Sheila Burnford a écrit un conte appelé L’Incroyable Randonnée, dont Walt Disney a tiré un film. C’est l’histoire de deux chiens et d’un chat, qui pour retrouver leur maître, parcoururent une distance de quatre cents kilomètres dans les déserts canadiens. Depuis des siècles, l’humanité, pour rechercher Dieu, effectue une randonnée incroyable, qui la conduit à chaque génération au travers de toutes les expériences imaginables.
Aux Indes, un jeune homme s’approcha une fois d’un saint-homme qui se trouvait assis sur une berge du Gange et il lui demanda comment il pourrait trouver Dieu. Le sage le saisit, le plongea dans l’eau et l’y maintint jusqu’à ce qu’il fût à peu près noyé. Quand le jeune homme remonta à la surface haletant et suffocant, il lui demanda pourquoi il avait fait cela. Le saint homme lui répondit : « Quand vous désirerez Dieu aussi ardemment que vous avez désiré de l’air quand vous étiez sous les flots de cette rivière, vous Le trouverez. » Depuis que l’homme s’est séparé de Dieu dans le Jardin d’Eden, il a cherché désespérément à retourner au paradis.
La Bible commence avec ces paroles majestueusement simples : « Au commencement Dieu. » Ces trois mots sont la pierre angulaire de toute l’existence et de toute l’histoire humaine. Sans Dieu il n’y aurait pu avoir ni commencement ni continuation. Dieu était la puissance créatrice et la force de cohésion qui a fait sortir le cosmos du chaos. Par un commandement, il donna une forme à ce qui était informe, de l’ordre à ce qui était désordonné, et fit jaillir la lumière des ténèbres. Alfred Noyes a dit : « L’univers n’a son centre ni sur la terre ni sur le soleil… il est centré sur Dieu. »
Il n’est pas possible de connaître parfaitement Dieu par la raison. Il y a des mystères que nous ne comprendrons jamais dans cette vie. Comment ce qui est petit et fini, limité dans le temps et dans l’espace, comprendrait-il un Dieu infini ? Nous ne devrions pas trouver étrange le fait d’être dans l’impossibilité de saisir Dieu intellectuellement alors qu’il est également impossible d’expliquer bien des mystères dans le domaine de la matière. Qui peut expliquer pourquoi les objets sont toujours attirés vers le centre de la terre ? Qui peut sonder la loi de la gravitation ? Newton la découvrit mais il ne put l’expliquer. Qui peut expliquer le miracle de la reproduction ? Depuis des années, les savants essaient de reproduire une cellule vivante et de résoudre le mystère de la procréation. Ils pensent s’être rapprochés de cette découverte, mais pour le moment ils n’ont pas encore réussi.
Il y a bien des arguments que nous pourrions rassembler pour prouver l’existence de Dieu. Il existe une évidence scientifique qui pourrait prouver l’existence de Dieu : ce qui est en mouvement doit être mû par quelque chose d’autre car le mouvement est la manifestation de la puissance sur la matière. Dans le monde matériel il ne peut y avoir de puissance sans vie et cette vie présuppose un être duquel émane la puissance de mettre en mouvement des choses telles que les marées ou les planètes.
Prenons aussi l’argument qui dit que rien ne peut être sa propre cause, car il faudrait que la cause soit antérieure à elle-même pour en être la cause, ce qui devient une absurdité !
Il y a ensuite la loi de la vie. Nous pouvons considérer les objets qui n’ont pas d’esprit, telles les étoiles ou les planètes, et qui se meuvent selon un rythme établi, agissant en commun sans le savoir. Il est pourtant évident qu’elles n’opèrent pas leur mouvement par hasard mais selon un plan. Ce qui est dépourvu d’intelligence ne peut se mouvoir intelligemment. Une flèche est inutile sans arc et sans archer. Qui est-ce qui donne direction, but et destination aux objets inanimés ? C’est Dieu. C’est Lui la force de vie fondamentale et agissante.
Plusieurs évidences et plusieurs arguments pourraient ainsi être avancés pour montrer qu’il y a un Dieu. Et pourtant la vérité simple est celle-ci : on ne peut pas prouver Dieu par simple rationalisation. Il ne peut être. enfermé dans une petite éprouvette fabriquée par un homme ou limité à une formule algébrique. Si l’existence de Dieu pouvait être prouvée par l’esprit humain, alors Il ne serait pas plus grand que l’esprit qui aurait prouvé son existence.
Au cours de mes voyages dans le monde, j’ai rencontré très peu d’athées. Dans toutes les périodes d’histoire que l’on étudie, dans toutes les cultures que l’on examine, on trouve toujours que l’homme croit en un dieu quelconque. Tous les peuples, primitifs ou modernes, reconnaissent une certaine divinité. Ces deux derniers siècles, l’archéologie a exhumé les ruines de plusieurs civilisations antiques, et toutes ont révélé l’évidence d’une adoration d’un dieu. Les idées que les hommes se font sur Dieu ont autant varié que leurs dispositions générales. Ils se sont fait des dieux selon leur imagination, des dieux de toutes sortes et de toutes formes.
Certains hommes, par sentiment de frustration, abandonnent leur recherche de Dieu et prétendent être irréligieux ; cependant, le vide qui subsiste en eux doit bien être rempli par une quelconque forme de divinité. C’est pourquoi ils se font leur propre « dieu ». Aujourd’hui beaucoup d’êtres humains font du mot « nation » l’objet de leur adoration et embrassent l’évangile du nationalisme. Ils commettent l’erreur de faire un dieu et une religion de leur nationalisme, qui prend ainsi dans leur vie la place du Dieu vivant et vrai. Bien qu’ils renient toute foi en Dieu, les communistes ont fait un dieu de leur cause. Des milliers d’entre eux donnent volontairement leur vie, souffrent privation et pauvreté pour leur croyance en leur « cause ».
Ainsi, parce qu’ils n’ont pas réussi à trouver le vrai Dieu, des millions d’hommes se soumettent à des dieux et à des causes moindres. L’homme a toujours agi de cette manière. Cependant ces autres dieux et ces autres causes n’apportent pas de satisfactions et de réponses finales. Comme Adam, tous les hommes ont été créés pour être en communion avec Dieu. Quand Jésus parlait du premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » (Marc 12.30), Il voulait dire que l’homme a la capacité d’aimer Dieu.
Les grandes questions que nous nous posons sont : pouvons-nous connaître Dieu ? Dieu s’est-Il révélé ? La communion avec Dieu peut-elle être rétablie ?
Vous devez venir à Dieu par la foi. La foi est ce qui relie Dieu et l’homme. Les Ecritures disent qu’il faut croire qu’Il existe. C’est pour cela que le mot « foi » est utilisé si souvent dans la Bible.
Aussi étonnant que cela paraisse, et en dépit de ses transgressions et de ses rébellions, Dieu aime l’homme d’un amour éternel. Dieu n’a jamais abandonné l’homme. La recherche la plus spectaculaire de tous les temps est celle que Dieu a entreprise avec amour et patience pour retrouver l’homme. Dieu languit après le retour et le rétablissement de l’homme. Dans un poème, Francis Thompson décrit Dieu dans sa poursuite persévérante, suivant l’homme dans les allées de l’histoire, le pourchassant sans répit, le filant avec amour comme on suivrait un enfant perdu dans les Alpes.
Où la rupture de cette révélation de Dieu se fait-elle ? Comment un aveugle peut-il voir ou comment un sourd peut-il entendre ? Quand l’homme, dans le Jardin d’Eden, choisit de défier la loi de Dieu, une grande tragédie eut lieu. La ligne de communication entre Dieu et l’homme fut rompue, ils ne purent plus être en communion l’un avec l’autre. La lumière et les ténèbres ne pouvaient subsister côte à côte.
Une chose dont les gens en général ne se rendent pas compte c’est que Dieu est « saint ». Dieu dit à Israël il y a bien longtemps de cela : « Je suis saint, moi l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 19.2.) Josué a dit, en prenant congé des armées d’Israël : « C’est un Dieu saint, c’est un Dieu jaloux. » (Josué 24.19.) Le Psalmiste a dit : « Dieu a pour siège son saint trône. » (Psaumes 47.9.) Dans le livre de l’Apocalypse, il nous est rapporté que le cri qui s’élève nuit et jour dans le ciel est : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » (Apocalypse 4.8.)
Parce que Dieu est saint, Il ne peut voir l’iniquité et le péché. Le péché est laid et repoussant pour Dieu. Il est impossible à nos esprits limités et entachés de péché de comprendre l’absolue sainteté de Dieu. C’est parce que l’homme était sali par le péché et par l’iniquité que Dieu ne pouvait plus être en communion avec lui. D’une manière ou d’une autre, d’une façon quelconque, Dieu doit trouver un moyen pour rétablir cette communion avec l’homme malgré son péché. Dieu qui est saint ne peut revenir sur sa parole : Il avait dit en effet : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2.17.) L’homme devait mourir sans quoi Dieu se serait montré menteur, et n’aurait plus été Dieu.
Parce que l’homme pèche, défie l’autorité, et agit encore indépendamment de Dieu, un grand gouffre subsiste entre Dieu et lui. C’est d’au-delà cet abîme sombre et désolé que Dieu supplie, plaide et appelle l’homme à se réconcilier avec son cœur plein d’amour. L’apôtre Jean a dit : « Dieu est amour. » (1 Jean 4.8.) Jérémie le prophète cite les paroles de Dieu : « Je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. » (Jérémie 31.3.) Le prophète Malachie déclare encore : « Je vous ai aimés, dit l’Eternel. » (Malachie 1.2.) Dieu est saint, Il ne pouvait pas automatiquement pardonner ou ignorer la révolte de l’homme. Dieu est amour, Il ne pouvait pas complètement rejeter l’homme. Voilà le grand dilemme divin : Comment Dieu pouvait-Il être juste et pourtant justifier le pécheur ? C’est la question que posa Job : « Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? » (Job 9.2.)
La révélation est un moyen de communication. Elle veut dire « rendre connu » ou « dévoiler ». Une révélation implique un « révélateur » qui dans ce cas est Dieu, et elle implique aussi un « auditeur ». Les auditeurs de Dieu furent les prophètes et les apôtres choisis qui rapportèrent la révélation de Dieu. Voici donc la ligne de communication : à une de ses extrémités se trouve Dieu et à l’autre se tient l’homme.
Quand j’étais petit garçon la radio commençait juste à se répandre. Nous nous réunissions devant un poste grossièrement fait à la main et nous tournions les boutons pour tenter d’établir le contact avec le poste émetteur. Souvent, tout ce que nous réussissions à obtenir des amplificateurs étaient des parasites, mais nous savions que quelque part existait ce poste émetteur que nous ne pouvions voir mais que, si le contact était établi, nous pourrions entendre clairement. Après de longs efforts de réglage, la voix distante jaillissait soudain et un sourire de triomphe illuminait les visages de tous ceux qui se trouvaient dans la pièce. Enfin, nous avions réussi à capter ce poste !
Dans la révélation que Dieu à établie entre Lui et nous, nous pouvons trouver une vie nouvelle aux dimensions nouvelles, mais il nous faut « établir le contact ». Il y a des niveaux de vie que nous n’avons jamais atteints, une paix, une satisfaction et une joie que nous n’avons jamais expérimentées. Dieu essaie de nous atteindre. Le ciel nous appelle, Dieu parle ! Que l’homme écoute !