Un homme amené un jour par un ami à une réunion d’évangélisation raconte ainsi son expérience :
« Je pense que c’est là, pour la première fois de ma vie, que j’ai entendu présenter avec autant de simplicité et d’autorité les exigences du Christ.
» À la fin de son discours, le prédicateur invita les personnes désireuses d’en savoir davantage à venir devant l’estrade. J’y suis allé et j’ai parlé à l’orateur et nous avons échangé quelques mots. D’autres personnes voulaient aussi lui poser des questions, alors je suis parti, assez content de ce que j’avais entendu, mais toujours dans un brouillard épais.
» Au moment de franchir la porte, je suis tombé sur un homme, qui m’a regardé en face et m’a dit :
»— Etes-vous chrétien ?
» Etrange question, me suis-je dit ; et, arborant mon meilleur sourire, genre école du dimanche, j’ai répondu :
» — Oui, oui, je le pense.
» — Etes-vous chrétien ? répéta l’homme, une lueur amusée dans les yeux.
» Toqué, ai-je pensé. Dis-lui une plaisanterie pour te débarrasser de lui.
» Alors j’ai dit :
» — Eh bien, j’essaie d’en être un.
» — Avez-vous jamais essayé d’être un éléphant ?
» Avec une grimace, il me prit le bras et me fit asseoir et m’expliqua que jamais je ne pourrais me transformer en un chrétien (pas plus d’ailleurs qu’en un éléphant) même en faisant des efforts désespérés. Il m’expliqua ce qu’est le christianisme du Nouveau Testament. Jésus-Christ est mort à ma place. Il a payé la dette représentée par mon péché. Il m’a dit que je méritais la condamnation devant le tribunal du Dieu saint et que j’avais besoin d’un sauveur. Jésus seul pouvait me sauver. Seul il peut pardonner les péchés, et en outre, par sa résurrection, Jésus me donne la possibilité de vivre une vie que je ne puis atteindre autrement.
» Quelle offre extraordinaire ! Si le Dieu vivant est vraiment prêt à venir prendre en main ma pauvre vie, souillée, pour remettre en ordre ce que j’ai gâché : comment lui refuser ce qu’il demande ? Il a dit : “Je suis à la porte et je frappe, si quelqu’un ouvre la porte, j’entrerai.”
» J’ai ouvert la porte, tout grand ! Il tient vraiment ses promesses. »
Cet homme est né de nouveau. Il a fait demi-tour ; il pensait être un chrétien, mais n’avait jamais rencontré Jésus personnellement et n’avait jamais engagé sa vie.
Jésus rend les choses si simples alors que nous compliquons tout. Il a parlé en phrases courtes avec les mots de la langue courante, illustrant sa pensée par des images et des petites histoires.
L’apôtre Paul a répondu simplement au gardien de prison de Philippes, lui demandant comment être sauvé : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Actes 16.31).
Parfois on néglige cette vérité trop simple. Des millions de gens, aux Etats-Unis, négligent le message de l’Evangile, bien qu’il soit proclamé par la radio, annoncé à la télévision, chanté dans les rues, prêché dans les chaires, expliqué dans une masse de livres et de brochures. Pourtant, nous voulons naître de nouveau, il suffit de nous repentir de nos péchés et de croire au Seigneur Jésus et de le reconnaître comme notre Seigneur et Sauveur personnel. Inutile de vous pomponner, de vous tourner ni de renoncer à quelque chose : venez comme vous êtes. Un cantique dit cela précisément : « Tel que je suis, je viens à toi », et nous le chantons à la fin de nos réunions.
Saint Pierre a dit : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur » (Actes 3.19).
Personne ne peut se tourner vers Dieu pour se repentir, ou même pour croire, sans y être aidé par Dieu. C’est Dieu qui nous change. « Fais-moi revenir et je reviendrai, car tu es l’Eternel mon Dieu », disait le prophète Jérémie (Jérémie 31.18).
Bien des gens considèrent comme démodé le mot « repentance ». Il n’appartient pas au vocabulaire du XXe siècle. Pourtant la repentance est un des deux éléments constituant la conversion. Ce mot veut dire tout simplement : reconnaissance de ce que nous sommes et désir de changer d’attitude envers le péché, envers nous-mêmes et envers Dieu.
La repentance implique avant tout une reconnaissance de notre péché. Se repentir, c’est déclarer que nous nous reconnaissons comme des pécheurs et que notre péché entraîne notre culpabilité aux yeux de Dieu. Ce genre de culpabilité ne nous pousse pas à nous mépriser nous-mêmes, en nous incriminant ; c’est nous voir nous-mêmes comme Dieu nous voit, et c’est dire : « Sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur » (Luc 18.13). Il ne s’agit pas non plus de reconnaître le péché collectif de la société. Il est facile, en effet, d’accuser le gouvernement, l’Eglise, les institutions, en les chargeant de nos fautes personnelles. La Bible enseigne que lorsque nous avons atteint l’âge de raison — parfois fixé aux environs de la dixième ou de la onzième année — Dieu nous considère comme des adultes responsables, capables de choix moraux et spirituels dont nous rendrons compte au jour du jugement. Chacun de nous est coupable, individuellement, de ses fautes devant Dieu. Dès le moment de notre conception, nous héritons d’une tendance vers le péché, mais nous devenons pécheurs par choix et ensuite par notre conduite habituelle. C’est pourquoi la Bible affirme que nous avons tous péché et que nous sommes donc tous privés de la gloire de Dieu.
Chaque être humain, dans le monde entier, de toute race, de toute couleur, de toute culture, de toute langue, doit naître de nouveau. Il en a besoin. Nous sommes coupables de notre péché (au singulier) qui se manifeste par des péchés (au pluriel). Nous violons la loi de Dieu, nous nous révoltons contre lui parce que nous sommes pécheurs par nature. C’est cette maladie du péché (au singulier) que Jésus a guérie sur la croix.
On parle beaucoup ces temps-ci de « racines ». Les racines des problèmes de l’homme, individuel ou collectif, se trouvent, profondes, dans son propre cœur. Nous sommes une race humaine malade. Ce mal ne peut être guéri que par le sang du Christ. Dans l’Ancien Testament, du sang fut offert sur des centaines d’autels, anticipant sur le jour où Jésus viendrait pour être « l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde » (Jean 1.29). Il est devenu le bouc émissaire cosmique pour le monde entier. Tous nos péchés ont été transférés sur lui. Voilà comment Dieu peut nous pardonner. C’est aussi pour cela qu’il peut nous infuser une nouvelle vie — par la régénération ou nouvelle naissance.
Quand nous considérons les attributs de Dieu, nous comprenons combien nous sommes loin d’atteindre une telle perfection et nous ne pouvons alors refuser de reconnaître notre nature mauvaise. L’apôtre Pierre avait commis des actes répréhensibles et avait eu de mauvaises pensées, mais il avait conscience d’avoir une nature mauvaise au plus profond de son être, au-delà du mal qu’il avait médité et accompli. Il s’écria : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, je suis un pécheur ! » (Luc 5.8). Notez qu’il n’a pas dit « j’ai péché », mais « je suis un pécheur ».
Le patriarche Job, l’homme intègre, découvrit ainsi ce qu’était sa nature corrompue quand il contempla la perfection de Dieu : « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu, c’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre » (Job 42.56). En se comparant à Dieu, Job s’est vu tel qu’il était, et s’est repenti.
La repentance comprend en outre le regret d’avoir mal fait. Le regret est un sentiment, et en tant que créatures nous pouvons éprouver à des degrés très divers la peine de notre regret. Pourtant une repentance sans regret douloureux est vide, comme l’a dit l’apôtre Paul à juste titre : « Je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance ; car vous avez été attristés selon Dieu » (2 Corinthiens 7.9).
La repentance entraîne un changement d’orientation, un abandon délibéré du péché. S’il s’agissait de se repentir sans le secours de Dieu, ce serait à désespérer. Car la Bible montre que nous sommes morts dans nos fautes et dans nos péchés. Un mort ne peut agir ; Dieu doit nous aider même dans notre acte de repentance. Parfois la repentance comprend une « restitution ». Si nous avons volé, menti, triché, fraudé ou blessé, nous devons réparer dans la mesure du possible.
J’ai reçu des centaines de lettres de personnes me racontant comment elles avaient reçu de l’argent remboursé par des gens qui le leur avaient volé, et qui étaient poussés à faire ces restitutions à cause de leur « nouvelle naissance ». Avant de se convertir, beaucoup de gens ont volé à l’étalage, dans les grands magasins. La plupart d’entre eux, une fois convertis, sont retournés dans ces magasins pour évaluer leurs larcins et rembourser.
Quand ma femme s’est occupée de Joe Medina, après qu’il eut aidé son copain en cambriolant un poste d’essence, elle lui a fait comprendre que sa repentance ne serait jamais une réalité tant qu’il n’irait pas confesser et réparer son forfait. Il le fit. Il travailla tout l’été pour pouvoir restituer la totalité de la somme volée. Le gérant de la station-service lui pardonna. Touché lui-même, il a fait des études dans un institut biblique et est maintenant un pasteur !
Quand Jim Vaus, le gangster notoire, vint à Jésus-Christ en 1949, il passa de nombreuses semaines à retrouver la trace des gens qu’il avait insultés, attaqués ou volés. Il restitua tout ce qu’il put et il présenta ses excuses à tous ceux qu’il avait offensés.
Ce type de restitution est rare, aujourd’hui, mais l’Ecriture y oblige à coup sûr. C’est le complément nécessaire de la repentance. Il montre aux gens lésés, et au monde, que nous sommes sincères et sommes prêts à payer le prix.
Quand nos sentiments s’opposent à notre volonté de nous détourner du mal, l’hypocrisie entre dans notre vie, et les doutes prolifèrent. La Bible contient bien des choses difficiles à croire. Quand nous devenons une nouvelle créature dans le Christ, nous nous trouvons propulsés dans un monde joyeux, extraordinaire, exaltant, et cette expérience nous « porte » un certain temps. Mais, une fois ces émotions un peu apaisées, des doutes peuvent nous assaillir, d’abord modérément puis plus massivement, et nous nous posons des questions : « Comment puis-je offrir ma vie à Dieu s’il me demande ensuite de faire des choses que je n’aime pas ? »
Un jour une très belle jeune fille, très riche, une des reines de sa ville, s’est convertie. Quand elle en a parlé à une de ses amies, celle-ci lui a dit : « Ah ! Dorothée, que vas-tu faire maintenant ? Vas-tu partir en Afrique comme missionnaire ? »
Dorothée, très émue, lui répondit : « Si c’est la volonté de Dieu, je m’y soumettrai, j’irai ! »
Il n’est pas facile toujours d’agir selon la volonté de Dieu.
Une vieille dame, auteur d’un livre chrétien devenu un classique, raconte l’histoire d’un jeune homme, d’une brillante intelligence, qui trouvait très difficile de soumettre à Dieu sa volonté, lors de son expérience toute nouvelle du christianisme. Il était un sceptique, et il avait le sentiment que rien n’était réel. On lui donna ce conseil : « La volonté de l’homme est en réalité son moi… ; ce que sa volonté fait, il le fait. Ce qu’il vous appartient de faire, c’est de confier votre volonté… à Dieu, en prenant la décision d’accepter de croire tout ce qu’il dit (dans la Bible), parce qu’il l’a dit, et de ne pas tenir compte de vos sentiments qui peuvent ne pas correspondre à la Parole de Dieu. Dieu, tôt ou tard, répondra en se révélant à cette foi ! »
« Le jeune homme réfléchit un moment, puis déclara solennellement : “Je comprends, je ferai ce que vous me dites. Je ne puis maîtriser mes sentiments, mais je puis maîtriser ma volonté. Ainsi la nouvelle vie me paraît possible, s’il ne s’agit que d’engager ma volonté. Ma volonté, je puis la donner à Dieu : et je le fais1.” »
1 Hannah Pearsall Smith : The Christian Secret of a Happy Life.
La repentance biblique est le combustible utilisé pour propulser la fusée de notre vie, si Dieu la dirige. Tant que nous ne l’utilisons pas, nous sommes cloués au sol par notre égoïsme, notre orgueil, notre culpabilité et tout ce qui nous trouble. Les jeunes, en particulier, sont souvent enchaînés par leur irrésolution, leur inquiétude et même leur culpabilité. Beaucoup de personnes âgées pensent à la vieillesse et à la mort avec angoisse. La véritable repentance brise les chaînes et permet l’envol.
Ainsi, la repentance est d’abord une absolue nécessité si nous voulons naître de nouveau. C’est avant tout le simple fait d’admettre ce que nous sommes devant Dieu : des pécheurs privés de la gloire de Dieu. Deuxièmement, la repentance implique un regret sincère d’avoir péché ; troisièmement, elle exige notre volonté de nous détourner du mal et du péché.
En étudiant la conversion, nous avons vu qu’elle compte un aspect « se détourner de » (la repentance), mais elle a aussi un aspect « se tourner vers », et c’est la foi.
La foi est d’abord et avant tout croyance. C’est croire que Jésus est ce qu’il a prétendu être. Ensuite, c’est croire qu’il peut faire ce qu’il a promis de faire (par exemple : pardonner mon péché et entrer dans ma vie). Troisièmement, c’est faire confiance, c’est s’engager, c’est ouvrir la porte, c’est donner son cœur. Dans le Nouveau Testament, ce sont des mots grecs pratiquement interchangeables qui expriment les notions de foi, de croyance, de confiance.
Mettre sa foi dans le Christ, c’est faire un choix. La Bible dit : « Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3.18). La personne qui croit n’est pas jugée, mais celui qui refuse de croire est déjà jugé. Donc c’est le choix du croyant qui détermine sa condamnation ou son acquittement.
Ainsi nous voyons l’importance de la foi. La Bible dit que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Mais que signifie avoir la foi, croire ? C’est se confier, se soumettre au Christ. Croire, c’est accepter l’offre de Dieu : sa miséricorde, son amour et son pardon. Dieu a pris l’initiative et a tout fait pour rendre possible cette offre du salut. Quand le Christ en croix a baissé la tête et s’est écrié : « Tout est accompli », il proclamait l’achèvement du plan du Salut (Jean 19.30). Jésus a voulu proclamer que désormais tout le nécessaire était fait pour que l’homme soit réconcilié avec Dieu, et sauvé. Il faut donc croire en Jésus-Christ, se soumettant à lui, se confiant à lui, pour être sauvé.
Croire, ce n’est pas simplement éprouver un sentiment : c’est avoir l’assurance d’être sauvé. Vous pouvez fort bien avoir envie de dire en vous regardant dans un miroir : « Mais je ne sens pas que je suis sauvé, je n’éprouve pas la sensation du pardon. » Ce que vous ressentez importe peu. Ce qui compte, c’est la promesse du Christ, qui ne peut mentir. Croire, c’est délibérément agir en confiant sa vie à Jésus-Christ. Ce n’est pas s’accrocher à une idée vague, c’est par un acte volontaire se confier à Jésus-Christ, Dieu fait homme.
Le Nouveau Testament n’utilise jamais les mots « foi » où « croyance » au pluriel. La foi chrétienne ne consiste pas dans l’acceptation d’une liste d’interdictions et d’obligations. C’est la consécration de notre esprit et de notre cœur à la personne de Jésus-Christ. Cela ne signifie pas que désormais, crédules, nous croirons tout et n’importe quoi. C’est la confiance en une personne, et cette personne est le Christ révélé dans la Bible.
La foi n’est pas anti-intellectuelle. Elle repose sur un a priori logique : croire que la sagesse supérieure de Dieu le rend apte à nous sauver.
Francis Schaeffer, un philosophe chrétien qui réside en Suisse, ne montre pas seulement que la foi est logique mais encore que le refus de la foi est illogique. Il écrit :
« L’homme est fait à l’image de Dieu, donc — étant donné le fait que Dieu est un Dieu personnel — le fossé ne se trouve pas entre l’homme et Dieu, mais entre l’homme et tout le reste. Mais, d’autre part, étant donné le fait que Dieu est infini, en ce domaine l’homme est aussi séparé de Dieu que l’atome ou tout autre objet fini de l’univers. Nous avons là la raison du caractère paradoxal et unique de l’homme qui est à la fois fini et personnel.
» Ce n’est pas la meilleure solution du problème de l’existence ; c’est la seule. C’est pour cela que nous pouvons être chrétien en conservant une pleine intégrité intellectuelle. La seule réponse, pour ce qui existe, c’est que lui, le Dieu infini-personnel, est réellement là.2 »
2 Francis A. Schaeffer : He is there and he is not silent (Wheaton, Ill., 1972), p. 15.
La foi dans le Christ est un acte volontaire. Personne ne peut être contraint à mettre sa confiance en Jésus. Dieu ne s’impose pas à nous par la force. Il n’use pas non plus de séduction ou de ruse. Le Saint-Esprit fait tout son possible pour vous troubler, vous attirer, vous aimer. Mais tout dépend de votre décision personnelle. Dieu n’a pas seulement donné son Fils sur la croix pour que son plan de salut s’accomplisse : il a aussi donné sa loi, exprimée dans les Dix Commandements et dans le sermon sur la montagne, afin de nous démontrer que nous avons besoin d’être pardonnés. Il donne le Saint-Esprit qui nous attire à la croix, mais si Dieu fait tant de choses il nous en laisse faire une, une seule : notre choix.
A nous de décider si nous acceptons le pardon gratuit de Dieu, ou bien si nous continuons dans notre perdition.
La foi engage notre personne tout entière. Dans son livre Knowing God (« Connaître Dieu »), le professeur J.J. Packer écrit : « Connaître Dieu est une affaire d’engagement personnel, de notre intelligence, de notre volonté et de nos sentiments. Ce ne pourrait être, autrement, une vraie relation personnelle3. »
3 J. J. Packer : Knowing God (Downers Grove, Ill., 1973), p. 35.
La foi est autre chose qu’une simple réaction émotionnelle, ou qu’une conception intellectuelle, ou qu’une décision volontaire : elle comprend tout cela, car elle engage l’intelligence, la volonté et les émotions.
Nous avons vu que la conversion se produit quand nous nous repentons et que nous faisons confiance au Christ. Mais quelles étapes franchissons-nous quand nous nous engageons dans ce processus de conversion ? Combien de temps prend-il ? Devons-nous passer par des phases dramatiques ou sensationnelles ? Je répondrai : je n’en sais rien. Si tous les hommes avaient des réactions identiques, nous pourrions appliquer une sorte de formule chimique, dont les résultats seraient prouvés. Ici, le mot clé est diversité.
Nous pouvons le comprendre clairement si nous réfléchissons un moment à la personne de Dieu. D’abord, c’est Dieu lui-même qui est au centre de l’action ; c’est lui qui nous convertit quand nous nous repentons et que nous croyons dans le Christ. « Le salut vient de notre Dieu. » Secondement, l’acte de Dieu commence bien avant ce point final. Nous avons déjà vu comment Dieu agit en nous avant notre conversion. Il nous prépare à la repentance en exerçant par le Saint-Esprit une action de conviction, en nous, qui nous pousse à souhaiter abandonner notre péché. Il nous prépare aussi à l’acte de foi en nous montrant la grandeur de Jésus qui pardonne.
La durée et la quantité des émotions ressenties au cours de ce processus de conversion dépendent de la nature de chacun de nous. Dieu nous traite chacun différemment parce que nous sommes très différents les uns des autres. Il adapte exactement son mode d’action à notre personnalité. Il nous prend tels que nous sommes. Mais le but est le même pour tous : la nouvelle naissance. Pour nous y conduire, il sera aussi attentif qu’un berger l’est envers ses moutons : il connaît chacun par son nom.
Nous pourrions raconter les expériences de bien des gens que nous connaissons. Mais, si vous n’êtes pas né de nouveau, le fait que vous lisez ce livre n’est pas l’effet du hasard, cela fait partie du processus que Dieu utilise spécialement pour vous, afin de vous permettre de prendre la bonne décision.
Dieu connaît les besoins de votre cœur. Quand nous regardons dans la Bible comment Dieu agit dans la vie des hommes et des femmes, avant leur conversion, nous constatons qu’il comprend la personnalité de chacun. Dans le premier chapitre de l’Evangile selon Jean, par exemple, nous voyons Jésus parler à plusieurs personnes non encore converties. Quand André et un ami vinrent le trouver, il les questionna : « Qui cherchez-vous ? » (Jean 1.38), et il les invita à venir vivre une journée avec lui. André avait besoin de conversation dans le calme. C’est comme cela qu’il a compris son état de péché et la nécessité de se confier à Jésus.
André conduisit vers Jésus son frère passionné, Simon. Jésus le traita tout autrement. Il le regarda dans les yeux et lui dit, avec autorité : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras désormais “Képhas” » (que nous traduisons Pierre). Jésus manifesta un peu de sa majesté quand il dit à ce bouillant jeune homme, assez versatile, qu’il allait acquérir, au contact du Maître, la fermeté du roc (Jean 1.42). Pour se convertir, Pierre avait besoin de comprendre que son péché était sa trop grande assurance en lui-même et sa fierté, ce qui le rendait si changeant. Il devait se confier dans le Christ capable de le transformer.
Le lendemain, Jésus rencontra Philippe et le traita tout autrement. Il lui dit simplement : « Suis-moi. » Différent d’André ou de Pierre, Philippe avait besoin d’entendre un ordre précis. Philippe à son tour amena Nathanaël, un jeune homme très pieux, qui cherchait à mieux connaître Dieu. Jésus s’adapta à la personnalité de ce mystique (Jean 1.51) et lui dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, tu verras les cieux ouverts et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. »
André, Pierre, Philippe et Nathanaël étaient tous différents. Jésus les a traités différemment. Ils avaient tous besoin d’être en relation personnelle avec Jésus. C’est essentiellement ce qu’est la nouvelle naissance. Plusieurs d’entre eux n’ont compris que peu à peu ce qui leur arrivait. Cela prit des mois pendant lesquels Jésus les instruisit. C’est pour cela que je supplie tous les nouveaux convertis de consacrer beaucoup de temps à l’étude de la Bible et à la prière avant de parler en public de leur expérience. L’Ecriture, d’ailleurs, avertit les « novices ». Involontairement, dans nos grandes campagnes d’évangélisation, nous avons souvent été coupables de légèreté dans ce domaine en demandant à des jeunes convertis de rendre témoignage alors qu’ils n’étaient pas affermis dans la grâce et dans la connaissance du Christ. De longues années d’expérience nous ont rendus beaucoup plus prudents.
Après sa conversion, Saul de Tarse étudia pendant trois ans en Arabie. Pendant quarante ans Dieu forma Moïse, au fond du désert, avant que ce dernier ne paraisse en public. Aujourd’hui on nous parle souvent d’une personne qui vient de sortir de prison et qui, au bout de quelques semaines, se produit sur une estrade devant la foule pour lui rendre témoignage de sa conversion. Parfois de tels errements se terminent tragiquement, car le soi-disant nouveau converti n’était pas né de nouveau : il a peut-être confessé le Christ mais n’a pas voulu lui confier sa vie, en payant le prix.
Je connais un jeune homme qui semblait avoir été magnifiquement converti lors d’une de nos campagnes, et je pense que c’était vrai. Il avait passé pas mal de temps à se débarrasser de l’habitude de se droguer, et il avait une assez bonne connaissance de la Bible. Nous l’avons pressé d’entrer dans une école biblique, et il fit un an d’étude. Son histoire était tellement sensationnelle que de nombreuses églises, à travers tous les Etats-Unis, l’invitèrent chez elles pour qu’il puisse raconter son expérience. Rapidement son succès lui monta à la tête et il fit une chute terrible en reprenant ses mauvaises habitudes et en quittant sa femme et ses enfants. Je suis heureux de pouvoir dire qu’il est revenu à Dieu, qu’il a confessé ses fautes et qu’il a poursuivi ses études.
Comment pouvons-nous définir le processus à suivre quand nous voulons naître de nouveau ? Il est fait sur mesure, parfaitement adapté à notre environnement, à notre tempérament, à nos besoins réels et à nos espérances. Dieu travaille de cette manière !
La durée et le degré d’émotions que comporte le processus aboutissant à la conversion sont aussi très variables. Certains, mais pas tous, ressentent une crise émotionnelle dont les symptômes ressemblent à ceux d’une crise mentale. Ces personnes pleurent abondamment et ont des sensations fortes. Le Saint-Esprit les a convaincues de leur péché. C’est leur réaction personnelle à l’acte de Dieu. Mais d’autres ont une forme d’expérience émotionnelle différente. Le soir où je me suis donné au Christ, plusieurs personnes sanglotaient autour de moi. Mes yeux sont restés secs et je me suis mis à craindre que mon engagement ne soit pas valable.
J’ai appris depuis lors que beaucoup de gens connaissent des conversions très calmes, et que le processus peut en être bref. Par exemple, une personne, en lisant sa Bible ou en chantant un cantique, tombe sur un texte et le prend pour elle, et l’accepte sans attendre. Ou bien c’est en entendant un sermon ou un message que la personne, sans conflit intérieur et sans pression émotionnelle, accepte ce qui est dit et croit au Christ. La conversion simple et calme de ces personnes est tout aussi vraie que les conversions tragiques et explosives.
Le livre des Actes des Apôtres raconte, au chapitre 16, deux conversions très contrastées. Lydie est une femme d’affaires habitant Philippes, en Macédoine. Elle avait un grand intérêt pour les questions religieuses au point de passer du temps à prier au bord d’une rivière et d’écouter la prédication de l’apôtre Paul. Dieu ouvrit son cœur au message de l’Evangile : elle l’accepta. Elle se convertit sans fanfare et sans vive émotion.
Dans cette même ville se trouvait un gardien de prison. Saint Paul fut enfermé dans un de ses cachots. Survint un tremblement de terre, et le geôlier, pris de panique quand les portes s’ouvrirent et les murs se lézardèrent, pensa que les détenus s’étaient enfuis. Il allait se tuer quand l’apôtre Paul l’interpella : « Ne te fais pas de mal, nous sommes tous là ! » (Actes 16.28).
Le geôlier n’en crut pas ses oreilles ! Pourquoi les prisonniers n’ont-ils pas profité de l’aubaine ? Tremblant des pieds à la tête, il fit apporter de la lumière. Il regarda Paul et Silas, ses prisonniers, tomba à leurs pieds et dit : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » Et cet homme se convertit à cet instant même, en pleine prison.
Jésus compare l’expérience de la conversion à l’action du vent : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3.8).
Le vent peut être un souffle léger, une douce brise ou un typhon dévastateur. Ainsi en est-il de notre conversion : ce peut être une expérience calme et douce, ou ce peut être une tornade transformant le paysage.
Existe-t-il un instant précis, un jour, une heure ou une année dont une personne peut dire : « C’est à ce moment-là que je suis né de nouveau » ? Je connais bien des gens qui peuvent dater avec certitude leur nouvelle naissance, et peuvent célébrer leur « anniversaire spirituel ». Mais je connais aussi des tas de gens, qui marchent en communion avec le Christ, qui ignorent la date exacte de leur premier engagement envers Dieu ; ils n’ont pas souvenir d’un temps où ils ne connaissaient pas et n’aimaient pas le Seigneur. Ma femme appartient à cette catégorie. A mon avis, ce cas est plutôt l’exception, car la foi est un acte de volonté, et, que le souvenir en soit resté ou non, il est un moment précis dans la vie d’un homme où l’on passe la ligne frontière séparant la mort de la vie.
Notons que la question importante n’est pas le « quand » mais le « si ». Je ne vous demande pas quand vous êtes né de nouveau, mais si vous êtes né de nouveau. Nous ne savons pas à quel moment précis nous franchissons la frontière entre la nuit et le jour, mais nous savons s’il fait jour. Voilà la grande question posée à ceux qui n’ont pas le souvenir précis d’un acte conscient de leur volonté par lequel ils se sont confiés entièrement au Christ : « Vivez-vous maintenant en plein jour, au contact du Christ ? »
Quand j’ai reçu le Christ, on me donna une petite brochure intitulée : « Dieu veut que vous sachiez ces quatre vérités », écrite en anglais. J’ai souvent utilisé ces quatre points dans mes messages. Plus tard, Bill Bright, de Campus Crusade, a répandu dans le monde entier, pour le plus grand bien de ses auditeurs, « les Quatre Lois spirituelles » concernant la nouvelle naissance. Notre propre organisation d’évangélisation a publié un traité intitulé « Quatre étapes de la paix avec Dieu », inspiré par mon livre la Paix avec Dieu. Pourtant, je ne crois pas que tout puisse se réduire à une petite formule stricte, ou à une recette de cuisine divine ayant un label de garantie. Cela étant dit, je crois possible de faciliter la marche de ceux qui veulent recevoir le Christ, en leur donnant quelques conseils.
Voici donc des conseils tirés de la Bible qui vous aideront à accepter Jésus-Christ comme votre Seigneur et votre Sauveur. Vous avez vu dans ce qui précède la nécessité, la direction et les étapes de la nouvelle naissance. Vous en avez peut-être tiré votre conclusion. Toutefois j’aimerais résumer ce que vous devez faire.
D’abord vous devez reconnaître ce que Dieu a fait. Il vous a tant aimé qu’il a donné son Fils pour qu’il soit cloué sur la croix. Dans le texte suivant, remplacez par votre propre nom les mots « monde » et « quiconque » : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3.16). « Le Fils de Dieu… m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Galates 2.20).
Deuxièmement, vous devez vous repentir de vos péchés. Jésus a dit : « Si vous ne vous repentez pas…, vous périrez tous également » (Luc 13.3). Il a dit encore : « Repentez-vous et croyez » (Marc 1.15). Les regrets ne suffisent pas. La repentance exige un demi-tour qui nous fait renoncer au péché.
Troisièmement, vous devez recevoir Jésus-Christ, comme votre Sauveur et votre Seigneur : « A tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12). Cela vous demande de cesser de vouloir vous sauver par vos propres efforts et d’accepter le Christ comme seul Seigneur et seul Sauveur. Faites-lui confiance, totalement, sans réserve.
Quatrièmement, confessez le Christ publiquement. Cette proclamation est le signe de votre réelle conversion. Jésus a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les Cieux » (Matthieu 10.32). Il est extrêmement important pour vous de dire à quelqu’un d’autre, le plus tôt possible, que vous venez de recevoir Jésus-Christ. Cela vous donnera force et courage pour votre témoignage ultérieur.
Faites-le maintenant. « Maintenant est le moment favorable, maintenant est le jour du salut » (2 Corinthiens 6.2). Si vous êtes prêt à vous repentir de vos péchés et à recevoir Jésus-Christ comme votre Sauveur et votre Seigneur, vous pouvez le faire maintenant. En ce moment même vous pouvez courber la tête, ou vous agenouiller, et prononcer cette brève prière que j’ai utilisée pour aider des milliers de gens dans le monde entier :
« O Dieu, je reconnais avoir péché contre toi. Je regrette mes péchés. Je désire me détourner de mes péchés. Je reçois Jésus-Christ dans mon cœur et je le reconnais comme mon Sauveur. Je le confesse comme mon Seigneur, je veux vivre pour lui et le servir à partir de maintenant. Au nom de Jésus. Amen. »
Voilà les étapes et la prière que j’ai mentionnées depuis longtemps déjà dans un livre que des milliers de gens comme vous ont lu, et qui leur a permis d’expérimenter — comme ils me l’ont écrit — un changement de vie.
Si vous prenez la décision de recevoir Jésus-Christ comme votre Seigneur et votre Sauveur, vous devenez un enfant de Dieu, dans le cœur duquel le Christ veut résider. Vous ne mesurez pas la certitude de votre salut à l’intensité de vos sentiments. Faites confiance à Dieu. Il tient parole. Vous êtes né de nouveau. Vous êtes vivant !
Si vous voulez plus de conseils,
sentez-vous libre de m’écrire.
Cette adresse suffit :
Billy Graham
Minneapolis. Minnesota
Etats-Unis.
Pour les pays francophones :
Ass. B. Graham
8, villa du Parc-Montsouris
75014 Paris