C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point bar les œuvres, afin que personne ne se glorifie.
Nous sommes prêts maintenant à faire un pas de plus vers la recherche de la paix avec Dieu. Vous êtes disposé maintenant à abandonner votre vie passée et vos péchés. Vous voulez que ce changement ait lieu dans votre vie. Vous ne vous éloignez plus de Dieu, mais vous vous approchez de son amour, de sa miséricorde et de sa protection. Vous avez pris votre décision, vous vous êtes repenti, vous avez choisi votre voie, bien qu’elle puisse être difficile. Vous avez choisi le chemin que Moïse prit il y a trois mille cinq cents ans, quand il renonça aux trésors de l’Egypte et se décida pour Dieu.
Moïse avait quarante ans quand il s’enfuit d’Egypte pour sauver sa vie. Quarante ans plus tard, il revint pour conduire les Israélites hors d’Egypte. Qu’est-ce qui s’était passé entre-temps ? Il avait pris sa grande décision. Il était arrivé à la conclusion que la foi et la vérité, accompagnées de souffrances et de difficultés, étaient préférables à la richesse et à la gloire sans l’amour de Dieu. Peu d’hommes dans l’histoire ont été amenés à prendre une décision aussi difficile.
Moïse était un homme de grande culture, riche et éminent. Comme fils de la fille de Pharaon, il était habitué à tous les honneurs, à tout le luxe et à tous les privilèges. Le trône du pays le plus riche, le plus puissant et le plus mystérieusement fascinant de son temps, était à sa portée.
Cependant, la Bible rapporte que « c’est par la foi que Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de Egypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Egypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible. » (Hébreux 11.24-27.) Ce passage dépeint Moïse après les quarante années passées dans le désert avec Dieu — et non le jeune homme fougueux et meurtrier qui avait fui loin du Pharaon pour sauver sa vie.
Il est bien dit qu’il « refusa » et qu’il « quitta ». C’est cela, la vraie repentance. Puis il est dit qu’il le fit « par la foi ». En effet, le pas suivant, c’est la foi. Moïse ne prit pas sa décision dans un moment d’émotion, que certains psychologues prétendent nécessaire à l’expérience religieuse. Il ne fut pas poussé par l’insuccès. Il n’était pas un raté ni un instable. Moïse ne choisit pas le chemin de Dieu comme une compensation pour les avantages que la vie lui aurait refusés ; il ne se tourna pas vers la vie religieuse par ennui ou par apathie. Il ne recherchait pas l’intérêt, la distraction ou les amusements.
Les arguments que l’on cite si souvent comme déterminants dans la recherche de la vie avec Dieu, ne prévalurent pas dans le cas de Moïse. Rien ne le forçait à échapper à la chair et au Diable. Il le fit par son libre choix. Moïse n’était pas un enfant s’accrochant à la sécurité d’un ordre établi. Il n’était pas une nullité recherchant la célébrité et le prestige. Il n’avait aucune des aspirations auxquelles ceux qui se moquent de la religion attribuent le besoin du salut. Les biens de Moïse surpassaient même ce que la plupart des hommes rêvent de posséder ; et cependant, ayant un jugement sûr, dans la force de l’âge, il tourna le dos à la richesse, à la position et à l’estime, et choisit la foi en Dieu.
Chaque fois que j’entends dire que seuls les désespérés, les désemparés et les incompris cherchent la consolation dans la religion, je pense à Moïse.
J’ai eu le privilège de parler à des quantités de personnes de leurs problèmes spirituels. J’ai constaté que lorsque des hommes et des femmes sensés ne veulent pas accepter Christ comme leur Seigneur et leur Maître, ils ne le font pas parce que la doctrine chrétienne leur déplaît intellectuellement, mais parce qu’ils cherchent à éviter les responsabilités et les obligations de la vie chrétienne. C’est leur cœur plutôt que leur intelligence, si brillante soit-elle, qui les sépare de Christ. Ils ne veulent pas se soumettre et abandonner toutes choses à Christ.
Il est intéressant de remarquer que les deux hommes mentionnés dans la Bible dont Dieu s’est le plus servi (l’un dans l’Ancien Testament, l’autre dans le Nouveau Testament) étaient aussi les deux plus instruits : Moïse et Paul.
Moïse considéra avec soin les exigences et les obligations de Dieu. A quarante ans, il fuit, c’est un assassin. A quatre-vingts ans, il revient : c’est un chef, un conducteur. Il comprit que s’il voulait accepter Dieu, il devait sacrifier ce que les hommes recherchent le plus. Il ne fit pas un examen rapide. Il n’arriva pas à des conclusions hâtives, sous le coup d’une impulsion ou d’une émotion. Il savait ce qui était en jeu, et il prit sa décision étant en possession de toutes ses facultés mentales. Son choix final ne fut pas une expérience temporaire. Il ne choisit pas la foi comme une solution provisoire. C’était une conviction réfléchie, avec un but précis, une conviction qui ne pouvait être ébranlée, ni par les revers de fortune, ni par les privations de longue durée. Il eut soin de couper tous les ponts qui auraient pu rendre possible un retour à son ancienne position. Lors de cette grande crise, à l’âge de quatre-vingts ans, il se confia sans réserve, pour toujours et pour toutes choses, à Dieu et à ses commandements.
Combien cette décision fut différente de celle du fameux biographe Gamaliel Bradford qui, vers la fin de sa vie, disait : « Je n’ose pas lire le Nouveau Testament, de peur d’éveiller en moi une tempête d’angoisse, de doute et de crainte, en découvrant que j’ai pris un faux chemin, et que j’ai trahi Dieu. »
Moïse ne connut pas cette crainte. Vous ne craindrez pas non plus si vous vous tournez de tout votre cœur vers Christ, maintenant, par la foi. Ne dites pas en vous tournant vers lui : « Je veux essayer le christianisme pour un temps. Si cela va, je continuerai, mais si cela ne va pas, j’aurai encore le temps de choisir une autre manière de vivre. » Si vous venez à Christ, tous les ponts doivent être coupés derrière vous, sans pensée de retour.
Il y a très longtemps, lorsque les ailes de l’aigle romain projetaient une ombre sinistre sur le monde, d’audacieux guerriers furent envoyés par César pour conquérir l’Angleterre. Lorsque les vaisseaux ennemis apparurent à l’horizon, des milliers d’Anglais se rassemblèrent courageusement sur les hauteurs pour défendre leur patrie. A leur grand étonnement, la première chose que les Romains firent en débarquant fut de mettre le feu à leurs bateaux, se privant ainsi de la seule possibilité de retraite. Avec un tel esprit, comment auraient-ils échoué ? Il n’est pas étonnant alors que le petit village des bords du Tibre soit devenu le maître du monde !
De même, Christ demande une capitulation et un dévouement absolus. Jésus a dit : «&nbs;Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu. » (Luc 9.62.)
Moïse fit son choix décisif alors qu’il était au carrefour de la route de la vie. Son esprit logique pesa tous les faits en rapport avec sa décision. Il considéra longuement et attentivement chacun des chemins jusqu’au bout. Il pesa le pour et le contre, et alors seulement il décida de mettre sa confiance en Dieu.
Il regarda d’abord la route large, lumineuse, comblée de puissance et de luxe, remplie de gaieté et de bonne chère, riche de ce que le monde appelle le plaisir. C’était une route familière qu’il connaissait bien. Il l’avait parcourue pendant quarante ans, mais il savait qu’elle finissait par la destruction ; il savait qu’elle ne pouvait mener qu’à l’enfer.
Moïse considéra ensuite l’autre route, étroite, la plus difficile à suivre. Il en vit les difficultés, les afflictions, l’humiliation et les déceptions. Il vit les épreuves, les soucis et les peines, mais il les vit par la foi. Il vit aussi les triomphes et la récompense de la vie éternelle.
Un homme moins sensé et moins expérimenté que Moïse aurait pu être tenté de prendre la première route. L’Egypte était alors la plus grande puissance de la terre. Elle disposait de la vallée fertile du Nil, le grenier du monde. Ses armées étaient invincibles ; ses écoles et ses universités devinrent un modèle pour les siècles qui suivirent.
Peu parmi nous sont appelés à abandonner à Dieu autant de choses que Moïse. Peu sont appelés à résister à des tentations si diverses. Peu ont autant de luxe et de plaisirs terrestres à leur disposition, et même la Bible reconnaît qu’il y a un plaisir dans le péché, mais un plaisir fugitif. Le plaisir disparaît et ne laisse aucune consolation dans son sillage.
Les grandes fortunes étaient rares du temps de Moïse et peu d’hommes, en effet, eurent comme lui la perspective de devenir l’homme le plus riche du monde. Mais si, en choisissant Dieu, Moïse fit un grand sacrifice, il eut aussi une grande récompense.
Aujourd’hui, il est plus aisé d’amasser de grandes fortunes. En 1923, alors que l’accumulation des richesses était l’intérêt primordial des hommes d’affaires de chez nous, quelques-uns des plus puissants financiers du monde se réunirent à l’Hôtel Edgewater Beach à Chicago. Même pour le XXe siècle, cette réunion était un déploiement impressionnant de richesse et de puissance. A la même table étaient assis le président de la plus grande compagnie de services publics, un grand spéculateur des blés, le président de la Bourse de New York, un membre du cabinet du président des Etats-Unis, le président de la Banque des Règlements Internationaux, le plus grand commerçant de Wall Street et, enfin, le directeur du plus puissant monopole du monde. Ces hommes représentaient plus de richesses que le Trésor des Etats-Unis. L’histoire de leur succès était connue de chaque écolier. Ils étaient les modèles qu’on essayait d’imiter, les géants de la finance et de l’industrie américaines !
En 1923, les succès de ces hommes, largement publiés, étaient extraordinaires. Ils enflammaient l’imagination, excitaient l’envie et poussaient d’autres hommes à tenter de les imiter. Mais en 1923 leur histoire n’était encore connue qu’à moitié — les derniers chapitres n’en étaient pas encore écrits.
Au moment où ces huit hommes étaient assis ensemble dans l’hôtel de Chicago, ils en étaient chacun, dans leur vie individuelle, au point où Moïse se trouvait lorsqu’il fit son choix : à la croisée des routes. Deux chemins s’ouvraient devant chacun d’eux. C’était peut-être des chemins qu’ils ne pouvaient voir, et dont ils ne s’occupaient guère. Ils s’engagèrent aveuglément sur la route large. Aujourd’hui, leur histoire est terminée, et nous en connaissons les derniers chapitres. Nous pouvons passer en revue leur vie, comme nous pouvons retracer la vie de Moïse, et nous voyons quelle décision fut la meilleure.
Charles Schwab, président de la Compagnie de l’Acier, vécut, les dernières années de sa vie, d’argent emprunté et mourut sans le sou. Arthur Cutten, le plus grand spéculateur des blés, mourut à l’étranger, insolvable. Richard Whitney, président de la Bourse de New York, purgea une peine au pénitencier de Sing Sing. Albert Paul, le membre du gouvernement, fut gracié et sortit de prison pour pouvoir mourir chez lui. Jessie Livermore, surnommé, parce qu’il jouait à la baisse, « l’ours » de Wall Street, Léon Frazer, le président de la Banque des Règlements Internationaux, et Ivar Kreuger, le chef du plus puissant monopole du monde, se suicidèrent !
Ces hommes possédaient l’argent, la puissance, la célébrité, le prestige, l’intelligence et la culture — mais il leur manquait à tous la seule qualité qui puisse donner à la vie sa vraie signification et son but. Il leur manquait la foi, cette chose essentielle à la vie et à la doctrine du chrétien, qui rend possible la conversion et la régénération. Ils refusaient de croire ! Comparez leurs vies avec celles des missionnaires qui ont tout quitté pour suivre Christ. Ceux-ci peuvent mourir sans argent et dans la souffrance, mais au moins ils meurent pour quelque chose !
Ces hommes n’avaient pas la foi, ou, s’ils l’avaient, ils refusèrent d’agir en conséquence. Combien les derniers chapitres de leur vie eussent été différents, s’ils avaient pu compter la foi en Christ parmi leurs trésors !
Remarquez que c’est par la foi que Moïse renonça à la richesse de l’Egypte. C’est sa foi qui lui fit comprendre que même s’il souffrait des privations et des humiliations tout le reste de sa vie terrestre, il recevrait, en fin de compte, le plus grand des dons, la vie éternelle.
Des hommes tels que Cutten et Schwab auraient pu penser que Moïse était un fou. Ils auraient dit : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ; ou encore : « Vous savez ce que vous possédez en Egypte. Vous savez ce qu’un homme de votre trempe peut faire en dirigeant cette richesse et cette puissance. Jouez la bonne carte, et l’Egypte gouvernera le monde. Vous pouvez éliminer tous les autres pays de moindre importance sur le marché des affaires. Vous pouvez vous débarrasser de tous vos concurrents et diriger l’économie mondiale à votre gré ! » C’était là, en effet, leur manière de penser et d’agir; c’était de cette façon qu’ils avaient presque tous amassé leur fortune. Ils se seraient moqués d’une personne croyant en Dieu, ou ayant la foi en Christ. Ils auraient dit : « La foi n’est pas une bonne affaire. C’est démodé ! »
La Bible enseigne que la foi est le seul accès auprès de Dieu. « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11.6.) Elle dit également que la foi plaît à Dieu plus que toute autre chose. « Sans la foi, il est impossible de lui être agréable. » (Hébreux 11.6.)
Des hommes, dans le monde entier, se torturent, s’affublent d’habits étranges, mutilent leur corps, se privent des nécessités de la vie, passent beaucoup de temps en prières et en sacrifices personnels, dans l’intention de se rendre acceptables aux yeux de Dieu. Et cependant, la plus grande chose que nous puissions faire pour lui être agréable, c’est de croire en lui.
Je pourrais aller vers un ami et le flatter, mais si, après cela, je lui déclarais que je n’ai pas confiance en lui, tous mes compliments n’auraient aucun sens. Je l’aurais exalté, pour le désavouer ensuite.
La manière la plus sûre d’être agréable à Dieu, c’est de croire en sa parole. Jésus plaidait presque pour obtenir la foi de ses auditeurs, quand Il disait : « Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres. » (Jean 14.11.)
La Bible déclare que la foi est absolument essentielle. « Mais alors, direz-vous, puisque la foi est si importante, qu’est-elle ? Qu’entendez-vous par foi ? Quelle est la définition de la foi ? Comment puis-je savoir si ma foi est authentique ? Combien dois-je avoir de foi ? »
Oh ! mais attendez ! Pas autant de questions à la fois ; prenons-les l’une après l’autre !
La Bible répète sans cesse que nous ne pouvons obtenir le salut que par la foi. « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » (Actes 16.31.)
« Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. » (D’après Jean 1.12.)
« Quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » (Actes 13.39.)
« Et à celui qui ne fait point d’œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice. » (Romains 4.5.)
« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. » (Romains 5.1.)
« Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » (Hébreux 10.39.)
« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » (Ephésiens 2.8.)
Sommes-nous vraiment sauvés par la foi ? Non, nous sommes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi. La foi est simplement le canal par lequel nous recevons la grâce de Dieu. C’est la main tendue qui reçoit le don de son amour. Dans Hébreux 11.1, nous lisons : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. » Avoir la foi signifie littéralement s’abandonner, capituler, se rendre. La foi est une confiance totale et absolue.
Je n’ai jamais été au pôle Nord, et pourtant je crois qu’il existe. Comment le sais-je ? Je le sais parce que quelqu’un me l’a dit. J’ai lu quelque chose à ce sujet dans un livre ; j’ai vu une carte dans un atlas, et j’ai confiance dans les hommes qui ont écrit ces livres. Je l’accepte par la foi.
La Bible dit : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10.17.) Nous croyons ce que Dieu nous dit au sujet du salut. Nous l’acceptons sans discussion.
Luther a traduit Hébreux 11.27 de cette manière : « Il demeura aussi ferme que s’il voyait celui qui est invisible. »
La foi n’est pas une qualité mystérieuse et particulière qu’il faille chercher à acquérir. Jésus nous dit que nous devons être semblables à de petits enfants : de la même manière qu’ils mettent leur confiance dans leurs parents, nous devons mettre la nôtre en Dieu.
Supposons que je conduise ma voiture à quatre-vingts kilomètres à l’heure sur une route qui monte et me mène au haut d’une côte. Est-ce que je vais m’arrêter, sortir de ma voiture, monter à pied jusqu’au sommet de la colline pour voir si la route continue ? Non, j’aurai confiance dans le service des ponts et chaussées, j’avancerai à une vitesse normale, convaincu que la route continue au-delà, même si je ne peux la voir. Je l’accepterai par la foi. Il en est de même pour la foi qui sauve.
Comme la repentance, la foi comprend trois éléments. Il doit y avoir tout d’abord une connaissance de ce que Dieu a dit. C’est pourquoi il est important que vous lisiez la Bible et que vous connaissiez ses enseignements concernant le salut de l’âme. Certes, il suffit, pour être sauvé, de savoir que vous êtes un pécheur et que Christ est mort pour vous. Il est même suffisant peut-être de connaître le texte de Jean 3.16. Beaucoup se sont convertis à moins. Cependant, pour une question aussi importante, il faut que vous soyez renseigné le mieux possible. Et la Bible est le seul moyen par lequel vous puissiez apprendre ce qui concerne le salut.
Bien des gens disent : « Je ne comprends pas grand-chose à la Bible, aussi je n’essaie pas de la lire. » Ce n’est pas là une attitude sage. Il y a beaucoup de choses dans la Bible que je ne comprends pas. Mon esprit limité ne pourra jamais tout savoir de l’infini. Je ne comprends pas non plus tout ce qui a trait à la télévision, mais je ne refuse pas pour cela de l’utiliser. Je l’accepte par la foi.
En outre, Dieu ne demande pas l’impossible. Il ne nous demande pas pour nous convertir de sauter dans l’inconnu. La foi en Christ est basée sur la meilleure évidence qui soit : la Bible. Même si vous ne comprenez pas tout, vous pouvez la croire, puisqu’elle procède de Dieu. Une des premières attaques que le Diable lança contre l’homme tendait à le faire douter de la Parole de Dieu. Si vous commencez à douter et à mettre en question la Bible, alors les difficultés surviendront. Ce que vous devez savoir d’abord, c’est que vous êtes un pécheur, que Christ est mort pour vos péchés et qu’Il est ressuscité pour votre justification. La mort, la mise au tombeau et la résurrection de Christ sont le cœur même de l’Evangile. C’est là le minimum de ce qu’il faut croire et accepter pour se convertir.
Il y a ensuite les émotions, le sentiment. La Bible dit : « La crainte de l’Eternel est le commencement de la science. » (Proverbes 1.7.) Et Paul déclare : « L’amour de Christ nous presse. ;» (2 Corinthiens 5.14.) Les désirs, l’amour, la crainte sont des émotions. On ne saurait les supprimer. Enlever tout sentiment à la personnalité est impossible. Nous ne pouvons nous imaginer la vie sans la chaleur vivifiante des sentiments. Supposez une famille dans laquelle tous les membres agiraient uniquement par sens du devoir ! Supposez que j’aie demandé à ma femme de m’épouser après lui avoir déclaré qu’avant tout je n’avais aucun sentiment pour elle !
Le Dr Sangster dit : « Reporter la même expérience dans le domaine religieux, exiger que le Héraut de Dieu annonce l’offre du pardon et de la bénédiction gratuite de son Roi, en interdisant formellement tout transport de joie lors de la proclamation de la nouvelle, ne serait-ce pas demander l’impossible ? » Il se produit nécessairement une émotion dans le cœur. Celle-ci peut varier suivant les circonstances et les individus. Certains sont stoïques, d’autres démonstratifs, mais le sentiment existe toujours.
Lorsque Churchill, pendant la guerre, prononçait ses allocutions magistrales au peuple anglais, il faisait appel à la logique mais en même temps il faisait vibrer son auditoire. Je me rappelle l’avoir entendu à Glasgow. Il charmait mes facultés intellectuelles, mais il me communiquait aussi une énergie capable de me faire crier en agitant un drapeau ! Quand vous aimez vraiment Jésus-Christ, vous ne pouvez contenir votre émotion.
Enfin, et surtout, il y a la volonté. Figurons-nous trois petits bonshommes — le premier s’appelle « Intelligence », le second « Emotion », et le troisième « Volonté ». Intelligence dit que l’Evangile est logique. Emotion fait pression sur Volonté et dit : « Je ressens de l’amour pour Christ » ou « Je crains le jugement ». Enfin, le troisième, appelé Volonté, joue le rôle d’arbitre. Il est assis, le menton dans sa main, plongé dans une profonde méditation, essayant de se décider. C’est réellement la volonté qui prend la décision finale et définitive. Il est possible d’avoir une conviction intellectuelle et de ressentir une émotion, et cependant de ne pas être vraiment converti à Christ. La foi a des jambes : « La foi, sans les œuvres, est inutile. » (Jacques 2.20.)
J’ai entendu parler, il y a quelques années, d’un homme qui traversait le Niagara sur un câble, en poussant devant lui une brouette. Des milliers de gens l’applaudissaient. Il mit un sac de quatre-vingts kilos dans la brouette, traversa à nouveau et revint. Puis se tournant vers la foule, il demanda : « Combien parmi vous croient que je peux faire traverser un homme ? »
Toute la foule applaudit, signifiant par là que tous y croyaient. Un homme, au premier plan, manifestait sa conviction avec enthousiasme. L’acrobate montra du doigt cet admirateur et lui dit : « Alors, venez ! »
Un homme dans cette brouette ! Il n’y croyait pas réellement. Il déclarait qu’il croyait, mais il n’était pas prêt à aller dans la brouette !
Les gens agissent de même avec Christ. Ils affirment croire en lui, ils disent qu’ils le suivent, mais ils n’ont jamais pris place dans la brouette. Ils ne se sont jamais confiés et abandonnés réellement, cent pour cent, à Christ.
Certains demandent : « Combien devons-vous avoir de foi ? » Jésus a dit qu’il suffisait d’avoir de la foi « comme un grain de moutarde. » (Matthieu 17.20.)
Ou encore : « Quelle sorte de foi faut-il avoir ? » Il n’est pas question d’une sorte spéciale de foi, car il n’y en a qu’une. C’est l’objet de la foi qui compte. Quel est l’objet de votre foi ? Ce doit être Christ. Vous ne devez pas avoir foi en des rites, en des sacrifices, en la morale ou en vous-même : vous ne devez avoir la foi qu’en Christ.
La Bible dit que la foi se manifeste de trois manières : dans la doctrine — ce que vous croyez ; dans le culte — votre communion avec Dieu et avec les croyants ; et enfin dans la vie morale — votre manière de vivre et de vous comporter.
Nous reviendrons sur ce sujet.
La Bible dit aussi que la foi ne s’arrête pas à la confiance en Christ pour le salut. La foi continue, la foi augmente. Elle peut être faible au début, mais elle s’affermira dès que vous commencerez à lire votre Bible, à prier, à aller à l’église et à mettre à l’épreuve la fidélité de Dieu dans votre vie chrétienne. Quand vous vous serez repenti de vos péchés, et que vous aurez accepté Christ par la foi, alors vous mettrez votre confiance en lui pour être gardé, fortifié et soutenu. Vous apprendrez à compter de plus en plus sur Christ pour toute chose, en toute circonstance et dans toute épreuve. Vous apprendrez à dire avec Paul : « J’ai été crucifié avec Christ, et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Galates 2.20.)
Lorsque, pour être sauvé, vous aurez mis votre foi en Jésus-Christ, vous aurez fait un nouveau pas vers la paix avec Dieu.