La paix avec Dieu

16
Le chrétien et l’Eglise

En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit.
Ephésiens 2.22

L’homme est une créature sociale, de nature grégaire, et qui trouve sa plus grande sécurité et sa plus grande satisfaction en compagnie de ses semblables, ayant les mêmes intérêts et les mêmes habitudes. De tous les groupements qui ont rassemblé des hommes, de tous les clans, tribus, organisations et sociétés formés au cours de l’histoire, aucun n’a été aussi puissant, aussi étendu et aussi universel que l’Eglise.

Dans les temps primitifs, les hommes s’assemblaient pour leur protection mutuelle et, beaucoup plus tard, ils apprirent à se grouper pour leur intérêt et leur plaisir mutuel. Dans les civilisations plus avancées, des sociétés secrètes se formèrent afin de donner à leurs membres le sens de leur « appartenance », un sentiment de « mise à part », les distinguant des non-membres. Des serments, des rites et des codes spéciaux furent établis, qui acquirent une grande signification.

Des groupes raciaux et nationaux se créèrent ; ne pouvaient s’y affilier que les personnes d’un même endroit, d’une même origine, ou fidèles à un même drapeau. Clubs, sociétés d’étudiants, loges, sociétés littéraires, partis politiques, organisations militaires, toutes ces associations, du club le plus sélect à la bande de voyous, montrent le besoin de l’homme de trouver du réconfort et de l’assurance dans la compagnie d’autres hommes semblables à lui et vivant comme lui.

Nulle part, cependant, l’homme n’a éprouvé ce réconfort, cette assurance et cette paix qu’il a trouvés dans l’Eglise, car tous les autres groupements sont inspirés par des hommes, Ils fixent des frontières artificielles et ne donnent que l’illusion de la protection, alors que l’Eglise est un organisme vivant et vibrant, qui tire sa puissance de Dieu lui-même au lieu de compter sur l’extérieur pour lui donner son sens et sa vitalité.

L’origine de l’Eglise

Le mot Eglise est une transcription du mot grec ecclesia, qui signifie « ceux qui sont appelés hors de » ou « assemblée ». Bien que le mot Eglise soit devenu un mot exclusivement chrétien, il a une histoire préchrétienne. Dans le monde grec, il désignait l’assemblée régulière de tous les citoyens d’une ville libre. Un groupe de citoyens était convoqué par le héraut pour délibérer et prendre les décisions dans les affaires publiques. Ce mot ecclesia traduit dans la version grecque le terme de l’Ancien Testament qui signifie « l’Assemblée » d’Israël, le peuple élu de Dieu. Ainsi Etienne, dans le Livre des Actes, emploie ce mot lorsqu’il parle de Moïse : « C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert. » (Actes 7.38.) Au premier siècle, donc, le mot Eglise signifiait pour les Grecs une société démocratique se gouvernant elle-même ; et pour les Juifs, une société théocratique dont les membres étaient les sujets de Dieu.

Appliqué à une société chrétienne, ce mot fut employé pour la première fois par Jésus lui-même, lorsqu’Il dit à Pierre : « Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Matthieu 16.18.) Ainsi, c’est Jésus-Christ lui-même qui a fondé l’Eglise. Il est la grande pierre angulaire sur laquelle repose l’édifice. Il est le fondement de toute expérience chrétienne, et l’Eglise est bâtie sur lui. « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. » (1 Corinthiens 3.11.) Jésus proclame qu’Il est le fondateur, le constructeur de l’Eglise, et qu’elle lui appartient à lui seul. Il a promis de vivre avec elle et dans tous ses membres, L’Eglise est non seulement une organisation, mais encore un organisme, entièrement différent de tout ce que le monde a jamais connu : c’est Dieu lui-même vivant avec des hommes et des femmes ordinaires, membres de son Eglise.

Jésus-Christ est la tête

Le Nouveau Testament nous apprend que s’il n’y a réellement qu’une seule Eglise, il peut y avoir un grand nombre d’églises locales, formant de nombreuses dénominations, sociétés et groupements. Ces églises locales et ces dénominations peuvent être divisées sur des questions nationales ou théologiques, ou par le tempérament de leurs membres. Cependant, le Nouveau Testament nous enseigne que, bien qu’il puisse y avoir de nombreuses séparations et divisions au sein de l’Eglise, nous n’avons « qu’un seul Seigneur ». Comme le dit le cantique : « L’unique fondement de l’Eglise, c’est Jésus-Christ, son Seigneur. »

Jésus-Christ est le chef de cette grande Eglise universelle. C’est de lui que doivent découler toutes les activités et tous les enseignements de l’Eglise, car Il est la source de toute l’expérience chrétienne.

A notre époque électronique, il est facile de faire une comparaison avec le système de communications à très longues distances dans lequel se trouve une station centrale vers laquelle convergent toutes les ondes lumineuses ou sonores et de laquelle toutes les liaisons sont établies. Dans un système ferroviaire, il y a toujours un bureau central, duquel partent les ordres dirigeant les manœuvres de tous les trains. Dans l’armée, un général en chef émet les ordres destinés aux divers groupes placés sous son commandement. Ses nombreux subordonnés peuvent interpréter ses instructions de manières légèrement différentes, mais ses ordres restent toujours la base de leurs opérations.

Dans l’Eglise, Jésus-Christ occupe la position de général en chef. C’est sur ses ordres que l’Eglise existe ; elle reçoit sa puissance directement de lui, et chacune de ses subdivisions doit suivre ses commandements aussi scrupuleusement que possible. De même que le général en chef exige que ses ordres soient exécutés fidèlement, Jésus veut que chaque branche de l’Eglise reste fidèle à ses enseignements.

L’Eglise a été grandement critiquée à cause de ses nombreuses querelles intérieures, de ses discussions mesquines et de son manque apparent d’unité. Ces conflits ne sont cependant que superficiels ; ils proviennent du fait que les ordres du général sont compris de manière différente, mais cela ne diminue pas la sagesse du chef, ni son droit absolu à émettre des ordres.

Etudiez les confessions de foi des différentes dénominations et vous verrez que, fondamentalement et historiquement, elles sont presque toutes identiques. Elles peuvent différer de beaucoup dans les rites, elles peuvent donner l’impression de monter en épingle des particularités théologiques, mais à la base, elles reconnaissent toutes que Jésus-Christ est Dieu incarné, qu’il mourut sur la croix, qu’Il ressuscita afin que l’homme puisse obtenir le salut — et c’est bien là le fait le plus important pour toute l’humanité.

L’Eglise — ou les églises

Maintenant que vous avez accepté Christ comme votre Sauveur et que vous avez mis votre confiance en lui, vous êtes devenu un membre de la grande Eglise invisible. Vous êtes membre de la famille chrétienne, vous faites partie du Corps de Christ. Vous devez désormais obéir à Christ, et si vous lui obéissez, vous suivrez son exemple, en vous joignant à d’autres chrétiens pour adorer Dieu. « N’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns. » (Hébreux 10.25.)

Nous parlons maintenant de votre église locale, de votre communauté, dont vous connaissez peut-être bien les imperfections et les insuffisances. Mais rappelez-vous que la perfection n’existe pas parmi les hommes, et que les institutions qu’ils créent à la plus grande gloire de Dieu sont remplies de leurs imperfections. Jésus est le seul Homme parfait qui ait jamais vécu. Pour nous, nous ne sommes que des pécheurs repentants, essayant de suivre au mieux son magnifique exemple. Et l’Eglise est aveugle sur elle-même quand elle proclame son infaillibilité ou sa perfection, ou encore celle d’un de ses membres.

Le Tabernacle, pendant la vie d’Eli, avait tellement dégénéré que le peuple méprisait le sacrifice du Seigneur, car « ses fils s’étaient rendus méprisables, sans qu’il les ait réprimés » (1 Samuel 3.13). Et pourtant l’enfant Samuel vécut dans cet environnement et devint un grand prophète.

Dans le Nouveau Testament, nous voyons que ce furent les chefs du Temple qui firent crucifier Christ, et pourtant, après sa résurrection et son ascension, les disciples « étaient continuellement dans le Temple, louant et bénissant Dieu » (Luc 24.53).

Lorsque Jésus fonda l’Eglise, son intention était que ses disciples s’y rallient et lui demeurent fidèles. Aujourd’hui, si vous êtes du nombre de ceux qui n’appartiennent à aucune église, vous serez étonné de voir le nombre de communautés qui s’offrent à vous. En en choisissant une, il est possible que vous ayez le désir naturel de retourner à celle de votre enfance ; ou bien vous baserez votre choix sur votre jugement plus spirituel et plus mûr. Votre adhésion à une église ne doit pas être faite à la légère, car l’église doit vous être utile, et, ce qui est plus important encore, elle doit vous donner la possibilité d’être utile à d’autres. Aussi devez-vous, par la prière, choisir celle où vous pensez pouvoir le mieux servir Dieu.

Une église pour chacun

Certaines personnes ont plus de facilité à s’approcher de Dieu dans des édifices magnifiques et avec certains rites. D’autres pensent ne pouvoir le faire que dans la plus stricte simplicité. Les uns se sentent attirés par une certaine forme de culte et d’autres se sentent plus à l’aise dans une atmosphère différente. La chose importante n’est pas la manière dont nous accomplissons notre service, mais la sincérité et la profondeur de notre intention. Nous devons donc nous joindre à l’église dans laquelle nous pourrons, en tant qu’individus, le mieux servir Dieu.

Le vrai chrétien ne va pas à l’église seulement pour ce qu’il peut y recevoir, mais aussi pour ce qu’il peut y donner. Il y va pour ajouter ses prières à celles des autres croyants, pour joindre sa voix aux autres voix qui s’élèvent pour louer Dieu ; il y va pour implorer avec d’autres les bénédictions de Dieu, pour ajouter son poids au témoignage du salut en Jésus-Christ. Il y va pour se joindre à d’autres dans l’adoration de Dieu, dans la contemplation de sa grâce et de son amour infinis. Il y va aussi pour la compagnie nécessaire d’autres croyants.

Les chrétiens qui ne sont pas actifs dans la vie de l’église locale me font penser à ce qui arrive à un charbon incandescent que l’on retire du feu. Vous l’avez certainement vu : le charbon se refroidit graduellement, et sa flamme meurt si on l’éloigne des autres charbons brûlants.

Dans l’Ouest américain, quand des loups attaquent un troupeau de moutons, ils cherchent tout d’abord à les éparpiller, puis ils se jettent pour le tuer sur un mouton isolé.

L’Eglise est un canal d’acheminement

C’est par l’Eglise que vous pouvez distribuer les dons que vous destinez au travail chrétien et aux besoins des croyants. La Bible nous enseigne à donner la dîme, à savoir un dixième de notre gain net. Cette dixième partie de notre revenu appartient à Dieu. En plus de la dîme, nous devons donner dans la mesure où Dieu nous fait prospérer. Donner est une grâce chrétienne qui doit être tissée dans la trame de notre vie journalière jusqu’à ce qu’on ne puisse plus la distinguer du reste. La générosité devrait être à la base de tous nos actes.

Christ a dit lui-même : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » (Actes 20.35.) Il savait que le fait de donner réchauffe le cœur et satisfait l’âme. Il désire pour nous cette bénédiction particulière. L’égoïsme est causé par la crainte, et un chrétien ne doit jamais craindre. Jésus eut toujours les mains ouvertes — et non crispées par l’égoïsme et la cupidité. Autant qu’il soit possible, nous devrions donner discrètement. Jésus a dit, lorsque nous donnons : « Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. » (Matthieu 6.3.) Vos dons ne peuvent se compter en francs et en centimes, ou se mesurer en colis de vieux habits. Parfois le plus grand don est celui de l’amitié ou de la courtoisie. Une parole aimable, un salut amical, une soirée passée avec un isolé peuvent produire une riche moisson pour le royaume de Dieu. Il est impossible de devenir un gagneur d’âmes sans donner quelque chose de soi-même. Non seulement votre argent, mais votre temps, vos talents, tout doit être mis au service de Christ. Les dons que vous faites en plus de votre dime ne doivent pas être limités par des règles fixes où par des méthodes rigides. Ils doivent être en rapport avec les besoins dont vous avez connaissance, selon les règles établies par Christ dans l’Evangile de Matthieu (Matthieu 6.1-4.) Ce sera peut-être à votre voisin, au garçon qui vous apporte votre journal ou à quelqu’un au loin, en Afrique ou en Amérique du Sud, à qui vous pourrez donner. Nos dons sont l’expression de notre amour pour Dieu. Nous lui donnons en retour du grand amour qu’il a manifesté envers nous, et c’est ainsi que nous répandons la connaissance de son amour.

Le chrétien doit aussi participer aux responsabilités communautaires dans la mesure où son temps et son argent le lui permettent.

Prenez garde de ne pas vous rendre coupable du péché de voler Dieu. La Bible dit : « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel des armées, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » (Malachie 3.10.)

Quelqu’un a dit : « L’Evangile est gratuit, mais il faut de l’argent pour se procurer les seaux dans lesquels sera portée l’eau du salut. »

L’Eglise répand l’Evangile

L’Eglise est là pour répandre l’Evangile. L’Eglise à reçu un ordre : « Allez par tout le monde, prêchez l’Evangile et baptisez ceux qui croient » (d’après Marc 16). La mission fondamentale et principale de l’Eglise est d’annoncer Christ aux perdus. Aujourd’hui, le monde lance ses S. O. S., demandant à l’Eglise de lui venir en aide. Il est submergé par des problèmes sociaux, moraux et économiques. Les hommes s’enfoncent, engloutis par les vagues du crime et de la honte. Le monde a besoin de Christ. La mission de l’Eglise est de lancer la bouée de sauvetage aux naufragés qui périssent de tous côtés.

Jésus a dit : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous ; et vous serez mes témoins. » (Actes 1.8.) Avec la puissance du Saint-Esprit, nous pourrons nous joindre à d’autres chrétiens pour gagner le monde à Christ. Soixante-cinq pour cent des hommes n’ont pas encore entendu l’Evangile de Jésus-Christ. Notre génération a tristement négligé sa mission d’évangélisation du monde. D’après l’Association Wycliffe pour la Traduction de la Bible, il y a encore plus de trois mille langues et dialectes dans lesquels la Bible n’a pas été traduite.

L’Eglise primitive ne possédait ni Bible, ni facultés de théologie, ni imprimerie, ni littérature, ni radio, ni télévision, ni automobiles, ni avions — et pourtant en une génération l’Evangile a été annoncé à la plus grande partie du monde connu. Le secret de son expansion fut la puissance du Saint-Esprit.

Jésus n’a pas d’autres pieds ici-bas que les nôtres, pas d’autres mains que les nôtres, pas d’autre langue que la nôtre. Employons nos talents, nos moyens et toutes les méthodes possibles pour gagner des hommes à Christ ! C’est là la grande mission de l’Eglise. Nos méthodes peuvent varier. Nous pouvons évangéliser par les visites, l’éducation, les séries de conférences, le travail dans les prisons, les films, la radio et la télévision, ou encore par l’évangélisation dite des masses.

Je sais qu’aujourd’hui, dans bien des pays, l’Eglise est mise hors la loi, qu’elle est discréditée et même proprement anéantie. Et pourtant, encore et toujours il est prouvé que « le sang des martyrs est la semence de l’Eglise ». L’Eglise de Dieu, centrée sur la Bible, se fortifie sous la persécution. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Matthieu 18.20.) Cette parole biblique est devenue littéralement vraie dans certaines parties du monde. Dans de tels endroits où les croyants en Jésus-Christ vivent dans la plus abjecte pauvreté, ils donnent encore la dîme de ce qu’ils ont ; quand l’un des leurs souffre, les autres viennent à son aide. Empêchés de prêcher ouvertement, ils cherchent les occasions pour témoigner par leur vie.

Ainsi, même dans la souffrance, l’Eglise de Christ croît. Quel défi pour nous d’en faire autant !

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant