On ne s’attend pas à trouver des confirmations archéologiques des lettres de Paul. Et pourtant ! Dans Philippiens 4.22, Paul salue de la part des chrétiens « de la maison de César ». Il se trouvait à Rome lorsqu’il a écrit cette lettre. Or, il y a une centaine d’années, un jardinier creusant près de la Voie Appienne a mis au jour des pierres portant l’inscription : « Caveau pour les membres de la maison de César ». Les dates des enterrements allaient du temps de la vie du Christ à l’an 66. Ceux qui ont fait les fouilles dans ce caveau furent très étonnés d’y trouver des noms qui nous sont familiers par l’épître de Paul aux Romains : Tryphène, Tryphose, Urbain, Hermas, Philologue, Julie et Patrobas. Dans un autre cimetière appelé columbaria, on a trouvé les noms d’Ampliatus, Urbain et Apellès mentionnés ensemble comme dans Romains 16.8-10. Il n’y a pas de garantie que ces noms soient ceux des chrétiens mentionnés dans les épîtres de Paul, mais cela nous prouve du moins que des personnes portant ces noms vivaient à cette époque à Rome, et que certaines d’entre elles faisaient partie de la « maison de César ».
Dans 2 Corinthiens 11.32, l’apôtre Paul dit : « à Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait surveiller toutes les issues de la ville pour m’arrêter ». Arétas IV était le roi des Nabathéens qui a régné de 9 av. J.-C. jusqu’à 40 après J.-C. à Pétra, sur la majeure partie de la Transjordanie, la partie sud de la Palestine et le Néguev. Pendant quelque temps, son règne s’étendait aussi sur la ville de Damas.
Entre 300 av. J.-C. et 150 après J.-C., les caravanes qui transportaient de l’encens de l’Arabie vers le monde gréco-romain passaient par Pétra avant de rejoindre le port de Gaza. Les droits de passage de ces caravanes ont considérablement enrichi les rois nabathéens qui ont profité de leurs richesses pour construire des palais, des temples et des tombes magnifiques. Après que les Romains ont conquis Pétra en 106, elle est tombée dans l’oubli jusqu’en 1812, bien cachée dans sa vallée resserrée et défendue par les rochers et les falaises qui l’entouraient et le mur d’enceinte qui l’encerclait. Les maisons et les tombeaux sont taillés directement dans la falaise, la façade sur la rue étant sculptée comme celle d’un édifice en pierre de taille. Actuellement, Pétra constitue l’une des plus belles attractions touristiques du Moyen-Orient.1
1 Pétra : voir une représentation dans Des pierres qui parlent p. 157-159.
Dans Ep 2.14, Paul dit que le Christ « a instauré l’unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait ». Ce mur existait matériellement à Jérusalem. En effet, dans le Temple reconstruit par Hérode, un muret de pierres de 1,50 m de haut séparait le parvis en deux et délimitait l’espace attenant au Temple où seuls les Juifs avaient le droit de pénétrer. De nombreuses inscriptions en grec et en latin placées le long de ce mur rappelaient cette interdiction. L’une d’elles, écrite en grec, fut découverte en 1871 sur un bloc de calcaire de 85 × 57 cm. Sur une autre pierre trouvée en 1936, la même inscription figure en lettres de 3,8 cm de haut peintes en rouge sur la pierre blanche. Le texte dit : « Aucun étranger ne peut franchir la barrière qui entoure le temple. Celui que l’on surprendra sera responsable de la mort qu’il subira ». Les Romains eux-mêmes faisaient respecter cette interdiction par leurs soldats et donnaient aux Juifs le droit de la faire respecter dans l’enceinte de leur Temple. Actes 21 rapporte l’épisode qui a mené à l’arrestation de Paul : on l’accusait d’avoir introduit un Grec dans l’enceinte sacrée. Sans l’intervention rapide des Romains, il eût été lapidé par la foule.