Tran Thuyen était né au Vietnam. Il était contre toutes les religions, mais il haïssait particulièrement le christianisme, allié, selon lui, au colonialisme. Après la deuxième guerre mondiale, il vint en Europe. « Fin 1954, je tombai malade et je dus passer les deux années qui suivirent dans un sanatorium en Haute-Savoie. Deux années vécues dans le calme offrent largement le temps nécessaire à la réflexion et la méditation. Les vieilles questions classiques sur lesquelles les hommes s’interrogent depuis la création du monde : “D’où venons-nous ? Que faisons-nous ici-bas ? Où allons-nous ?” commencèrent à assaillir mon esprit. Tant que ces questions resteraient sans réponse, ma vie, je le savais, serait une énigme et je ne pourrais trouver la paix ».
Il commençait à s’interroger sur l’existence d’un Dieu quand un évangéliste français vint lui rendre visite. Il avait bien envie de l’éconduire, mais sa politesse orientale l’en empêcha. En partant, cet évangéliste laissa à Tran un petit Nouveau Testament — qui fut rangé dans le tiroir pour ne plus être ressorti. Mais chaque fois qu’il ouvrait le tiroir, le petit livre lui fit signe, de sorte qu’un jour il commença à le feuilleter — par simple intérêt littéraire et culturel. L’infatigable évangéliste continuait à lui rendre visite et à discuter du christianisme avec lui. Puis Tran entreprit d’étudier tout ce Nouveau Testament. Il y découvrit la Personne de Jésus-Christ qui le fascina. Il se mit à lire toute la Bible où il découvrit un Dieu tellement différent de ceux que les religions enseignent et… la nécessité de la nouvelle naissance (Ez 36.26-28). 2 Co 5.17 devint une réalité dans sa vie : « Celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature : ce qui est ancien a disparu, voici : ce qui est nouveau est déjà là ». Il confirma ce changement le dimanche 10 mars 1957 en se faisant baptiser. Il choisit comme nom de baptême Taï Sinh qui veut dire en vietnamien : « né de nouveau ». Après cela, et dans la communion avec des frères et des sœurs en Christ, il découvrit que Jésus était aussi son Maître et qu’il devait conformer toute sa vie à ses directives. Il décida de se mettre à son service et, de diplomate qu’il était, il devint le responsable de l’Ecole Radio-biblique de Marseille.