Le comte Niklaus Ludwig von Zinzendorf (1700-1760), fondateur de l’Unité des frères moraves écrit :
« Je commençai à chercher sérieusement Dieu en 1703 » (donc à l’âge de trois ans. Zinzendorf était né en même temps que le siècle dit « des lumières »). Vers sept à huit ans, il conçut des doutes sur l’existence de Dieu, alors il se cramponna à la parole de Jésus : « Si quelqu’un veut faire la volonté de mon Père, il connaîtra si ma doctrine est de moi ou si je parle de mon propre chef » (Jn 7.17). Il dit : « Nous n’avons qu’à mettre le Seigneur à l’épreuve. Celui qui se décide sérieusement à suivre la Bible et à prendre ses affirmations au mot, reconnaîtra bientôt la divinité de l’Ecriture. Le Maître tient sa parole, on peut s’y fier ».
On est étonné d’un tel raisonnement chez un enfant de huit ans, mais cette conversion est un fait et les fruits que la vie de Zinzendorf a produits en démontrent la réalité.15.
15 Voir Félix Bovet, Le comte de Zinzendorf, Paris 1865, 2 volumes.
Plus tard, dans une galerie de peintures, il est arrêté par un tableau de la crucifixion du peintre Domenico Feti sous lequel était inscrit en latin : « J’ai souffert pour toi. Qu’as-tu fait pour moi ? ». Il a prié le Seigneur de l’inclure dans la communion de ses souffrances.
Le comte Nicolas-Louis de Zinzendorf fut l’initiateur d’un Réveil dans la communauté morave de Herrnhut d’où partit le premier mouvement missionnaire des temps modernes. Les missionnaires moraves furent à l’origine de la conversion de John Wesley.
Bien que Ludwig Hofacker (1798-1828) n’ait atteint que sa trentième année, il a montré à beaucoup de chercheurs le chemin du salut. Après sa mort, ses sermons imprimés ont prolongé son ministère. Dans sa conversion, le rôle de la foi apparaît clairement.
A vingt ans, il a le sentiment de se trouver devant le choix de sa vie. Il confesse à son père : « Maintenant je suis arrivé au tournant décisif de mon existence : ou bien je sombre complètement dans l’incroyance et la perdition, ou bien je deviens un autre homme, un homme nouveau, car je ne puis continuer sur mon chemin actuel ». Peu après : « La soif de vraie certitude devint de plus en plus impérieuse. Cependant, je ne pouvais, ou plutôt je ne voulais pas croire qu’un salut existât aussi pour moi ; je pensais toujours : Si un jour le Seigneur m’en donne spécialement l’assurance, alors je veux bien le croire. Jusqu’au jour où un ami m’assura qu’il suffisait de saisir la Bonne Nouvelle, elle était là pour cela. Je me relevai alors de ma passivité et je dis au Sauveur que je voulais dorénavant le prendre au mot et croire son Evangile. J’en suis resté à cette foi, je n’ai pas fait l’expérience d’une visitation particulière du Seigneur, mais j’ai la paix ; et lorsque ma chair ou Satan veulent semer des doutes en moi, je regarde à mon Nouveau Testament, ou à Golgotha où mon état de grâce fut scellé, alors je puis de nouveau croire. Car tout dépend de la foi ; il n’y a pas de paix auparavant, et si l’on ne peut croire avec sentiment, il faut le faire sans. On honore Dieu davantage par une foi nue en sa Parole qu’en voulant d’abord sentir. Si tu promets une chose à quelqu’un et qu’il croit que tu tiendras parole, même si tu ne prends aucune disposition pour mettre ta promesse à exécution, cela te plaît, n’est-il pas vrai ? Combien plus en est-il ainsi du Dieu vivant ».16
16 D’après Arno Pagel, Ludwig Hofacker, Brunnen-Verlag 1952, p 15-22.
Son ministère fut si béni, malgré le peu d’années de son activité, qu’à Stuttgart une grande église luthérienne porte son nom.