Re-naître

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VIVRE ET CROÎTRE

« Après avoir réfléchi pendant trois jours, j’ai vu que j’avais besoin de Jésus-Christ et je l’ai reçu dans mon cœur. Maintenant que j’ai confié ma vie à Jésus- Christ, je fonctionne avec une énergie nouvelle fournie par Dieu. »

Qui a écrit cela ? Un pauvre paumé, tout au bas de l’échelle, luttant pour découvrir son identité ? Nullement. Un charmant garçon, un jeune athlète dont est fière l’université de la Californie méridionale, John Naber, internationalement connu pour ses quatre médailles d’or aux épreuves de natation aux Jeux olympiques de 1976. John Naber, à la recherche d’un but pour y consacrer sa vie, vint à l’une de nos réunions et commença par découvrir qu’il lui fallait Jésus. Il est né de nouveau.

Bien d’autres célébrités, spécialement dans le domaine des sports, mais aussi dans le monde de la politique, des affaires ou du spectacle, racontent l’expérience qu’elles ont faite quand le Christ leur a donné de vivre. Quoique ces récits soient très exaltants, le « novice » court de grands dangers (comme je l’ai déjà montré) parce qu’il est très peu enraciné dans la Parole de Dieu. Pourtant je ne puis que me réjouir de savoir que ces personnages ont fait l’expérience de la nouvelle naissance et je pense que Dieu a précisément accompli son œuvre dans la vie de gens influents, de gens de talent, dans le monde entier. Beaucoup d’entre eux ont été le moyen de la conversion de bien des personnes. Un journaliste a dit récemment dans un de ses articles : « Partout on aperçoit à l’heure actuelle un réveil de l’intérêt pour la religion », et il cite un bon nombre de gens très haut placés « qui racontent avec précision comment, à un certain moment, ils ont fait demi-tour », et, ajoute-t-il, « ils ont des histoires incroyables à propos de ce qu’ils nomment leur nouvelle naissance. Certains prétendent avoir rencontré le Christ. D’autres ont ressenti comme un électrochoc. Dans tous les cas, les nouveaux croyants ressentent dans cette expérience beaucoup d’amour et de joie ».

Dean Jones, un vétéran des films de Walt Disney, a écrit : « J’étais acteur dans une tournée estivale et je me trouvais dans un hôtel du New Jersey, quand je suis monté dans ma chambre pour être seul. J’étais dégoûté de tout. En regardant par la fenêtre, je me sentis insatisfait et angoissé. Impulsivement, je me suis agenouillé près de mon lit et j’ai exposé à Dieu tous mes doutes. Je ne sais pas ce qui ma pris. J’ai dit à Dieu : si tu donnes un sens à ma vie, je suis prêt à te servir. »

Rien n’est plus exaltant que le témoignage d’une personne qui est passée par une renaissance spirituelle. C’est plus qu’une aventure extraordinaire ou une histoire fantastique. Celui qui vient de naître reçoit de telles richesses de la part de Dieu ! Nous allons en examiner quelques-unes et nous verrons comment en jouir.

Pardonné !

« Vos péchés sont pardonnés en son nom » (1 Jean 2.12). Quelle promesse ! Dans tout le Nouveau Testament nous apprenons qu’en recevant le Christ comme Seigneur et Sauveur nous recevons en même temps le don du pardon. La Bible dit : « Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant Dieu éloigne de nous nos transgressions » (Psaume 103.12).

« Pardonnez-moi », « excusez-moi », « je suis désolé ». Combien de fois prononçons-nous ces paroles comme des clichés ayant perdu tout leur sens. Le pardon de Dieu n’est pas une banalité : c’est l’acte par lequel il efface et fait disparaître la boue, la souillure, les ordures accumulées de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Dieu ne peut faire cela qu’en raison de l’acte de Jésus-Christ dont la mort sur la croix est la punition méritée par nos fautes.

Le sentiment de culpabilité est au centre de bien des pièces de théâtre. Le vers de Shakespeare dans Macbeth est bien connu : « Disparais ! maudite tache, disparais. » Les psychiatres font la chasse aux complexes de culpabilité.

Beaucoup de gens réagissent comme Judas, après qu’il eut vendu le Christ : « J’ai trahi le sang innocent. » Ce sentiment de culpabilité est si pénible, le fardeau est si lourd, que la promesse du pardon total devrait être proclamée, hurlée par tous les croyants en Jésus-Christ.

Le pardon de Dieu fait plus que d’effacer la faute, il comprend, positivement, le don de justice. C’est-à-dire qu’aux yeux de Dieu nous sommes sans faute, sans culpabilité, revêtus pour toujours de la justice du Christ

Comme nous l’avons vu précédemment, le pardon et la justification sont des dons gratuits de Dieu.

Adoptés par le Roi

A votre conversion, Dieu vous adopte comme son fils ou sa fille. En qualité d’enfant adoptif, chacun de nous devient héritier de Dieu, tout comme Jésus-Christ. « Dieu a envoyé son Fils. afin qu’il puisse racheter ceux qui étaient sous la loi, et que nous puissions être adoptés comme des fils » (Galates 4.4, 5).

Un avocat de mes amis a, avec sa femme, adopté deux enfants, un garçon et une petite fille. La petite fille ressemble étrangement à sa mère adoptive et le garçon pourrait facilement être pris pour le fils véritable de son père. Le fait d’avoir été choisis par leurs parents leur a donné un grand sentiment de sécurité et d’amour.

C’est gigantesque de penser que nous sommes fils et filles du Seigneur de l’Univers.

Habités par le Saint-Esprit

Dès votre conversion, l’Esprit de Dieu vient vivre en vous. Avant de monter au ciel, Jésus a dit à ses disciples : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité. vous le connaîtrez, car il demeure avec vous, il sera en vous » (Jean 14.16, 17).

Quand Jésus était sur la terre, il ne pouvait habiter qu’avec un tout petit nombre de personnes en même temps. Maintenant, le Christ habite par le Saint-Esprit dans le cœur de tous ceux qui l’ont reconnu comme leur Seigneur et leur Sauveur. Lloyd Ogilvie, pasteur d’une église réformée de Hollywood, nomme le Saint-Esprit « le Christ contemporain ». Saint Paul écrit aux Romains : « Celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Romains 8.11).

Le Saint-Esprit fut un thème dont on a beaucoup parlé lors du grand Congrès mondial sur l’évangélisation, à Lausanne, en 1974. Le pasteur africain Gottfried Osei-Mensah, de Nairobi, a dit : « L’Esprit est notre maître. Le Saint-Esprit vivant en nous a pour tâche de nous libérer de la puissance du péché dans notre vie quotidienne, et de nous aider à vivre une vie nouvelle que nous partageons avec le Christ. »

Combien de temps le Saint-Esprit demeure-t-il dans le cœur du croyant ? Pour toujours. Dieu ne reprend pas un don aussi merveilleux. Par la foi, vous acceptez les affirmations de Dieu disant que le Saint-Esprit vient habiter en nous, mais nous pouvons aussi constater l’effet de son action en nous. Le Saint-Esprit peut rajeunir un chrétien fatigué, attirer un incroyant, réveiller une Eglise moribonde.

Un pasteur argentin d’une église de Buenos Aires a dit : « Le Saint-Esprit aujourd’hui renouvelle son fruit : l’amour, la joie, la paix. Ces réalités nous sont données pour que nous puissions montrer au monde que nous sommes le peuple de Dieu. »

Le Saint-Esprit nous communique une puissance particulière qui nous rend capables de travailler pour le Christ. C’est lui qui nous donne la force de résister à la tentation.

Jésus nous a promis la puissance du Saint-Esprit (Actes 1.8). Peut-être connaissez-vous l’histoire du pic-vert. Cet oiseau était en train de donner des coups de bec au tronc d’un gros arbre. A cet instant, la foudre frappe l’arbre et le fend en deux, du haut en bas. Quand le pic-vert reprend ses esprits, il s’écrie : « Je ne croyais pas avoir tant de force dans mon bec ! » Je ne vous demande pas si vous possédez le Saint-Esprit, mais si le Saint-Esprit vous possède.

Victoire sur la tentation

La Bible enseigne que le converti — celui qui vient de rencontrer Jésus-Christ — doit « avoir le mal en horreur » (Romains 12.9). Elle dit aussi : « En lui vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du “vieil homme” qui se corrompt par les convoitises trompeuses » (Ephésiens 4.22).

Mais faites bien attention. Comment allez-vous agir pour cesser d’accomplir certaines choses que vous avez l’habitude de faire, depuis des années, ou comment vous débarrasser d’attitudes négatives, méchantes, jalouses, envieuses, haineuses qui sont intégrées dans votre personnalité ? « Je ne peux pas y arriver », me direz-vous. Et vous avez raison. Pourtant le Saint-Esprit nous rend capables de résister au péché et d’obéir à Dieu. Nous n’avons pas à lutter seuls contre la tentation. Dieu vient vivre en nous, il réside dans notre cœur, pour nous aider à résister au péché. Sa tâche consiste à agir ; la nôtre, c’est de le laisser faire.

Que dire de la tentation, ce croque-mitaine ? La Bible ne nous promet pas que nous ne serons pas tentés, ce serait folie. Vivre dans le monde, c’est frôler sans cesse les tentations, la plupart d’entre elles présentées dans des emballages chatoyants. Tout nous invite à les essayer, juste une fois, pour voir. Mais l’homme ou la femme qui sont passés par la nouvelle naissance peuvent avoir la victoire sur la tentation. « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Corinthiens 10.13).

Etre tenté, ce n’est pas encore pécher ; comme croyant en Jésus-Christ, vous n’avez pas à vous reprocher la multiplication des tentations qui vous sollicitent. Le Saint-Esprit qui réside en vous vous donnera la force d’y résister.

La tentation est très puissante et sa puissance grandira après votre nouvelle naissance. La Bible nous apprend qu’une guerre spirituelle fait rage et que notre ennemi a plus de puissance et d’habileté pour nous tenter qu’avant notre conversion. C’est en ce domaine que les nouveau-nés spirituels font souvent de lourdes fautes. Ils s’imaginent que la conversion les a rendus parfaits, et qu’ils ne vivront désormais que sur les sommets. Puis ils se retrouvent bientôt assaillis de tentations, ils luttent et souvent succombent. Alors c’est la crise, le visage qu’il regarde dans la glace fait honte au croyant fautif. Il est découragé, frustré. C’est normal. Satan vous tente et Dieu vous met à l’épreuve. Toute médaille a deux faces. Dieu permet à Satan de vous tenter parce qu’il s’en sert pour vous éprouver, pour que cette expérience approfondisse votre foi en vous faisant constater votre fragilité, si vous utilisez vos propres forces, et en vous faisant comprendre que votre seule victoire dépend totalement et complètement de son intervention divine.

Une ancienne allégorie illustre bien cette vérité : « Satan réunit en conseil ses serviteurs, pour leur demander comment ils s’y prendraient pour faire pécher un homme juste. Un démon se leva et dit : “Moi, je le pousserai à pécher. — Mais comment ?” demanda Satan. “Je lui ferai voir tous les plaisirs du péché, je lui en montrerai les délices, et les jouissances du mal. — Non, répliqua Satan, cela ne marchera pas. Il a déjà péché et il en a souffert. Trouve autre chose.” Un autre mauvais esprit intervint et dit : “Moi, je saurai le faire tomber. — Comment ?” questionna Satan. “Je lui ferai voir les souffrances et les difficultés de la vertu. Je lui montrerai que son austérité le prive de toute joie. — Ah ! non, riposta Satan. Cela ne marchera pas, car il a essayé déjà et il sait que la sagesse est agréable et procure la paix. Il faut trouver mieux. — “Moi, s’écria un diablotin, je sais ! — Que feras-tu ?“ lui dit Satan. “Je vais le décourager, je lui montrerai qu’il ne peut rester sur le droit chemin. — Toi, tu as trouvé, ricana son maître, cela va marcher, nous allons le faire tomber1.” »

1 Hannah Pearsall Smith : The Christian Secret of a Happy Life, p. 133.

Une lutte spirituelle est engagée dans le cœur de chaque croyant. Il est vrai que le chrétien est doué d’une nouvelle nature, maïs la vieille est encore là. Il nous appartient, jour après jour, de ne laisser agir que la nouvelle nature, soumise au Christ.

On raconte l’histoire de la ménagère qui, ayant vu une souris dans sa cuisine, saisit un balai pour la chasser. La souris ne s’est occupée ni de la femme ni du balai : elle a cherché le trou de sortie. Cela devrait être notre attitude dans la tentation. Ne perdons pas notre temps à considérer la tentation : cherchons comment en sortir. La Bible dit « que Dieu préparera le moyen d’en sortir », comme nous l’avons vu.

Quand le chrétien commet une faute, il est triste. Parfois il évite alors la compagnie d’autres chrétiens, il cesse d’aller à l’église, il se croit incompris. Pourtant chaque chrétien, par la prière, a toujours libre accès jusqu’à Dieu et, s’il lui confesse son péché, il peut retrouver une vraie communion avec lui. C’est ce qui distingue le croyant de l’incroyant. L’incroyant fait du péché une habitude, le croyant en a honte.

Un conseil pour des croyants qui ont affaire avec un frère « ayant fait une chute ». Il y a quelques années, j’ai connu un jeune étudiant qui venait de rencontrer le Christ dans sa vie de drogué. Peu après sa conversion, il accepta de servir d’informateur à un agent du Service de répression des narcotiques, afin de faire prendre quelques distributeurs de drogues. Des amis chrétiens le lui déconseillèrent, mais il s’était déjà engagé. L’inévitable se produisit. Il dut, pour inspirer confiance à un vendeur, faire semblant d’être toujours un drogué, au point de se faire deux injections d’héroïne. Et pas question de parler en chrétien. (Ce qui est curieux, c’est que ces doses, au lieu de lui procurer des sensations agréables, comme avant sa conversion, lui causèrent des troubles pénibles.) Le dimanche précédant son retour à la maison, il raconta à tous les membres de son groupe d’école du dimanche ce qui était arrivé. Le vendeur avait été pincé, mais lui, il avait détruit son témoignage de chrétien. Il demanda à ses camarades de le traiter comme un croyant et un disciple de Jésus. Il leur dit, en leur montrant deux de ses doigts joints : « Jésus et moi, on est comme ça. » Le responsable de son groupe en profita pour faire comprendre à tous les autres étudiants comment traiter un frère qui, en apparence, à fait une chute. Pendant le temps où il avait collaboré avec l’agent du Service des narcotiques, tous les chrétiens de son université s’étaient écartés de lui, croyant qu’il avait abandonné la foi. En vérité, si nous voyons tomber un frère (ou que nous imaginons qu’il est tombé), nous devons avoir l’attitude du bon Samaritain, faire halte pour aider le blessé, l’encourager, prier pour lui, en l’assurant de notre amour et de notre confiance.

Le croyant déteste le péché et désire obéir aux Commandements de Dieu. Saint Paul conseille aux croyants : « Ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit » (Romains 8.4). Le Saint-Esprit qui réside en nous nous pousse de diverses manières. Un croyant s’apercevra que les plaisanteries douteuses qui ont fait partie de son répertoire s’arrêtent dans sa gorge. Les cocktail-parties qui dans le passé étaient si amusantes deviennent ternes et ennuyeuses. Il m’est arrivé, avec ma femme, d’assister à des cocktail-parties dans plusieurs pays. Je n’y ai pris que des jus de fruits et j’ai toujours essayé d’y rendre mon témoignage chrétien. Le premier converti de ma campagne à New York fut le résultat direct de ma présence à un cocktail-partie sur un bateau qui me ramenait du Japon, vers 1950. Des événements de ce genre peuvent donner l’occasion de parler du Christ. Souvent tout un groupe m’entoure en me posant des questions d’ordre spirituel. De la même façon, Jésus s’est mêlé aux publicains et aux pécheurs, dans un but très précis. Par contre, aller à une réunion mondaine en qualité de membre de la bande non seulement devient ennuyeux pour un chrétien, mais risque de le mettre dans une situation douloureuse s’il entend, par exemple, quelqu’un blasphémer.

Le nouveau croyant a une nouvelle perspective pour prendre ses options. Il peut se laisser glisser dans le péché (et se sentir malheureux) ou se donner à Dieu. Le conseil de saint Paul est excellent : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12.1, 2).

La transformation par ce « renouvellement de l’intelligence » peut se produire rapidement et dramatiquement, comme pour le drogué qui cesse brusquement, ou elle peut aussi agir progressivement en imprégnant peu à peu notre façon de vivre.

Croissance lente, presque imperceptible — mais croissance

Bien des gens évoluent rapidement jusqu’à la maturité spirituelle. D’autres le font lentement et parfois même de façon imperceptible. J’ai vu à la télévision une émission sur la croissance des fleurs. On voyait le bouton se former et brusquement éclater la fleur. Le film avait été pris à l’extrême ralenti pendant une longue période. Si vous aviez regardé dans votre jardin ce qui prenait quelques secondes sur l’écran, cela vous aurait pris plusieurs jours. Ainsi en est-il de notre croissance spirituelle. En nous voyant vivre, jour après jour, nous nous décourageons de faire si peu de progrès. Mais après un an ou deux, si vous regardez en arrière, vous constaterez que vous avez avancé. Vous connaissez et aimez davantage la Bible. Vous priez plus. Vous êtes plus fermes dans votre comportement de témoin. Certes, vous n’atteindrez la stature parfaite du Christ que le jour où vous le verrez tel qu’il est, au ciel.

Brusque ou progressif, le changement intervenant dans la vie du converti est une partie de sa croissance. Il ne naît pas de nouveau sous forme d’adulte ! mais il naît avec l’énergie vitale nécessaire lui permettant d’atteindre l’âge adulte après un temps plus ou moins long. Cette croissance est spirituelle et morale. C’est comme pour un bébé qui doit apprendre à ramper, à avancer à quatre pattes, à marcher et à courir. Cela exige du temps, des exercices, de la patience et de la discipline.

On peut essayer d’imiter la croissance chrétienne en faisant des efforts religieux, mais le résultat est comme le moulage en plâtre du David de Michel-Ange. C’est du faux, et c’est fragile.

Un chrétien grandit dans la mesure où la vie de Dieu exerce sa puissance profondément au centre de sa personnalité. Le non-croyant ne peut reproduire cette vie-là, malgré tous les efforts religieux qu’il pourra faire. N’étant pas né de nouveau, il n’a pas la source de la croissance à sa disposition.

Un jour, un groupe d’étudiants d’Harvard voulurent faire une farce au fameux professeur de zoologie Agassiz. Ils rassemblèrent différents éléments qu’ils prélevèrent sur plusieurs insectes et très habilement s’en servirent pour construire un monstre qui intriguerait leur professeur. Il l’examina avec beaucoup d’attention, et les étudiants attendaient avec impatience de savoir s’il était tombé dans leur piège.

Finalement, le professeur Agassiz se redressa et leur dit : « Identification facile. » Très fiers d’eux-mêmes, ils lui demandèrent, amusés : « Quelle espèce ? » Agassiz laissa tomber : « Canular. »

Une personne née de nouveau discernera les contre-façons et identifiera facilement les canulars.

Le nouveau converti est un bébé en Christ. Il doit être nourri pour grandir. Il doit être protégé, car il est menacé par de nombreux ennemis. Ses premiers combats se livreront contre « le monde », « la chair » et « le diable ». C’est pour cela qu’il doit être entouré par une famille qui l’encourage : ses amis chrétiens et surtout son Eglise. A sa naissance l’enfant de Dieu entre dans un monde d’abondance, il a un héritage fabuleux, mais il faut du temps pour découvrir toutes ces richesses.

Le plus important, pour un nouveau-né, c’est d’être nourri et fortifié. Voici les aliments indispensables.

Ayez une bible

Si vous avez une bible, c’est bien. Si elle est une terre inconnue pour vous, je vous conseille de vous procurer une traduction moderne, en langage courant, plus facile à comprendre. Commencez par le Nouveau Testament, et vous pouvez d’abord lire l’Evangile selon Jean.

Imprégnez-vous de la Parole de Dieu. Ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez tout comprendre, d’ailleurs vous n’y parviendrez pas. Priez avant de commencer la lecture et demandez au Saint-Esprit d’éclairer ce que vous lisez. La Bible est la plus grande source d’espérance que vous puissiez trouver dans ce monde désespéré. « Tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’espérance » (Romains 15.4).

Apprenez par cœur des textes bibliques. « Je serre ta Parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi » (Psaume 119.11). Sélectionnez un texte qui réponde à vos besoins, écrivez-le sur un carton. Mettez-le dans votre poche ou votre sac, et lisez-le souvent. Répétez-le chaque jour, vous le saurez par cœur au bout de la semaine.

Satan veut vous décourager. Il ne veut pas que vous lisiez et étudiiez la Bible. Peut-être n’avez-vous jamais été attaqué par lui dans le passé, mais maintenant vous faites ce qui le rend furieux. Vous avez déserté son camp pour entrer dans l’armée de Dieu. Vous êtes soldat du Christ et Satan va s’acharner contre vous en utilisant ses armes secrètes. Dès maintenant, vous nagez à contre-courant et vous devez lutter contre les courants mauvais de ce monde.

Mais vous pouvez repousser victorieusement toutes les attaques et résister à toutes les armes sataniques, car Dieu vous arme de « l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu » (Ephésiens 6.17). Et Dieu vous donne toute une armure : « le bouclier de la foi qui vous permettra d’éteindre les flèches enflammées du Mauvais » (Ephésiens 6.16) et un casque et une cuirasse !

Quand Jésus lui-même fut tenté au désert par Satan, il repoussa la tentation au moyen de l’Ecriture en la citant : « Il est écrit » (Matthieu 4).

Si le Christ eut besoin d’une arme, nous aussi.

Apprenez à prier

Des livres ont été consacrés à la prière, on en parle dans des congrès. C’est un sujet capital. Or le nouveau-né spirituel ne sait pas toujours comment faire.

Jésus a dit : « Il faut toujours prier » (Luc 18.1). L’apôtre Paul a écrit : « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5.17).

Une prière n’a pas besoin d’être éloquente ou formulée en termes théologiques. Quand vous vous décidez pour le Christ, vous recevez le privilège d’avoir Dieu comme Père : vous lui parlez comme tel. Vous vous adressez à lui comme un enfant parlant à un père tendre et aimant. Peu importe si vous ne savez pas vous exprimer facilement. Le tout est de commencer. Ma femme a noté dans un cahier les premiers mots prononcés par nos enfants. Elle conserve pieusement leurs premiers balbutiements, leurs erreurs et toutes leurs expressions. Pour elle, ce cahier a une valeur inestimable.

Quand saint Paul nous exhorte à prier sans cesse, il emploie un mot grec utilisé parfois pour désigner une toux persistante. A chaque instant, au cours de notre journée, nous devons nous tourner vers Dieu pour le louer, le remercier ou l’appeler à notre secours. Les prières doivent être précises. Dieu s’intéresse à tout ce que vous faites, rien n’est trop grand, ou trop infime, pour lui.

Trouvez un cercle chrétien

Dieu ne veut pas vous voir vivre en chrétien solitaire. C’est pour cela qu’il rassemble des croyants pour les constituer en communautés. La première chose que doit chercher un homme ou une femme venant de passer par la nouvelle naissance, c’est une église où la Bible est crue et enseignée. Je ne veux pas dire que n’importe quelle église fera l’affaire. Le prédicateur enseigne-t-il ce que la Bible dit ou ses propres idées ou une philosophie humaine ? A vous de savoir. Existe-t-il des études bibliques adaptées à tous les âges ?

Si un chrétien nouveau-né est privé de la communion d’autres croyants, il a tendance à se dessécher. L’auteur de l’épître aux Hébreux dit : « Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux actions bonnes. N’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns » (Hébreux 10.24, 25).

Peut-être y a-t-il un groupe de prière ou une étude biblique là où vous habitez. C’est exaltant de trouver de nouveaux amis, des gens qui sont en train de progresser dans la vie chrétienne. Partagez et fortifiez votre foi à leur contact.

Une de mes filles habite un quartier résidentiel. On y trouve des gens faisant partie de la haute société de la ville. Après avoir longtemps hésité, et beaucoup prié, elle alla trouver ses voisins pour leur proposer qu’on fasse ensemble une étude sur la Bible. Elle alla frapper de porte en porte, et presque chaque fois on accepta. Plusieurs voisines se mirent à pleurer en lui disant : « Voilà longtemps que je souhaite étudier la Bible avec quelqu’un. » Aujourd’hui ma fille réunit chaque semaine trois cents voisines pour étudier la Bible. Elle a une longue liste de personnes qui voudraient se joindre à elles, mais il y en a trop ! Essayez, vous serez étonnés de découvrir que vos voisins ont plus faim et plus soif que vous ne le pensez. Ils attendent votre initiative. Commencez par en réunir trois ou quatre, lisez ensemble un passage de la Bible, discutez-en librement, autour d’une tasse de thé ou de café, priez ensemble. Des dizaines de milliers de groupes de ce genre naissent de tous côtés, dans le monde. Ces groupes se réunissent dans des maisons particulières, des bureaux, des clubs sportifs. J’en connais un dans un cercle de golf.

Vous n’êtes plus solitaire. La paternité de Dieu permet la véritable fraternité humaine, un idéal que les philosophes et les moralistes ont cherché à atteindre, depuis toujours. Cette fraternité balaie les barrières de la langue, de la culture et de la race. Une des plus grandes joies que peut expérimenter un chrétien, c’est de rencontrer un frère dans la foi de façon inattendue. La serveuse du restaurant découvre des liens qui l’unissent à tel client inconnu. Le voyageur trouve soudain que l’hôtesse de son avion est une sœur en Christ. Vous êtes dans un pays étranger, et d’un seul coup vous vous trouvez à la maison quand vous rencontrez un autre chrétien. Inutile de faire de longues présentations. Vous êtes liés par l’attachement le plus fort qui soit au monde. Aucune autre communion ne peut se comparer à celle-là.

Au début de ce livre j’ai dit qu’à mon avis le sujet le plus important du monde est la nouvelle naissance. Aucun événement n’est plus important que celui-là, pour tout homme, toute femme, tout enfant.

Si vous naissez de nouveau, vous recevrez toutes les richesses que Dieu tient en réserve pour vous. Alors vous n’êtes pas seulement un « être humain », vous êtes vraiment un ÊTRE VIVANT !

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