Le célèbre défenseur des dogmes catholiques Daniel-Rops a relevé cette différence entre les données de l’Evangile et l’ampleur des traditions au sujet de Marie. Dans un article intitulé « La vie de la Vierge Marie » (Match du 26.8.1950), il écrit : « Ouvrez l’Evangile. Ce que vous y lirez sur Marie… n’est presque rien, une pincée de documents… Il faut le reconnaître : entre la place immense que tient Marie dans la foi des chrétiens d’aujourd’hui et la sobriété des textes à son propos, il y a une étonnante différence» (qui provient des sources apocryphes). Et il écrivait 2 jours avant la proclamation du dogme de l’Assomption : « Quand sur un point important de la doctrine, les textes sont muets ou trop succincts, il est normal que les croyants s’attachent à combler la lacune, à suppléer l’insuffisance des documents ».5 Cela est « normal » dans une Eglise qui met la tradition sur le même plan que l’Ecriture. Cela ne l’est pas pour une Eglise qui prétend s’appuyer sur la Parole de Dieu. En fait, pour le dogme de l’Assomption proclamé en 1950, le Dictionnaire de théologie catholique avoue clairement sous « Preuves de la doctrine : l’Ecriture sainte : « Disons tout de suite qu’elle ne fournit aucune preuve décisive et explicite de l’assomption » (Tome 1/2 col. 2132).
5 Journal L’Aurore des 28-29 octobre 1950.