Par trois fois déjà, Dieu avait promis à son peuple des cités de refuge dans le Pays promis (Exode 21.12-13 ; Nombres 35.6-34 ; Deutéronome 19.1-13). A présent, « l’Eternel parla à Josué et lui demanda de communiquer les instructions suivantes aux Israélites : Choisissez-vous les villes de refuge dont je vous ai parlé par l’intermédiaire de Moïse » (20.1-2).
Ces villes devaient servir à protéger celui qui aura commis un meurtre involontairement du « vengeur du sang », c.-à-d. de la personne de la parenté du tué chargée de le venger en tuant le meurtrier. Celui qui aura commis ce meurtre involontairement, « sans avoir de haine » envers celui qu’il a tué, pourra se réfugier dans ces villes afin qu’il ne soit pas tué « avant d’avoir comparu devant la communauté pour être jugé » (Nombres 35.12).
Le fugitif devait comparaître devant l’assemblée des anciens de la ville ; s’il était admis, il devrait rester dans la ville jusqu’à la mort du grand-prêtre. Comme la cité de refuge, « le nom de l’Eternel est une tour forte, le juste s’y réfugie et se trouve en sécurité » (Proverbes 18.10). Celui qui se réfugie dans le salut qui nous fut acquis par la mort de Jésus-Christ est considéré comme un juste et il est assuré d’avoir la vie sauve pour l’éternité (Romains 8.1).
En Israël, il y avait six villes-refuge réparties à travers le pays pour que la distance qu’avait à parcourir le meurtrier involontaire ne soit pas trop grande et qu’il ne soit pas rattrapé par le vengeur du sang.
Les cités de refuge se trouvaient des deux côtés du Jourdain, elles étaient donc facilement accessibles. Les routes qui y menaient devaient être tracées sur ordre de Dieu (Deutéronome 19.3). De sources historiques, nous apprenons qu’elles devaient être soigneusement entretenues et réparées chaque printemps après les pluies ; des ponts devaient être construits pour que l’homme qui s’enfuyait n’ait pas à descendre au fond d’un ravin. A chaque croisement, il fallait apposer un poteau indiquant : « Refuge » et la direction de la ville. Il devait être suffisamment grand pour être lu facilement (parce que l’homme qui s’enfuyait n’avait pas de temps à perdre, le vengeur du sang le suivant de près).
Ces villes de refuge étaient ouvertes à tous : Israélites, étrangers et hôtes temporaires. Les sources non bibliques nous apprennent aussi que les portes de ces villes n’étaient jamais fermées. Il devait toujours y avoir suffisamment de réserves alimentaires dans la ville. Si le meurtrier ne s’enfuyait pas vers la cité, il ne pouvait échapper au vengeur du sang.
Ces différents points ont des parallèles avec le Christ : il est présent et disponible en tout lieu et en tout temps. Il est toujours accessible. L’Eglise est chargée de crier « Refuge » à un monde perdu (Apocalypse 22.17). Cet abri qu’est le Christ est ouvert à tous, Juifs et non-Juifs, Grecs et barbares. Il offre un refuge légal sûr et une nourriture spirituelle abondante, mais si nous ne le prenons pas comme tel, il n’y a aucune échappatoire pour nous à la condamnation éternelle (Hébreux 10.28-29).
Une différence essentielle existe entre les cités de refuge et le Christ : les premières ne protégeaient que les innocents, le Christ est mort pour des coupables (Hébreux 7.23-27). (D’après F. Schaeffer Joshua p. 174-178).