Baptême et sainte cène

Croître vers la maturité

Dès que l’enfant est né, il commence à croître. Son but est de dépasser l’enfance et de devenir adulte. Tel est aussi le but sur le plan spirituel : l’apôtre Paul appelle les chrétiens à tendre vers « l’état d’adulte dans leur union avec le Christ » (Col 1.28), le « stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ » (Ep 4.13 ; voir Col 4.12 ; Jc 1.4 ; 3.2).

La maturité est caractérisée par

1. La stabilité doctrinale : n’être plus « ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur » (Ep 4.14), n’être ni légaliste (lié par toutes sortes de règles alimentaires, vestimentaires ou rituelles (voir Romains 14) ; ni illuministe (c.-à-d. avoir une foi dépendante d’expériences extraordinaires : visions, révélations personnelles).

2. La stabilité émotionnelle : n’être plus dépendant de ses sentiments, marcher « par la foi et non par la vue » (2 Co 5.7). L’enfant et l’adolescent passent facilement d’une foi exubérante à une tristesse profonde, de l’exaltation enthousiaste à la « déprime ». L’adulte est moins dépendant des circonstances extérieures et psychologiques. Il s’appuie sur des faits. Pour le chrétien, les faits qui ne varient pas sont l’amour de Dieu témoigné en Jésus-Christ, l’assurance de son salut et l’espérance de la gloire future. C’est ce qui lui permet d’être « toujours joyeux » (Ph 4.4).

3. Le discernement : « Les adultes ont exercé leurs facultés à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal » (Hé 5.14). Ils ne s’arrêtent pas aux apparences et n’ont pas besoin de demander constamment : « Un chrétien a-t-il le droit de… ». Ils savent ce qui plaît au Seigneur et qui les fait progresser spirituellement.

4. Un amour authentique. Bénéficiaire de l’amour inconditionnel de Dieu pour lui, le chrétien fait aussi rayonner l’amour sur tous ceux qui l’entourent, à l’exemple de son « Père céleste qui fait luire son soleil sur les méchants comme sur les bons » (Mt 5.45). Il s’efforce d’aimer non pas « avec de belles paroles » mais « par des actes accomplis dans la vérité » (1 Jn 3.18 ; lire toute cette épître et 1 Co 13 pour connaître les caractéristiques du véritable amour).

5. Une pensée renouvelée. L’apôtre Paul écrit aux chrétiens de la province romaine d’Asie : « Vous ne devez plus vivre comme les païens, qui suivent leurs pensées vides de sens » (Ep 4.17), mais « être renouvelés par le changement de ce qui oriente votre pensée » (v. 23). « Laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée » (Rm 12.2) afin que toute pensée soit « captive pour obéir au Christ » (2 Co 10.5) ; « fixez vos pensées sur Jésus » (Hé 3.1) et sur « tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, tout ce qui mérite respect et louange » (Ph 4.8). Nos progrès vers une vie sainte se jouent avant tout dans le domaine de la pensée. Beaucoup de médias cherchent à orienter nos pensées vers « les choses de ce monde » (Col 3.19). Nous devons constamment lutter pour les garder attachées au Seigneur et à ce qui est important à ses yeux. Cette lutte implique une grande vigilance et un discernement éclairé par la Parole de Dieu dans l’usage des médias actuels. C’est elle qui est notre norme de ce qui est vrai, juste et important. À nous de nous brancher sur ce que les médias nous offrent de positif, qui nous fasse « grandir dans la foi ».

6. Un esprit de service. L’enfant est essentiellement égocentrique : il ne s’intéresse qu’à ce qui lui plaît et ce qui lui est utile. L’adulte pense aux autres, à leurs besoins et leurs désirs. Le chrétien sait que Dieu s’occupe de lui ; il peut donc concentrer ses pensées sur ce qui sera utile aux autres pour leur bien véritable.

7. La persévérance dans des situations difficiles. Le chrétien adulte ne jette pas « le manche après la cognée » lorsque des difficultés surviennent ; s’il est convaincu de devoir accomplir certaines tâches, il ne se laisse pas rebuter par les obstacles, les oppositions ou même la souffrance. Il persévère jusqu’au bout de son devoir. Il ne recherche pas la souffrance, mais si elle survient, il essaie de voir ce qu’il peut en apprendre et comment la porter pour qu’elle tourne à son progrès spirituel et à la gloire de Dieu.

Les deux principaux moyens que Dieu nous donne pour notre croissance sont sa Parole et la prière.

L’épée de l’Esprit

La Parole de Dieu est appelée « l’épée de l’Esprit », elle est la seule arme offensive dans l’armure du chrétien (Ep 6.17). Elle constitue pour nous une aide efficace contre la tentation. Jésus a répondu par trois fois au diable par des paroles des Saintes Ecritures (Mt 4.4, 7, 10). L’auteur du Psaume 119 demandait : « Comment, quand on est jeune, avoir une vie pure ? » Réponse : « C’est en se conformant à ta Parole. je garde ta Parole tout au fond de mon cœur pour ne pas pécher contre toi » (v. 9, 11).

« Il existe un passage de la Bible pouvant être opposé à chaque suggestion de Satan. Appliquez-vous à connaître l’Ecriture, et vous connaîtrez le bonheur de la victoire sur la tentation » (R. Cook).5

5 Maintenant que je crois Marseille La voix de l’Evangile 1979 p. 25.

Vous êtes tenté par une affaire lucrative mais douteuse ? « Que votre conduite ne soit pas guidée par l’amour de l’argent, contentez-vous de ce que vous avez présentement. Car Dieu lui-même a dit: Je ne te délaisserai pas, non je ne t’abandonnerai jamais » (Hé 13.5).

« Une richesse trop vite acquise se dissipe » (Pr 13.11). « Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6.19-21).

Tenté par une union (commerciale ou matrimoniale) avec un incroyant ? « Ne vous associez pas aux incroyants (littéralement : ne vous mettez pas sous un même joug — d’où le français a tiré le mot conjugal) avec eux » (2 Co 6.14).

Ou par une « aventure » sexuelle ? La réponse de Joseph à la tentatrice païenne a déjà retenu plus d’un de céder à la tentation : « Comment commettrais-je un acte aussi abominable et pécherais-je contre Dieu ? » (Gn 39.9).

Pour que le texte approprié se présente spontanément à la mémoire au moment de la tentation, il faut qu’il y ait été emmagasiné auparavant. Il le sera par une lecture régulière de la Bible. Lisez-la chaque jour, en priant Dieu de vous parler par elle, transformez immédiatement ce que vous lisez en prières de reconnaissance pour les promesses, ou de repentance si vous découvrez un péché qui est aussi en vous, ou de demande pour acquérir une qualité dont il est question. Sélectionnez un verset que vous copierez sur un papier qui vous accompagnera durant la journée pour le méditer et le mémoriser.

Profitez du temps que vous avez gagné en renonçant à des occupations frivoles pour lire en grandes tranches des livres bibliques entiers. Notez-en le thème principal et la marche de la pensée. Parlez à d’autres de ce que vous avez découvert dans la Parole. Il peut être utile d’avoir sous la main un stylo et un carnet pour noter les idées que la lecture biblique nous suggère, surtout les décisions que nous avons prises (pour ne pas les oublier). Nous pouvons aussi annoter notre Bible de différentes couleurs (promesses, commandements, ce que Dieu fait, ce qu’il attend de nous, exemples positifs, négatifs, grands thèmes bibliques: foi, espérance, amour, salut, sanctification…).

D’une façon générale, la lecture nous permet à bon compte de nous former et de progresser dans la connaissance. À côté des bons livres de la littérature mondiale qui nous apprennent à connaître l’homme et des livres de science qui nous font mieux apprécier l’œuvre du Dieu Créateur, lisez aussi des livres chrétiens (biographies d’hommes de Dieu, méditations, commentaires bibliques). C’est l’un des meilleurs moyens de progresser dans la foi et dans la connaissance du plan de Dieu.

Priez sans cesse

Par la Bible, Dieu nous parle. Il attend notre réponse : dans la prière, nous avons le privilège de parler à Dieu. Par sa Parole, Dieu nous a enseigné, encouragé, averti, repris. Nous lui répondons par « toutes sortes de prières et de requêtes sous la conduite de l’Esprit » (Ep 6.18). « L’Esprit vient nous aider dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède en gémissant d’une manière inexprimable » (Rm 8.26).

Laissez-le vous guider vers les sujets qui lui tiennent à cœur. Il vous conduira sans doute en premier lieu vers une prière d’adoration et de louange, car sa fonction première est de glorifier Jésus (Jn 16.14). « Par Jésus, offrons donc en tout temps à Dieu un sacrifice de louange qui consiste à célébrer son nom » (Hé 13.15). Si vous ne savez pas comment louer Dieu, inspirez-vous des psaumes (dont le recueil tout entier s’appelle « louanges » en hébreu). L’œuvre de Dieu dans la nature et dans l’histoire du salut est une autre mine inépuisable de sujets de louange.

Proche de la louange est l’action de grâces ou prière de reconnaissance pour tous les bienfaits spirituels et matériels dont nous sommes comblés. « N’oublie aucun de ses bienfaits » nous exhorte le Psaume 103, « car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, c’est lui qui te guérit de toute maladie, qui t’arrache à la tombe. C’est lui qui te couronne de tendresse et d’amour, et qui te comble de bonheur tout au long de ton existence » (v. 3-5). Si vous commencez chaque matin en remerciant Dieu pour cinq ou dix bienfaits, vous partirez d’un bon pied dans la journée.

Se placer devant la sainteté de Dieu nous amènera immanquablement à prendre conscience de notre indignité et notre péché. Nous le confessons à Dieu par des prières d’humiliation. C’est aussi l’une des fonctions de l’Esprit de nous « convaincre de péché » : péchés d’omission et de commission que nous serons amenés à confesser de façon très précise : « Seigneur, je te confesse que j’ai parlé durement à X cet après-midi, j’ai agi de manière égoïste envers Y, je n’ai pas prêté attention aux besoins de Z... Pardonne-moi ! » Peut-être faudra-t-il aussi le confesser à la personne impliquée.

Un péché non confessé est un obstacle à l’exaucement de nos prières. David le dit dans le Psaume 66 : « Si j’avais gardé dans mon cœur des intentions coupables (ou : le péché), Dieu ne m’aurait pas écouté » (v. 18).

Les requêtes et les supplications sont probablement la forme la plus courante de la prière. Elles sont conformes à la volonté de Dieu : « Je recommande en tout premier lieu, dit Paul, que l’on adresse à Dieu des demandes, des prières, des supplications et des remerciements, pour tous les hommes » (1 Timothée 2.1). « En toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance » (Ph 4.6).

A côté des prières pour nous-mêmes, la Parole de Dieu nous demande aussi d’intercéder pour les autres : pour le salut des non-croyants, l’édification des croyants (Jn 5.16) et le ministère des serviteurs de Dieu (Ep 6.19 ; Col 4.3  1&bsp;Th 5.25). Après quelque temps de vie chrétienne, le nombre des personnes pour lesquelles vous désirerez intercéder sera si grand que vous éprouverez le besoin d’en faire la liste pour ne pas oublier certaines d’entre elles. Vous pourrez alors répartir votre intercession sur plusieurs jours.6.

6 Voir le chap. « Priez les uns pour les autres » dans A. Kuen, Les uns les autres, pp. 139-152.

Le conseil de l’apôtre : « Priez sans cesse » (1 Th 5.17) se comprend le mieux si nous le traduisons par : « Soyez sans cesse dans un esprit de prière », louant Dieu, demandant, intercédant dès que nos occupations nous le permettent, reprenant le dialogue intérieur à chaque moment libre.

Des chrétiens expérimentés nous conseillent : « Ayez une heure et un lieu réservés pour votre prière journalière. Quelqu’un disait avec raison : Si vous n’avez pas un moment spécial pour la prière, vous n’aurez bientôt plus le temps de prier… Evitez les formules toutes faites et les vaines redites… quand vous avez prié, attendez-vous à recevoir une réponse » (R. Cook).7

7 Maintenant que je crois Marseille La voix de l’Evangile 1979 pp. 49-51.

Lorsque les disciples ont demandé à Jésus de leur apprendre à prier (Lc 11.1), il leur a donné, comme prière-modèle, le Notre Père qui contient les thèmes principaux de toute prière : la louange (Mt 6.9, 13b), l’attente du Règne de Dieu (v. 10), la requête (v. 11, 13a), la confession des péchés et la demande de pardon (v. 12). L’intercession peut être comprise dans le v. 10. Jésus ne voulait évidemment pas que nous récitions machinalement cette prière et encore moins que nous la rabâchions plusieurs fois de suite puisqu’il l’introduit par l’avertissement : « Dans vos prières, ne rabâchez pas des tas de paroles, à la manière des païens; ils s’imaginent qu’à force de paroles, Dieu les entendra. Ne les imitez pas, car votre Père sait ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez » (v. 7-9).

Nous pouvons la réciter phrase par phrase en y intercalant les louanges et les requêtes que cette phrase nous suggère. Nous pouvons aussi la recopier sur une colonne en réservant l’autre à une analyse des thèmes-clés de la prière et des compléments personnels s’insérant dans ce thème.

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant