils ne peuvent même pas être sauvés de leurs propres péchés. Les anges fidèles ne peuvent pas davantage proclamer l’Evangile. Sans doute n’entendent-ils pas l’Evangile comme nous, ils échappent, dans leur pureté, à la souillure du péché et à ses conséquences : ils ne peuvent concevoir ce que veut dire être perdu.
C’est à l’Eglise que Dieu a donné l’ordre de prêcher. Cette grande tâche est réservée aux vrais croyants. Dieu n’a pas d’autres moyens. Seul un homme peut parler à l’homme de l’expérience du salut.
Pourtant Dieu a chargé les anges d’assister les prédicateurs. Cette assistance comprend l’usage de signes miraculeux confirmant la prédication. Les missionnaires du dix-huitième et du dix-neuvième siècle ont raconté de nombreux incidents de ce genre au cours desquels des anges ont paru les aider à proclamer l’Evangile. Ma femme, fille de missionnaire en Chine, peut se rappeler de nombreux moments de sa vie où des anges sont intervenus pour participer au ministère de son père et de ses collègues missionnaires.
En tout cas, nous avons, vous et moi, le privilège de porter à des hommes, de la part du Dieu du ciel, un message que les anges sont incapables de communiquer. Pensons-y ! J’ai entendu répéter ce dialogue imaginaire avec Dieu : « Seigneur, si les hommes refusent de prêcher l’Evangile comme tu l’as ordonné, quel plan de remplacement as-tu ? » Dieu répondit : « Je n’ai pas d’autre plan ! »
Aucun ange ne peut être évangéliste. Aucun ne peut être pasteur d’église, bien que les anges veillent sur les églises locales. Aucun ne peut faire de cure d’âme. Aucun ne peut connaître la joie d’être fils de Dieu, de participer à la nature divine ou d’être cohéritier du Royaume avec Jésus-Christ. Nous sommes, vous et moi, un sacerdoce royal unique dans tout l’univers et nous avons des privilèges inaccessibles aux anges.
La naissance de Jean-Baptiste fut dynamiquement reliée à l’Evangile (c’est-à-dire la Bonne Nouvelle du salut du monde par Jésus-Christ). Ses parents, Zacharie et Elisabeth, étaient âgés et Elisabeth ne pouvait plus avoir d’enfant. Elle et son mari descendaient d’Aaron et par conséquent appartenaient à la classe sacerdotale. Tous deux vivaient dans l’intégrité morale devant Dieu et obéissaient à ses commandements. Ils montrent comment Dieu agit par le moyen de parents pieux. Il n’est pas rare de constater que plusieurs des plus éminents serviteurs de Dieu ont eu le privilège de vivre dans une famille pieuse. Jean et Charles Wesley, fondateurs de l’Eglise méthodiste, étaient dans ce cas et furent profondément influencés par leur mère. Adoniram Judson, le grand missionnaire en Birmanie, était fils de pasteur. Jonathan Edwards, pasteur, évangéliste, théologien, pédagogue de la jeune Amérique, appartenait à une famille très pieuse.
Quand l’ange apparut à Zacharie pour lui annoncer la bonne nouvelle qu’Elisabeth, malgré son âge, allait donner le jour à un fils, ses paroles étaient déjà l’Evangile. Il lui annonça : « Il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu » (Luc 1.16). Il est vrai que personne n’est sauvé par le seul fait d’avoir des parents croyants, de naître dans un foyer chrétien et même de grandir dans une Eglise fidèle. En outre, Jean devait « préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé » (v. 17).
Ce message angélique était très important, et Zacharie le prit au sérieux, comme le prouvent les événements survenus au bout de quelques mois. Zacharie devint muet après la visite de l’ange : il ne retrouva la parole qu’à la naissance de Jean. A ce moment-là, sa langue se délia et il fut rempli du Saint-Esprit. Sa méditation — il a eu le temps de méditer pendant qu’Elisabeth attendait la naissance — éclate en un cantique évoquant la visite de l’ange et l’Evangile. Zacharie dit : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple et a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, son serviteur » (Luc 1.68-69). Il ajoute ensuite : « Et toi, petit enfant (c’est-à-dire Jean)…, tu marcheras devant la face du Seigneur afin de donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés, grâce à la profonde miséricorde de notre Dieu en vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d’en haut, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix » (Luc 1.76-79).
Quel message&nnbsp;! Et tout découle de la visite de l’ange qui dévoila à Zacharie les intentions de Dieu à l’égard de Jean. Notons que l’ange n’a pas seulement annoncé la naissance de Jean ; il a encore précisé qu’il serait le précurseur du Messie et apporterait à ses compatriotes israélites la connaissance du salut et du pardon des péchés.
L’annonciation faite à Marie qu’elle serait la mère de Jésus n’a pas été confiée à un ange ordinaire. Gabriel — l’un des trois anges dont le nom est cité dans l’Ecriture — fut chargé de cette mission. Ce message était l’Evangile. C’est vrai des paroles adressées par Gabriel à Marie et de celles que Marie prononça quand, se sachant enceinte, elle attend la naissance de son fils. L’ange dit que Jésus sera Fils du Très-Haut, héritier du trône de son ancêtre David, et régnera pour toujours sur la maison de Jacob, son royaume étant éternel. Cette promesse est différente de toutes les autres que rapporte la Bible. Ce ne fut pas promis à Abraham ou à David ou à Salomon. Pourtant le nom de Jésus (qui signifie il sauve) se rapporte à ces promesses qui annonçaient un salut personnel et national.
Quand Marie fut enceinte, elle rendit visite à Elisabeth et composa, à cette occasion, un des poèmes les plus beaux de notre littérature. Elle montre à l’évidence qu’elle a compris le sens du message de l’ange. C’est une promesse de salut et de pardon des péchés : « Mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur » (Luc 1.47). Il est donc vrai que Marie elle-même a besoin d’un sauveur ; elle l’a trouvé. Le bébé encore emprisonné en son sein doit s’offrir un jour en sacrifice d’expiation pour elle et les hommes. Ce bébé est le Dieu tout-puissant s’humiliant lui-même au point de devenir chair parmi nous.
En vérité, elle proclame la miséricorde de Dieu qui « s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». N’est-ce pas l’Evangile ? La bonne nouvelle annonçant que Dieu par le Christ réconcilie le monde avec lui-même ? Ce fut le message de Gabriel à Marie. Il ne pouvait le prêcher lui-même, mais il put rendre témoignage de l’Evangile prêché plus tard par Jésus-Christ et par ses disciples jusqu’à la fin du monde.
Joseph, époux de Marie, se trouva placé dans une situation désastreuse. Il était légalement fiancé à une jeune fille enceinte. Il savait ne pas être le père pour n’avoir pas consommé l’acte conjugal avec elle. Marie, d’après la loi juive, était apparemment coupable d’adultère, à moins que le fiancé n’admette son histoire : elle n’avait eu aucune relation sexuelle avec un homme et le Saint-Esprit était venu sur elle. Joseph, innocent dans cette affaire, pensait sérieusement à rompre ses engagements avec Marie, selon la coutume du temps. Pendant qu’il « réfléchissait à cela » (Matthieu 1.20), nous dit la Bible, un ange lui apparut en songe et lui dit l’histoire véritable de l’incarnation et le rôle de Marie. Joseph crut les paroles de l’ange. Ces paroles contenaient autre chose que l’affirmation de l’innocence totale de Marie et du choix de Joseph comme protecteur de l’enfant et de la mère.
L’ange confirma le rapport de la naissance de cet enfant avec l’Evangile : « Il sauvera le peuple de ses péchés » (Matthieu 1.21). L’ange ne pouvait pas prêcher à Joseph, mais il lui montra la vérité fondamentale. C’est l’Evangile dans sa beauté, sa simplicité et sa pureté. D’après le témoignage de l’ange, les péchés peuvent donc être pardonnés ! Quelqu’un peut pardonner. C’est Jésus-Christ. Le Sauveur a souci de son peuple et veut effacer ses péchés. Dans ce mystère de l’incarnation, nous ne devons pas sous-estimer ce témoignage de l’ange à l’Evangile. Jésus n’est pas seulement incarné en qualité de Dieu : il est venu pour être le Rédempteur et le Sauveur, pour réconcilier les hommes avec son Père et leur donner la vie éternelle.
Longtemps avant l’époque de Zacharie, d’Elisabeth, de Marie, de Joseph ou de Jean-Baptiste, l’ange Gabriel avait déjà proclamé le message de l’Evangile au prophète Daniel. Il l’a fait en lui dévoilant la prophétie des « soixante-dix semaines ». Un jour que Daniel était plongé dans la prière, confessant ses fautes et celles de son peuple, Gabriel lui apparut. Notons encore le fait que Gabriel ne prêche pas le salut : il lui rend un vibrant témoignage. Il annonce que soixante-dix semaines ont été fixées « pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l’iniquité et amener la justice éternelle » (Daniel 9.24). Il prédit que le Messie doit alors être « retranché », et rejoint ainsi le chapitre 53 d’Esaïe qui dépeint si dramatiquement la mort du Messie.
Les juifs ont eu du mal à saisir la notion d’un Messie souffrant, ils le voyaient plutôt victorieux, dans la puissance et la gloire, établissant un royaume triomphal. Mais Gabriel dit à Daniel que le péché est une réalité entraînant de graves conséquences. Le prix du péché sera la mort du Messie retranché : il mourra pour le péché des hommes. Alors le péché ne pourra plus séparer l’homme de Dieu, puisque la réconciliation aura lieu. Si Gabriel ne peut pas prêcher, il peut en tout cas prophétiser. Combien sont magnifiques ces prophéties de l’Ancien Testament dont l’accomplissement se trouve dans le Nouveau Testament ! Combien Dieu est bon d’envoyer ses anges pour expliquer aux hommes de tous les siècles que leur mission principale est d’être les témoins de l’Evangile !
N’est-il pas mystérieux de voir que Dieu annonce la naissance de Jésus à des gens très ordinaires plutôt qu’à des princes et à des rois ? En cette occasion, Dieu parle par ses anges à des bergers qui faisaient paître leurs moutons dans les champs. C’était une humble profession, et les bergers ne brillaient pas par leur instruction. Mais Marie, dans son cantique, le Magnificat, avait vu juste : « Il a renversé les puissants de leur trône. Il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés et il a renvoyé les riches à vide » (Luc 1.52, 53). Quelle leçon pour les gens de notre temps !
Les anges avaient un beau message à communiquer aux bergers. D’abord ils leur ont dit de ne pas avoir peur. Le plus souvent, la présence des anges épouvante ceux qui les voient. Mais, sauf s’ils exercent la sentence du jugement, les anges apportent des paroles de paix et d’assurance. Ils calment les gens qu’ils visitent. L’histoire des bergers nous montre que l’apparition d’un ange est effrayante, il fait peur. Les anges représentent tant de grandeur que leur présence fait naître en nous des frissons. Après avoir calmé les craintes des bergers, l’ange leur apporte un message pour toujours lié à la proclamation de l’Evangile : « Voici : je vous apporte une bonne nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie. C’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2.10, 11).
Je pourrais prêcher une douzaine de sermons sur ces deux textes tellement ils contiennent de grandes vérités théologiques. Mais rappelons-nous que les anges ne prêchent pas l’Evangile. Ils en sont plutôt les témoins et montrent l’intérêt considérable qu’ils y portent.
Que disent les anges ? Ils apportent une bonne nouvelle — et non pas une mauvaise. Les bergers connaissaient fort bien les mauvaises : l’humanité a péché et est perdue. Mais l’ange vient leur dire que Dieu s’occupe du problème de leur perdition. Il leur montre que ces bonnes nouvelles ne sont pas seulement pour les gens d’une nation, mais pour le monde entier. Isaïe a dit : « Il se nomme Dieu de toute la terre » (Isaïe 54.5). Et Jonas apprit la même vérité quand Dieu l’envoya prêcher la repentance aux habitants de Ninive. L’ange dit aux bergers que ces bonnes nouvelles sont pour tout le peuple et pour tous les peuples.
La bonne nouvelle, la voici : un Sauveur est venu. Les hommes ont besoin, désespérément, d’être de nouveau en communion avec Dieu, puisque le sang des taureaux et des boucs offerts en sacrifice ne peut pas le faire, de façon permanente. Seul le sang du Sauveur peut le faire. Les anges proclament que Dieu est venu : la rédemption est possible, le Seigneur a visité son peuple pour lui apporter le salut. Quel témoignage magnifique de l’Evangile ! Et cette bonne nouvelle est confirmée par « la multitude de l’armée céleste » qui accompagne l’ange et chante en conclusion : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bienveillance envers les hommes. » Connaissez-vous un cantique plus beau ? Aucun poète ne pourrait surpasser ces paroles.
Dans le livre des Actes nous trouvons deux « études de cas » nous montrant comment les anges font en sorte que les incroyants entendent l’Evangile, y répondent et soient sauvés. Nous y voyons de nouveau le souci que prennent les anges de l’Evangile, et leur action pour le faire connaître.
Le premier cas est celui du ministre éthiopien, qui était un personnage considérable. En lisant le texte de l’Ancien Testament, il en vint à un chapitre d’Esaïe. Incapable de comprendre le sens des paroles qu’il lisait, il sentit le besoin d’un interprète de l’Ecriture. Un ange eut connaissance de la situation, mais il ne pouvait et ne devait pas remplir cet office auprès de l’Ethiopien. Il ne pouvait pas lui prêcher l’Evangile. Mais il avait le moyen de secourir le ministre en lui envoyant une personne capable de le faire.
Ainsi la Bible nous dit que l’ange parla à Philippe et lui donna des instructions précises : « Lève-toi, et va du côté du midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, celui qui est désert » (Actes 8.26). Philippe obéit à l’ange et trouva sur la route un homme sur un char, dont il s’approcha. Puis il expliqua le texte à l’Ethiopien et lui parla du salut par la foi en Jésus-Christ. Après avoir baptisé l’Ethiopien, Philippe fut enlevé par le Saint- Esprit, et le nouveau chrétien poursuivit, tout joyeux, sa route. Si l’ange ne s’était pas soucié de l’Evangile, il n’aurait pas envoyé Philippe le prêcher à cet homme en quête.
Le second cas est celui de la conversion de Corneille, grâce au ministère de l’apôtre Pierre. Ici la situation est inverse. Pour l’Ethiopien, l’ange dit à Philippe ce qu’il faut faire pour qu’il soit sauvé. Ici l’ange ne s’adresse pas à Pierre, mais plutôt à Corneille pour lui dire de faire chercher Pierre, qui peut lui annoncer l’Evangile et comment être sauvé. N’aurait-il pas été plus simple pour l’ange de prêcher lui-même l’Evangile à Corneille, au lieu de lui dire de faire venir Pierre ? Surtout que Pierre était un témoin plutôt réticent. Il pensait, en effet, que prêcher l’Evangile du salut à des non-juifs était une faute. Corneille, quant à lui, obéit à l’ange et fait chercher Pierre. Alors Dieu apparaît à l’apôtre dans un songe et lui démontre qu’il est bon de rendre témoignage à un non-juif. Pierre obéit et se rend chez Corneille, qui est merveilleusement sauvé. Tout cela fut le fruit du ministère de l’ange tellement concerné par l’Evangile et par le salut du centurion romain.
Une autre histoire, légèrement différente, se trouve encore dans les Actes des apôtres et mérite notre attention. Il s’agit de Paul se rendant à Rome. Son bateau fait naufrage en route : tout semblait indiquer qu’il périrait corps et biens. Un ange apparut à Paul pendant la nuit. Il lui promit qu’équipage et passagers auraient tous la vie sauve, et il ajouta une parole montrant lumineusement le souci des anges de voir les hommes sauvés et l’Evangile prêché aux incroyants : « Paul, ne crains pas : car tu dois comparaître devant César » (Actes 27.24). Nous voyons encore ici le même principe. L’ange ne pouvait pas rendre témoignage à César, mais Paul en était capable. Et Dieu, dans sa Providence, envoya Paul à Rome pour accomplir cette mission. Si Paul n’était pas tout à fait conscient de la volonté de Dieu à son égard auparavant, il la connaissait désormais avec certitude. Dieu voulait que César entende l’Evangile. Et en apportant le message l’ange lui-même montre tout son intérêt pour la proclamation de l’Evangile.
Le résumé de tout le message de l’évangélisation se trouve dans la proclamation dont je viens de parler : « Il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. » L’évangélisation du monde est confiée à des hommes et à des femmes utilisés par le Saint-Esprit. Mais, partout et chaque fois que nous voyons l’Evangile opérer des transformations, il est probable que, d’une façon ou de l’autre, des anges sont intervenus. Nous ne comprendrons sans doute pas le fond de ce mystère avant d’être arrivés au ciel.
Il n’est pas raisonnable de se demander : « Quel son a la voix des anges ? » ou : « Qu’’ont-ils dit exactement ? » Les anges semblent transmettre leur message en un langage châtié. Très souvent leur communication est urgente, ce qui est compréhensible pour une directive de Dieu. M. Miller dit que la plupart des ordres angéliques pourraient être exprimés par : « Dépêche-toi ! » Ils ont souvent précisément dit : « Lève-toi. » A Pierre par exemple, à Gédéon, à Joseph et à Philippe.
De la même manière, il appartient à tout évangéliste d’insister sur l’urgence de l’Evangile. Nous n’avons pas de temps à perdre, et tout moment perdu l’est à jamais. Si nous négligeons une occasion d’être témoin du Christ, il ne s’en représentera peut-être pas une seconde.
Un incident qui s’est produit au moment du naufrage du Titanic illustre cette vérité. Le plus grand navire de l’époque, le Titanic, jaugeait 46 000 tonnes et était considéré comme insubmersible. Dans la nuit du 14 avril 1912, alors qu’il filait à vingt-deux nœuds, il heurta un iceberg. Il n’y avait des gilets de sauvetage que pour la moitié des passagers, si bien que 1513 personnes se noyèrent.
Un des passagers était un pasteur, John Harper, qui devait prêcher à Chicago, dans la grande église de Moody. S’efforçant de surnager dans l’océan, il dériva vers un jeune homme cramponné à une planche. Harper lui demanda : « Jeune homme, êtes-vous sauvé ? » Le naufragé répondit : «&nbs;Non ! » Une lame les sépara. Après un moment, ils furent de nouveau rapprochés, à portée de voix, et Harper l’interpella encore : « Avez-vous fait la paix avec Dieu ? » Le jeune homme répondit « Pas encore ! » Une lame recouvrit alors John Harper, qui disparut, mais sa question : « Etes-vous sauvé ? » continua à retentir dans l’oreille du garçon.
Deux semaines plus tard, lors d’une réunion d’évangélisation pour la jeunesse, à New York, un jeune homme se leva et raconta cette histoire en ajoutant : « Je suis le dernier converti par John Harper ! »