« Lionel Fletcher avait chanté des dizaines de fois ce cantique à l’école du dimanche ou à l’église :
» Tel que je suis, sans rien à moi,
Sinon ton sang versé pour moi
Et ta voix qui m’appelle à toi,
Agneau de Dieu, je viens, je viens ! ».
« Mais soudain ces paroles entrèrent dans sa vie avec une force irrésistible. Seul sur son lit, au milieu de la nuit, il se leva, s’’agenouilla et se tourna définitivement vers Dieu. La strophe finale du cantique scella sa décision :
» Tel que je suis, ton grand amour
A tout pardonné sans retour.
Je veux être à toi dès ce jour ;
Agneau de Dieu, je viens, je viens ».
« C’était aussi simple que cela : pas d’expérience émotionnelle, pas d’extase ; toute sa prière se résumait dans une seule ligne : “Agneau de Dieu, je viens”. Il se remit au lit et dormit comme un enfant. Mais tout le cours de la vie et tous ses desseins furent changés parce qu’il a simplement accepté que Dieu désirait sa vie et qu’il était prêt à s’offrir lui-même tel qu’il était.
» Le lendemain matin, il se réveilla avec le sentiment que des phrases qu’il avait apprises il y a bien longtemps avaient acquis subitement une signification pour lui : “L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi… tous mes péchés sont effacés et moi-même, je suis réconcilié avec Dieu”. C’était cela, la conversion : un demi-tour complet, de l’idée qu’il fallait gagner les vertus chrétiennes par ses propres efforts et ses résolutions à l’humble acceptation du don immérité de Dieu. Lionel fit résonner tous les environs de ses cris de louange et de joie.
» La prochaine fois où Lionel se rendit dans leur petite église de brousse, où les fidèles se rassemblaient venant de près et de loin, Lionel sentit la nécessité de rendre publiquement témoignage de sa conversion et de son intention de servir le Christ. C’était le témoignage le plus difficile qu’il ait jamais eu à rendre, déclara-t-il par la suite, mais alors, la musique céleste entra dans son âme et Dieu ne lui laissa aucune incertitude au sujet de sa vocation. D’emblée, il savait qu’il devrait prêcher ». Bientôt, il chercha à servir Dieu de diverses façons dans son district et au-delà.17
17 C.W. Malcolm Twelve Hours in the Day London, Marshall, Morgan & Scott 1956 p. 36-37.
Fletcher est devenu missionnaire méthodiste à Dabou.