Josué un conquérant selon le cœur de Dieu

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Les derniers actes de Josué (Josué 22)

On se souvient qu’avant de traverser le Jourdain, les tribus de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé avaient trouvé à leur convenance la région à l’est du Jourdain et avaient demandé à Moïse de s’y établir. Il le leur permit à condition qu’ils s’engagent à combattre avec leurs frères pour la possession des territoires à l’ouest du fleuve. Ce qu’ils ont fait. Lorsque les combats étaient terminés, Josué les renvoya chez eux : « Vous vous en retournez chez vous avec de grandes richesses, avec des troupeaux très nombreux, avec une quantité considérable d’argent, d’or, de bronze et de fer, ainsi que des vêtements en abondance. Vous partagerez ce butin pris sur vos ennemis avec vos compatriotes. Les descendants de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé partirent donc et quittèrent les autres Israélites à Silo dans le pays de Canaan pour retourner au pays de Galaad, le territoire que Moïse leur avait donné en propriété sur l’ordre de l’Eternel » (22.8-9).

« Lorsqu’ils arrivèrent à Gueliloth aux environs du Jourdain qui se trouve dans le pays de Canaan, ils érigèrent là un autel monumental au bord du fleuve » (v. 10). Elles érigèrent cet autel du côté ouest du fleuve, voulant signifier par là qu’elles faisaient partie du pays de Canaan et de son culte. Cela partait d’une bonne intention, mais c’était une désobéissance à l’ordre de l’Eternel : Deutéronome 12.5-14 avait précisé qu’il ne devrait y avoir qu’un seul autel dans le pays pour y offrir les holocaustes et les autres sacrifices.

Les tribus à l’ouest du Jourdain n’ont pas compris le sens que les tribus transjordaniennes voulaient donner à leur autel et y ont vu un signe de révolte. Elles leur ont envoyé des délégués qui leur ont parlé ainsi : « Voici ce que vous fait dire toute la communauté de l’Eternel : ‘Pourquoi vous révoltez-vous contre le Dieu d’Israël ? Pourquoi vous détournez-vous maintenant de l’Eternel ? Car, en construisant un autel pour vous-mêmes, vous vous révoltez contre lui’ » (v. 16). Les délégués leur proposèrent même de s’installer parmi eux à l’ouest du Jourdain.

Les hommes de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé expliquèrent leur intention en édifiant cet autel : « Nous l’avons fait parce que nous avions peur qu’un jour vos descendants ne disent aux nôtre : « Qu’avez-vous à faire avec l’Eternel, le Dieu d’Israëlénbsp;? N’a-t-il pas lui-même tracé le Jourdain comme frontière entre nous et vous, descendants de Ruben et de Gad ? Vous n’avez donc rien à faire avec lui ! » Ainsi vos descendants pourraient empêcher les nôtres d’adorer l’Eternel » (v. 24b, 25c). Cet autel devait donc être un signe d’unité, « de témoin entre nous et vous… que l’Eternel seul est Dieu » (v. 34). Josué, Phinéas et les chefs de familles qui les accompagnaient acceptèrent l’explication qui leur fut donnée. Ils retournèrent en Canaan et rendirent compte de leur mission. « Les Israélites furent satisfaits et ils bénirent Dieu. Plus personne ne parla de partir en guerre contre les descendants de Ruben et de Gad pour dévaster leur pays » (v. 33). Il suffit parfois de se parler pour lever des malentendus.

Les v. 11-27 nous montrent comment lutter pour l’unité du peuple de Dieu. Il s’agit de dénoncer sans ménagement le mal (v. 11), mais les Israélites qui ont émis cette accusation ont fondé leur opinion sur une rumeur (« on racontait que »). Heureusement, ils ont donné aux accusés le droit de s’expliquer. Mais au lieu de lancer des questions accusatrices, Phinéas aurait pu commencer par demander des explications. Les accusés n’ont pas pris les accusations en mauvaise part. Peut-être ont-ils reconnu avoir agi de leur propre initiative, sans informer qui que ce soit de leurs intentions. Leur préoccupation était le maintien de l’unité du peuple. A l’actif de Phinéas et des responsables des tribus de l’ouest, on peut noter qu’ils ont accepté pleinement les explications données (v. 33 : « et ils bénirent l’Eternel »).

« Cette péricope des v. 10-34 révèle clairement le bon esprit qui régnait en Israël au temps de Josué, l’honnêteté et la vérité qui gouvernaient les relations des uns avec les autres et le haut niveau qu’ils avaient atteint dans leur vie religieuse». (C.T. Goslinga Joshua, Jg, Rt p. 162).

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