La souffrance et le mal pourquoi ?

Le problème du mal et le sens de notre vie

En quoi ce problème du mal affecte-t-il le sens de notre vie ?

Si je donne aux problèmes évoqués ci-dessus une réponse fataliste, je ne ferai rien pour combattre le mal, ni en moi ni dans les autres. Si j’adopte une philosophie déterministe (c.-à-d. qui attribue toutes nos décisions à des facteurs extérieurs à nous : hérédité, éducation, circonstances), je pencherai aussi pour la passivité. Une position hyper-calviniste accentuant la souveraineté de Dieu aux dépens de la liberté humaine pourrait avoir les mêmes effets. Si, par contre, je crois que tout dépend de la liberté humaine, je serai tenté de me lancer dans un activisme malsain ou/et de me culpabiliser sans cesse parce que je ne fais pas assez pour lutter contre le mal.

Maintenir conjointement les deux vérités scripturaires nous garde dans l’équilibre : j’agis comme si tout dépendait de moi, mais je me confie en même temps en Dieu comme si son action était seule déterminante.

Esaïe disait à Dieu : « Tu nous donnes la paix, Eternel, car c’est toi qui accomplis pour nous tout ce que nous faisons » (26.12), et l’apôtre Paul confessait : « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu ; car par notre union avec le Christ, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions » (Ephésiens 2.10).

L’un des sens de notre vie est de lutter contre le mal – en nous et dans le monde qui nous entoure. C’est par cette mystérieuse interaction de l’agir de Dieu et du nôtre que nous y parviendrons. Pour lutter contre le péché en nous, par exemple, si nous nous y attaquons par nos propres forces, nous sommes sûrs d’être vaincus (voir l’expérience de Paul dans Romains 7). Mais d’autre part, nous ne pouvons pas non plus nous dispenser de faire notre part sous prétexte que l’Esprit de Dieu lutte contre le mal en nous. « Faites fructifier votre salut, écrivait Paul aux Philippiens, car c’est Dieu lui-même qui agit en vous, pour produire à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour » (2.12).

Le paradoxe est encore plus net dans la 2e épître de Pierre : « Par sa puissance, en effet, Dieu nous a donné tout ce qu’il faut pour vivre dans l’attachement au Seigneur, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par la manifestation de sa propre gloire et l’intervention de sa force. Pour cette raison même, faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi la force de caractère, à la force de caractère la connaissance » (1.3, 5), puis Pierre développe tout un programme qui fait appel à notre volonté.

Ici-bas nous ne serons jamais entièrement délivrés du mal (« Si nous prétendons être sans péché, dit l’apôtre Jean, nous vivons dans l’illusion, et la vérité n’habite pas en nous » 1 Jean 1.8) ; ce n’est pas une raison pour ne pas obéir de toutes nos forces à ce que l’apôtre écrit quelques versets plus loin : « Mes chers enfants, je vous écris ceci afin que vous ne péchiez pas » (1 Jean 2.1).

Mais un jour, le « problème du mal » sera définitivement réglé. « Nous attendons, comme Dieu l’a promis, un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera » (2 Pierre 3.13). « Rien d’impur n’y pourra pénétrer. Nul homme qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge n’y entrera. Seuls y auront accès ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau » (Apocalypse 21.27). « Alors je connaîtrai comme Dieu me connaît » (1 Corinthiens 13.12).

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