Espoir pour le cœur troublé

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Comment aider les gens qui souffrent

Pour réconforter, il n’est pas nécessaire de parler beaucoup. Il suffit d’écouter, de comprendre et d’aimer.
Paul Tournier

Un philosophe de l’Antiquité, le plus sage de son temps, écrivit ces mots : “Deux hommes associés sont plus heureux qu’un homme solitaire. A deux ils tirent un bon profit de leur travail. Si l’un d’eux tombe, l’autre le relève. Par contre celui qui est seul est bien à plaindre, car s’il tombe il n’a personne pour le relever” (Ecclésiaste 4.9-10).

Les gens qui souffrent sont des gens seuls. Il leur semble que le monde continue et que personne ne se soucie d’eux. On a dit que la solitude est le mal de notre siècle. La solitude se voit sur les lits d’hôpitaux et au foyer de la femme dont le mari passe plus de temps au travail qu’à la maison. La solitude frappe les divorcés et les enfants qu’on laisse derrière soi. Elle isole les personnes âgées et dépersonnalise le pauvre. La ville est souvent l’endroit le plus solitaire du monde.

David Jeremiah écrit :

“Qu’est-ce que la solitude ? Quelques-uns la décrivent en termes physiques. C’est la sensation de vide au creux de son estomac, qui donne presque envie de vomir. D’autres la décrivent comme angoisse latente, ‘un grand trou noir’. Certains disent qu’elle est une douleur aiguë lors d’un deuil ou d’une séparation. Pour d’autres c’est une longue période de stress qui les use jusqu’au découragement et à la défaite.”1

1 David Jeremiah, Overcoming Loneliness (San Bernadino, Calif. : Here’s Life Publishers, 1983), 12.

Les gens seuls, les gens qui souffrent ont besoin de quelqu’un qui les aide. Pour les encourager, les soutenir, leur laisser savoir qu’ils ne sont pas seuls. Qui sont les conseillers, les consolateurs au moment où nous sommes en hémorragie et avons besoin d’une transfusion d’amour ?

Nous pouvons dire que Dieu est notre Consolateur, mais ça ne nous dégage pas de notre responsabilité. Il nous a confié une tâche particulière. L’apôtre Paul dit : “Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père qui est plein de bonté, le Dieu qui accorde le réconfort en toute occasion ! Il nous réconforte dans toutes nos souffrances, afin que nous puissions réconforter ceux qui passent par toutes sortes de souffrances en leur apportant le réconfort que nous avons nous-mêmes reçu de lui” (2 Corinthiens 1.3-4).

Nous n’avons pas besoin d’être psychologues ou experts en relation d’aide ou pasteurs pour réconforter les autres. Tôt ou tard nous serons appelés à être des consolateurs. Même un enfant peut consoler par une caresse et le chien quand il lèche son maître.

Sommes-nous réceptifs ?

Est-ce que celui ou celle qui souffre se sent libre de nous approcher et de nous confier son problème, pleurer sur notre épaule si nécessaire, ou de demander du secours ? Ou bien changeons-nous de sujet, racontons-nous une blague ou citons-nous un verset biblique pour arranger les choses ?

Lise était jeune épouse quand elle invita Janine, une femme de carrière chrétienne plus âgée, à venir déjeuner avec elle. Lise était très troublée et avait besoin d’aide. Janine, quant à elle, était confrontée tous les jours à beaucoup de problèmes dans son travail et les réglait du revers de la main. Au lieu de se montrer sensible à la situation de Lise, elle reprit de vieux clichés comme : “Tu vas voir, tout va s’arranger !” et “Il faut regarder aussi le beau côté des choses !” Il n’y a rien de mauvais dans ces clichés, sauf que Lise avait besoin de quelqu’un qui l’aide à reprendre courage et non qui lui sert des phrases toutes faites. Celles-ci ajoutent à son fardeau déjà lourd un sentiment de culpabilité face à son découragement.

Si les gens se sentent à l’aise de nous confier leurs problèmes, ça signifie que nous sommes réceptifs. La confidentialité constitue l’essence de la confiance. Si nos amis non chrétiens ne sentent pas qu’ils peuvent nous confier leurs souffrances, nous ne pourrons sans doute jamais les aider à comprendre qu’ils ont besoin de Jésus-Christ.

Sommes-nous disponibles ?

“Après le décès de mon mari, je vis des gens que je connaissais depuis des années faire semblant de pas me voir au supermarché, ou changer de côté de rue aussitôt qu’ils me voyaient arriver. Je me sentais comme si j’avais la lèpre.” C’est ainsi qu’une femme décrivit son sentiment d’isolement alors qu’elle avait tant besoin de conversation et de réconfort. Quand nous évitons volontairement certaines personnes, c’est que souvent nous ne savons que dire. Cette réaction manifeste de l’insensibilité et blesse les personnes qui souffrent. N’ayez pas peur de ces personnes. Si elles ne veulent pas vous parler, vous vous en apercevrez tout de suite. Il y a plus de chances qu’elles désirent que quelqu’un les écoute. A l’intérieur, elles vivent peut-être ce que le psalmiste exprima en ces mots : “Fais-moi la grâce de te tourner vers moi, Seigneur, car je suis seul et misérable” (Psaume 25.16).

Il est difficile d’être disponible, parce qu’il faut du temps, mais même avec notre disponibilité limitée, la sensibilité que nous pouvons manifester aux autres nous apportera de grandes joies. Ce que nous disons pour réconforter les gens pendant l’épreuve ne compte pas autant que notre réceptivité à leur problème et notre disponibilité.

Après le décès de mon beau-père, ma belle-mère devint invalide à la suite d’une embolie et fut confinée à une chaise roulante. Elle parlait ensuite avec difficulté. Des amies et des voisines lui rendirent visite pour la réconforter. Celles qui l’ont le plus aidée sont celles qui ont le moins parlé. Elles aussi étaient veuves. Elles ne l’ont qu’entourée de leurs bras et versé quelques larmes avec elle. Ma belle-mère s’est sentie réconfortée. Un jour un groupe de collégiens arriva d’un collège voisin. Ils se rassemblèrent autour d’elle et s’assirent sur le plancher ; accompagnés à la guitare, ils se mirent à chanter des cantiques. Ce fut tout.

Philip Yancey raconte l’histoire d’un homme qui, après avoir appris la tragédie d’une famille, sans pourtant dire un seul mot, communiqua ses émotions avec une telle éloquence qu’on aurait pu en écrire des livres et des livres.

“Beethoven, qui n’avait pas la réputation d’un être très sociable, à cause de sa surdité, trouvait difficile et humiliant de tenir des conversations. Un jour, lorsqu’il apprit la mort du fils d’un ami, écrasé de douleur, il se précipita chez cet homme. Il n’avait aucune parole de réconfort à offrir. Mais il vit un piano dans la pièce. Il joua pendant une demi-heure épanchant ses émotions de la façon la plus vibrante qu’il connût. Quand il eut fini de jouer, il partit. Plus tard cet ami déclara qu’aucune autre visite ne lui avait fait plus de bien.”2

2 Philip Yancey, Helping the Hurting (Portland, Oreg. : Multnomah Press, 1984), 9.

Pendant la Guerre du Golfe, Isaac Stern dirigeait l’orchestre symphonique à Tel Aviv. Soudain, les sirènes se mirent à hurler, alertant tout le monde d’une attaque imminente de missiles irakiens. Craignant la présence de gaz toxiques dans ces missiles, le gouvernement israélien avait distribué des masques à gaz à tout le monde. Aussi, au beau milieu du concert, les spectateurs prirent leur masques et les mirent. Tous en portaient, sauf le maestro. On n’oublie pas facilement le tableau qui apparut sur nos écrans de télévision : Isaac Stern se démenant avec cœur devant un auditoire de masques sans visages.

Etre disponible n’est pas une affirmation, c’est une action.

N’ajoutez pas à la souffrance

Parfois au lieu d’aider les gens, nous leur nuisons. Il se peut que nous les blessions délibérément mais il arrive aussi que ce soit involontaire. On accuse certaines églises “d’achever leurs blessés”. C’est ce qui arrive par exemple lorsqu’on met tout le poids de l’échec conjugal sur l’un des conjoints. Un enfant décide de se rebeller et ce sont les parents qui reçoivent le blâme. Un homme d’affaires déclare faillite, et les gens commence à douter de son intégrité. Il y a tant de manières d’ajouter à la souffrance des gens.

Antoine avait fait une très vilaine chute et s’était cassé le cou. Pendant plus d’une semaine, on ne savait pas s’il demeurerait paralysé ou non. Il avait l’air misérable dans son lit avec des aiguilles de métal à travers le crâne, entouré de sacs de sable, le visage plein de cicatrices et enflé. La famille craignait que le père ne guérisse et avait aussi besoin de soutien moral.

La fille raconta :

Les gens de l’église vinrent nous rendre visite et aussitôt qu’ils virent Papa, le choc de cette vision leur fit abréger leur visite. Ils me tapotèrent sur l’épaule et se dirigèrent vers la porte aussi rapidement qu’ils purent. Nous avions l’impression qu’ils étaient venus simplement parce que “c’était la chose à faire”.

Mais un homme qui n’était pas chrétien vint aussi. C’était un pauvre immigrant, pas très éloquent, mais quelqu’un à qui Papa avait parlé du Seigneur. Il entra dans la chambre et dit simplement : “Je sais que votre Dieu prendra soin de vous.” Il regarda ensuite mon père, lui prit la main, puis sortit. Mais il revint tous les jours et, chaque fois, répétait les mêmes paroles. Il nous réconforta parce qu’il partagea avec nous la foi que nous savions que notre père avait.

La douceur nous épanouit tandis que la rudesse nous fait sécher. Peu de chrétiens sont délibérément rudes, mais quelques-uns ne se rendent pas compte de l’effet qu’ils peuvent avoir par l’attitude ou le ton qu’ils prennent. Quelqu’un a dit : “La chose la plus gentille que nous puissions faire pour notre Père dans les cieux est d’être gentil avec un de ses enfants.” Comme c’est vrai ! Car je sais combien j’apprécie les gens qui sont gentils envers un de mes enfants.

La médisance est une autre façon de blesser les autres. “Que les absents puissent toujours se sentir en sécurité avec nous” est une devise à retenir. Même dans les réunions de prière, la médisance peut se transmettre sous forme de prières.

Nous ajoutons à la souffrance lorsque nous critiquons. La critique a un effet blessant chez les gens, surtout nos enfants. Ils ont besoin de conseils et de correction, mais une critique continuelle détruira leur esprit et compromettra leur réussite.

Le Dr James Dobson a aidé beaucoup de parents et d’enseignants à comprendre comment on doit élever ses enfants dans la voie qu’ils doivent suivre. Son livre, Osez Discipliner est devenu un classique :

“Trop souvent les directives parentales consistent en un million de ‘ne fais pas’ qui étouffent l’enfant. Nous devrions passer plus de temps à le récompenser pour la conduite que nous admirons, même si notre ‘récompense’ n’est rien de plus qu’un compliment sincère. Le parent sage se souvient que l’enfant a besoin d’estime de soi et d’acceptation et cherche à satisfaire ces besoins essentiels tout en les utilisant pour enseigner des valeurs et des comportements.”3

3 Dr. James Dobson, Osez Discipliner (Éditions Télos, France).

Dans sa prière pour son fils Salomon, David dit : “Qu’on prie pour lui en tout temps ; qu’on demande tous les jours à Dieu de le bénir” (Psaume 72.15). Quelle bonne suggestion pour les parents ! La prière continuelle et la bénédiction quotidienne. La négligence de nos enfants peut causer plus de mal que nous ne sommes en mesure de réparer.

Le manque d’encouragement constitue la façon la plus courante de blesser les autres. Il y a tellement de souffrances que les circonstances et le monde nous infligent que nous avons constamment besoin d’être encouragés.

Ma mère avait le don d’encourager. Dans mon livre Face à la Mort, j’écrivis :

“Mère me disait toujours de prêcher l’Evangile en toute simplicité. Deux semaines avant de rejoindre son Seigneur, elle me répéta la même exhortation. Je dis : ‘Mère, je vais prêcher sa naissance, sa mort et sa résurrection. Je prêcherai cela jusqu’à son retour.’

Elle serra ma main et reprit : ‘Je le crois.’

Quelle bénédiction pour les parents de croire en leurs enfants.”

Une autre façon de blesser les gens est d’être trop occupé. Trop occupé pour remarquer leurs besoins. Trop occupé pour laisser une note de réconfort ou d’encouragement ou d’amitié ; pour écouter quelqu’un qui a besoin de parler ; pour simplement avoir compassion. Quand Alan Redpath était pasteur de l’église Moody de Chicago, il avait cette devise sur le mur de son étude : “Gare à la stérilité d’une vie trop occupée.”

Il est étonnant de constater comment on peut blesser les autres, surtout nos proches. Nous voyons des exemples très fréquents de manières subtiles et moins subtiles que les femmes emploient pour humilier leurs maris et vice versa. Un incident me fut raconté à propos d’une femme qui réprimandait constamment son mari au sujet de son poids. Ils allèrent à un dîner dans un foyer où il y avait d’autres invités présents. L’hôtesse servit le dessert, une mousse au chocolat qui avait l’air délicieuse. La femme regarda la mousse, prit la salière qui était restée sur la table et se mit à saler le dessert de son mari. “Maintenant tu ne seras plus tenté”, lui annonça-t-elle d’un ton suffisant. J’ai entendu dire ensuite qu’ils avaient divorcé.

Un incident qui amusa beaucoup Ruth dans son enfance fut la fois où deux missionnaires durent traverser Shangai et demeurer au “Foyer Missionnaire,” alors dirigé par deux dames anglaises. Ces visiteurs, étaient le Dr Patterson, une femme assez énorme, accompagnée de son mari, un homme mince et frêle. Celui-ci ne se sentait pas bien à cause d’allergies à certains aliments que sa femme savait qu’il ne devait pas manger. La dame qui dirigeait le Foyer s’indignait de plus en plus en s’apercevant que cette femme enlevait tout ce qu’on servait de bon à son mari et le mangeait. M. Patterson avait un grand sens de l’humour. Il avait remarqué l’indignation croissante de l’hôtesse. Un jour lorsque le dessert fut servi, il réjouit et contenta cette dernière en avalant son dessert avant que sa femme pût intervenir, même s’il savait qu’il en tomberait malade et le paierait cher plus tard !

Un sens de l’humour bien développé nous aide à oublier les inconvenances, à comprendre la marginalité, à tolérer le désagréable, à surmonter l’inattendu et à survivre à l’intolérable.

Nous ne gagnons jamais à blesser les autres. Parfois nous essayons d’élever notre propre personne en écrasant et en humiliant ceux qui nous entourent. Pourtant ce geste ne produit qu’un faux sentiment d’estime de soi.

La Bible nous enseigne à nous préoccuper davantage des besoins et des sentiments des autres que des nôtres. Nous devons encourager nos proches, nos amis et nos associés ou collègues et les aider à prendre confiance en eux-mêmes. Le vrai serviteur de Dieu est celui qui aide l’autre à réussir. “Ainsi, encouragez-vous et fortifiez-vous les uns les autres” (1 Thessaloniciens 5.11). Quelqu’un a dit : “On ne peut jamais dire une bonne parole trop tôt, car on ne sait jamais quand ce ‘trop tôt’ deviendra trop tard.”

Portez les fardeaux les uns des autres

Bob Pierce savait ce que c’était que de porter les fardeaux d’un autre. C’était un des hommes les plus remarquables que j’ai connus, un grand bienfaiteur évangélique, cofondateur du mouvement Jeunesse pour Christ, fondateur de Vision Mondiale, et plus tard dans sa vie, fondateur de la Bourse du Samaritain, que dirige maintenant mon fils Franklin. J’ai aimé et admiré cet homme étonnant qui était l’ami du ‘petit’ peuple, des oubliés, des gens qui souffrent sans être entendus, sauf par les tribunaux du ciel.

Il dit un jour à Franklin :

“Le seul critère que j’avais pour m’assurer dans quel projet je devais m’engager était : “Que ferait Jésus à ma place ? S’agit-il de quelque chose que Dieu voudrait voir accomplir ?” En fin de compte, ça se résume à ce que j’ai écrit dans ma Bible sur l’île Kojedo : “Que mon cœur soit brisé par ce qui brise le cœur de Dieu !”

Je me souviens d’une histoire au sujet de Bob Pierce qui illustre bien comment on peut porter les fardeaux d’un autre. “Bornéo Bob” Williams était missionnaire et avait commencé des centaines d’églises au Kalimantan, qui fait maintenant partie de l’Indonésie. Bob Pierce se mourait de leucémie, et, sachant qu’il n’avait qu’un peu de temps à vivre, se rendit au Kalimantan pour faire ses adieux à Bornéo Bob. Voici l’histoire :

Pendant qu’il était au Kalimantan, en route vers la rivière, il remarqua une jeune fille étendue sur un lit de bambous. Il demanda à Bob Williams ce qu’elle faisait là. Et lui de répondre qu’elle mourait du cancer et n’avait plus que quelques jours à vivre. La colère de Bob s’enflamma : “Pourquoi est-ce que cette fille est ici dans la boue au lieu d’être à la clinique dans une belle chambre propre ?” s’écria-t-il.

Bornéo Bob lui expliqua que cette jeune fille venait de la jungle et préférait rester près de la rivière où il faisait plus frais, qu’elle avait demandé à être placée là pour la journée. Bob Pierce eut le cœur brisé. Il alla auprès de la fille, s’agenouilla à ses côtés, lui tint la main, et, lui frottant le front gentiment, il pria pour elle. Après sa prière, elle leva les yeux et lui dit quelque chose. Il se tourna vers Bornéo Bob, qui traduisit ce qu’elle avait dit, expliquant que la douleur intolérable l’empêchait de dormir : “Si au moins je pouvais dormir, si au moins je pouvais encore dormir !” Bob Pierce se mit à pleurer, parce que lui-même était atteint de leucémie et qu’il lui restait moins d’un an à vivre ; il savait ce que c’était que de ne pas pouvoir dormir. Il fouilla dans sa poche et saisit sa bouteille de pilules pour dormir. Il la remit à Bob Williams et dit : “Assure-toi qu’elle dorme bien la nuit à partir de maintenant.” Le docteur Bob savait qu’il faudrait encore dix jours pour atteindre Singapour et remplacer ses médicaments, il savait qu’il venait de sacrifier dix nuits de sommeil pour cette petite fille.4

4 Franklin Graham avec Jeanette Lockerbie, Bob Pierce (Waco, Texas. : Word Publishing, 1983), 77, 180.

Quand le Bon Samaritain trouva un homme pillé, battu et laissé pour mort, il ne continua pas son voyage pour ensuite “rapporter l’accident.” Il ne composa pas le numéro d’urgence 911 pour ensuite quitter la scène ; il ne paya pas non plus quelqu’un d’autre pour qu’il retourne s’occuper de la victime. Le Samaritain prit sur lui d’intervenir.

Il porta doucement la victime sur sa propre monture et se dirigea vers Jéricho. En atteignant la ville, il trouva un endroit où rester, et s’occupa du blessé. Le jour suivant, il fit des arrangements avec l’aubergiste pour s’acquitter de tous les frais encourus par son protégé.

Voilà ce que signifie porter les fardeaux des autres. Il est si facile de donner à un organisme de charité ou à un ministère et d’en ressentir une satisfaction personnelle. Il n’est pas si facile d’aller soi-même accomplir l’acte charitable. Il est plus facile de donner à quelqu’un d’outre-mer que d’apporter un plat à son voisin.

Que Dieu nous donne la sensibilité de reconnaître les besoins de ceux qui nous entourent et de tendre la main pour les secourir.

Priez pour ceux qui souffrent

Une simple prière, un verset qui vous a touché, ces choses peuvent apporter un grand réconfort aux personnes qui souffrent. La Parole de Dieu, c’est “là où nous trouverons la grâce nécessaire pour être secourus au bon moment” (Hébreux 4.16).

Plutôt que de prodiguer des conseils, il serait beaucoup plus utile aux chrétiens de partager les promesses de Dieu. La parole de Dieu est source de grand réconfort dans les périodes de stress. Si vous avez du mal à vous souvenir des versets appropriés, il existe des petits livrets que vous pouvez mettre dans votre poche ou votre sac à main qui vous suggèrent des textes bibliques pour différentes situations.

Je me souviens d’un temps à la fin de mon adolescence où je tombai amoureux pour la première fois. Ce premier amour me semblait très réel ; bien que nous fussions beaucoup trop jeunes, nous parlions même de mariage. Puis elle sentit que le Seigneur la conduisait vers un autre jeune homme, l’un de mes meilleurs amis. Je crus que mon cœur allait éclater ; alors j’allai voir un pasteur que je connaissais pour qu’il m’aide. Il lut 2 Corinthiens 1.3-4, 6. Ce passage ne nous dit pas seulement que nous sommes réconfortés dans l’épreuve, mais que nos épreuves nous équipent pour en réconforter d’autres. Ces paroles de l’apôtre Paul me furent d’un grand bien, comme pour bien d’autres aussi. Le Seigneur savait que ce “premier amour” n’était pas sa volonté pour ma vie et que je trouverais en Ruth la parfaite compagne pour moi.

Les platitudes pieuses ne sont d’aucun secours

Un déluge de versets bibliques au mauvais moment peut faire plus de tort que de bien. Débiter des versets comme “Considérez-vous comme très heureux quand vous avez à passer par toutes sortes d’épreuves” à quelqu’un qui traverse un moment très difficile ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. On a besoin de temps pour comprendre ce qui est arrivé, se rendre compte des dommages physiques et émotifs. La phrase “Dieu doit t’aimer beaucoup pour t’envoyer une telle épreuve” est tout à fait contre-indiquée.

Nous devons d’abord construire un climat de confiance par l’écoute chaleureuse et la compassion. Votre ami ne connaît peut-être pas le Seigneur, et vous vous sentez mal à l’aise de lui parler de Dieu comme de celui qui réconforte parfaitement. Vous pouvez dire : “J’aimerais pouvoir faire plus pour toi. Quand le cœur t’en dira, laisse-moi t’inviter à déjeuner.”

Si vous ne pouvez trouver d’exemples dans votre vie qui puissent aider celui qui souffre, Jésus sera toujours l’exemple par excellence. Il connut des gens qui le trahirent. Il sait ce que c’est que de souffrir. Vous pouvez expliquer à votre ami comment entrer en relation avec lui. Priez pour avoir les paroles justes, priez pour avoir la bonne manière de réconforter. Priez, ne prêchez pas.

Qui réconforte le mieux ?

Celui qui a souffert le plus est souvent le plus apte à réconforter les autres. Je connais des pasteurs dont les ministères ont été enrichis par la souffrance. A travers leurs épreuves, ils ont appris à vivre au travers des difficultés des gens de leur église.

Celui qui a vécu la même sorte de souffrance est plus apte à conseiller. Cependant, la phrase “Je sais comment tu te sens !” est d’habitude inutile et souvent mal venue. Personne ne sait exactement comment l’autre se sent. Un couple qui avait perdu leur fils aîné dans un accident essaya de réconforter un autre couple dont l’enfant était mort à la suite d’une longue maladie. Le réconfort n’agissait que pour la perte commune et non pour les circonstances. Mieux vaut dire : “Je ne sais pas ce que tu ressens, je ne peux me mettre à ta place, mais voici comment moi, j’ai obtenu du réconfort…” Nos souffrances sont peut-être dures à supporter, mais elles nous enseignent des leçons qui, à leur tour, nous équipent et nous rendent aptes à aider les autres.

Seul l’Esprit de Dieu peut vraiment guérir le cœur brisé, mais nous pouvons faire partie du processus de guérison. Nous n’avons pas à être prêtres ou prédicateurs, spécialistes en relation d’aide ou psychiatres pour réconforter les autres. Nous devons seulement être disponibles, comme Christ l’a été pour nous. Quand il réconforta ses disciples avant de les quitter, ils étaient perdus, inquiets et effrayés. Il dit : “De même, vous êtes tristes, vous aussi, maintenant, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et personne ne pourra vous enlever votre joie” (Jean 16.22).

Notre attitude envers ceux qui souffrent ne devrait pas être : “Serrez les dents et prenez patience,” espérant que cela passera aussi vite que possible. Notre but devrait être d’apprendre tout ce que nous pouvons à partir de nos propres problèmes, de façon que nous puissions remplir un ministère de réconfort, comme Jésus a fait. “Et maintenant, il peut venir en aide à ceux qui sont tentés, parce qu’il a été tenté lui-même et qu’il a souffert” (Hébreux 2.18).

Nous sommes entourés de gens qui souffrent. Certains peuvent porter un masque, mais derrière il y a le vrai visage meurtri. Sommes-nous réceptifs et disponibles, même lorsque nous souffrons nous aussi ? Dieu ne nous réconforte pas pour nous donner une situation confortable, mais pour que nous puissions à notre tour en réconforter d’autres.

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