Le roi de Jérusalem apprit la manière dont Josué avait traité Jéricho et Aï et que les habitants de Gabaon avaient fait la paix avec les Israélites. Il fallait punir ces traîtres qui rendaient Jérusalem vulnérable du côté septentrional et stopper l’avancée des Israélites vers le sud. Cette menace précipita une alliance entre le roi de Jérusalem et ceux d’Hébron, de Yarmouth, de Lakich et de Eglôn. Les Lettres d’Amarna indiquent que Jérusalem était le centre de l’activité politique de la région au 14e siècle, toujours consciente de sa propre sécurité. Les cinq rois amoréens cités formèrent donc une coalition et marchèrent à la tête de leurs armées contre Gabaon (10.5). Ils établirent leur camp devant la ville. Les Gabaonites assiégés envoyèrent des messagers à Josué, lui demandant de venir à leur secours : puisqu’ils avaient fait alliance avec eux, ils devaient donc les protéger.18
18 L’archéologie n’a-t-elle pas prouvé que la ville de Gabaon n’existait pas encore du temps de Josué ? Voir EDB 2 sur Josué 9.3.
« Josué vint depuis Guilgal avec toute son armée et ses plus vaillants guerriers » (10.7). Cette fois-ci Josué ne refit pas la même faute : il demanda l’avis de l’Eternel, qui lui répondit : « N’aie pas peur de ces rois, car je te donne la victoire sur eux ; aucun d’eux ne pourra te résister » (v. 8). Après avoir marché toute la nuit depuis Guilgal et avoir parcouru une trentaine de kilomètres, Josué tomba sur les rois amoréens à l’improviste, il leur fit essuyer une grande défaite et les poursuivit sur la montée de Beth-Horôn (pendant deux heures). Les Amoréens s’enfuirent vers Azéqa à une vingtaine de kilomètres de Beth-Horôn. Sur la descente abrupte depuis le col, Josué poursuivit encore les fuyards pendant que l’Eternel fit pleuvoir d’énormes grêlons sur eux. « Ce jour-là où l’Eternel donna aux Israélites la victoire sur les Amoréens, Josué s’écria devant tout Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon ! Et toi, lune, fais halte sur la vallée d’Ayalôn ! » (v. 12).
Cette prière hardie fut exaucée : « Et le soleil s’arrêta, la lune suspendit son cours jusqu’à ce que la nation d’Israël eût réglé ses comptes avec ses ennemis. C’est bien ce qui est écrit dans le livre du Juste. Le soleil s’immobilisa au milieu du ciel et différa son coucher pendant environ un jour entier » (v. 13).
Ce miracle a suscité de nombreux débats parmi les exégètes. Différentes solutions ont été proposées :
19 Voir EDB 2 sur Josué 10.12-13 qui évoque et discute les différentes solutions.
Le langage du texte demande clairement un miracle (v. 13). Ce jour fut unique dans toute l’Histoire (v. 14). Il ne faudrait donc pas que les explications effacent ce caractère miraculeux et unique. La victoire écrasante fut enregistrée dans le livre du Juste, qui est peut-être le même que le livre des guerres de l’Eternel (Nombres 21.14). « Après cela, Josué et toute l’armée d’Israël regagnèrent le camp de Guilgal » (v. 15). Guilgal est resté leur base d’opération permanente, bien que d’autres cités importantes aient été conquises.
Les conséquences de cette victoire nous sont détaillées dans les v. 16-43.
La première conséquence fut la capture et l’exécution des rois vaincus (v. 16-21).
Grâce à l’intervention de l’Eternel, la coalition amoréenne fut détruite par la pluie de grêlons et l’épée des Israélites. Les cinq rois s’enfuirent de la bataille et se cachèrent dans la caverne de Maqqéda. On les découvrit mais, pour ne pas retarder les opérations militaires contre leurs armées, on les enferma dans cette caverne par une grosse pierre, quelques hommes montant la garde à l’entrée. Les Israélites exterminèrent leurs ennemis, à part quelques-uns qui purent se réfugier dans leurs cités fortifiées. A la fin, on fit sortir les rois, les chefs des soldats posèrent leurs pieds sur leurs nuques, puis on les exécuta.
Josué poursuivit la conquête de la partie sud du pays en détruisant les villes de Maqqéda, Libna, Lakich, Eglôn, Hébron et Debir. Toute la partie sud du pays fut conquise (v. 40) suivant l’ordre de l’Eternel et avec son aide.20
20 Comment justifier ces guerres d’extermination ? Voir EDB 2 p. 23-25. Est-il possible qu’un Dieu d’amour ordonne de tels massacres ? Voir EDB 2 p. 25-26.