Baptême et sainte cène

Une nouvelle famille

L’Apôtre Paul dit que nous avons tous été « baptisés dans (ou par) un seul Esprit pour former un seul corps » (1 Co 12.13). Le but de notre baptême de l’Esprit est donc notre intégration au Corps du Christ, l’Eglise. Notre nouvelle naissance nous fait pénétrer dans l’Église universelle (ou générale) qui comprend tous les croyants de tous les temps et de tous les lieux. Mais le mot Eglise — comme le mot « corps » — se rapporte aussi au rassemblement local des enfants de Dieu. Un petit bébé ne survivrait pas longtemps, s’il était livré à lui-même, sans une famille pour prendre soin de lui. Ainsi un jeune converti a besoin de frères et sœurs aînés qui l’aident à grandir dans la foi.

Après avoir exposé aux Romains le plan de salut de Dieu ch. 1-11), après les avoir exhortés à s’offrir à Dieu et à ne pas se laisser modeler par le monde actuel (12.1-2), Paul leur présente la réalité du Corps du Christ où chaque membre a une part active, un service à accomplir selon le don qu’il a reçu (12.4-8).

« Nous avons tous été baptisés dans un seul et même Esprit pour former un seul corps, que nous soyons Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres » (1 Co 12.13). Dans ce corps, les barrières entre les hommes tombent : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous vous êtes revêtus du Christ. Il n’y a donc plus de différence entre les Juifs et les non-Juifs, entre les esclaves et les hommes libres, entre les hommes et les femmes. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un » (Ga 3.27-28).

Par notre nouvelle naissance, nous sommes entrés dans la famille des enfants de Dieu, la famille de Jésus, qui a dit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui font ce qu’elle demande&nbso;» (Lc 8.21), « en communion les uns avec les autres » (Hé 3.13 ; 10.25).

Notre foi ne grandira guère si nous restons seuls. Dieu a accordé à l’Eglise différents frères et sœurs qui ont des ministères spécialisés pour répondre aux divers besoins des membres de ce corps. « Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du Corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en vivant selon la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers Celui qui est à la tête : le Christ » (Ep 4.12-15).

Si nous négligeons l’aide de ce que Dieu lui-même a institué pour notre croissance, nous risquons de rester spirituellement de petits enfants à la merci de toutes sortes de doctrines erronées. Jésus-Christ a institué l’Eglise, le Saint-Esprit l’a constituée, les apôtres étaient membres d’Eglises locales, ils ont fondé de telles Eglises, les chrétiens des premiers siècles ont tous vécu dans des Eglises locales : nous avons besoin, comme eux tous, de cette famille pour croître.8

8 Voir A. Kuen, Pourquoi l’Eglise ? pp. 12-16 ; 29-58.

Et l’Eglise locale a besoin de nous. Lors de notre baptême du Saint-Esprit, Dieu nous a accordé un ou plusieurs dons « en vue du bien commun » (1 Co 12.7). C’est dans l’Eglise que nous pouvons exercer et développer ce(s) don(s) pour le bien de tous — en même temps que nous y bénéficions du ministère des uns et des autres.9

9 Voir A. Kuen, Dons pour le service.

L’apôtre Pierre utilise une autre image pour nous engager à nous joindre à une Eglise et à y mettre notre don au service des autres : après nous avoir exhortés à nous approcher du Christ, il poursuit en disant : « et puisque vous êtes, vous aussi, des pierres vivantes, édifiez-vous pour former un temple spirituel et pour constituer un groupe de prêtres consacrés à Dieu, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels qu’il pourra accepter favorablement par Jésus-Christ » (1 P 2.5).

Nous avons été extraits de la carrière du monde, le divin Maçon a commencé à nous équarrir afin que nous soyons aptes à entrer à notre place dans la construction du Temple spirituel constitué par l’Eglise. Dans ce Temple, nous dit Pierre : « Vous êtes une race élue, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis pour que vous célébriez bien haut les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière. Car vous qui, autrefois, n’étiez pas son peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu » (1 P 2.9-10).10

10 L’apôtre Paul utilise la même image : « Vous êtes l’édifice que Dieu construit ». Lire les applications qu’il en tire dans 1 Co 3.10-17 ; Ep 2.20-22 ; 3.1, 14-19.

Les uns les autres

Faire partie d’une Eglise, ce n’est pas seulement s’asseoir à côté de quelqu’un le dimanche matin, écouter un sermon, prier et chanter ensemble. Le Nouveau Testament appelle les membres du Corps du Christ à avoir des relations les uns avec les autres : une trentaine d’exhortations différentes sont associées à l’expression « les uns les autres » : aimez-vous, accueillez-vous, encouragez-vous, édifiez-vous, honorez-vous, consolez-vous, supportez-vous les uns les autres, veillez les uns sur les autres, priez les uns pour les autres, portez les fardeaux les uns des autres, mettez-vous au service les uns des autres… Ces recommandations supposent des relations concrètes avec les autres membres de son Eglise locale. Les premiers chrétiens persévéraient « dans la communion fraternelle » : ils se voyaient fréquemment, mangeaient ensemble et partageaient leurs joies et leurs peines. Notre croissance spirituelle est en partie dépendante des relations que nous entretenons avec les autres membres du Corps du Christ — sans négliger les relations humaines avec les membres de nos familles, nos voisins, nos collègues et nos amis auxquels nous pouvons témoigner notre affection. Si nous entretenons fidèlement nos amitiés avec ceux qui ne partagent pas encore notre foi, le Seigneur peut aussi créer des occasions où nous pourrons leur parler de ce qu’il a apporté comme changements dans notre vie. Jésus est, sur ce point aussi, un modèle pour nous.

Invité au repas du Seigneur

L’acte symbolique qui manifeste l’unité du Corps du Christ est le repas du Seigneur. Il est cité parmi les quatre marques fondamentales de la vie d’une Eglise : les premiers chrétiens « 1. s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, 2. à vivre en communion les uns avec les autres, 3. à rompre le pain et 4. à prier ensemble » (Actes 2.42).

En tant que membre du Corps de Christ, vous avez votre place au culte dominical, dont le centre vital est le repas du Seigneur. La dernière partie de ce livre relèvera les différentes significations de ce repas d’après la Bible.

Dans l’Eglise primitive et l’Eglise ancienne, on célébrait la cène tous les dimanches. Beaucoup d’Eglises ont repris cette habitude. C’est le privilège de tout enfant de Dieu de participer à ce « repas de famille ». Dans l’Eglise primitive, tous ceux qui y prenaient part étaient baptisés comme croyants.

Certaines Eglises ont maintenu l’exigence du baptême des croyants pour participer à la cène. D’autres, tenant compte de la confusion qui s’est introduite sur la question du baptême, acceptent tous ceux qui confessent Jésus-Christ comme leur Sauveur et leur Seigneur, surtout s’il s’agit de chrétiens de passage. Le plus sage est de se conformer de cœur sur ce point aux décisions des responsables de l’Eglise à laquelle on se rattache.11

11 Voir A.Kuen, Pourquoi l’Eglise ? pp. 50-55 ; Le repas du Seigneur.

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