Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.
Nous avons constaté l’existence d’un principe mauvais qui démolit l’homme naturel. Il fausse notre raisonnement, étouffe notre conscience et paralyse notre volonté.
Dieu est un Dieu saint et juste, qui ne peut tolérer le péché. Le péché sépare de Dieu. Il attire la colère de Dieu sur l’âme humaine. L’homme à perdu son sens moral, intellectuel et spirituel de Dieu, parce qu’il a perdu Dieu. Il ne trouvera pas Dieu avant de trouver le chemin qui ramène à lui.
Le chemin pour retourner à Dieu n’est pas le chemin de l’intellectualisme, ni celui de la morale. Ce n’est pas par la pensée qu’on retourne à Dieu ; parce que la pensée humaine est en désaccord avec la pensée divine ; car l’esprit charnel est inimitié contre Dieu. Vous ne pouvez retourner à Dieu par l’adoration, parce que l’homme est spirituellement rebelle à la présence de Dieu. Vous ne pouvez retourner à Dieu par la morale, parce que le caractère de l’homme est corrompu par le péché.
La question vient donc à notre esprit : « Que faut-il faire ? Par où dois-je commencer ? Quel est pour moi le moyen de retourner à Dieu ? » Il n’y a qu’un chemin pour revenir à Dieu. Jésus dit en effet : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Matthieu 18.3.) Il est frappant de constater que Jésus n’a pas dit aux petits enfants de devenir des disciples, mais qu’il a exhorté ses disciples à devenir comme de petits enfants. Tout le monde, du simple d’esprit à l’intellectuel, peut avoir une foi semblable à celle d’un enfant. Ainsi Jésus demande une conversion. C’est par là qu’il faut commencer ! C’est de là qu’il faut partir ! Vous devez vous convertir !
Beaucoup confondent la conversion avec l’observance de la loi. La loi de Moïse est énoncée en termes précis dans la Bible, et son but est très clair. Elle n’est pas une panacée destinée à guérir les maux dont souffre l’humanité, mais plutôt un diagnostic qui nous révèle son véritable état. Elle indique les raisons de notre misère, mais non le remède. La Bible dit : « Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. » (Romains 3.19.) La loi a révélé l’injustice de l’homme : « Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi. » (Romains 3.20.) Il est impossible d’être converti par l’obéissance à la loi, car « c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains 3.20). La loi est un miroir moral, elle est la jauge révélant à l’homme jusqu’où il est tombé. Elle condamne, mais ne convertit pas. Elle révèle le mal, mais elle ne transforme pas. Elle montre ce qui ne va pas, mais elle n’offre pas la grâce. Il n’y a pas de vie dans la loi ; il y a au contraire la mort, car elle annonce : « Tu mourras. » Elle met en évidence les turpitudes de la nature humaine.
Des quantités de gens prétendent que leur religion c’est le sermon sur la montagne. Mais l’homme ou la femme qui vivrait selon le sermon sur la montagne n’est pas encore né. La Bible dit que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23).
Examinez vos intentions cachées avant de décider si vous êtes au-dessus de tout reproche, et si vous vivez d’une manière telle que vous n’avez pas besoin de vous convertir. Regardez dans votre propre cœur, sans crainte et honnêtement, avant de prétendre que la conversion religieuse est bonne pour les autres gens, mais certainement superflue pour vous.
Alors que je prêchais à Hollywood, un groupe d’acteurs de cinéma me demanda de leur parler d’expériences religieuses. Après mon exposé, nous eûmes un moment de discussion, et la toute première question que me posèrent mes interlocuteurs fut : « Qu’est-ce que la conversion ? »
Quelque temps après, j’eus le privilège de m’adresser à un groupe de dirigeants politiques à Washington. Lorsque nous commençâmes à discuter, la première question fut de nouveau : « Qu’est-ce que la conversion ? »
Dans presque tous les collèges et les universités où j’ai animé des discussions, la même question m’était posée invariablement : « Qu’entendez-vous par ‘conversion’ ou ‘nouvelle naissance’ ? »
Cette nouvelle naissance se passe de bien des manières différentes. Elle peut se dérouler pendant un certain laps de temps ou être instantanée. Les chemins que les gens empruntent pour atteindre ce point de décision peuvent être très directs ou très détournés. Quel que soit le chemin parcouru, nous trouvons Christ à son extrémité pour nous accueillir. Et cette rencontre avec Christ, cette nouvelle naissance, est le début d’un chemin de vie nouveau, vécu sous sa direction. La vie peut être transformée, le mariage embelli spectaculairement, la société influencée bénéfiquement — tout cela grâce à cette force intérieure agissant dans ceux qui savent ce que c’est que d’être nés de nouveau.
Dans l’économie actuelle, nous entendons parler de voitures, d’affaires ou de méthodes « de la nouvelle génération » — mais ce n’est pas de cela qu’il est question ici. Le moyen le plus simple probablement d’expliquer ce que « naître de nouveau » signifie, est de dire que c’est naître dans la famille de Dieu.
Il y a probablement plus de réponses différentes à cette question qu’à toute autre du domaine religieux. Qu’est-ce que la conversion ? Que comporte-t-elle ? Comment s’accomplit-elle ? Quels sont ses effets ? Pourquoi faut-il être converti pour aller au Ciel ?
L’idée de conversion n’est pourtant pas extraordinaire dans notre société. Tout bon vendeur sait qu’il doit convertir la clientèle à son produit particulier ou à sa manière de penser. Le chef de publicité doit convertir les acheteurs d’une marque à une autre. Des hommes politiques se convertissent lorsqu’ils abandonnent leur doctrine pour en adopter une autre. Durant la dernière guerre, nous avons vu des industries sous le régime de l’économie de paix être converties en industries de guerre, et dans nos maisons beaucoup de chauffages au mazout furent convertis en chauffages à charbon. Puis plus récemment reconvertis du charbon au gaz. Nous parlons aussi de convertir notre argent en monnaies étrangères.
En fait, se convertir signifie : se retourner, changer d’opinion, faire demi-tour ou revenir. Dans le domaine religieux, ce terme a été expliqué de diverses manières : « se repentir », « être régénéré », « recevoir la grâce », « faire une expérience religieuse », « obtenir l’assurance du salut ».
William James, dans ses Variations de l’Expérience religieuse, dit que « le moi jusqu’alors divisé et consciemment mauvais, inférieur et malheureux, devient uni et consciemment net, supérieur et heureux, lorsqu’il s’appuie sur les réalités religieuses ».
Pour exprimer la chose plus simplement, je pense pouvoir dire que la conversion, c’est l’acte humain par lequel un homme exprime son désir de changer le cours de sa vie, de se tourner vers Dieu, et de vivre en harmonie avec sa loi. En d’autres termes, un homme entend l’appel de Dieu ; il s’arrête et écoute, et, pour la première fois peut-être, il jette sur lui-même et sur sa vie un regard tel qu’il se sent étranger à lui-même. Il voit son indigence et son indignité et il éprouve le besoin de venir à la source de la vérité et de l’inspiration.
Je me rappelle un ivrogne invétéré, venu à la réunion d’ouverture d’une campagne d’évangélisation, et qui me dit : « Monsieur Graham, je doute qu’il y ait un mot de vrai dans ce que vous dites, mais je vais mettre votre Christ à l’épreuve, et s’Il accomplit tant soit peu de ce que vous dites, je reviendrai et je signerai pour la vie ! »
Quelques semaines plus tard, il me dit qu’il ne comprenait pas bien pourquoi, chaque fois qu’il commençait à boire, il lui semblait que quelque chose ou quelqu’un l’arrêtait. Christ lui avait donné la victoire. Il retourna dans sa famille, où il vit maintenant pour Christ. En d’autres termes, il fit demi-tour, changea de direction et de manière de penser — il s’était converti !
La conversion peut revêtir des formes différentes. La manière dont elle s’accomplit dépend beaucoup de l’individu — de son tempérament, de son émotivité, de son entourage, de son état antérieur et de son genre de vie.
La conversion peut se produire à la suite d’une grande crise dans la vie ; après que toutes les valeurs anciennes ont été rejetées ; quand une grande déception survient ; quand on perd l’assurance personnelle due aux biens matériels ou que l’on se trouve privé de l’objet de son affection. Un homme ou une femme dont tous les efforts ont tendu vers un avantage financier, vers une amélioration économique ou un prestige social, ou qui a concentré toute son affection sur une seule personne, éprouve une sensation de vide terrible lorsque disparaît ce qui donnait un sens à sa vie.
Dans ces moments tragiques, alors que l’individu se sent dépouillé de toute joie de vivre, quand l’être aimé est au-delà de tout rappel, il ressent l’horreur de sa solitude. Alors le Saint-Esprit peut faire tomber le bandeau qui recouvre ses yeux et permettre que, pour la première fois, il voie clair et reconnaisse que Dieu est la seule source de puissance réelle, d’intarissable amour et de communion constante.
Ou, au contraire, la conversion peut avoir lieu à l’apogée de la puissance et de la prospérité personnelle — quand tout va bien et que la miséricorde abondante de Dieu s’est répandue généreusement sur vous. La grande bonté de Dieu peut vous amener à reconnaître que vous lui devez tout, et vous conduire ainsi à la repentance.
La conversion, à de tels moments, peut être aussi soudaine et dramatique que la conversion de Paul sur le chemin de Damas.
La conversion n’est pas toujours soudaine, semblable à un éclair illuminant l’âme. Il n’y à pas toujours une crise morale. Souvent elle ne s’accomplit qu’après un long et pénible conflit intérieur. Pour bien des gens, cet événement se produit au point culminant d’une longue période de compréhension graduelle de leurs besoins et après avoir reçu la révélation du plan du salut. Cette longue évolution intérieure aboutit à l’acceptation consciente de Christ comme Sauveur personnel et à l’abandon de sa propre vie.
Dans son autobiographie spirituelle, C.S. Lewis décrit l’expérience de sa conversion :
Vous pouvez m’imaginer, seul dans une chambre de Magdalen, sentant nuit après nuit, chaque fois que mon esprit s’échappait de mon travail, ne fût-ce que pour une seconde, l’approche implacable et ferme de Celui que sincèrement je n’avais pas envie de rencontrer. Ce que je craignais tant me tombait enfin dessus. Et là, en 1929, je cédai, j’admis que Dieu était Dieu, je m’agenouillai et priai. Je fus probablement, ce soir-là, le converti le plus récalcitrant et le plus déprimé de toute l’Angleterre. Je ne vis pas alors la chose la plus évidente et la plus lumineuse : l’humilité divine qui accepte un converti même dans de telles conditions. Le fils prodigue au moins est retourné à la maison à pied. Qui peut adorer comme il se doit cet Amour qui ouvre ses portes à un fils prodigue qui se débat, qui lutte, qui résiste et qui cherche du regard toute possibilité de s’échapper ? L’expression : compelle intrare, « contrains-les à entrer », a été si mal employée que nous avons de la peine à l’accepter ; mais, utilisée correctement, elle sonde la profondeur de la miséricorde divine. La dureté de Dieu est plus bienveillante que la douceur humaine, et sa contrainte est notre libération1.
1 Tiré de Surprised by Joy : The Shape of My Early Life, copyright 1966 by Harcourt, Brace, Jovanovich, pp. 228-229.
Nous pouvons donc dire que la conversion peut être un événement instantané, une crise dans laquelle la personne reçoit une claire révélation de l’amour de Dieu ; ou elle peut être une révélation graduelle, avec un moment crucial, où l’âme franchit la frontière entre les ténèbres et la lumière, entre la mort et la vie éternelle.
Mais cela ne se passe pas toujours de cette manière. Ma femme, par exemple, ne peut se rappeler ni le jour ni l’heure exacts auxquels elle est devenue chrétienne, mais elle est sûre qu’il y eut un moment dans sa vie où elle a franchi la ligne. Beaucoup de jeunes gens, élevés dans des familles pieuses et qui ont eu une éducation chrétienne, ignorent quand ils ont donné leur vie à Christ. Quelqu’un a dit que l’on ne sait pas exactement à quel moment le soleil se lève — mais nous savons pourtant avec certitude qu’il est là. D’autres se rappellent clairement le jour où ils firent leur confession de foi publique. Les récits de conversions du Nouveau Testament indiquent que la plupart d’entre elles furent soudaines et dramatiques.
Pendant longtemps, la psychologie ne s’occupa guère de la question de la conversion et des expériences religieuses, mais, ces cinquante dernières années, des psychologues ont fait à ce sujet de nombreuses études. Elles montrent que la conversion n’est pas une expérience chrétienne seulement, mais qu’on la trouve également dans d’autres religions. Ce n’est pas non plus un phénomène nécessairement religieux, mais il peut aussi se produire dans des cercles profanes. On a admis trois étapes dans la conversion. Tout d’abord, un sentiment d’hésitation et d’inquiétude ; ensuite, une tension qui aboutit à un tournant, et, enfin, une détente exprimée par le repos et la joie.
Dans un article intitulé « Pourquoi il est bon d’avoir des remords » (29 novembre 1983), le New York Times écrit : « La culpabilité, le sentiment d’angoisse qui nous saisit quand nous avons failli à nos propres aspirations est le gardien de notre bonté. Elle est nécessaire au développement de la conscience chez les enfants et elle évite un comportement antisocial. Dans la petite enfance, la bonne conduite est encouragée principalement par les parents, qui créent la peur de la punition en cas d’infraction au code de bonne conduite. Mais en grandissant les enfants intériorisent un « sur-moi » — une forme d’image du père — qui devient un modèle de conduite correcte… Et quand ils deviendront adultes les gens chercheront à se punir s’ils trahissent ce modèle. Le Dr Gaylin voit dans le manque de modèle ou de figure parentale une des causes de l’attitude antisociale dépourvue de culpabilité si courante chez les jeunes d’aujourd’hui. » C’est ce sentiment de culpabilité qui crée l’aspiration à quelque chose de meilleur et qui se trouve uniquement dans une relation juste avec le Christ.
Les psychologues disent qu’il y à deux sortes de conversions : l’une accompagnée d’un violent sentiment de péché, et l’autre d’un sentiment d’imperfection, de lutte pour une vie épanouie et du désir de connaissance spirituelle.
La valeur des études psychologiques sur la conversion a été sous-estimée. Il ne faut pas les ignorer. Les psychologues ont apporté des lumières réelles, mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la conversion biblique comme une expérience surnaturelle.
En fait, la conversion selon la Bible a trois aspects : deux actifs et un passif. Ces deux caractères actifs sont la repentance et la foi. La repentance est le point de départ ; c’est le regret, l’abandon de l’ancienne vie. La foi, c’est le côté positif, le demi-tour vers Dieu. Le troisième aspect, passif, de la conversion, c’est ce qu’on appelle généralement la « nouvelle naissance » ou la « régénération. »
Pour aller au Ciel, Jésus vous dit que vous devez vous convertir. Ce n’est pas moi qui le dis — c’est Jésus. Ce n’est pas opinion d’un homme — mais celle de Dieu. Jésus dit : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Matthieu 18.3.)
La vraie conversion engage l’esprit, le cœur et la volonté. Des milliers de gens se sont convertis intellectuellement à Christ. Ils croient à la Bible tout entière ; ils croient ce qu’elle enseigne sur Jésus, mais sans avoir jamais été vraiment convertis à Jésus-Christ. La Bible dit : « Les démons le croient aussi, et ils tremblent. » (Jacques 2.19.)
Dans l’Evangile de Jean, il nous est dit que des centaines de gens suivaient Jésus au début de son ministère terrestre. Beaucoup d’entre eux crurent en lui. Mais Jésus ne se fiait pas à eux, car Il connaissait le cœur de tous (Jean 2.23-24). Pourquoi Jésus ne se fiait-il pas à eux ? Parce qu’Il savait qu’ils croyaient de la tête et non du cœur.
Il existe une immense différence entre une croyance intellectuelle et une conversion véritable qui sauve l’âme. Cette dernière implique en vérité un changement dans votre manière de penser et dans votre attitude à l’égard de Jésus.
Des milliers de gens ont fait une certaine expérience émotive qu’ils appellent conversion, mais ils n’ont jamais été réellement convertis à Christ. Christ demande un changement dans votre manière de vivre, et si votre vie n’est pas conforme à votre expérience, vous avez tout lieu de douter de cette expérience. Quand vous viendrez à Christ, vous commencerez à haïr le péché et à aimer la justice. Vos affections subiront un changement révolutionnaire. Votre dévouement pour lui n’aura pas de bornes ; votre amour pour lui sera indescriptible.
Mais même si vous acceptez Christ intellectuellement, et que vous ayez eu une expérience émotive — cela n’est pas suffisant encore. Il doit y avoir une conversion de la volonté ! Il faut que vous soyez déterminé à obéir à Christ et à le suivre. Votre volonté doit être soumise à celle de Dieu. Le moi doit être cloué à la croix. Votre désir le plus ardent sera de plaire à Christ.
A la conversion, alors que vous êtes au pied de la croix, le Saint-Esprit vous fait comprendre que vous êtes un pécheur. Il dirige votre foi vers Christ qui mourut à votre place. Vous devez ouvrir votre cœur et le laisser entrer. A ce moment précis, le Saint-Esprit accomplit le miracle de la nouvelle naissance. Vous devenez réellement une nouvelle créature morale, et la nature divine vous pénètre. Vous devenez participant de la vie de Dieu. Jésus-Christ, par le Saint-Esprit, vient habiter dans votre cœur.
La conversion est si simple qu’un petit enfant peut se convertir, mais elle est également si profonde que les théologiens de tous les temps ont cherché à en pénétrer le mystère. Dieu a rendu le chemin du salut si simple que « ceux qui le suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer » (Esaïe 35.8). Personne ne sera privé du royaume de Dieu parce qu’il n’aura pas eu la capacité de comprendre. Le riche et le pauvre, le savant et le simple — tous peuvent se convertir !
En résumé, la conversion signifie simplement : « un changement ». Lorsqu’une personne se convertit, elle continue peut-être à aimer les mêmes choses qu’avant, mais les raisons pour lesquelles elle les aime ont changé. Dans d’autres cas, elle doit abandonner ce qu’elle aimait auparavant. Elle peut même se détacher de ses anciens amis, non pas qu’elle les méprise, car beaucoup d’entre eux sont convenables et aimables, mais parce qu’elle est désormais attirée par les chrétiens de même sentiment qu’elle.
La personne convertie se mettra à aimer le bien qu’elle haïssait autrefois et à haïr le péché qu’elle aimait. Il y a surtout un changement de sentiment envers Dieu. Celui qui a été insouciant à l’égard de Dieu, et celui qui vivait dans une crainte, une terreur et un antagonisme perpétuels envers Dieu, éprouvent désormais envers lui des sentiments de respect, de confiance, d’obéissance et d’amour sans borne. Sa crainte de Dieu est celle d’une créature soumise, sa gratitude à son égard est constante ; il dépend de lui et sa fidélité envers lui est totale, Là où il n’y avait que satisfaction de la chair, recherches intellectuelles ou poursuites de l’argent, la droiture, la sainteté du cœur, le désir de vivre une vie vraiment chrétienne ont maintenant la prédominance. La seule chose qui compte c’est de plaire à Christ. En d’autres termes, la conversion signifie un changement total dans la vie de l’individu.
Je me souviens d’une jeune employée de New York qui partit à Los Angeles, pour se marier. Elle avait fait la connaissance d’un jeune homme alors qu’ils travaillaient tous deux dans une grande entreprise de publicité new yorkaise, et leur idylle naquit dans un décor de cocktails et de boîtes de nuit. Plein d’ambition, et certain de réussir, le jeune homme se fit transférer à la succursale californienne, décidant que la jeune fille le suivrait six mois après, et qu’ils se marieraient.
Une semaine après son arrivée à Los Angeles, où elle espérait vivre une vie très heureuse, elle découvrit que le jeune homme était tombé amoureux d’une jeune actrice de cinéma, et qu’il n’avait pas eu le courage de le lui écrire avant qu’elle quitte New York.
Elle en était là, seule dans une ville où elle ne connaissait personne, tous ses plans détruits, sa fierté blessée, et l’avenir sombre et vide devant elle. Sa famille n’était pas religieuse et, dans cette heure extrême de détresse, elle ne savait où chercher consolation et conseils.
Alors qu’elle se promenait dans des rues inconnues, essayant de surmonter sa désillusion et son humiliation, elle arriva à la grande tente où nous avions une campagne d’évangélisation. Elle nous a dit plus tard qu’elle ne savait pas pourquoi elle y était entrée, mais elle s’assit, désolée, et resta jusqu’à la fin. Le lendemain elle revint, puis tous les soirs de la semaine, jusqu’à ce que, au travers du nuage d’amertume et de douleur qui l’enveloppait, elle entendit la voix de Dieu et s’avançât pour accepter le salut.
Lorsque son sentiment de culpabilité et d’abandon lui fut enlevé par la foi dans le Seigneur Jésus-Christ, elle comprit que son amour perdu n’avait été qu’un tremplin vers un amour plus grand, plus riche. Le sentiment d’humiliation qui l’empêchait de reprendre son ancien travail à New York disparut et, au lieu de trouver la vie vide de sens, elle lui parut plus que jamais digne d’être vécue. Seulement, au lieu de gâcher ses facultés et ses capacités d’organisation dans des cercles mondains, elle devint très active, marchant avec Dieu et servant les autres.
L’imagination qu’elle déployait auparavant pour amuser ses camarades de travail sert désormais à rendre vivantes les histoires bibliques pour les jeunes qui l’entourent. Sa formation professionnelle est maintenant employée à bon escient dans le service du Seigneur, et son pasteur dit que ses initiatives ont été inestimables pour l’accroissement de son auditoire. Loin d’être méprisée et rejetée, elle est constamment recherchée par les membres de l’Eglise. Mais, par-dessus tout, son sentiment de solitude s’est dissipé, car elle sait désormais que Jésus-Christ est toujours avec elle, prêt à la consoler, à la guider et à la protéger. Tout cela est le résultat de sa conversion — elle a quitté la route déserte, vide et mondaine sur laquelle elle marchait si tristement — elle s’est convertie à son Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ! Elle a trouvé la paix avec Dieu !