« Pendant mon ancienne vie, dit J. MacConkey, j’élaborais plans et projets et je me tourmentais. Dans ma nouvelle vie, je remets tout au Christ. Dans l’ancienne vie, je me fiais à ma force, à mon jugement, à ma sagesse ; dans la nouvelle, c’est à la sagesse du Dieu vivant et à son jugement que je me confie. Je me repose sur lui.
» C’est lui qui a maintenant toute la charge. Les rênes sont entre ses mains. Il est le Maître, je suis l’écolier. Il est l’ouvrier, je suis l’instrument. Il est le potier, je suis l’argile.
» La foi consiste à se défier constamment de soi-même pour regarder à Jésus. J’accepte sa Parole comme lumière. Je me décharge sur lui de tous mes soucis. Accepter la volonté de Dieu et l’accomplir, telle est la méthode qui favorise la croissance spirituelle la plus rapide et dont le résultat nous remplit d’étonnement ».13
13 Mac Conkey La vie livrée ch. V.
Ernst Modersohn était un suffragant en théologie. Ses études ne lui avaient rien apporté sur le plan spirituel. Pour sa première année de suffragance, il fut nommé enseignant dans une école primaire mais en même temps il dut prêcher de temps en temps. Il consulta un médecin pour une infection de la gorge. « Celui-ci constata une affection chronique de ma gorge et me conseilla de choisir une profession dans laquelle je ne serais pas obligé de parler longtemps et à haute voix. A présent, après les longues années d’université, au moment où je pourrais commencer mon activité professionnelle, changer de métier ? Probablement, ce docteur voit-il les choses de manière trop pessimiste. Je vais aller à Bonn me faire ausculter par un professeur de la faculté de médecine ». Après un examen approfondi, celui-ci lui déclara : « Jeune homme, vous vous êtes complètement trompé de métier. Avec cette gorge, vous ne pourrez jamais devenir pasteur. Prêcher est totalement exclu pour vous ! Si je peux vous donner un conseil : choisissez une carrière de bureaucrate où vous pourrez rester tranquille et silencieux. Le mieux serait que vous vous établissiez dans un pays du sud ; vous devez vous garder de l’air humide du soir et surtout — ne jamais prêcher ». « Trompé de métier ? Jamais prêcher ? Aller dans un pays du sud” ? Tout cela est impossible. Dans cette situation sans issue, je décidai pour la première fois de ma vie de me confier à Jésus et de me livrer à lui pour la vie ou la mort, comme il le trouverait bon. Je n’avais pas encore conscience de mon péché. C’était une sobre décision de ma volonté. Ce qui me manquait à ce moment-là, le Seigneur l’a rattrapé par la suite : il m’a douloureusement fait prendre conscience de mes péchés. C’est par un jeune serrurier que j’ai pu faire le pas suivant. Il m’a inculqué le verset : “Le sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché”. Je m’appliquai personnellement cette promesse ».
Immédiatement, un grand changement intervint dans son service : il fut de plus en plus souvent appelé à prêcher dans des groupes de croyants auxquels il aida — et qui l’aidèrent à développer une vie de foi normale.
Le matin où il devait faire son sermon d’examen à Weidenau, il avait complètement perdu sa voix, mais il la retrouva dès qu’il fut en chaire, de sorte qu’on pouvait le comprendre dans toute la grande église. Aussi fut-il nommé dans cette Eglise de 5000 membres. Par son ministère, des milliers d’hommes et de femmes trouvèrent le chemin du salut, en particulier par ses évangélisations qui déclenchèrent un véritable réveil. Plus tard, il fut rattaché à la Maison de l’Alliance évangélique à Bad Blankenburg à partir de laquelle il entreprit beaucoup de tournées. Par sa publication périodique (Heilig dem Herrn), il atteignait chaque semaine un demi million de personnes. Il publia quelque 250 livres et autres écrits. Il poursuivit ses activités jusqu’en 1948 — avec une interruption de 4 ans et demi où les autorités nazies lui imposèrent l’interdiction de voyager, de parler et de publier des écrits.14
14 D’après H. Bruns Ernst Modersohn Giessen-Basel, Brunnen Verlag 1953 et Er führet mich auf rechter Strasse (autobiographie) Wuppertal-Vohwinckel, Verlag Sonne und Schild, 7e édition 1947.