L’archéologie confirme la Bible

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Les évangiles

Où Jean baptisait ?

« Jean (-Baptiste) baptisait à Enon, près de Salim, il y avait là beaucoup d’eau » (Jean 3.23). Cette ancienne ville appelée Salim était située au sud-est de l’actuelle Nablus. Il y a toujours une localité appelée Ainum (de Enon) près de là, et les sources du Wadi Farah fournissent une abondance d’eau.

Qu’est-ce que la géhenne (Matthieu 5.22) ?

Dans Matthieu 5.22, Jésus dit : « Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit ‘imbécile’ passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de la géhenne »; dans Marc 9.47-48 : « Si c’est ton œil qui te fait tomber dans le péché, jette-le au loin; car il vaut mieux pour toi entrer avec un seul œil dans le royaume de Dieu que de garder les deux yeux et d’être jeté dans la géhenne où le ver rongeur ne meurt point et où le feu ne s’éteint jamais& » (citant Esaïe 66.24).

Qu’était cette « géhenne » (conservée dans les versions littérales) ? L’un des problèmes épineux pour toute agglomération est l’évacuation des déchets. Certaines les entassent dans les décharges, d’autres les enterrent ou les jettent dans un cours d’eau s’il passe à proximité. Les habitants de Jérusalem se débarrassaient de leurs détritus en les jetant depuis la falaise dans la vallée profondément encaissée au sud de la ville. Le feu y était entretenu en permanence. Cet endroit était appelé vallée des Fils de Hinnom (Josué 15.8 ; 18.16 ; 2 Rois 23.10). Le roi impie Ahaz «&énbsp;offrit des parfums dans la vallée de Ben-Hinnom et fit brûler ses propres fils pour les offrir en sacrifice aux idoles, commettant ainsi la même abomination que les nations païennes que l’Eternel avait dépossédées en faveur des Israélites » (2 Chroniques 28.3). Manassé fit de même (33.6). Les Juifs idolâtres du temps de Jérémie ont « érigé les hauts-lieux de Topheth dans la vallée de Ben-Hinnom, afin de brûler leurs fils et leurs filles pour les offrir en sacrifices » (Jérémie 7.31). Ce souvenir associé au feu permanent qui illuminait cette vallée en a fait un symbole de l’enfer. Au 1er siècle, son nom fut traduit en aramée : géhenne, mot que les versions modernes de la Bible ont rendu par « enfer ».

Et les phylactères des pharisiens ?

Dans Matthieu 23.5, Jésus accuse les pharisiens de porter des phylactères plus grands que les autres gens. De quoi s’agissait-il ? Depuis le 2e siècle av. J.-C., les Juifs pieux ont interprété littéralement les versets d’Exode 13.9 et 16 : « Cette fête (des pains sans levain) sera pour vous comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front pour que la Loi de l’Eternel soit l’objet de vos conversations, car c’est lui qui vous a fait sortir d’Egypte par sa puissance », « Ce rite sera pour vous comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front, car c’est par sa puissance que l’Eternel nous a fait sortir d’Egypte ». Le Deutéronome le rappelle : « Que ces commandements que je te donne aujourd’hui restent gravés dans ton cœur… Qu’ils soient attachés comme un signe sur ta main et comme une marque sur ton front… Gravez donc bien ces ordres que je vous donne dans votre cœur et au tréfonds de votre être, qu’ils soient attachés comme un signe sur vos mains, et comme une marque sur votre front » (6.8 ; 11.18). Ces Juifs ont écrit sur des bandes de parchemin le texte d’Exode 13.1-10 et 11-16 ainsi que Deutéronome 6.4-9 ; 11.13-21 (c.-à-d. les versets cités ci-dessus avec leur contexte) puis ils les ont insérés dans un petit coffret attaché au front et dans un sachet fixé sur le bras gauche, au-dessus du coude. Ces sachets et ces coffrets sont encore portés aujourd’hui lors de la prière du matin. Peut-être qu’au 1er siècle, ceux qui étaient particulièrement pieux les portaient en permanence. Jésus ne s’est pas élevé contre l’habitude elle-même ; il a dénoncé les pharisiens et les chefs religieux parce qu’ils portaient des phylactères plus grands que ceux des autres gens pour que tout le monde voie combien ils étaient pieux et respectaient la Loi.

On a mieux compris ce passage depuis qu’on a découvert à Qumrân des phylactères si petits qu’ils disparaissaient dans les cheveux. Il s’agissait d’un petit sachet de cuir de 20 × 13 mm cousu sur trois côtés et contenant quatre minuscules paquets de feuilles de parchemin très fin attachés par un cheveu. Le plus grand de ces manuscrits mesure 44 × 27 mm et porte 36 lignes avec des lettres d’un demi millimètre de haut. On a trouvé une dizaine de ces sachets dans les grottes de Qumrân. Si telles étaient les dimensions des phylactères portés par la plupart des Juifs, on comprend pourquoi Jésus a tancé les pharisiens à cause des leurs qui témoignaient de leur piété ostentatoire.1

1 Phylactères : voir une représentation dans Des pierres qui parlent p. 197.

Les bateaux du lac de Galilée (Marc 4.35ss)

Marc 4.35ss raconte que Jésus et ses disciples se sont rendus de l’autre côté du lac de Galilée. Si tous y étaient, ils étaient à 13. Y avait-il des bateaux assez grands pour contenir tant d’hommes ? La réponse a été donnée en 1986 lorsqu’on a découvert les restes d’un bateau enterré dans la vase sur la rive nord du lac. En passant le bois des restes au carbone 14, on a vu qu’il datait du premier siècle. Il était long de 8 m, large de 2,30 m et haut de 1,30 m. Normalement, il était équipé d’un mât avec des voiles et de deux avirons de chaque côté. Il pouvait contenir 15 hommes, donc Jésus et ses disciples pouvaient aisément à tenir.2

1 On l’a nommé « bateau de Jésus » ou « de S. Pierre ». Voir la reproduction dans A. Millard Trésors des temps évangéliques (1990) p. 26. dans Bible et archéologie p. 163.

Gadara, Gérasa ou Gergésa (Marc 5.5) ?

Marc raconte que Jésus et ses disciples « arrivèrent de l’autre côté du lac, dans la région de Gérasa, où Jésus débarqua. Aussitôt, sortant des tombeaux, un homme qui était sous l’emprise d’un esprit mauvais vint à sa rencontre » (5.1-2). Les démons « prient instamment Jésus de ne pas les renvoyer du pays. Or, il y avait par là, sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de paître. Les esprits mauvais supplièrent Jésusé : Envoie-nous dans ces porcs, pour que nous entrions en eux ! Jésus le leur permit. Ils sortirent donc de l’homme et entrèrent dans les porcs. Aussitôt, le troupeau, qui comptait environ deux mille bêtes, s’élança du haut de la pente et se précipita dans le lac où elles se noyèrent » (v. 10-13).

Certains manuscrits ont Gérasa, d’autres Gadara, d’autres encore Gergésa. Souvent, ils étaient copiés sous la dictée. Comme ces trois noms se ressemblent, il était facile de les confondre. D’après la critique textuelle, il semble que Gadara soit la meilleure leçon chez Matthieu (8.28-34), et Gérasa chez Marc. Mais Gérasa est dans la vallée du Jourdain à une soixantaine de kilomètres du lac de Galilée et Gadara est à 8 km du lac. Ces deux endroits ne peuvent donc pas convenir. Par contre, Gergésa se trouve à côté du lac et c’est la seule rive où une falaise surplombe le lac. C’est le lieu qui – géographiquement – convient le mieux à ce récit.

Le temple d’Hérode (Marc 13.1)

« Comme Jésus sortait du Temple, un de ses disciples lui dit : Regarde, Maître, quelles belles pierres ! Quel édifice magnifique ! » (Marc 13.1). Le Temple qu’Hérode avait fait reconstruire avait effectivement de quoi susciter l’admiration. Commencés en 19 av. J.-C. les travaux ne furent achevés qu’en 62-64. Entre les années 28 et 30, lorsque les disciples prononcèrent ces paroles (cf. Jean 2.20) et que les travaux avaient déjà duré 46 ans, on était encore loin de la perfection qui fut celle en l’an 64, quelques années avant la destruction du Temple. Et pourtant, les Juifs avaient de quoi être fiers de cette réalisation.

Hérode avait entrepris ces travaux pour se concilier la faveur des Juifs et pour que. sa gloire surpasse celle de Salomon. En effet, le mur d’enceinte mesurait 470 m de long à l’est, 485 à l’ouest, 315 au nord et 280 au sud, enserrant une aire qui correspondait à cinq fois la superficie de l’Acropole d’Athènes et neuf fois celle de la future basilique St Pierre de Rome. Comme seuls les prêtres avaient le droit de pénétrer dans l’enceinte sacrée, Hérode fit former 1000 prêtres aux techniques du bâtiment pour qu’ils travaillent avec les 10000 artisans qualifiés qu’il avait embauchés. Les pierres provenaient des collines entourant Jérusalem ; elles étaient transportées depuis les carrières sur un millier de chariots. Les blocs avaient en général un mètre ou plus de haut sur 1,25 à 3 m de large. Ils pesaient au moins 2 tonnes, mais à l’endroit où les fondations sont les plus profondes, ils ont jusqu’à 12m de long et pèsent plus de 50 tonnes. L’un de ces blocs, découvert dans un tunnel clandestin, a 12 × 3 × 4 m et un poids estimé à quelque 400 tonnes. Ces grosses pierres étaient sans doute roulées sur des rondins de bois ou munies de roues. On les levait avec un système d’engrenages et de poulies jusqu’au haut des murs. Chaque bloc était taillé sur place de manière à s’ajuster à ses voisins sans qu’il faille le cimenter avec du mortier. C’est ce qui explique pourquoi le Mur des lamentations tient toujours debout après 19 siècles et bien des destructions de la ville.3

3 Voir un plan du Temple d’Hérode dans Des pierres qui parlent p. 244-245, voir une représentation de sa citadelle dans Des pierres qui parlent p. 207, de son palais dans Images du monde biblique p. 139. Inscription interdisant l’entrée aux non-juifs, voir une représentation dans Des pierres qui parlent p. 165, Images du monde biblique p. 123.

Est-ce que l’histoire profane confirme ces dispositions au sujet du recensement ?4

4 Les citations suivantes sur les livres de Luc (évangile et Actes) sont extraites de mon Encyclopédie des difficultés bibliques (Vol. 5 : Evangiles et Actes) pour montrer la parfaite correspondance entre le récit de Luc et l’Histoire telle que la racontent les auteurs antiques ou qu’elle a pu être vérifiée sur les inscriptions des monuments de l’époque.

Luc 2.3-4 dit que « tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire. C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de Nazareth et monta de la Galilée en Judée, à Bethléhem, la ville de David : il appartenait, en effet, à la famille de David ». Les renseignements sûrs ne datent que des recensements après l’an 6. A partir de cette date, ils eurent lieu tous les 14 ans. Auparavant, ils avaient une périodicité variable. Comme ils étaient organisés sur le plan local, chaque gouverneur avait une certaine liberté relativement aux dates et aux modes. En Egypte, les gens devaient retourner dans leur foyer pour être recensés, le foyer étant l’endroit où ils avaient des propriétés. L’analyse des poteries a révélé qu’à cette époque, une importante migration eut lieu de Bethléhem à Nazareth. Il est possible que Joseph en ait fait partie, mais qu’il avait encore eu quelque propriété à Bethléhem d’où il était « originaire ». Le décret émis par Gaïus Vibius Maximus, gouverneur d’Egypte stipulait: « Le recensement des familles étant imminent, il est nécessaire d’ordonner à tous ceux qui, pour un motif quelconque, se trouvent hors de chez eux, de rentrer dans leur foyer originaire pour exécuter l’affaire du recensement usuel ».

« Joseph aurait pu être appelé en Judée par un cens romain, qu’autant que lui ou Marie aurait possédé des propriétés à Bethléhem. Car les propriétés foncières payaient l’impôt dans la localité où elles étaient situées… La maison désigne ici toute la parenté de David, y compris ses frères et leurs descendants » (Godet Luc I p. 171).

N. Geisler et T. Howe donnent un certain nombre de raisons qui ont amené les spécialistes au cours de ces dernières décennies à admettre qu’un recensement antérieur à celui de l’an 6 a eu lieu en Palestine. 1° Les habitants des pays soumis par Rome devaient jurer fidélité à l’empereur. Il n’était pas inhabituel que l’empereur profite de ce serment d’allégeance pour faire un recensement qui lui serve en même temps à faire le compte des hommes susceptibles de faire le service militaire et des contribuables soumis aux impôts. A cause des relations tendues entre Auguste et Hérode durant le règne de ce dernier, il est compréhensible que l’empereur veuille commencer par le domaine d’Hérode pour s’assurer la sujétion de tous les habitants de son domaine de juridiction. 2° Les recherches de W.M. Ramsay ont permis de localiser un recensement en 8 ou 7 av. J.-C. C’était donc une politique générale d’Auguste de faire des recensements périodiques dans les pays soumis à Rome. 3° Un recensement était une entreprise qui prenait plusieurs années (un recensement en Gaule commencé en 10 ou 9 av. J.-C. a pris quarante ans pour être mené à terme). Il est donc possible que le recensement décrété en 8 ou 7 av. J.-C. n’ait commencé effectivement en Palestine qu’en 5 av. J.-C. à cause de lenteurs et de difficultés administratives. 4° Il était d’usage de demander aux personnes qui se trouvaient loin de leur lieu d’origine ou de celui où elles avaient des propriétés d’y retourner pour être recensées. C’est ce qu’ordonnait un décret de Gaïus Vibius Maximus de l’an 104. Comme tous les autres détails historiques donnés par Luc (dans les Actes, par exemple)5 qui ont été mis en doute par les auteurs critiques se sont avérés fiables après vérification, il n’y a pas de raison de soupçonner ici une invention de sa part.

5 Voir A. Kuen “La valeur historique des Actes” dans Introduction au Nouveau Testament (Evangiles et Actes) F. Bassin, F. Horton, A. Kuen (Ed. Emmaüs. 1990), pp. 441-450.

Les théologiens critiques du 19e siècle considéraient cette histoire de recensement et d’obligation de retourner dans « sa ville » comme une invention de Luc. La découverte de différents papyrus en Egypte et de l’édit de Vibius Maximus a prouvé que de tels recensements et une telle exigence correspondaient parfaitement aux faits historiques.

Cette mention de Lysanias comme tétrarque d’Abilène est-elle confirmée par l’histoire (Luc 3.1) ?

Jusque assez récemment, le seul Lysanias connu au travers des historiens antiques était le roi Lysanias, qui fut exécuté en l’an 36 av. J.-C. Il ne pouvait donc pas être tétrarque d’Abilène en l’an 27 lorsque Jean a commencé son ministère. Cette mention a donc été reléguée par les théologiens critiques parmi les « inventions » de Luc – jusqu’à ce que l’on découvre deux inscriptions grecques à Abila, à une trentaine de km à l’ouest de Damas, prouvant qu’un nommé Lysanias avait été tétrarque d’Abilène entre les années 14 et 29 (Yamauchi : The Stones and the Scriptures p. 99).

Césarée de Philippe

Hérode Agrippa II, un arrière-petit-fils d’Hérode le Grand, s’est fait construire un palais en marbre à Césarée de Philippe dont il a fait sa capitale de 53 à 93 apr. J.-C. Josèphe raconte qu’il y à aussi construit un temple en marbre blanc – qui fut découvert par des fouilles à partir de 1999, En 2003, la découverte fut signalée dans la Biblical Archaeological Review.

Pilate

En 1962, on trouva une pierre sur laquelle une inscription marque que « Ponce Pilate, préfet de Judée, a dédicacé pour le peuple de Césarée un temple en l’honneur de Tibère ». C’est la seule mention de Pilate retrouvée dans les fouilles. Tibère fut empereur de 14 à 37 et Pilate, préfet de Judée de 26 à 36.6

6 Voir la reproduction de cette pierre trouvée à Césarée portant le nom de Pilate dans Des pierres qui parlent p. 227.

Il est connu par trois histoires de Josèphe, une de Philon et celle des évangiles. Les trois sources littéraires concordent en le présentant comme arrogant, méprisant envers ses sujets et manœuvré par eux ; c’était essentiellement quelqu’un de peureux.

Les procurateurs avaient le droit de frapper de petites pièces de monnaie – sur lesquelles il fallait éviter de choquer les gens par des symboles qui offensaient leurs convictions. Valerius Gratus, le prédécesseur de Pilate, avait émis des monnaies ornées de branches de palmier et d’épis de blé (des symboles juifs). En 29, Pilate a émis des monnaies de cuivre portant le lituus (des prêtres païens) et la patera (la coupe du sacrifice utilisée dans le culte impérial). C’était donc une provocation calculée des Juifs. Ce trait confirme aussi le portrait que tracent de lui les évangiles.

En construisant une route dans un parc au sud de la vieille ville de Jérusalem, les ouvriers trouvèrent une tombe renfermant 12 ossuaires contenant les restes de 63 individus. Sur celui qui. était le mieux décoré se trouvait l’inscription « Joseph, fils de Caïphe ». D’après l’historien Josèphe (Ant. 18.2.2 et 4.3), il s’agirait du nom complet du grand-prêtre qui a condamné Jésus. A l’intérieur se trouvaient les restes d’un homme d’une soixantaine d’années qui a bien pu être le Caïphe du Nouveau Testament.

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