Vous ne savez pas ce que votre vie sera demain ! Vous êtes, en effet, comme un léger brouillard qui apparaît un instant et disparaît ensuite.
Milan en Italie, une ville bien connue pour ses trésors artistiques, il y a une impressionnante cathédrale qui a des paroles très significatives inscrites autour de la porte d’entrée. A droite se trouve une couronne de roses sculptée. En-dessous on lit : “Tout ce qui nous fait plaisir ne dure qu’un moment.” A gauche apparaît une croix d’épines sculptée en-dessous de laquelle on lit : “Tout ce qui nous fait souffrir ne dure qu’un moment.” Et au centre en haut de la porte se trouvent les mots : “Rien n’est important que ce qui est éternel.”
Nos plaisirs sont si courts. Les vacances se terminent trop vite, le vêtement à la mode est aussitôt démodé, la glace du cornet fond tout de suite. De la même façon, nous pouvons croire que notre douleur ne cessera jamais, que la pression sur notre vie n’aura jamais de fin, mais un jour, plaisir et douleur ne seront plus.
Quelqu’un a dit : “Vivez chaque jour comme si c’était le dernier. Ce pourrait bien l’être.” Un groupe de personnes s’étaient assises sur un banc à l’aéroport de Los Angeles. Elles attendaient le car qui les prendrait et les conduirait au parc de stationnement où elles avaient garé leurs voitures. Soudain les freins de l’autobus qui venait les prendre lâchèrent et le véhicule fonça sur les bancs, tuant une femme et en blessant d’autres. Le mari de la victime, qui était assis à côté d’elle, sauta à temps et fut sauvé.
Quelquefois je me demande, quand nous entendons de telles tragédies, si les victimes étaient prêtes à mourir. Tous les jours, de tels accidents arrivent. En un instant, des gens passent de vie à trépas. La Bible en a long à dire sur la brièveté de la vie et la nécessité de se préparer à l’éternité. Nous avons tous besoin de nous préparer aux examens finaux dans la classe préparatoire pour le ciel.
Lorsque Scarlet O’Hara du roman Autant en emporte le vent voulait éviter de prendre une décision, elle disait : “Je penserai à cela demain.” Trop de chrétiens évitent de penser à la mort, parce qu’ils trouvent le sujet désagréable. La mort est une arme de Satan, parce qu’il utilise la pensée de la mort pour semer la confusion et la peur dans le cœur de ceux qui y font face.
Il faut nous rappeler que la mort n’est pas de Dieu, elle fait partie de la malédiction que le péché a entraîné sur ce monde et qui tient l’univers sous son joug. La bonne nouvelle affirme que pour le chrétien la mort n’est pas la fin. Il y a une autre vie. Quand le chrétien meurt, il passe immédiatement dans la vie glorieuse éternelle. La Bible dit : “La mort est supprimée ; la victoire est complète” (1 Corinthiens 15.54). Je crois que si les gens prêtaient plus d’attention à la mort, à l’éternité et au jugement, il y aurait beaucoup plus de vies sanctifiées sur cette terre.
Entourés par la violence et la destruction qui prévalent dans notre siècle, nous voyons la mort à tous les coins de rue, mais elle n’est jamais si réelle qu’au moment où nous devons nous-mêmes la regarder dans les yeux ou tenir la main de celui qui est en route pour l’éternité.
Le chrétien sait qu’il a la vie éternelle : “Voici ce témoignage : Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie nous est accordée en son Fils. Celui qui a le Fils a cette vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie” (1 Jean 5.11-12).
Ceux qui n’ont pas Jésus-Christ dans leur cœur passeront l’éternité séparés de Dieu. La Bible parle beaucoup de l’Enfer, bien que, depuis quelques années, le sujet ait presque totalement disparu des sermons. Cependant, un magazine renommé rapporte que l’Enfer redevient une préoccupation dans la pensée des Américains.
Un sondage révèle que parmi les jeunes Américains (de dix-huit à vingt-neuf ans), 84% croient au paradis et 71% croient à l’enfer. Leurs aînés de cinquante ans et plus n’étaient pas aussi convaincus ; 74% croyaient au Paradis et 54% croyaient à l’Enfer. On dit que trois Américains sur cinq maintenant croient à l’Enfer. C’est une augmentation considérable quand on regarde les sondages des années précédentes. Pourquoi ce changement ? Martin Marty, un journaliste affecté aux courants religieux américains, ironise : “Si les gens croyaient vraiment à l’enfer… ils seraient en train de porter secours aux autres.”1
1 U.S. News & World Report, 25 Mars, 1991, 56.
Plusieurs qui regardent la foi chrétienne avec cynisme réfléchissent en profondeur sur la vie et l’éternité. Le même sondage Gallup révélait que 61% de ceux qui prétendaient n’avoir aucune religion croyaient aller au ciel et 83% de ceux qui assistent à l’Eglise croyaient aussi aller au ciel.
Nous avons vu des milliers qui avaient assisté à l’église pendant des années accepter Christ pour la première fois. On a dit qu’il ne suffit pas de naître dans un garage pour être une automobile, ou, comme Corrie Ten Boom l’a si bien dit : “Une souris dans une boîte à biscuits n’est pas un biscuit.”
La classe préparatoire pour le ciel comprend des enseignements merveilleux et des enseignants remarquables. Certains cours devraient mériter des crédits.
Si nous acceptons qu’un jour, tôt ou tard, nous allons faire face à la mort, ne devrions-nous pas nous y préparer pendant que nous sommes vivants ? Ezékias, un roi d’Israël, était très malade quand le prophète Esaïe vint à lui et lui dit : “Mets ta maison en ordre parce que tu vas mourir” (Esaïe 38.1).
Je ne suis pas prophète, mais c’était certainement un bon conseil. Trop de gens négligent de mettre leur maison en ordre, et comme résultat, ceux qui restent ont des fardeaux supplémentaires à porter. D’un point de vue pratique, ceux qui ont des biens de cette terre ont-ils écrit leur testament ? Si oui, depuis combien de temps ? On doit réviser un testament après quelques années si les enfants ont grandi et les circonstances ont changé. Quand mon beau-père, le docteur Nelson Bell, mourut, ses papiers étaient en ordre et ses documents bien classés dans des chemises, sans aucune confusion possible. Il me fut une grande inspiration non seulement dans sa vie mais aussi dans sa préparation à mourir.
Combien de temps nous reste-t-il ? Le roi Ezékias vit quinze autres années ajoutées à sa vie. Beaucoup d’entre nous reçoivent aussi des sursis. Le médecin peut nous dire : “Vous allez probablement vivre encore vingt ans ou plus.” Dieu n’en a peut-être pas fini avec nous. Mais même le plus haut savoir médical ne peut déterminer les jours de notre vie.
L’Ecriture nous enseigne que Dieu connaît le moment précis de notre mort : “Dans ton livre tu avais déjà noté toutes les journées que tu prévoyais pour moi, sans qu’aucune d’elles ait pourtant commencé” (Psaume 139.16). Job 14.5 dit : “La durée de la vie est limitée pour l’homme, c’est toi qui as fixé le nombre de ses mois ; il ne peut dépasser la ligne que tu traces.”
Nos jours sont comptés. L’un des premiers buts de notre vie devrait être de nous préparer au jour où notre tour viendra. L’héritage que nous laissons n’est pas seulement nos biens, mais aussi la qualité de notre vie. Qu’est-ce que nous devrions faire pour nous préparer maintenant ? Le plus grand gaspillage de toute la terre, qui ne peut ni être recyclé ni repris, c’est le temps que Dieu nous donne tous les jours et que nous perdons.
L’Ecriture nous exhorte : “Prenez donc bien garde à la façon dont vous vous conduisez. Ne vous conduisez pas comme des ignorants mais comme des sages. Faites un bon usage de toute occasion qui se présente à vous, car tous les jours que nous vivons sont mauvais” (Ephésiens 5.15-16). Si nous savions qu’aujourd’hui était notre dernière journée sur terre, que ferions-nous ? Appellerions-nous un ami éprouvé ? Demanderions-nous pardon à quelqu’un que nous avons froissé ? Encouragerions-nous une jeune personne qui a des difficultés dans son travail ou à l’école ? Dirions-nous à notre conjoint, à nos parents ou à nos enfants combien nous les aimons ? Et mieux encore, parlerions-nous de Jésus-Christ et de la vie éternelle à quelqu’un en lui expliquant comment l’obtenir par la foi en Jésus ? Comment passerions-nous ces vingt-quatre dernières heures ?
Velma Barfield, elle, savait exactement à quel moment précis elle allait mourir. Velma était condamnée pour meurtre ; sous l’influence de différentes drogues, elle avait commis d’horribles crimes. Elle était incarcérée dans un pénitencier à sécurité maximum, attendant son procès, lorsqu’elle entendit un évangéliste à la radio. Celui-ci affirma que, malgré tous ses crimes, Jésus l’aimait et voulait venir dans son cœur et la transformer. Bien qu’elle eût entendu ces paroles toute sa vie, pour la première fois elle les comprit vraiment. Velma devint. une nouvelle créature en Christ en attendant sa sentence de mort.
Pendant les six années suivantes, encouragée par l’amour des gens qui l’entourèrent, Velma grandit dans la connaissance de Dieu. C’est à ce moment qu’elle écrivit à ma femme Ruth, et que les deux se mirent à correspondre. Notre fille Anne, qui vit dans la même ville où est située la prison, alla visiter Velma, et elle assista à son exécution en 1984.
Velma Barfield eut une grande influence pour le bien sur beaucoup de gens à l’intérieur et à l’extérieur de la prison. Anne nous raconta :
“A trois occasions Velma me dit : ‘Si j’avais le choix de vivre libre sans mon Seigneur, ou d’aller à la mort avec Lui, je choisirais la mort.’ Comme le 2 novembre, jour de son exécution, approchait, son désir croissant de voir le visage de son bien-aimé Seigneur dissipa toute crainte en elle.”2
2 Velma Barfield, Woman on Death Row (Nashville, Tenn. : Oliver-Nelson Books, 1985), 169.
Anne et Ruth me dirent que Velma avait prié un an et demi pour un réveil parmi la population pénitentiaire. Lors de notre passage, 210 détenus et des membres du personnel répondirent à l’invitation de recevoir Christ. Après cela je suis allé dans la cellule où Velma avait vécu pendant trois ans. J’y ai trouvé des détenues, qui ne savaient pas que je viendrais, leurs bibles ouvertes, regardant la télédiffusion d’une de nos croisades d’évangélisation. Le témoignage de Velma, même après sa mort, continue à exercer une influence à l’endroit où elle vécut. Aujourd’hui il y a un cours biblique pour femmes qui continue, fruit du témoignage de Velma.
L’école n’a pas été facile pour moi. Il m’était très difficile d’étudier et la période d’examens me terrifiait. Mais lorsque j’obtins mon diplôme, il ressemblait exactement à celui qu’avait reçu l’étudiant qui prononçait le discours d’adieu, sauf peut-être quelques rubans en moins. Mais j’étais quand même reçu.
La vie est une classe préparatoire extraordinaire pour nous amener à la remise des diplômes. Ce sera peut-être très ardu et nous échouerons peut-être à quelques examens. Mais toute cette préparation vaut la peine quand on regarde la récompense à la fin.
Fanny Crosby eut à suivre un cours très difficile. Elle était aveugle depuis l’enfance à cause de la négligence d’un médecin. Pour compenser cette perte, elle s’appliqua à développer ses autres sens. Elle devint l’un des plus grands compositeurs de cantiques. Son plus beau “Voir Mon Sauveur Face à Face” n’aurait peut-être jamais été écrit n’eût été le fait qu’elle n’avait jamais posé les regards sur des champs verdoyants, un coucher de soleil ou le visage de sa mère. La perte de la vue l’aida aussi à développer un remarquable discernement spirituel.
La Parole Vivante dit : “Les épreuves que nous avons à endurer dans cette vie sont, somme toute, légères et éphémères ; elles nous préparent, pour l’éternité, une plénitude de gloire dépassant tout ce que nous pouvons imaginer” (2 Corinthiens 4.17).
Je peux encore me souvenir combien l’école me paraissait longue. Les vacances n’en finissaient plus d’arriver ? Et les examens, pour combien de temps encore ? L’été arrivait toujours, et la période des examens se terminait toujours. La vie n’est qu’une classe préparatoire qui nous donne la glorieuse occasion de nous rendre prêts pour l’éternité. Si nous échouons ici, bien que nous réussissions partout ailleurs, notre vie aura quand même été un échec.
La question “Qu’est-ce que la vie ?” est souvent posée, surtout par les jeunes qui commencent leur vie. Rarement entendons-nous “Qu’est-ce que la mort ?” Et pourtant l’une ne va pas sans l’autre. Dans Le Roi Lear, Shakespeare dit : “La crainte de la mort est pire que la mort elle-même.”
J’ai dû faire face à la mort plusieurs fois, et mes réactions n’ont pas toujours été les mêmes. Un jour j’eus une opération qui m’a presque achevé. Je savais que ça pouvait être grave, aussi avant qu’on me conduise dans la salle d’opération j’appelai deux de mes amis intimes et leur donnai des directives concernant ma femme, ma famille et mon ministère. Ruth avait dû aller rejoindre les enfants et j’essayai de lui cacher la gravité de la situation. Si c’était bien ou mal, je ne sais pas mais au moins je suis vivant pour raconter l’histoire.
Je me souviens avoir alterné entre deux sentiments. D’abord, la paix complète que j’avais, sachant que je serais avec mon Seigneur Jésus-Christ, et deuxièmement, la peur de quitter mes proches. Je pensais sûrement que je mourrais.
Mais le Seigneur n’en avait pas fini avec moi. La mort pour un chrétien ne survient pas au hasard. La Bible dit : “Elle a du prix aux yeux de l’Eternel, La mort de ceux qui l’aiment” (Psaume 116.15, Segond).
Comment la mort peut-elle avoir “du prix” ? Quand un enfant ou un jeune meurt, la tragédie semble tellement plus effroyable que pour celui qui a vécu une longue vie. Les gens commencent à se demander pourquoi Dieu permettrait une telle chose. Pensez-vous que Dieu, qui se soucie du “passereau” et “compte les cheveux de notre tête”, tournerait le dos à l’un de ses enfants à l’heure du péril ?
Paul vécut la plus grande partie de sa vie au seuil de la mort. Quand son corps fatigué, meurtri, commença à faiblir sous les coups qu’il recevait, il dit triomphalement : “Nous savons, en effet, que si la tente dans laquelle nous vivons — c’est-à-dire notre corps terrestre — est détruite, Dieu nous réserve une habitation dans les cieux, une demeure qu’il a faite lui-même et qui durera toujours” (2 Corinthiens 5.1).
Un de mes chers amis avait un fils qui fut tué à l’âge de dix-huit ans dans un écrasement d’avion. Sur sa pierre tombale on lit les mots : “Pour moi, la vie c’est le Christ, et la mort est un gain” (Philippiens 1.21).
Qu’est-ce que la mort ? Pour le chrétien, la mort est un ami plutôt qu’un ennemi. C’est une autre étape dans le chemin vers le ciel plutôt qu’un saut dans l’obscurité inconnue.
Si nous ne sommes jamais morts, comment savons-nous qu’il y a de l’espoir pour une vie éternelle ? Pouvons-nous être certains qu’il y a une vie après la mort ? Oui ! Il y a un grand événement qui donne l’assurance au chrétien : la résurrection de Jésus-Christ. Cette vérité est le fondement de notre foi, de notre vie, et de notre espérance. La résurrection de Christ est l’événement central de toute l’histoire.
L’un des grands spécialistes de la Bible fut mon ami, Wilbur Smith. Il écrivit :
Si vous ou moi disions à un groupe d’amis que nous nous attendions à mourir, soit par mort violente ou de façon naturelle, à un certain moment, mais que trois jours après notre mort, nous ressusciterions, nous serions gentiment pris à part par nos amis et placés dans une institution jusqu’à ce que nous redevenions sains d’esprit.
Leur geste serait compréhensible puisque seul un être privé de raison irait parler de résurrection le troisième jour, seul un malade, à moins qu’il connaisse l’avenir ; personne au monde n’a jamais connu son avenir sauf un seul, Christ le Fils de Dieu.3
3 Wilbur Smith, Therefore Stand : Christian Apologetics (Grand Rapids, Mich. : Baker House, 1965), 364.
Parce que Christ est ressuscité des morts, nous savons que le péché et la mort et Satan ont été vaincus. Parce que Christ est ressuscité d’entre les morts, nous savons qu’il y a la vie après la mort, et que si nous lui appartenons nous n’avons pas besoin de craindre la mort. Jésus dit : “Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?” (Jean 11.25-26).
Les chrétiens ne meurent pas. Ils continuent à vivre dans une autre dimension ; un endroit si merveilleux que je ne peux qu’essayer de le décrire dans le prochain chapitre. En fait, voilà ce qu’est la vie après la mort : un autre chapitre dans notre biographie personnelle, écrite par “Jésus, dont notre foi dépend du commencement à la fin” (Hébreux 12.2).
Quelqu’un a dit que la mort n’était pas un point final, mais une virgule dans l’histoire d’une vie.
Autrefois il y avait un prince qui alla dans un territoire lointain combattre un terrible ennemi. Il vainquit l’adversaire qui menaçait son pays et revint chez lui pour être couronné et honoré à cause de ce qu’il avait fait. C’était un magnifique couronnement !
La Bible dit que tant que nous sommes sur cette planète, nous sommes des étrangers sur une terre lointaine. Il y a des ennemis à vaincre avant de retourner chez nous. Ce monde n’est pas notre chez nous ; notre citoyenneté est au ciel.
L’heure viendra où tous les chrétiens se tiendront devant Dieu et rendront compte de la façon dont ils ont utilisé les dons que Dieu leur a donnés. Ce sera l’heure de vérité pour tous les croyants. Il y a diverses couronnes selon la qualité du travail accompli sur la terre.
Pour ceux qui ont traversé des épreuves et des souffrances avec patience, il y la couronne de la vie. Jacques 1.12 dit : “Heureux est l’homme qui demeure ferme dans l’épreuve ; car après avoir prouvé sa fermeté, il recevra la vie, prix que Dieu a promis à ceux qui l’aiment.”
Pour ceux qui croient que les seules récompenses qui en valent la peine sont celles que l’argent peut acheter, ils auront des surprises au ciel en voyant qui recevra des couronnes spéciales.
Le peuple de Dieu n’a pas beaucoup d’occasions de se reposer ici-bas. Ces dernières années, nous avons entendu plus souvent parler de “brûlure interne”, dépression que le surcroît de stress et de travail entraîne. Certains accomplissent plus en quelques années que d’autres en toute une vie, mais un jour leur labeur en viendra à sa fin. La Bible dit : “Ainsi, un repos semblable au repos de Dieu le septième jour reste offert au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos préparé par Dieu se repose de son travail comme Dieu s’est reposé du sien” (Hébreux 4.9-10).
Nous trouverons peut-être un peu de repos sur cette terre, mais le repos céleste sera si rafraîchissant que nous n’aurons plus jamais cette sensation d’épuisement de l’esprit et du corps que nous éprouvons si souvent maintenant. J’attends ce jour avec hâte.
Ruth et moi, nous nous sommes souvent dit au revoir dans notre vie ensemble. Parfois des océans et des différences d’heure nous séparaient. Quand je la laisse, il y a toujours un pincement triste dans mon cœur, parce que je l’aime plus que tout au monde. Mais nous nous séparons dans l’espoir de nous revoir bientôt.
Le mot départ signifie littéralement “lever l’ancre et mettre les voiles”. Tout ce qui arrive avant la mort nous prépare au dernier voyage. La mort marque le commencement, non la fin, de notre nouvelle aventure avec Dieu.
Le chrétien a de l’espoir lorsqu’il se tient devant la tombe d’un être aimé qui est avec le Seigneur, car il sait que la séparation n’est pas pour toujours. C’est une vérité glorieuse que ceux qui sont en Christ ne se voient jamais pour la dernière fois.
Un poète a dit :
Souhaitez-moi “Bon voyage !”
Comme on le fait à un ami
Dont la joyeuse visite arrive à son heureuse fin.
Et dites-moi à la fois “Adieu !”
Et “Au revoir !”
Puisque, bien que je ne vienne plus,
Je vous attendrai là pour vous accueillir,
A sa porte.4
4 John Oxenham, “A Dieu ! et au Revoir” Lines to Live By (Nashville, Tenn. : Thomas Nelson, 1972), 81.
Quand l’ancien président John Quincy Adams avait quatre-vingts ans, il rencontra un vieil ami qui serra sa main tremblotante et dit : “Bonjour. Comment va John Quincy Adams aujourd’hui ?”
Le président à la retraite le regarda un moment et dit : “John Quincy Adams va très bien, Monsieur, mais c’est la maison qu’il habite dans le moment qui tombe en ruines. Elle ne tient plus sur ses fondations. Le temps et les saisons l’ont presque détruite. Son toit est très usé. Ses murs sont très endommagés, et elle se désagrège davantage avec chaque vent. Cette vieille ruine n’est presque plus habitable, et je pense que John Quincy Adams aura à déménager bientôt. Mais quant à lui-même, Monsieur, il va plutôt bien !”
Ce n’est que peu de temps après qu’il eut son second infarctus qui lui fut fatal et John Quincy Adams déménagea de son “temple en ruines,” comme il l’appelait, pour aller dans sa maison faite par Dieu lui-même.
Pour le chrétien, la mort est l’échange d’une tente contre un édifice. Si notre tente terrestre se désagrège, ou si elle a plusieurs défauts dans sa structure, un jour nous recevrons les titres de propriété d’une maison qui ne se détériorera jamais.
Joni Eareckson Tada marchera et courra de nouveau. Helen Keller verra et entendra. L’enfant qui est mort du cancer aura de belles joues roses et un corps robuste. L’homme courbé par l’arthrite se redressera. La femme défigurée dans un accident de voiture aura un visage sans défaut. Tout ce que nous essayons de changer, peindre et corriger sur terre aura une nouvelle et glorieuse apparence. Et pourtant, nous nous reconnaîtrons les uns les autres dans nos corps célestes !
C. S. Lewis dit : “J’ai vu la grandeur d’âme de ceux qui ont beaucoup souffert. J’ai vu des hommes qui, pour la plupart, sont devenus meilleurs et non pires avec l’âge, et j’ai vu la dernière maladie produire des trésors de courage et de douceur chez des êtres qui, au départ, en semblaient tout à fait incapables.”5
5 C. S. Lewis, The Problem of Pain (New York : Macmillan, 1955), 108.
Il y a quelque chose de vraiment différent au sujet de la mort d’un croyant. Il n’est pas surprenant que Paul ait dit : “Je désire quitter cette vie pour être avec le Christ, ce qui serait bien préférable” (Philippiens 1.23).
J’ai parlé avec des médecins et des infirmières qui ont tenu la main à des mourants, et ils disent qu’il y a souvent autant de différence entre la mort d’un chrétien et celle d’un non chrétien qu’entre le Ciel et l’Enfer.
Les dernières paroles des saints avant d’aller au ciel m’ont édifié. Ma grand-mère s’assit sur son lit, sourit et dit : “Je vois Jésus et sa main tendue vers moi. Et il y a Ben, et il a ses deux yeux et ses deux jambes.” (Ben, mon grand-père, avait perdu une jambe et un œil à la bataille de Gettysburg.)
John Knox dit : “Vivez en Christ, mourez en Christ, et la chair n’a pas besoin de craindre la mort.”
John Wesley commenta : “Le meilleur dans tout cela, c’est que Dieu est avec nous.”
Quand Joseph Everett fut sur le point de mourir, il s’écria : “Gloire ! Gloire ! Gloire !” et il continua à s’exclamer ainsi pendant vingt-cinq minutes. Que croyez-vous qu’il était en train de vivre ?
Victor Hugo dit : “Plus je m’approche de la fin, plus j’entends distinctement autour de moi les immortelles symphonies des mondes qui m’invitent.”
L’auteur du “Rocher des Siècles,” Augustus Toplady, était triomphant alors qu’il était mourant à trente-huit ans. “Je suis déjà au ciel dans mon âme,” dit-il, “mes prières se transforment en louanges.”
Le Révérend R. Porteous et sa femme furent faits prisonniers par des bandits communistes chinois en 1931, et furent conduits dans un endroit retiré sur le haut d’une colline où ils devaient être exécutés. Le leader dit : “C’est l’endroit.” Le bourreau tira un long couteau de son étui et le leva au-dessus du courageux couple. La mort certaine était imminente. Cependant, au lieu de crier et de supplier, ce couple se mit à chanter. Les bandits regardaient bouche bée ces gens qui chantaient ce cantique :
Voir mon Sauveur face à face,
Voir Jésus dans sa beauté,
O joie ! ô suprême grâce !
O bonheur ! félicité !
Ces deux saintes âmes étaient prêtes à mourir et pensaient que ce serait leur dernier cantique. Mais à leur grande surprise, l’ordre d’exécution ne vint pas. Le bourreau remit le couteau dans son étui, et le couple fut relâché. Ensuite, ils racontèrent l’histoire de la parfaite paix que le Seigneur Jésus leur donna en face d’une mort certaine.
John Milton dit : “La mort est la clé dorée qui ouvre le palais de l’éternité.” A quoi ressemble cet endroit ? Est-ce que le ciel vaut la peine… qu’on meure ?