Abraham l’ami de Dieu

12
Une nouvelle visite divine

(Genèse 18.1-19)

De nouveau, Abraham reçoit une visite d’En-haut : « il aperçut soudain trois hommes qui se tenaient à quelque distance de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de sa tente et se prosterna jusqu’à terre » (18.2). Dans le Nouveau Testament, la circoncision représente notre mort avec le Christ (Colossiens 2.11) et notre résurrection avec lui (Romains 6.5-6). Après son obéissance, Abraham reçoit une visite personnelle de Dieu, à la suite de laquelle il sera appelé « ami de Dieu » (2 Chroniques 20.7 ; Esaïe 41.8 ; Jacques 2.23). Bien qu’il n’ait pas reconnu dans les trois visiteurs une délégation divine, il les accueillit avec une hospitalité tout orientale. Il leur lava les pieds (v. 4), puis les restaura avec largesse (des galettes préparées avec trois mesures de farine, et un veau gras, du fromage et du lait). Rien n’était trop bon pour ces visiteurs. La foi d’Abraham se démontre par ses actes. Hébreux 13.2 se réfère peut-être à cette réception (« Plusieurs, en exerçant l’hospitalité, ont accueilli des anges sans le savoir »).

Dans 18.9, les trois visiteurs demandent à Abraham : « Où est Sara ta femme ? ». D’où connaissent-ils son nom ? A partir de là, on ne lit plus : « ils » (pour les trois visiteurs), mais « l’Eternel dit » (v. 10, 13, 15), et l’interlocuteur parle au singulier (v. 14b). Le récit passe constamment du pluriel (pour les trois anges) au singulier (pour l’Eternel). « Dans l’apparition de Yahvé sous la forme des trois messagers à Mamré, il demeure malgré tout un Dieu unique : lorsque le texte nomme Yahvé, il est au singulier » (H. Bräumer, 1 Mose (2), p. 146-147).1

1 « Ces mystérieux envoyés sont-ils trois, ou bien un seul ? Ou bien deux ? Il est difficile de le dire, le texte biblique laissant place aux trois interprétations. En tout cas, l’emploi de la première personne du singulier, là où elle est utilisée, dans Genèse 18. 1, 3, 13-15, montre qu’il est question d’un être ‘divin’, qui est appelé ‘Seigneur’.
» Les Pères ont hésité entre deux interprétations de la personne des trois anges. Les uns y ont vu, accompagné de deux anges, le Christ, Verbe de Dieu, venu pour sceller la promesse du salut par Abraham. Pour les autres, le trio angélique représente la sainte Trinité. L’égalité des trois personnes divines et, pourrait-on dire, leur caractère interchangeable, conduisent à penser que, mystérieusement, ce sont les trois personnes divines qui se sont montrées ensemble à Abraham le juste» (M. Lods, Positions luthériennes, 1/1980, p. 21).

Il connaît même les pensées de Sara (v. 13) et prononce une prédiction précise et humainement impossible (v. 14b).

L’heure était venue pour Dieu de fixer un délai à l’accomplissement de sa promesse : « L’an prochain, à la même époque, je ne manquerai pas de revenir chez toi, et ta femme Sara aura un fils» (v. 10, cité en Romains 9.9). Sara, qui avait suivi la conversation derrière le rideau de sa tente, n’avait pas encore la foi de son mari. Cette promesse la fit rire. Elle avait oublié que la toute-puissance de Dieu n’était pas liée aux lois naturelles (Jérémie 32.17). L’Eternel ne lui tint pas rigueur de sa réaction et lui accordera en temps voulu le fils promis.

Les rires d’Abraham et de Sara

Lorsque l’Eternel dit à Abraham qu’il lui accorderait un fils par Sara, « alors Abraham se prosterna de nouveau la face contre terre, et il se mit à rire en se disant intérieurement : Eh quoi ! un homme centenaire peut-il encore avoir un enfant ? » (17.17). Ce rire n’était pas un rire d’incrédulité, mais l’expression d’un émerveillement devant ce miracle. « Il y a une réponse de la foi aux promesses de Dieu qui impliquent du rire et de la joie devant le miracle d’un Dieu qui agit avec des gens tels que nous et nous bénit si richement. C’est cela la foi » (D. Jackman, p. 110).

Le rire de Sara fut d’une autre nature. Elle connaissait la promesse que Dieu avait faite à son mari, mais elle n’y croyait pas vraiment ou, du moins, elle n’était pas prête à l’accepter pour elle-même. Son attitude intérieure était plutôt sceptique. « Alors Sara rit en elle-même en se disant : Maintenant, vieille comme je suis, aurais-je encore du plaisir ? Mon mari aussi est un vieillard » (v. 12). « Nous sommes trop vieux à présent pour que cette promesse se réalise ». La preuve qu’il s’agissait d’un rire incrédule, c’est la réprimande de l’Eternel : « Alors l’Eternel dit à Abraham : Pourquoi donc Sara a-t-elle ri en se disant : ‘Peut-il être vrai que j’aurai un enfant, âgée comme je suis ?’ Y a-t-il quoi que ce soit de trop extraordinaire pour l’Eternel ? ». Sara eut bien conscience d’avoir commis une faute, puisque, « saisie de crainte, Sara mentit : Je n’ai pas ri, dit-elle », pour se faire immédiatement reprendre par l’Eternel : « Si ! tu as bel et bien ri ».

Deux rires à connotations très différentes – comme peuvent l’être les nôtres.

Le reproche de l’Eternel a certainement fait réfléchir Sara et l’a amenée à une réelle attitude de foi, puisque Hébreux 11.11 dit d’elle : « Par la foi, Sara, elle aussi, qui était stérile, a été rendue capable de devenir mère alors qu’elle en avait depuis longtemps dépassé l’âge. En effet, elle était convaincue que celui qui avait fait la promesse est digne de confiance » (Hébreux 11.11). En protestant qu’elle n’a pas ri, Sara a condamné son manque de foi ; elle a changé d’attitude et a accepté par la foi la promesse qui leur fut faite.

Abraham et Sara avaient une parole de Dieu sur laquelle ils pouvaient appuyer leur foi. Ils n’avaient pas encore de Bible, c’est pourquoi Dieu leur a parlé directement. Nous avons la Parole de Dieu qui contient bien plus de promesses que celles dont Abraham et Sara ont bénéficié. Pour résoudre nos problèmes, la première chose à faire est de voir si la Bible contient une promesse qui leur est applicable. Dieu peut-il me pardonner tel péché ? « Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis » (1 Jean 1.9). Puis-je parvenir à la victoire sur tel péché précisé ? « Comprenons donc que l’homme que nous étions autrefois a été crucifié avec le Christ afin que le péché dans ce qui fait sa force soit réduit à l’impuissance et que nous ne servions plus le péché comme des esclaves… le péché ne sera plus votre maître puisque vous n’êtes plus sous le régime de la Loi mais sous celui de la grâce » (Romains 6.6, 14). Comment mon caractère pourra-t-il changer ? « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en son image dans une gloire dont l’éclat ne cesse de grandir. C’est là l’œuvre du Seigneur, c’est-à-dire de l’Esprit » (2 Corinthiens 3.18).

Une fois que nous avons trouvé quelle est la volonté de Dieu exprimée dans sa Parole, nous pouvons appuyer notre foi sur elle et en réclamer l’application dans notre vie. « Mets ta confiance en l’Eternel de tout ton cœur, et ne te repose pas sur ta propre intelligence. Cherche à connaître sa volonté pour tout ce que tu entreprends, et il te conduira sur le droit chemin » (Proverbes 3.5-6). Ce n’est pas notre foi qui changera la situation, mais Dieu – en réponse à notre foi.

Après leur visite à Abraham, les trois anges partent vers Sodome. Leur hôte les accompagne.

Pourquoi Dieu, qui est omniprésent, doit-il d’abord descendre pour voir ce qui se passe sur la terre ?

« Le lecteur moderne peut trouver étrange que Yahvé, qui sait ce qui en est au sujet de Sodome (v. 17), qui connaît son péché (v. 20), annonce son intention de mener une enquête judiciaire concernant les affaires de la cité (v. 21). Yahvé est-il pleinement informé de la turpitude de Sodome ou pas ? Les visiteurs s’adressent à Abraham. Un peu plus loin, Abraham se demande si Dieu est toujours et parfaitement juste. Anticipant cette question, Yahvé, presque sur la défensive, informe Abraham, non seulement de l’état des choses à Sodome, mais de son intention de confirmer cette observation par une vérification des faits. Ainsi, Yahvé répond à certaines préoccupations d’Abraham en l’initiant au caractère exhaustif de son analyse de la situation des deux villes » (V.P. Hamilton, Genesis II, p. 20).

« ‘Je veux descendre’ ne signifie pas que l’omniscience de Dieu soit défective ou qu’il ait besoin de rassembler des preuves. Il veut enquêter afin de démontrer aux hommes la validité de son jugement » (Howard F. Vos, Genesis, p. 77).

Pourquoi Dieu révèle-t-il à Abraham sa décision de détruire ces cités ?

J.J. Davis fait plusieurs observations : « 1. Le Seigneur voulait attirer l’attention d’Abraham sur la nature et l’étendue de la dépravation humaine. 2. Il voulait convaincre Abraham que sa sainteté divine absolue lui enjoignait de juger une telle méchanceté. 3. Il voulait qu’Abraham comprenne vraiment parfaitement que son jugement était entièrement juste ; c’est pourquoi le Seigneur est allé ‘voir’ (v. 21) la méchanceté des Sodomites, afin de constater que ‘leur conduite est vraiment conforme au cri monté vers lui’. 4. Il voulait qu’Abraham apprenne que Dieu répond à l’intercession en faveur d’autrui. Le psalmiste a exprimé la même vérité dans Psaume 106.23 : ‘Aussi Dieu décida de les détruire (les Israélites qui l’avaient abandonné). Mais celui qu’il avait choisi, Moïse, se tint devant lui pour intercéder et détourner son courroux destructeur’ » (Paradise to Prison p. 199-200).

Questions

  1. Comment pouvons-nous appliquer l’exemple d’Abraham dans notre contexte culturel ?
  2. Comment saisissons-nous les promesses de Dieu au sujet du pardon de nos péchés ? De notre victoire sur le péché ? Du changement de notre caractère ?
  3. Qu’implique pour nous l’amitié que nous promet Jésus-Christ (Jean 15.15) ?

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