Baptême et sainte cène

Troisième partie : participer à la cène

Introduction

Le repas du Seigneur !1

1 Cette partie du livre résume quelques chapitres du livre Le repas du Seigneur. Elle est destinée à ceux qui se demandent quel est le sens de la cène, s’ils pourraient — ou devraient — y participer, mais ne sont pas prêts à se lancer dans la lecture d’un ouvrage de 300 pages sur la question. C’est pourquoi on s’est concentré sur la signification du repas du Seigneur et sur la question : qui peut y participer ?
Ont été laissés de côté le développement de ce repas au cours des siècles (l’évolution vers la notion de sacrifice, la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ, les controverses du temps de la Réforme, les différentes compréhensions dans les fractions actuelles de la chrétienté), l’admission des enfants à la cène, l’intercommunion dans les efforts œcuméniques et toutes les questions pratiques relatives aux officiants, aux éléments et aux cadres de la cène. Ceux qui s’intéressent à ces questions peuvent se reporter au livre Le repas du Seigneur aux p. 177-219, 253-295.

« Tous les rayons de l’Evangile
se concentrent dans la cène
comme en un cristal précieux
qui attire la lumière de toutes parts
et la réfléchit à son tour de tous côtés ».
(E. Gaugler La Sainte Cène p. 88)

Les trois évangiles synoptiques et l’apôtre Paul nous rapportent l’institution de la cène. L’annonce de son sens tient dans deux paires de trois mots : « Donné pour nous — versé pour nous ».

La permanence et l’universalité du rite est l’une des meilleures preuves de l’historicité de Jésus et de l’autorité qu’il a exercée sur ses disciples.

Des paroles peuvent se déformer, des gestes s’altérer, mais les deux ensemble se renforcent mutuellement, surtout s’il y a entre eux un accord aussi évident qu’entre les mots de l’institution de la cène et la signification du geste symbolique.

Le repas du Seigneur est l’une des meilleures preuves de l’existence de Jésus et de sa conscience messianique ; il savait quelle était la signification de sa mort, centre de la foi chrétienne.

« Tout chrétien qui participe au repas du Seigneur devrait être prêt à répondre à quiconque lui demanderait : ‘Que signifie pour vous cette cérémonie ? » (A. Gibbs The Lord’s Supper p. 17).

S’agit-il d’un acte qui nous confère automatiquement des bénédictions, comme un remède que l’on prend — que l’on croie ou non à son efficacité ? Certains chrétiens le pensent (c’est la ligne sacramentaliste). D’autres disent, au contraire, que l’efficacité d’une participation au repas du Seigneur est liée à la foi. Or, la foi se nourrit de ce qu’elle croit. C’est pourquoi, après l’étude des textes bibliques sur la cène, nous avons consacré la partie centrale de cette deuxième partie du livre aux différentes significations du repas du Seigneur, afin de montrer la richesse de sens que Jésus et les apôtres ont rattachée à ce geste.

Les noms du repas du Seigneur

Les noms les plus courants sont :

1. La cène (deipnon)

Le mot cène désignait le repas du soir (comme cena en italien ; d’où le nom allemand : Abendmahl).

2. Le repas du Seigneur (kuriakon deipnon)

1 Co 11.20 est le seul emploi du mot deipnon pour désigner la cène. L’apôtre Paul le caractérise par l’adjectif kuriakon dérivé de kurios : le Seigneur. Littéralement, il faudrait donc traduire : le souper seigneurial.

3. La table du Seigneur

La table du Seigneur (1 Co 10.21) est opposée à la « table des démons » c.-à-d. celle des sacrifices païens.

4. La fraction du pain

L’expression fraction du pain apparaît dans Ac 2.42, 46 ; 20,7, 11 ; cf. Lc 24.34 ; 1 Co 10.16. Le geste de celui qui présidait le repas et rompait solennellement la miche en prononçant la prière de bénédiction (cf. Ac 27.35) créait la communauté de table entre les participants (cf. J. Jeremias La dernière Cène p. 277).

5. La communion ou sainte communion

L’utilisation de ce mot pour désigner le repas du Seigneur est tirée des paroles de Paul : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps du Christ » (1 Co 10.16). De ce nom on a tiré le verbe communier (qui n’apparaît pas dans la Bible).

6. L’eucharistie

Ce nom est dérivé de l’action de grâces accompagnant le geste du Seigneur et celui des disciples lors de la fraction du pain (cf. Mt 26.26-27 ; Mc 14.23 ; Lc 22.17, 19 ; 1 Co 10.16 ; 11.24). « Il prit du pain et après avoir rendu grâces… (eucharistèsas) ».

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