Espoir pour le cœur troublé

11
Comment prier à travers la souffrance

Les gémissements qu’on ne peut exprimer par des paroles sont souvent des prières qui ne peuvent être refusées.
Charles Haddon Spurgeon

La prière embarrasse quelques-uns. Se courber dans un restaurant et rendre grâce, s’agenouiller dans un endroit où d’autres pourraient vous voir, sont des démonstrations de foi. Mais plusieurs les considèrent comme des manifestations de religiosité excessive. L’exemple des Musulmans, à cet égard, devrait nous être un défi.

Dans les temps durs, la prière n’est plus mal venue, mais exprimée ouvertement. Quand les Marines retournèrent au Camp Pendleton en Californie, après leur service dans la guerre du Golfe Persique, on rapporta qu’aussitôt que l’avion ouvrit ses portes, quinze des soldats en sortirent, formèrent un cercle et prièrent sans gêne.

La prière est pour tous les moments de notre vie, et non pas seulement pour les temps de souffrance ou de joie. La prière est un lieu, un lieu où vous rencontrez Dieu dans une conversation authentique.

Avez-vous déjà dit : “Eh bien, maintenant, il ne nous reste plus qu’à prier” ? Plutôt que de commencer par la prière, nous la réservons en dernier lieu quand toutes nos autres ressources sont épuisées. Quand nous arrivons à la fin de nos ressources, nous pouvons alors commencer avec Dieu. Il ne faut pas nous sentir embarrassés parce que nous sommes malhabiles. Dieu ne nous demande pas de prier dans un langage raffiné, ou même avec éloquence. Toute prière faite par un croyant aussi faible et maladroite soit-elle est entendue de Dieu. Un soupir, un cri, un “Au secours” sont des prières, selon les Psaumes.

Frank Laubach, mon vieil ami et grand missionnaire, dit : “La prière à son meilleur est un dialogue, et pour moi le plus important est d’écouter la réponse de Dieu.” “La politesse exige,” dit Edward Gloeggler, “qu’on s’arrête assez longtemps pour écouter”.

Beaucoup de gens ne prient que lorsqu’ils sont sous une grande pression ou un grave danger. J’ai déjà pris des avions dont un des moteurs s’est arrêté en vol ; croyez-moi, on pouvait voir prier les gens. J’ai parlé à des soldats qui m’ont dit qu’ils ne priaient jamais sauf sur le champ de bataille. Il semble y avoir un instinct dans l’homme qui le fait prier au moment du danger. Si nous devons dépendre de la prière pendant les temps durs, nous devrions vaquer à la prière avant que la crise ne frappe.

Amy Carmichael écrit : “Nous devons apprendre à prier davantage pour la victoire spirituelle que pour la protection contre des blessures, le secours au milieu des ravages, ou le repos. Cette victoire n’est pas la délivrance de quelque chose, mais la victoire dans l’épreuve, et ce, non pas de façon intermittente mais perpétuelle.”1

1 Amy Carmichael, Edges of His Ways (London : Christian Literature Crusade, 1955), 92.

Notre modèle pour la prière

Jésus est notre suprême modèle de dévotion à la prière. Il avait constamment une attitude de prière, et surtout en face de la souffrance. L’un des faits les plus remarquables des Ecritures est le temps que Jésus passait en prière. Il n’avait que trois années de ministère public, mais il n’était jamais trop pressé pour passer des heures en prière. Il priait avant chacune des tâches difficiles devant lui et avant chaque étape de son ministère. Aucun jour ne commençait ou ne se terminait sans qu’il soit en communication avec son Père.

Quand il fut arrêté au jardin de Gethsémané, il priait. Il avait amené ses disciples avec lui, et ressentant l’importance de ce qui allait se passer, il demanda à Pierre, à Jacques et à Jean de demeurer avec lui et de veiller. Il alla dans le jardin et tomba face contre terre, priant : “Mon Père, si c’est possible, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux” (Matthieu 26.39).

Nous prions au petit bonheur. La récitation de quelques versets mémorisés le matin et nous disons au revoir à Dieu pour le reste de la journée, jusqu’à ce que, assoupis de sommeil, nous formulions quelques requêtes de prière avant de dormir, comme si nous laissions à la réception de l’hôtel le message de nous faire réveiller le lendemain. Ce n’est pas l’exemple de prière que Jésus nous a laissé. Il priait longtemps et à plusieurs reprises. Il passa au moins une nuit entière en prière (Luc 6.12).

Il priait brièvement quand il était en public ; mais plus longtemps quand il était avec ses disciples; et toute la nuit quand il était seul. Aujourd’hui, beaucoup de gens dans le ministère ont tendance à renverser ce procédé.

Les Ecritures disent : “Priez sans cesse” (1 Thessaloniciens 5.17). Tous ceux qui suivent Jésus devraient s’approprier cette devise. Quelque sombre et désespérée que paraisse la situation, ne cessez jamais de prier. Il ne s’agit pas simplement de résoudre nos problèmes mais de jouir de la présence de Dieu et de sa force et de son amitié. La prière n’est donc pas seulement une action, elle est une manière de vivre.

Quand nous prions, demandons-nous que la volonté de Dieu ou la nôtre soit faite ? La prière doit être une partie intégrante de notre vie, pour qu’au moment de la crise nous ayons la force et la foi de prier dans le sens de sa volonté. Quelqu’un a dit qu’une prière puissante vaut mieux qu’une longue prière. Cependant, Martin Luther s’écria : “J’ai tellement à faire aujourd’hui que je devrai passer les trois premières heures en prière.”

Un ami qui se fait du souci

Il y a des années, un étudiant fut tué dans un accident lors de l’initiation des nouveaux dans une université du sud. John, le joueur-vedette de football de l’école, retournait à son dortoir le matin après la tragédie quand il vit trois athlètes confronter brutalement l’un des amis du défunt. Cet ami raconta plus tard ceci :

Je voulais me rendre à mes cours ce jour-là, et j’étais sur le point de m’effondrer en larmes sous les sarcasmes de mes camarades de classe. Je me sentais comme un garçon de dix ans entouré de grandes brutes du lycée. Je ne pense pas que ces gars se rendaient compte de ce qu’ils étaient en train de faire, mais ils m’avaient encerclé et ils n’allaient pas lâcher avant que je m’écroule. L’un dit qu’au moins, eux, ils n’avaient pas loupé leurs promesses ! Mon ami était mort, et ces types voulaient m’en faire porter le blâme.

Soudain, il y eut une main sur mon épaule. C’était John. Il se tint là pendant que je racontai toute l’histoire et fis face à leurs réactions négatives et méprisantes. John me serra l’épaule et me poussa gentiment loin d’eux.

Il me conduisit à travers le campus jusqu’à ma salle de classe. Bien que nous n’ayons pas de cours ensemble, il vint vérifier discrètement pendant la journée si tout allait bien pour moi. J’aurais peut-être pu m’en sortir sans son intervention, mais sa présence ne m’a pas seulement sorti d’embarras mais m’a aussi aidé à mieux comprendre le ministère chrétien pour les années à venir. John était là avec moi alors que tous semblaient contre moi.

Ne pas entrer en communion avec Jésus par la prière est plus triste qu’il l’aurait été pour ce jeune homme de refuser l’aide de John dans ce moment difficile. Comme cet étudiant, quand nous nous tournons vers Jésus, notre ami, dans une situation de crise, parfois notre vie s’en trouve transformée pour toujours. Au milieu de nos épreuves, il vient vérifier auprès de nous si tout va bien.

Comment prier

Jésus priait souvent seul, s’éloignant de toute distraction. Je vous recommande fortement de choisir un endroit, une pièce ou un coin de votre maison, de votre lieu de travail, ou dans votre cour ou jardin, où vous pouvez vous rencontrer avec Dieu seul à seul. Ça ne contredit pas l’exhortation “Priez sans cesse” (1 Thessaloniciens 5.17), mais plutôt la prolonge.

Jésus pria avec grande ferveur. A Gethsémané, dans l’intensité de sa prière, il tomba par terre et lutta avec Dieu jusqu’à ce que sa sueur devienne “des grumeaux de sang” (Luc 22.44). La force de ses prières s’accrut durant les moments d’extrême souffrance.

Quand nous voyons quelqu’un dans le besoin, prions. Quand nous savons que quelqu’un souffre, prions. Laissez savoir à quelqu’un que vous avez prié pour lui, et demandez à d’autres de prier pour vous.

Un missionnaire et sa famille furent forcés de camper sur une colline. Ils avaient de l’argent avec eux et avaient peur des voleurs qui rôdaient dans les parages. Après avoir prié, ils se couchèrent. Des mois plus tard, un homme blessé fut amené à l’hôpital de la mission. Il demanda au missionnaire s’il y avait des soldats qui le protégeaient pendant cette fameuse nuit. “Nous avions l’intention de vous voler”, dit-il, “mais nous étions effrayés par les vingt-sept soldats.”

Lorsque le missionnaire revint dans son pays, il relata l’incident, et un membre de son église dit : “Nous avons eu une réunion de prières ce soir-là, et j’ai compté les présences. Nous étions précisément vingt-sept.” La prière ne connaît aucune frontière. Elle peut survoler des océans et des continents et se traduire dans n’importe quelle langue.

Nous ne prions pas seulement pour notre souffrance mais aussi pour celle des autres. Il y a quelques années, l’écrivain et critique, Tom Wolfe, inventa l’expression “la génération du Moi”. Chaque génération a tendance à être égocentrique, puisque cela fait partie de la nature humaine. Un enfant dit : “C’est à moi.” Un adolescent se replie sur ses problèmes. L’adulte proclame : “Regardez-moi faire.” L’égoïsme fait partie de notre nature, mais la publicité et la psychologie populaire ont peut-être élevé cet égocentrisme à de nouvelles hauteurs. Jésus, lui, nous dit de ne pas seulement prier pour nous-mêmes, mais aussi “pour ceux qui nous persécutent” (Matthieu 5.44).

Nous devons intercéder pour nos ennemis, demandant à Dieu de les conduire à Christ et à cause de lui de leur pardonner. La persécution, qu’elle soit physique, sociale ou mentale, est l’une des pires souffrances, mais ceux qui en sont la cause doivent être l’objet de nos prières.

La fille et le gendre de Doug Sparks furent tués par un conducteur ivre au volant, et leur petit garçon fut si gravement blessé que son cerveau ne fonctionna plus jamais normalement. Un ami lui dit après l’accident : “Doug, ça va tourner à ton bien pour toi et ta famille.”

Sparks répondit furieux : “Oui, mais à quel prix ?”

Sparks dit : “Pendant plusieurs jours j’ai lutté avec le prix. J’étais en colère. Il n’y a rien de mal à être en colère quand quelque chose du genre vous frappe. Il vous faut simplement rester en contact avec Dieu et apprendre à surmonter votre colère.”

Dans un moment de prière, il sembla à Sparks que Dieu lui disait : “Doug, je sais combien il t’en coûte. Je sais le prix que tu paies. Mais je sais aussi le prix que j’ai payé.”

Sparks continua : “Durant les tragédies nous devons regarder à la croix ; le prix que Dieu a payé pour un monde qui souffre et se meurt. Immédiatement l’Esprit me témoigna que je devais aller voir le conducteur en question et lui pardonner.”2

2 Doug Sparks, Hope for the Hurting (Colorado Springs, Colo. : Navpress, 1990), 16, 17.

Il visita l’hôpital où le conducteur, un étranger entré clandestinement au pays, était couché attaché à son lit, le cou et le dos fracturés, mais aussi l’esprit qui était encore plus brisé, croyant que Dieu l’avait abandonné. Sparks lui partagea l’Evangile et lui dit : “Parce que Christ m’a aimé et m’a pardonné, je t’aime et te pardonne.” A ce moment, Sparks dit qu’il éprouva l’amour de Christ pour cet homme. L’amour humain normal n’aurait pas pu produire cette sorte de pardon pour un homme qui avait tué ce qu’il avait de plus cher au monde ; seule la prière du pardon pouvait accomplir un tel miracle.

Dans ses premières paroles sur la croix après qu’on lui eut entré les clous dans les mains et les pieds, Jésus dit : “Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font” (Luc 23.34). J’ai souvent pensé qu’à cause de sa prière nous verrons les hommes qui ont cloué Jésus en croix au ciel. Jésus n’a fait aucune prière qui n’ait été exaucée.

Les enseignants chrétiens au travers des âges ont recommandé l’importance de la prière dans la vie du croyant. Un homme sage dit : “Si les chrétiens passaient autant de temps à prier qu’à murmurer, ils n’auraient vite plus rien contre quoi murmurer.”

Quelqu’un a dit : “S’il y a des larmes au ciel, ce sera parce que nous aurons si peu prié.” Cameron Thompson dit : “Le ciel est plein de réponses que jamais personne ne s’est donné la peine de demander.”3

3 Ruth Bell Graham, Legacy of a Pack Rat (Nashville, Tenn. : Oliver-Nelson Books, 1989), 151.

La puissance de la prière

Peu d’entre nous ont appris à développer la puissance de la prière. Nous n’avons pas encore compris qu’un être humain a plus de puissance quand il prie que lorsqu’il opère les armes militaires les plus sophistiquées et puissantes. J’étais heureux d’entendre le général Schwarzkopf, dans une interview avec Barbara Walters après la Guerre du Golfe, dire qu’il avait prié pour les hommes qu’il avait sous son commandement.

La prière efficace est offerte dans la foi. D’un bout à l’autre de la Bible, nous voyons des gens dont les prières ont été exaucées, des gens qui ont changé le cours de l’histoire par la prière, des hommes qui ont prié avec ferveur et que Dieu a exaucés.

David a donné des exemples de prière puissante dans ses Psaumes à ceux qui traversent des temps difficiles.

Dans la détresse, dites : “Quand je t’appelle au secours, ô Dieu qui rétablit mon droit, réponds-moi. Déjà, quand j’étais opprimé, tu m’as rendu la liberté. Fais-moi la grâce d’écouter ma prière” (Psaume 4.2).

Quand vous avez besoin de pardon : “Oui, le Seigneur a entendu ma supplication, il a accueilli ma prière” (Psaume 6.10).

Quand vous avez besoin d’aide : “Seigneur mon Dieu, je t’ai appelé à l’aide et tu m’as guéri” (Psaume 30.3).

La prière est puissante, mais si nos prières n’ont aucun but particulier, n’ont aucun sens, et sont teintées de doute, elles n’auront que peu d’effet pour nous. La prière est plus qu’un souhait ; c’est la voix de la foi qui crie à Dieu. L’un de mes versets préférés est : “Cependant, si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui la donnera ; car Dieu donne à tous généreusement et avec bienveillance. Mais il faut qu’il demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable à une vague de la mer, que le vent soulève et pousse de tous côtés” (Jacques 1.5-6).

La Bible affirme : “La prière fervente de l’homme juste a une grande efficacité” (Jacques 5.16). Jésus déclare : “C’est pourquoi, je vous dis : Quand vous priez pour demander quelque chose, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera donné” (Marc 11.24). J’ai entendu plusieurs histoires de prières exaucées pour des êtres aimés qui sont à des kilomètres de distance. Une mère m’a parlé du moment où elle entendit clairement une de ses filles pleurer : “Maman, Maman !” au milieu de la nuit. Mais cette fille était mariée et voyageait à travers le monde avec son mari. Elle prit sa Bible à son chevet et s’en alla au salon prier. Elle avait le sentiment qu’il y avait urgence et que sa fille avait besoin d’aide. Elle pria Dieu pour qu’il lui montre ce qu’elle devait faire, et alors elle lut le psaume 91 plusieurs fois.

Quelques semaines plus tard, elle reçut une lettre de sa fille. Voici ce qui s’était passé. Sa fille était à Bornéo où elle attrapa la fièvre et tomba très malade. Son mari ne pouvait trouver un bon médecin, mais après quelque temps en trouva un qui les amena chez lui, où lui et sa bonne aidèrent la femme à recouvrer la santé. La lettre finissait ainsi : “Te souviens-tu quand j’étais petite et que je criais : ‘Maman’ et que tu accourais dans la chambre ? Cette nuit-là à Bornéo, pendant un accès de fièvre, j’ai crié : ‘Maman, Maman’… et alors j’ai pu t’entendre courir vers ma chambre.”4

4 Guideposts, Juillet 1990, 9.

Dieu quelquefois permet que nous souffrions pour que nous puissions prier pour d’autres. L’enseignement de la Bible, l’histoire de l’Eglise, et l’expérience chrétienne, tout confirme que la prière agit.

Priez, ne paniquez pas

Quand nous sommes sous la menace d’un péril, la tendance naturelle est à la panique. On pourrait raconter plusieurs histoires où par la puissance de la prière le calme finit par remplacer la peur.

Carole souffre d’une sclérose multiple, maladie du système nerveux central. Chacun offre des symptômes différents de cette maladie, certains plus graves que d’autres. Au travers des années, cette femme qui fut autrefois active et dynamique perdit peu à peu l’usage de ses muscles et fut confinée à la chaise roulante.

Son mari veilla à ce qu’elle soit bien située avant de partir pour le travail. Etant méthodique, il avait l’habitude de revenir à la maison à un certain moment de l’après-midi.

Un jour Carole essaya de se lever de sa chaise pour aller dans son lit et par malheur elle tomba la tête prise entre le mur et les roues de sa chaise. Prisonnière, elle ne pouvait atteindre le téléphone. Elle commença à prier pour du secours, sachant que plus elle restait longtemps sur le parquet dur et froid, plus il lui serait difficile de recouvrer la force de ses muscles. Il s’écoula peu de temps avant que la porte ne s’ouvrît pour laisser passer son mari qui l’appelait. Il arrivait beaucoup plus tôt que d’habitude.

“Il me semblait que quelqu’un me disait de rentrer à la maison,” raconta-t-il à sa femme en la déposant sur le lit.

Carole rétorqua : “Moi, je sais qui était ce Quelqu’un. J’ai prié pour du secours.”

Nos prières ne sont pas toujours exaucées aussi rapidement et de manière aussi précise que dans le cas de Carole. Si nous demeurons calmes, mettant notre confiance en Dieu et croyant que nous recevrons de lui la direction à suivre, nous trouverons tôt ou tard la solution à notre problème.

Le silence fécond

On connaît peut-être l’histoire de Robert Létourneau, un industriel, qui avait reçu du gouvernement une commande pour fabriquer une machine très compliquée qu’on utiliserait pour soulever des avions. Aucune machine de ce genre n’avait été inventée jusqu’à présent. Létourneau et ses ingénieurs n’arrivaient pas à dessiner un plan. Après quelque temps tout le monde commençait à devenir nerveux et tendu. Enfin, un mercredi soir, Létourneau déclara à son personnel qu’il n’allait pas travailler, mais qu’il assisterait à une réunion de prière. Les ingénieurs s’indignèrent, car ils avaient une échéance à respecter et leur patron les abandonnait.

“Mais,” dit-il, “j’ai aussi une échéance avec Dieu.” Il alla à la réunion, chanta les cantiques, et pria. Plus tard, en revenant chez lui, le plan de cette machine dans tous ses détails prit forme dans son esprit. Il avait besoin de temps avec Dieu et du silence fécond pour le faire venir à la surface.5

5 Norman Vincent Peale, How to Handle Tough Times (Pawling, N.Y. : Foundation for Christian Living, 1990), 28-29.

Parfois nous essayons si fort de résoudre nos problèmes de santé, d’enfants, d’affaires, ou d’avenir que nous nous agitons ou nous déprimons. “Arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu” (Psaume 46.11).

La prière, un lieu dans votre cœur

La prière est plus qu’une supplication, c’est un lieu où nous devons passer du temps si nous voulons apprendre sa puissance.

Un pasteur avait peu à peu perdu la foi. Dans un monde de grandes souffrances, il ne pouvait plus sentir la présence du Seigneur dans sa propre vie. Il ressentait de l’amertume parce qu’il avait consacré tant de temps à étudier et à chercher à comprendre Dieu. Maintenant il se sentait trahi et vide. Même ses prières semblaient rebondir contre une barrière invisible.

Il exprima ses angoisses à un vieil ami qu’il connaissait depuis son enfance. Il lui dit qu’il croyait savoir ce que Moïse aurait ressenti si le buisson ardent s’était soudain arrêté de brûler et était devenu un simple nuage de fumée. Il confia que pour lui il n’y avait plus de buisson ardent ou de sentiment de la présence de Dieu dans sa vie.

Son ami, un propriétaire de ranch, avoua que, lui aussi, avait souvent le même sentiment. “Mais tu sais, Jack,” continua-t-il, “j’ai compris il y a longtemps que le buisson ardent est toujours là, toujours brûlant. C’est que je ne passe plus beaucoup de temps dans le pâturage où il brûle.”

La prière est “ce coin de pâturage” où le buisson brûle. Si nous voulons avoir de la puissance dans notre prière, c’est là que nous devons passer du temps.

Que ta volonté soit faite

En vivant des problèmes et des épreuves, nous ne devons pas oublier que nos prières sont sujettes à sa volonté. Nous remettons le fardeau à Dieu. Sa volonté est toujours pour le mieux. La difficulté que la plupart de nous ont est de connaître la volonté de Dieu. En tant que croyants, nous ne pouvons trouver de vraie paix en dehors de la volonté de Dieu.

Dans notre monde informatisé, beaucoup de gens ont appris l’avantage d’utiliser ces formidables machines. L’ordinateur, cependant, n’a aucune valeur s’il n’est d’abord programmé. Lorsqu’il reçoit les données nécessaires, il peut accomplir plus de travail avec plus de précision que bien des gens. Le croyant a un potentiel énorme, mais ce potentiel ne peut être utilisé que lorsqu’il est programmé avec la Parole de Dieu.

J. Grant Howard dit :

“Dieu a donné à chaque croyant un manuel qui contient les règles de base et les principes de vie. En suivant ces règles, il demeure dans la volonté de Dieu. Quand il les enfreint volontairement, il sort de sa volonté. Donc je dois connaître les principes enseignés dans la Parole pour être en mesure de faire la volonté de Dieu.”6

6 J. Grant Howard, Knowing God’s Will and Doing It ! (Grand Rapids, Mich. : Zondervan, 1976), 29-30.

Les prières qui sont égocentriques, vindicatives, ou méchantes ne sont pas dans la volonté de Dieu. Cependant, nous pouvons être sûrs que Dieu est fidèle à sa parole et exauce toutes les prières sincères faites au nom du Seigneur Jésus-Christ. Sa réponse sera peut-être oui, ou peut-être non, ou peut-être “Attends”. Si c’est non ou “Attends”, nous ne pouvons pas dire que Dieu n’a pas répondu à notre prière ; ça veut simplement dire que la réponse est différente de celle que nous attendions.

Lorsque nous prions pour demander du secours ou la guérison, ou la délivrance d’une persécution, Dieu peut ne pas nous donner ce que nous demandons parce que sa bonne et sage volonté s’y oppose. Il répondra à nos prières à sa manière et il ne nous abandonnera pas au moment où nous avons besoin de lui.

Margaret Clarkson précisa : “Il n’est pas mal de prier pour des miracles. Ce qui est mal, c’est d’insister que notre propre volonté soit faite plutôt que celle de Dieu. Nous, nous n’exigeons peut-être pas des miracles du Dieu souverain. Malheureusement, de telles requêtes sont faites dans bien des milieux chrétiens aujourd’hui.”7

7 Margaret Clarkson, The Meaning of the Suffering (Grand Rapids, Mich. : Eerdmans, 1983), 98.

La vraie prière est une façon de vivre, non pas simplement une ressource en cas d’urgence. Prenez l’habitude de prier, et lorsque le besoin arrivera, vous serez bien préparés.

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant