Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance.
Nous avons vu que Jésus demande une conversion. Nous avons vu également que les trois phases de la conversion sont la repentance, la foi et la régénération. L’ordre dans lequel elles apparaissent peut varier, mais elles se produisent généralement en même temps, que nous en soyons conscients ou non.
Si la repentance pouvait être décrite en un mot, je dirais qu’elle signifie « se détourner ». Mais se détourner de quoi ? demanderez-vous. La réponse peut aussi se résumer en un mot : du péché. La Bible nous apprend, comme nous l’avons déjà vu, que le péché est la transgression de la loi. Le péché est la négation de l’autorité de Dieu et le refus de lui obéir. Le péché, c’est le principe mauvais qui surgit dans le jardin d’Eden lorsque Adam et Eve furent tentés et tombèrent. Depuis le désastre en Eden, ce virus a infecté tous les hommes, car « tous ont péché » et « il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ». Le péché a détruit nos relations avec Dieu et, comme conséquence, il a compromis nos rapports avec notre prochain, et avec nous-même.
Nous ne saurions avoir la paix avec Dieu, la paix avec notre prochain et la paix avec nous-même avant que quelque chose ne se soit passé à propos de cette « abomination que Dieu hait ». Il nous est dit que nous devons nous détourner non seulement du principe du péché, mais des péchés (pluriel). Nous devons nous détourner de la mauvaise influence du monde, de la chair et du Diable. Nous devons y renoncer. Il ne peut y avoir aucune discussion, aucun compromis, aucune hésitation. Christ demande un renoncement absolu.
Mais ici aussi, le principe de l’amour intervient, car quand on aime Jésus-Christ de tout son cœur, on à perdu tout désir de faire les choses qu’Il haït et abhorre. Vous renoncerez automatiquement à tous les péchés de votre vie quand vous capitulerez devant lui par la foi. En conséquence, la repentance et la foi se donnent la main. Vous ne pouvez vous repentir sincèrement sans avoir la foi qui sauve, et vous ne pouvez avoir la foi qui sauve sans vous repentir sincèrement.
La plupart des prédicateurs évitent malheureusement aujourd’hui d’employer le mot « repentance ». C’est un terme très impopulaire. Cependant, le premier sermon que Jésus prêcha était ainsi conçu : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu 4.17.) C’était Dieu qui parlait par son Fils. Jésus vint avec un cœur rempli d’amour et de compassion, mais Il se mit immédiatement à insister sur la culpabilité et les péchés de l’humanité. Il exhorta les hommes à reconnaître leurs fautes et à se détourner de leur impiété. Il refusa de transiger avec l’iniquité. Il insista sur la nécessité d’un jugement de soi-même et d’un changement radical. Il leur montra qu’ils devaient modifier leur attitude avant qu’Il pût leur révéler son amour, sa grâce et sa miséricorde.
Un jour, on rapporta à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Et Jésus répondit : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens. Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces dix-huit personnes, sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (Luc 13.2-5.) Jésus a déclaré que le châtiment était le même pour tous les hommes, qu’ils soient tués par un acte de violence, par un accident ou qu’ils meurent de mort naturelle ; à moins qu’ils ne se soient tournés vers Dieu en se repentant, ils sont perdus.
Nous savons que le salut est basé entièrement sur la grâce de Dieu. La Bible dit qu’aucun homme n’est justifié par la loi aux yeux de Dieu. Elle déclare : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1.17.) Le salut, le pardon et la justification sont basés entièrement sur l’œuvre expiatoire de Christ. Cependant, pour que le sacrifice de Christ sur la croix soit efficace, il faut que tout individu, quel que soit son âge, se repente de son péché et accepte Christ par la foi.
Jonas prêcha la repentance à Ninive, jusqu’à ce que Ninive se repentit.
Ezéchiel prêchait la repentance lorsqu’il disait : « C’est pourquoi je vous jugerai chacun selon ses voies, maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Eternel. Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. » (Ezéchiel 18.30.)
Le grand message de Jean-Baptiste était la repentance : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu 3.2.)
La repentance est mentionnée soixante-dix fois dans le Nouveau Testament. Jésus dit : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » Le jour de la Pentecôte, Pierre prêcha en ces termes : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés. » (Actes 2.38.) Paul aussi prêchait la repentance : « … je n’ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. » (Actes 20.20-21.) La Bible affirme que Dieu exige la repentance : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir. » (Actes 17.30.) C’est un commandement, un impératif. « Repentez-vous ! ou périssez ! » Vous êtes-vous repenti ? En êtes-vous sûr ? La Bible cite plusieurs exemples de fausses repentances : aux enfants d’Israël qui voulaient quitter l’Egypte pour la terre promise, le pharaon dit : « J’ai péché. » (Exode 9.27.) D’une manière évidente, ses paroles étaient l’expression d’un regret ou d’un remords, et non l’expression d’une vraie repentance. Le roi Saül profère à trois reprises les mêmes paroles (1 Samuel 15:24 ; 15.30 ; 26.21). Par contre, quand le roi David dit au prophète Nathan : « J’ai péché » (2 Samuel 12.13), lui se repentait réellement (voir Psaume 51).
Qu’entend Jésus par le mot « repentance » ? Pourquoi ce mot revient-il sans cesse tout au long de la Bible ? Le dictionnaire vous en donne la définition suivante : « Regret qu’on à de ses péchés. » Mais les mots que Jésus employait signifient beaucoup plus que cela. Ils veulent dire beaucoup plus que regretter ses péchés.
La repentance, au sens biblique du mot, signifie changer, se détourner. Cela représente une puissance et une action, une révolution complète de l’individu. Quand la Bible nous appelle à la repentance, cela signifie que nous devons nous détourner du péché, que nous devons faire volte-face et nous diriger dans la direction opposée au péché et à tout ce qu’il implique.
Jésus prononça la parabole de l’enfant prodigue pour expliquer clairement ce qu’Il entendait par le mot repentance. Lorsque l’enfant prodigue se repentit, il ne se contenta pas de se lamenter sur ses péchés. Il ne demeura pas passif et hésitant. Il ne resta pas auprès de ses pourceaux, mais il se leva et les laissa ! Il dirigea ses pas dans une autre direction. Il rechercha son père et s’humilia devant lui, et alors il reçut le pardon.
Trop de chrétiens modernes ont perdu de vue ce que la Bible entend par la repentance. Ils pensent que se repentir est à peine plus sérieux que de secouer la tête sur ses péchés en disant : « Je suis vraiment navré d’avoir fait cela ! » Puis ils continuent à vivre comme ils ont toujours vécu.
La vraie repentance signifie « changer, se détourner, prendre une nouvelle direction ». Regretter ne suffit pas. Judas fut rongé par le remords et il se pendit. Il reconnaissait sa culpabilité, mais ne s’en repentait pas. Même une réforme n’est pas suffisante. Quelque torture que vous infligiez à votre corps, quelque épreuve que vous fassiez subir à votre esprit, le Dieu Tout-Puissant n’en sera pas satisfait. Nos iniquités furent expiées par Christ sur la croix. C’est là qu’Il endura la punition du péché. Quelle que soit la souffrance que nous nous imposions, elle ne nous mènera pas à la repentance.
Nous n’y arriverons pas non plus par des lamentations. Beaucoup de prédicateurs enseignent que pour se repentir il faut se lamenter pendant un certain temps, afin d’être prêt à recevoir le salut.
Un prédicateur chrétien, homme très intelligent, m’a raconté qu’au moment de sa conversion, le pasteur et l’auditoire attendaient de lui une telle manifestation de son émotion que cela faillit l’empêcher de venir à Dieu.
L’émotion psychique, créée dans certaines réunions de réveil, a été une pierre d’achoppement pour beaucoup d’âmes qui cherchaient Dieu sincèrement. Mais le genre de repentance que j’entends, c’est la véritable repentance biblique qui influence à la fois l’intelligence, le cœur et la volonté.
Il doit y avoir d’abord une connaissance du péché. La Bible dit : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3.23.) Quand Esaïe fut convaincu de ses péchés, il s’écria : « Malheur à moi ! je suis un homme dont les lèvres sont impures. » (Esaïe 6.5.) Lorsque Job eut un aperçu de la sainteté de Dieu, il s’écria : « Je me condamne et je me repens. » (Job 42.6.) Pierre, convaincu aussi de ses péchés, dit : « Je suis un homme pécheur. » (Luc 5.8.) Paul enfin se nomme lui-même « le premier des pécheurs » (1 Timothée 1.15).
C’est le Saint-Esprit qui conduit à cette conviction. La repentance ne peut réellement se produire sans que le Saint-Esprit agisse premièrement dans le cœur et dans l’esprit. Le Saint-Esprit peut employer les prières d’une mère, le sermon d’un pasteur, une émission radiophonique chrétienne, la vue d’un clocher d’église ou la mort d’un être cher pour produire ce sentiment nécessaire. Cependant, j’ai vu, dans quelques-unes de nos réunions, des hommes trembler sous cette conviction, mais ne se repentant pourtant pas de leurs péchés. Il est possible d’être convaincu de péché, même de verser des larmes sur ses péchés, et cependant de ne pas se repentir.
La repentance comprend aussi une émotion, comme d’ailleurs toute véritable expérience religieuse. Paul dit qu’il y a une tristesse selon Dieu, qui produit la repentance. Certains ont horreur de toute émotion au point qu’ils doutent de toute conversion n’ayant pas eu lieu dans un réfrigérateur. Certes, l’émotivité recherchée pour elle-même est extrêmement dangereuse, mais cela n’exclut pas l’émotion véritable ni les sentiments profonds.
Le grand prédicateur anglais W.E. Sangster dit, dans son livre Let Me Commend : « homme qui pousse des cris d’enthousiasme à un match de football, mais qui parle des dangers de l’émotion et ne peut supporter qu’un pécheur pleure à la croix, mérite bien peu d’attention. »
Horace Walpole accusa John Wesley d’agir avec une émotivité de mauvais aloi dans ses prédications, et pourtant Wesley amena des milliers de gens à se tourner vers Dieu.
Enfin, la repentance touche la volonté. C’est dans la volonté que se trouve le véritable centre de la repentance. Il doit y avoir cette décision d’abandonner le péché — de changer d’attitude envers soi-même, envers le péché et envers Dieu ; de changer de sentiments, de volonté, de dispositions et d’intentions.
Seul le Saint-Esprit peut vous pousser à prendre la décision nécessaire à une vraie repentance. Cela signifie davantage que la prière de la petite fille qui disait : « Rends-moi gentille, mais pas tout à fait ; juste assez pour que je ne sois pas fouettée. »
Des centaines de gens ont leur nom inscrit dans des registres d’église. Ils vont à l’église lorsque cela leur plaît. Ils donnent de l’argent à leur communauté et soutiennent ses activités. Ils serrent la main du pasteur après le sermon et lui disent qu’il a bien prêché. Ils emploient un langage chrétien, et plusieurs d’entre eux peuvent même citer un nombre respectable de versets bibliques ; mais ils ne se sont jamais réellement repentis. Ils ont une attitude tout à fait passive à l’égard de la religion. Ils se tournent vers Dieu et prient quand ils sont dans les difficultés, mais, le reste du temps, ils ne pensent pas beaucoup à lui. La Bible dit que lorsqu’une personne vient à Christ, un changement s’opère en elle, qui influence tous ses actes.
Il n’y a pas un seul verset de la Bible indiquant qu’on peut être un chrétien et vivre comme on veut. Lorsque Christ entre dans le cœur, Il demande à en être le Seigneur et le Maître ; Il exige une capitulation complète. Il demande le contrôle des facultés intellectuelles. Il exige que le corps lui soit soumis et à lui seul ; Il réclame les talents et les capacités ; Il exige que tout travail soit accompli en son nom.
De nos jours, trop de chrétiens de nom renonceraient plus volontiers à leur église qu’à leur nouveau réfrigérateur, et, s’ils devaient choisir entre un beau voyage et le versement d’une contribution à la construction d’une école du dimanche, il est facile de deviner la décision qu’ils prendraient. Des milliers de prétendus chrétiens mettent leur argent et leur confort au-dessus des enseignements de Christ. Nous pouvons trouver du temps pour aller au cinéma, pour aller à un match de football ou de boxe, mais non pour servir Dieu. Nous pouvons économiser de l’argent en vue de l’achat d’une maison ou d’un poste de télévision, mais nous pensons ne pas pouvoir payer la dîme. C’est de l’idolatrie.
Il faut que cela change ! Nous méprisons les païens et les adorateurs d’idoles, mais la seule différence entre eux et nous c’est que nos images taillées sont recouvertes de chrome et de métaux inoxydables, qu’elles possèdent des thermostats et des dégivreurs, au lieu d’avoir des yeux de pierres précieuses ; à part cela, nous les adorons tout autant, et nous pensons que la vie serait impossible sans elles. Nous adorons des choses matérielles : notre position sociale, notre réputation, notre popularité, notre argent et notre sécurité. Tout ce qui existe entre Dieu et nous-même est idolâtrie.
Jésus veut être le Seigneur de toutes choses. Il désire que vous lui offriez tout ce qui concerne votre vie sociale, votre vie de famille et vos affaires. Il doit avoir la première place dans tout ce que vous faites, pensez ou dites, car lorsque vous vous êtes repenti, vous vous êtes tourné vers Dieu pour toutes choses.
Christ nous a avertis qu’Il ne nous recevrait pas dans son royaume avant que nous ne soyons prêts à tout abandonner, et à renoncer au péché dans notre vie. N’essayez pas de ne le faire qu’en partie. Ne dites pas : « J’abandonnerai certains péchés et j’en conserverai d’autres. Je consacrerai une partie de ma vie à Jésus, et l’autre à mes propres désirs. » Non, Jésus exige une capitulation cent pour cent, qu’Il récompense ensuite au centuple. Mais n’attendez pas qu’Il vous accorde une demi-récompense si vous capitulez à cinquante pour cent ! Ce n’est pas ainsi que Dieu accomplit ses merveilles ! Il veut un abandon total. Lorsque vous aurez décidé de renoncer au péché et de tout donner à Christ, vous aurez fait un pas de plus vers la paix avec Dieu. Le malfaiteur repentant sur la croix dit à Jésus : « Seigneur, souviens-toi de moi, quand tu seras entré dans ton règne. » (Luc 23.42, version Osterwald.) Il employa le mot « Seigneur », montrant sa totale soumission à Jésus-Christ et sa vraie conversion. C’est cela, le résultat de la repentance véritable.