On ne peut pas sur-le-champ se fabriquer des muscles pour le combat ; il doit y avoir d’abord un long entraînement.Philip Yancey
Tom Landry, ancien entraîneur des Cowboys de Dallas, a donné son témoignage à l’une de nos croisades d’évangélisation. C’est un homme que j’admire beaucoup. Parce qu’il est bien connu des gens, son témoignage chrétien en a influencé des milliers, surtout quand on apprit qu’il vivait une situation difficile.
Landry n’est pas devenu chrétien avant l’âge de trente-trois ans, même s’il allait régulièrement à l’église depuis toujours. L’un de ses biographes écrit :
“Il y eut des moments difficiles, décevants qui suivirent, dont certains auraient marqué profondément des gens qui auraient eu une foi plus faible. Mais celle de Landry le soutint. Il n’est pas sûr qu’il eût pu traverser l’épreuve du congédiement alors qu’il comptait essayer de reprendre l’équipe, si sa foi n’avait pas été si forte. Il n’est pas non plus certain qu’il aurait supporté les années de formation avec les Cowboys de Dallas, années qui furent beaucoup plus mauvaises qu’il aurait pu l’imaginer.”1
1 Bob St. John, The Landry Legend (Dallas : Word Publishing, 1989), 163.
Qu’est-ce qui guide un homme comme Tom Landry, lui donnant l’occasion de faire des réserves pour les tempêtes de la vie ? Constamment nous entendons le mot “foi”. La foi en Jésus-Christ.
Un athlète ne se présente pas aux essais de qualification pour les Olympiques sans avoir accumulé des heures et même des années d’entraînement. Un acteur ne monte pas sur la scène sans d’abord avoir mémorisé son rôle. Un cuisinier ne fait pas de gâteau sans avoir les ingrédients nécessaires. Pourquoi, alors, nous attendons-nous à traverser la vie et ses épreuves parfois très douloureuses sans avoir les ressources nécessaires ?
Que feriez-vous si les principales villes de votre pays étaient soudainement mises en joue par des missiles téléguidés ou des bombardiers ennemis ? Comment réagiriez-vous si un tremblement de terre coupait toute communication, eau et électricité ? Et si un groupe de terroristes vous tenait en otage ? Si vous n’avez jamais vécu de telles horreurs, vous n’avez probablement pas de réponses.
Nous ne devrions pas vivre notre vie dans l’attente de catastrophes. J’ai connu des gens qui se sont fabriqué de telles peurs pour l’avenir qu’ils n’arrivaient pas à jouir du moment présent. George Washington a dit : “Se préparer à la guerre est l’une des façons les plus efficaces de préserver la paix.”
Cependant, nous en Amérique, en nous comparant aux chrétiens de bien d’autres pays, nous avons vécu peu de sacrifices et de souffrances. Je connais la misère des sans-abri et des pauvres et je ne suis pas insensible à leur situation en disant cela. Mais pour la plupart d’entre nous, quelque persécution que nous ayons eu à subir, elle n’a été que légère.
Le christianisme d’Amérique a même presque connu des moments de popularité. Entrez dans les librairies et voyez les centaines de livres qu’on publie. Des gens bien connus professent ouvertement leur foi chrétienne. Cependant, je crois que plus le matérialisme envahira notre système d’éducation, plus sa popularité ira en décroissant. Nous éprouvons déjà quelques difficultés avec la prière et l’étude biblique qu’on enlève de nos écoles. Ce sont nos jeunes qui en paient le prix. Christ avertit ses disciples que croire en lui ne les rendrait pas populaires, et qu’ils devraient se préparer à souffrir à cause de son nom.
Quelques groupes anti-avortement ont été incarcérés, d’autres maltraités. Dans nos écoles, les parents qui s’opposent à certain matériel douteux utilisé dans la classe ont été traités d’extrémistes ou pire encore. Peut-on comparer ces vexations aux persécutions dans des pays où on emprisonne, torture, ou tue les chrétiens ?
La Bible dit que tous ceux qui veulent “mener une vie fidèle à Dieu dans l’union avec Jésus-Christ seront persécutés” (2 Timothée 3.12). Jésus dit que lorsque l’heure de sa venue s’approchera, “on vous arrêtera, on vous persécutera” (Luc 21.12).
Il n’est pas normal que nous ne soyons pas persécutés à cause de Christ. Je ne suis pas en train de dire que l’Amérique va bientôt passer par la torture pour Christ, mais même les persécutions les plus légères pour notre foi amèneront peut-être plusieurs chrétiens à le renier.
Sommes-nous devenus si mous, si habitués au confort que la liberté donne, que nous serions incapables de tolérer la persécution ? La plupart d’entre nous ne feraient pas plus, pas moins que ce qu’ils font présentement. Quelques-uns qui vivent un christianisme de surface seraient les premiers à céder. Beaucoup déclareraient à l’exemple de Pierre : “Même si tous les autres renient Christ, moi, je ne le renierai jamais.” Mais Pierre l’a renié. Trois fois.
D’autres, faisant discrètement des réserves de courage et de force, seraient forts et courageux comme Paul l’a décrit : “Ma puissance manifeste pleinement ses effets quand tu es faible.” (2 Corinthiens 12.9).
Claudia, dans la vingtaine et nouvellement mariée, fut diagnostiquée de la maladie de Hodgkin avec 50% de chance de survie. On l’opéra aussitôt et commença les traitements au cobalt qui la transformèrent radicalement presque d’un jour à l’autre de jeune et belle femme qu’elle était en épave.
Ses amis chrétiens venaient la voir et lui partager des paroles non de réconfort mais qui la rendaient confuse. Tous ses consolateurs et leurs voix discordantes ne faisaient qu’ajouter à sa misère. Son mari assistait un aumônier d’un hôpital et avait vu bien des aspects de la souffrance. Il dit :
“J’avais déjà vu des patients malades et mourants. Au cinéma, les couples qui se sont querellés pendant des années, soudain face à l’épreuve, oublient leurs différences et s’unissent. Mais il n’en est pas de mêmedans la vraie vie.
“Lorsqu’un couple traverse une épreuve, les difficultés qui existaient déjà entre eux sont décuplées. Puisque Claudia et moi, nous nous aimions profondément, et avions toujours gardé une communication ouverte entre nous, l’épreuve nous rapprocha. Le blâme et la colère ne purent s’infiltrer dans notre relation. L’épreuve de sa maladie n’a fait que mettre en évidence et intensifier les sentiments déjà présents en nous.”2
2 Philip Yancey, Dieu où es-tu quand l’épreuve est là ? (Ligue pour la Lecture de la Bible, 1990).
Les problèmes, en effet, amplifient ce qui existe déjà dans nos relations avec nos proches. Claudia et son mari ne se sont peut-être pas rendu compte qu’ils s’étaient en quelque sorte préparés pour cette épreuve longtemps auparavant, mais leur solide amour les a unis ensemble pour former un mur qui arrête la tempête. Heureusement, Claudia put guérir de sa maladie par les traitements qui ont détruit les cellules cancéreuses.
D’autres couples et familles se séparent à la suite d’épreuves. Comme un arbre aux racines peu profondes, ils sont vite déracinés sous la pression des vents. Certains divorcent, d’autres ont des divisions dans la famille qui ne semblent jamais pouvoir guérir. Les accusations, l’amertume, la haine, et le sentiment de culpabilité détruisent des relations qui auraient dû s’épanouir comme un arbre en fleurs.
Si nous voulons faire des réserves pour le jour du désastre, chacun de nous doit posséder une bonne trousse de secours.
Avant Pâques, beaucoup de canaux de télévision présentent le classique Les Dix Commandements. Dans ce film, il y a une scène où Moïse ouvre le grenier de Pharaon et les Juifs affamés accourent à l’intérieur et remplissent leurs paniers avec le blé précieux déversé des récipients géants.
Dieu a de si grands entrepôts de provisions. Mais il faut remplir certaines exigences avant de recevoir de cette abondance. D’abord, il faut nous assurer que nous avons une bonne relation avec Dieu. Nous devons nous préparer à rencontrer Dieu à tout moment.
N’est-il pas étrange que nous songions à nous préparer pour presque tout sauf pour rencontrer Dieu ? Des jeunes filles passent des mois à préparer leur mariage et se préoccupent de détails aussi peu importants que le nombre d’étages qu’aura le gâteau de noces et sa saveur particulière. Se préparent-elles autant à la nouvelle vie qui commence après la cérémonie ?
Apprendre à connaître Dieu et à faire appel à Lui constitue l’étape la plus importante dans la préparation en prévision des tempêtes. Celui qui veut connaître Dieu cherche plus qu’une relation occasionnelle et superficielle ; il approfondit sa relation avec Dieu tous les jours.
En deuxième lieu, il apprend à marcher avec lui dans la vie quotidienne. Vous a-t-on déjà demandé : “Comment va votre marche ?” Certains chrétiens sauront tout de suite qu’il s’agit de leur marche avec Dieu, mais d’autres répondront peut-être : “Oh, je fais maintenant trois kilomètres par jour.”
Je connais des gens qui semblent tenir la main de Dieu tout au long de leur journée. J’en connais d’autres qui traînent la patte. Nous avons des amis dans l’Ancien Testament qui nous ont laissé des exemples éloquents de la marche avec Dieu.
Abraham marcha avec Dieu et fut appelé l’ami de Dieu. Noé marcha avec Dieu, et lorsque le déluge vint il fut sauvé. Moïse marcha avec Dieu dans le désert, et quand l’heure du jugement frappa l’Egypte, il était prêt à conduire son peuple à la victoire. David marchait aussi avec Dieu quand il était berger, et lorsqu’il fut appelé à diriger son peuple, il était préparé à devenir roi. Daniel échappa aux lions, et ses amis au feu de la fournaise ardente.
Dieu ne délivre pas toujours ses enfants des eaux tumultueuses. Etienne était un jeune homme “rempli de foi et du Saint-Esprit” (Actes 6.5). On le lapida et il mourut, mais son entrée dans les lieux célestes fut triomphale.
Ne penserait-on pas que le sort des apôtres eût été plus enviable que celui des malfaiteurs qui entouraient Jésus ? Ce ne fut pas le cas car Pierre fut crucifié la tête en bas, André attaché à une croix avec de solides cordes pendant trois jours avant d’expirer ; Jean fut prisonnier sur une île déserte ; Bartholomée fut battu, puis décapité ; Thomas assassiné alors qu’il prêchait. Amy Carmichael dit à propos de Jean : “Au disciple bien-aimé était réservé le long martyre de la vie.”
Ces hommes marchèrent vraiment avec Dieu. Bien que deux mille ans nous séparent d’eux, nous avons encore accès à la même puissance qui les a soutenus.
Qu’est-il arrivé à la mémorisation de versets bibliques ? Les enfants de l’école du dimanche avait l’habitude de mémoriser des versets pour se mériter une Bible. Les études bibliques comprenaient toujours des textes à mettre en mémoire. Aujourd’hui plus de gens connaissent les refrains des messages publicitaires que les paroles de la Bible.
On a entendu plusieurs témoignages sur des camps de concentration où des chrétiens, ayant mémorisé des pages de l’Ecriture, pouvaient les partager avec d’autres prisonniers. Un chrétien, incarcéré pendant trois ans, me raconta que durant cette période son plus grand regret était de ne pas avoir mémorisé plus de textes bibliques.
Une missionnaire chinoise fut emprisonné par les Japonais durant la Deuxième Guerre Mondiale. Elle réussit à apporter un Evangile de Jean avec elle. Quand elle se couchait, elle tirait les couvertures sur sa tête et mémorisait un verset chaque soir. Elle fit cela pendant trois ans.
Quand les prisonniers furent relâchés, la plupart d’entre eux sortirent en titubant, mais cette missionnaire était tellement plus en forme que quelqu’un crut qu’elle avait subi un lavage du cerveau. Un reporter du magazine Life, qui l’avait interviewée, précisa : “Elle a bien reçu un lavage de cerveau mais par Dieu.”
Des gens m’ont dit que lorsqu’ils souffraient ils ne se souvenaient que de quelques bribes d’Ecriture. Une femme, en entendant une mauvaise nouvelle, répéta à plusieurs reprises : “Je puis tout par celui qui me fortifie” (Philippiens 4.13).
Quels versets mettez-vous en réserve dans votre mémoire pour l’avenir ?
Nous avons parlé auparavant de l’importance de la prière, mais il semble que nous ne prions que lors de l’épreuve et négligions la prière ensuite. Dans les semaines qui suivirent la fin de la Guerre du Golfe, j’ai peu entendu et lu au sujet des prières pour notre pays. D’autre part, nous avons tellement de combats à livrer dans le monde aujourd’hui que nous devrions être des gens de prière. Nos gouvernements ont besoin de prières. Nos leaders, nos écoles, notre jeunesse, nos familles ont aussi besoin de prières.
Si le christianisme doit survivre à notre monde matérialiste et athée, nous devons nous repentir de notre manque de consécration à la prière. Il faut qu’elle devienne notre priorité. Même nos églises aujourd’hui ont délaissé les réunions de prières. Les repas communautaires et les activités de levées de fonds ont préséance.
Sommes-nous préparés spirituellement comme individus ou comme nation à faire face aux attaques incessantes contre nous ? Je crois à la préparation militaire, mais ça ne peut remplacer la préparation spirituelle.
Nous n’avons pas des hommes méchants à la tête du gouvernement. En fait, plusieurs d’entre eux sont des gens pieux, dévoués à leur famille et à la protection de leur nation. Cependant, les “forces spirituelles du mal” sont aussi à l’œuvre dans ce monde. Les nouvelles nous parlent de l’augmentation de la criminalité chaque année. Nous devons combattre par la prière les “puissances des ténèbres”.
La Bible raconte comment la prière servit d’arme pour combattre un tyran. Sennakérib dominait l’Assyrie et se vantait de pouvoir écraser le peuple de Dieu et s’emparer de son territoire. Sa machine de propagande était impressionnante. Il envoya des messages à Israël, raillant la faiblesse du peuple et se vantant de sa supériorité. Dans la course aux armements de cette époque, les Assyriens avaient plusieurs longueurs d’avance. Quand Sennakérib parlait, le monde entier tremblait !
Le roi d’Israël, Ezékias, était un homme de foi. Il savait qu’au niveau humain les Assyriens pouvaient le détruire. Mais Ezékias possédait une arme secrète. Il appela le prophète Esaïe et ils tombèrent sur leurs genoux en prière.
Qu’arriva-t-il ensuite ? “Le Seigneur envoya dans le camp assyrien un ange qui fit mourir tous les vaillants soldats et tous les officiers de l’armée. Le roi d’Assyrie, couvert de honte, retourna dans son pays… C’est ainsi que le Seigneur arracha Ezékias et la population de Jérusalem au pouvoir de Sennakérib… Il leur accorda la paix de tous côtés” (2 Chroniques 32.21-22).
Les miracles se produisent lorsque le peuple de Dieu se tourne vers lui en prière. Ne demandons pas à Dieu de se mettre de notre côté, mais prions pour que nous soyons du sien. Dieu ne peut pas toujours délivrer ses enfants de la catastrophe, mais il promet d’être avec nous jusqu’au bout.
Comment vivre la présence du Seigneur en tout temps ? Avons-nous besoin d’un tableau peint par un artiste de talent pour être en mesure de l’imaginer cheminant avec nous ? Charles Spurgeon a dit une fois qu’il n’y avait jamais eu un quart d’heure dans sa vie où il ne sentait pas la présence de Christ. Je souhaiterais pouvoir faire aussi une telle affirmation mais je ne le peux pas. Quelle force nous aurions, et pas seulement pour le témoignage et pendant l’épreuve, si nous apprenions à vivre la présence de Christ à nos côtés toute notre vie durant ?
Dans ses pas, un livre qui raconte le défi qu’un pasteur lança à ses gens de consacrer une année où aucune action ne serait entreprise sans poser la question : “Que ferait Jésus ?” Ce défi fut remis en question par l’arrivée d’un homme pauvrement vêtu, qui venait de perdre sa femme morte dans la pauvreté. Il entra en titubant dans cette église prospère et s’adressa à l’assemblée :
J’ai entendu des gens chanter ceci à une réunion de prières de l’église, l’autre soir :
Tout pour Jésus, tout pour Jésus ;
Tous les pouvoirs de mon être racheté ;
Toutes mes pensées et toutes mes actions,
Tous mes jours et toutes mes heures ;
Assis sur le seuil de cette église, je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que ces paroles pouvaient signifier. Il me semblait qu’il y avait beaucoup de problèmes dans le monde qui n’existeraient plus si tous ces gens qui chantaient de tels cantiques allaient et agissaient en conséquence.3
3 Charles Sheldon, In His Steps (Grand Rapids, Mich. : Zondervan, 1967), 9.
Si ce mendiant nous avait posé la question à nous, quelle aurait été notre réponse ? Vivons-nous notre vie avec la pensée “Que ferait Jésus ?” Vivons-nous la présence du Christ tous les jours ?
Dans l’histoire, le mendiant mourut, mais il toucha la conscience du pasteur si profondément que la vie de beaucoup de gens dans la ville fut transformée, de même que notre vie changerait si nous suivions Jésus et nous demandions “Qu’est-ce que Jésus voudrait que je fasse ?”
Christ promit à ses disciples : “Je vais être avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Matthieu 28.20). Quel réconfort ! Sa présence, nous en sommes sûrs parce qu’il a promis ! Il nous faut apprendre à vivre cette présence, dans nos activités quotidiennes.
Christ doit devenir une réalité vitale pour nous si nous voulons lui demeurer fidèle au temps de l’épreuve. Qui sait quand cette heure viendra ? Tout arrive si vite qu’il n’a jamais été plus urgent de se tourner vers Dieu.
J’ai déjà raconté cette histoire plusieurs fois et j’ai demandé à ma femme de me pardonner de la répéter ici. Mais il s’agit d’un si bel exemple pour illustrer comment on fait des réserves en prévision des tempêtes que je n’ai pas pu résister.
Il y a plusieurs années, Ruth fit une terrible chute et eut une commotion. Elle fut inconsciente pendant une semaine : elle s’était fracturé le pied à cinq endroits et une côte, déplacé une vertèbre et heurté la hanche. Certaines de ces blessures persistent encore. Quand elle reprit conscience, elle se rendit compte qu’elle avait beaucoup perdu la mémoire. Le plus troublant pour elle fut de s’apercevoir qu’elle ne se souvenait plus des Ecritures qu’elle avait mémorisées au cours des années. Ces versets de toute une vie lui étaient plus précieux que tous ses biens matériels.
Un jour, alors qu’elle priait, elle dit : “Seigneur, prends tout ce que j’ai, mais veuille me rendre mes versets bibliques.” Aussitôt ce verset lui vint à l’esprit : “Je t’aime depuis toujours, c’est pourquoi je te reste profondément attaché.” Curieusement, elle ne se rappelait pas avoir mémorisé ce verset, mais le Seigneur le fit revenir à sa mémoire.
Elle continua à apprendre des versets, même si elle trouve qu’avec l’âge il lui faut mettre plus de temps. L’un de ses textes les plus récents fut Romains 8.31-39.
Je veux ajouter ce texte ici, pour vous inciter à le mémoriser et à le cacher dans votre cœur. Quand la persécution, les problèmes et l’adversité surviendront, ces versets vous reviendront en mémoire et vous donneront l’espérance et la force.
Que dirons-nous de plus ? Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? Il n’a même pas refusé son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment ne nous donnerait-il pas tout avec son Fils ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Personne, car c’est Dieu qui les déclare non coupables. Qui peut alors les condamner ? Personne, car Jésus-Christ est celui qui est mort, bien plus il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il prie pour nous. Qui peut nous séparer de l’amour de Christ ? La souffrance le peut-elle ou bien l’angoisse, ou encore la persécution, la faim, la pauvreté, le danger, la mort ? Comme le déclare l’Ecriture : “A cause de toi, nous sommes exposés à la mort tout le long du jour, on nous traite comme des moutons qu’on mène à la boucherie.”
Mais en tout cela nous remportons la plus complète victoire par celui qui nous a aimés. Car j’ai la certitude que rien ne peut nous séparer de son amour : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni d’autres autorités ou puissances célestes, ni le présent, ni l’avenir, ni les forces d’en haut, ni les forces d’en bas, aucune autre chose créée, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.
Quelles somptueuses réserves nous aurons lorsque nous aurons emmagasiné ces pensées dans notre coeur !
Il y a quelques années, je n’avais pas encore entendu l’expression “famille dysfonctionnelle” comme on l’utilise aujourd’hui. Le concept s’applique maintenant à tant de cas que je commence à me demander comment la famille peut fonctionner. Dans la plupart des pays, ça ne va pas trop bien. Je ne parle pas ici seulement de la famille immédiate, mais de la famille élargie et aussi de la famille de Dieu. Il n’est pas nécessaire de passer en revue tous les problèmes. Vous les connaissez déjà. En fait, vous faites peut-être partie du problème. Seule une cellule familiale chrétienne forte peut survivre aux crises de plus en plus graves que traverse le monde.
Ce que nous avons mentionné précédemment à propos des réserves en prévision de l’orage est valable ici aussi. D’abord, il faut mettre Dieu au centre des relations familiales. Ensuite, la famille doit apprendre à marcher avec Dieu. Enfin, la consultation de la Bible et la mémorisation des Ecritures sont vitales pour la famille. Celle-ci doit lire ensemble, noter les textes et apprendre les Ecritures en préparation pour les persécutions à venir.
La prière en famille constitue un quatrième élément important pour maintenir la force spirituelle si nécessaire pour nous protéger d’un monde de plus en plus déchaîné. La prière en famille, qui ne consiste pas seulement à rendre grâce avant les repas, peut nous apporter la sécurité dont nous avons besoin.
Si une famille est déchirée, divisée en cliques ou refuse le pardon à un de ses membres, elle passera des moments très pénibles quand le malheur frappera. Il arrive souvent que l’initiative d’un seul membre permette la réconciliation de toute la famille.
Un couple que nous connaissons se remaria après que le fils eut enfin approché son père pour lui dire : “Je pense que maman et toi, vous devriez revenir ensemble ?” A la cérémonie, le garçon apporta une grosse boîte de mouchoirs, croyant que sa mère en aurait besoin, mais c’est au père qu’il dut passer continuellement les mouchoirs car il avait le visage en larmes. Par l’intervention d’un enfant, les années de souffrance, de douleur et de rupture prirent fin et une nouvelle vie commença.
La famille englobe aussi ces petits groupes d’amis qui surgissent à l’intérieur et à l’extérieur de l’église aujourd’hui. Dans une société impersonnelle, où souvent nous ne connaissons pas notre voisin d’à-côté, ces groupes de soutien deviennent essentiels. Beaucoup de gens n’ont pas ce soutien dans leur famille. Quand les frères et les sœurs en Christ s’unissent pour une étude biblique ou un partage, leur foi et leur témoignage s’en trouvent fortifiés. L’’Ecriture nous exhorte : “Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux ; vous obéirez ainsi à la loi du Christ” (Galates 6.2). Quand cette exhortation est vécue dans les petits groupes chrétiens, des choses merveilleuses peuvent s’ensuivre.
Un groupe de gens d’affaires chrétiens se réunirent pour prier chez un ami qui avait eu un infarctus. Peu à peu, le groupe de prière devint un véritable groupe de soutien, où chacun partageait ouvertement leurs sentiments et lisaient les Ecritures ensemble. L’homme qui avait eu la crise vint les remercier et accepta Christ. Bientôt sa femme vint à un de leurs repas communs et connut la nouvelle naissance. Des prodiges peuvent arriver lorsque la famille de Dieu se serre les coudes.
Ruth et moi avons appris que l’Eglise de Chine a survécu après plusieurs années de graves restrictions. Comment est-ce possible ? Parce que des petits groupes de croyants, qui, bien que devenus clandestins pendant la Révolution Culturelle, continuèrent à se réunir régulièrement autour de la Parole. Malgré la concertation d’efforts pour détruire toutes les bibles en Chine, quelques exemplaires furent épargnés. De petits groupes de chrétiens se rencontrèrent autour de ceux-ci et se nourrirent aussi des versets mémorisés par d’autres croyants. Les chrétiens chinois en prison et dans les camps de travail laissèrent leur lampe briller et purent conduire d’autres Chinois au Seigneur. En conséquence, le nombre de chrétiens ne fit que se multiplier pendant la persécution.
Qu’en est-il pour nous ? Nous préparons-nous aux tempêtes de l’épreuve ou nous laissons-nous prendre sans réserves ? La meilleure préparation consiste à approfondir notre vie spirituelle, ce qui signifie approfondir notre vie dans l’Esprit.
La plénitude de l’Esprit n’est pas un moment qu’on vit une fois dans sa vie mais une expérience qui doit se renouveler constamment. Quand Paul dit : “Soyez remplis de l’Esprit” (Ephésiens 5.18), il entend que nous continuions à être remplis de l’Esprit.” Il ne s’agit pas d’un étang, mais d’une source d’eau vive éternelle. Nous puisons à même cette source pour nos propres réserves. Lorsque nous en aurons besoin, nos ressources seront disponibles.
Alors soyons prêts. Quand les jours mauvais arriveront, nous ne serons pas obligés de dépendre des circonstances autour de nous, mais nous compterons sur les ressources de Dieu !