Steinberger (1866-1904), simple menuisier devenu évangéliste, fondateur d’une maison de repos en Suisse, connu par ses « Petites lumières », se consacre à Dieu de façon analogue :
« Seigneur,
» Je me livre à toi : esprit, âme et corps ; avec tout ce que je suis, et tout ce que je possède.
» Prends-moi et fais de moi ta possession, une fois pour toutes, complètement et pour toujours. Je veux être dans le monde ce que tu étais toi-même. Tu perdis la vie. Je veux me séparer de tout ce qui s’appelle péché et vie propre, jusqu’à la limite de ma vie extérieure, me comporter selon l’esprit de ton abaissement et de ta pauvreté.
» La règle de ma vie sera donc : Rien pour moi !
» Ma jouissance : accomplir ta volonté !
» Ma parure : ta pauvreté et ton humilité !
» Le but de ma vie : Devenir semblable à toi, Agneau de Dieu !
» Mon espérance : ton retour. » (Steinberger, Petites Lumières).
Pete Meadows avait réussi à faire partie d’un groupe musical qui connaissait un franc succès. Ils venaient de décrocher un contrat avec la télévision. Mais avant de s’engager dans le travail harassant que cela impliquait, ils voulaient faire des vacances. Ils sont donc partis à cinq sur une île dans un camping-car. Mais là, ils n’avaient qu’une pensée : des filles. Et ils découvrirent qu’elles n’étaient pas loin : dans le même camping, quatre filles faisaient aussi des vacances. Ils ont donc cherché à les contacter. Pas facile ! Mais un jour l’occasion rêvée se présenta. Pete vit que l’une des filles se donnait beaucoup de mal avec un seau d’eau. Il saute de son hamac et l’aide à le porter. Le lendemain, une autre fille demande à emprunter leur corde à linge. Et c’est ainsi que les cinq garçons furent invités à une tasse de thé dans le car des filles.
En entrant, ils remarquent sur la table un recueil des chants de Billy Graham. « Comment pouvez-vous trouver du plaisir à ces vieux chants ? ». Une discussion animée s’engage. Invitation à un club — où les filles sont assiégées de questions et les cinq gars ne peuvent qu’admirer leur présence d’esprit qui leur fait donner toujours la bonne réponse à des questions-pièges. Après le club, prolongation de la discussion en petit comité. Les filles proposent de prier pour les jeunes gens. Pete rentre songeur dans leur camping-car — pour découvrir Mike à genoux devant son lit en train de prier Jésus de l’accepter tel qu’il est et de prendre sa vie en main.
Pete remarque combien la vie de Mike a changé. De retour à Londres, il s’adresse à un prédicateur connu qui prend du temps pour discuter toutes ses questions avec lui. Et peu à peu sa vie change aussi. Les plans du groupe se modifient. Ils ne veulent plus divertir, mais utiliser leur musique pour toucher des non-chrétiens et leur apporter le message libérateur.18
18 D’après Keith Bill Sie suchten das Glück Wetzlar, H. Schulte 1970 p. 97-108.
Le Père Chiniquy, apôtre de la tempérance du Canada, avait été honoré des plus grandes distinctions par les évêques de son Eglise catholique et récompensé par le Pape lui-même qui lui envoya une médaille spécialement bénite à son intention. Il fut néanmoins dénoncé parce que ses sermons sonnaient de manière trop « protestante ». Il offrit à son évêque un acte de soumission que celui-ci accepta avec reconnaissance. Des jésuites firent toutefois remarquer à l’évêque que cet acte de soumission contenait les mots : « conformément à la Parole de Dieu telle qu’on la trouve dans l’Evangile ». Chiniquy fut sommé de retirer cette formule. Il refusa. Là-dessus, son évêque lui dit : « S’il en est ainsi, Monsieur, vous n’êtes plus prêtre de l’Eglise catholique ».
Chiniquy rentra dans sa chambre d’hôtel et se jeta à genoux en plein désarroi. Il avait le sentiment que Dieu l’avait abandonné. Il comprit aussi qu’il serait rejeté par ses parents, ses amis les plus chers, son peuple et sa patrie, il avait perdu sa réputation et son honneur ; il savait qu’une guerre sans merci allait s’allumer contre lui. Il était sur le point de mettre fin à ses jours, mais l’idée qu’il allait mourir sans foi et sans espérance fit tomber le couteau de ses mains. Il se mit à crier : « Mon Dieu ! ayez pitié de moi ! ». Il se rappela alors qu’il avait avec lui le saint Evangile. Il l’ouvrit au hasard et tomba sur les mots de 1 Co 7.23 : « Vous avez été rachetés à un grand prix ; ne devenez pas les esclaves des hommes ». « Ces paroles me révélèrent à l’instant pour la première fois la grandeur du salut par Jésus-Christ. Ma raison, d’accord avec ma conscience, me faisait entendre un langage nouveau : “Jésus-Christ t’a racheté, donc tu es à lui. Tu es donc sa propriété, tu lui appartiens. Lui seul a un droit absolu sur toi. Tu n’appartiens pas au pape, à l’évêque, ni même à l’Eglise, comme tu l’as cru jusqu’à cette heure ; tu appartiens à Jésus et à Jésus seul ! C’est donc sa parole seule qui doit être ton guide pendant le jour, ta lumière pendant la nuit. Et si Jésus t’a racheté, il t’a aussi sauvé. Les œuvres de Dieu sont parfaites, ton salut est donc une œuvre parfaite. Il a versé son sang sur la croix, il a donné sa vie sur le calvaire ! Mais si c’est le sang et la mort de Jésus qui t’ont sauvé, tu n’es donc pas sauvé comme l’Eglise te l’a si souvent dit, par tes prières à Marie, tes confessions, tes messes, tes scapulaires, tes indulgences, tes pénitences, ni par aucune de tes œuvres, tu es sauvé par Jésus seul.”
» A l’instant, Jésus resta devant mon âme comme mon seul libérateur, mon unique et parfait Sauveur. De quelle joie cette vision inonda mon âme ! »
Cette joie fut de courte durée, car Chiniquy vit subitement la montagne de ses péchés roulant vers lui, prête à l’écraser. Mais tout à coup, il vit Jésus s’avancer vers lui et lui rappeler que son sang avait payé toutes ses dettes. « Veux-tu me donner ton cœur et m’aimer ? Veux-tu prendre mon Evangile comme ta seule lumière ? Je t’apporte la vie éternelle comme un présent de mon Père ! ». Alors il vit la montagne touchée par la main de Jésus rouler au fond de l’océan pour y disparaître à jamais. « Le sang de l’Agneau coulait sur mon âme pour la purifier et la laver. Au même moment, j’éprouvai une paix, une joie, qu’aucune parole humaine ne pourra jamais redire… Cette révélation si soudaine du salut éternel comme un don parfait et gratuit m’avait soudain transformé : je ne me sentais plus le même homme. Tout était nouveau et changé en moi. La profonde tristesse de mon âme avait tout à coup fait place à une joie telle que je n’en avais jamais éprouvé de semblable. Mes craintes et mes terreurs avaient disparu et un sentiment de confiance et de force remplissait mon cœur… je n’avais plus qu’un désir : c’était qu’il me fût permis de montrer ce don à mon peuple et de le lui faire accepter. Je résolus de rentrer à l’instant parmi mes colons et de leur raconter les grandes choses que le Seigneur avait faites pour moi ».
C’est ce qu’il fit en donnant le choix à ses paroissiens soit de le chasser (comme l’évêque le leur avait demandé par télégramme), soit d’accepter aussi le salut gratuit en Christ et de sortir de l’Eglise romaine. C’est cette dernière alternative que les mille fidèles choisirent. Le mouvement fit tache d’huile à travers tout le Canada et quelques centaines de milliers d’hommes et de femmes furent sauvés.19 Le ministère de Chiniquy s’étendit aussi à l’Europe. Chiniquy avait 50 ans et 25 années de prêtrise au moment de sa conversion.
19 D’après Ch. Chiniquy Mes combats Montréal, L’Aurore publ. Co, s.d., p. 461-466.
Cette fidélité à l’Evangile ne tarda pas à susciter une violente opposition contre lui : il échappa à une trentaine d’attentats et subit une vingtaine de lapidations, mais le Seigneur l’a toujours protégé et lui a accordé encore quarante années de ministère évangélique.
« Rocky l’Iroquois » était le nom de show-business de Gérard Bauer, un Allemand de l’Est né en 1926 d’un père militaire dont il n’a jamais réussi à gagner l’affection. Lorsque ce père s’affilie au parti nazi en 1932, l’enfant subit la haine de ses camarades d’école. Dès l’âge de 17 ans, il s’engage dans l’armée pour fuir le milieu familial. A la fin de la guerre, il se fait passeur pour aider des Allemands de l’Est à gagner l’Ouest. Il est attrapé par les Russes et condamné au camp de travail à perpétuité, mais gracié et renvoyé à l’Ouest en 1957. Son père a été fusillé, sa mère est morte et sa fiancée s’est marié avec son meilleur ami. Gérard va à Hambourg où il commence une formation d’infirmier.
Un jeune chrétien lui donne son témoignage et l’amène à un culte, mais peu après, il quitte son Eglise pour vivre avec une femme mariée. Déception de Gérard qui commence une double vie : infirmier pendant le jour, client des boîtes de nuit le soir. Comme il s’est fait tatouer le visage, il est renvoyé du home de handicapés où il travaillait. Il s’achète une grosse moto et se fait tatouer tout le corps. Par son tatoueur, il est introduit dans le milieu des gens de la télévision, des Hell angels et des pervers sexuels. Dans un groupe de rockers, il consacre sa vie à Satan et se fait tatouer deux étoiles à cinq branches dans le visage (signes de sa nouvelle allégeance). Il participe à des séances d’occultisme et des messes noires. Il se rend compte qu’il n’agit plus librement, mais qu’il obéit à des puissances occultes pour accomplir des cambriolages et des meurtres. Il entretient d’excellentes relations avec le milieu des souteneurs, trafiquants de drogue et tueurs à gage. Son apparence est si terrifiante, avec son visage entièrement tatoué et une mèche sur le crâne chauve, qu’il obtient des gens tout ce qu’il leur demande. Sa vie est une débauche continuelle.
En été 1974, il erre à travers l’Allemagne et se fait inviter dans une famille chrétienne — dont il est une nouvelle fois déçu. Un reporter de la télé le repère et prépare une émission avec lui. On le lance dans une carrière de chanteur. Un disque dans lequel il dénonce les hypocrisies de la société prospère (« Finie la foutaise ») remporte un immense succès. Il joue un rôle dans un film et se fait initier à différentes drogues pour oublier son sentiment de solitude.
Dans une gare, il est accroché par un groupe de jeunes chrétiens qui lui parlent longuement et l’invitent chez eux. Ils prient pour lui et lui demandent de se donner à Jésus-Christ. Après une lutte assez longue, il s’agenouille et prie : « Seigneur, si tu peux encore tirer quelque chose de ma vie, alors prends-la ! ».
A partir de ce jour, il ira tous les jours au Jesus-Center, un foyer d’accueil ouvert à tous les paumés de l’existence. Il exprime le désir d’assister à un culte — où il se sent accepté par les croyants malgré son accoutrement. Ses nouveaux amis l’engagent à noter tous les péchés dont il se souvient. Ses liens avec les forces occultes l’écrasent. En présence d’un responsable du Jesus-Centre, sa confession écrite est brûlée. Ses péchés n’existent plus, car Jésus les a pris sur lui à la croix. Il se sent libéré. Son visage et son regard se transforment. Au culte, on lui dit : « Tu as l’air tout changé ».
En septembre 1985, il se fait baptiser ; il prononce la formule de baptême de l’ancienne Eglise : « J’abjure le Mal et toutes ses œuvres ». Rocky est mort. Gérard vit en Christ — et continue de mourir et de ressusciter avec lui. Son cancer fait de nouvelles métastases. Il est soigné à l’hôpital. A sa sortie, il va vivre dans une communauté chrétienne avec laquelle il va évangéliser les drogués, ses anciens amis et des élèves dans les écoles. Il meurt dans la paix, vaincu par le cancer et entouré de ses amis chrétiens.20
20 D’après M. Ackermann Rocky : un homme et ses masques Zürich, R. Brockhaus 1988.
Christian Fonck, né au Maroc, y prit tôt l’habitude de voler pour se procurer l’argent nécessaire pour ses cigarettes. A Genève, il mène une vie de bâton de chaise, couchant de ci, de là, passant ses moments libres dans les boîtes à boire, fumer, danser et draguer des filles. Au labo où il travaille, une chrétienne lui rend témoignage et l’invite à une série d’évangélisation puis dans un groupe de jeunes. Il commence à lire la Bible et d’autres livres chrétiens qu’on lui a prêtés. L’Esprit de Dieu œuvre en lui. Il persévère pendant sept mois dans ses lectures. Le traité Que faut-il croire ? le convainc que Jésus est ressuscité, donc qu’il était le Fils de Dieu. Nouvelle série de réunions sous une tente. Il y va dans l’espoir d’aller danser après 10 heures. La lecture d’Esaïe 53 le touche. Il rentre directement chez lui, bien décidé à revenir le lendemain soir. Après la réunion du lendemain, il se lance chez lui pour la première fois dans une prière : « Seigneur, je ne sais pas quoi te dire. il se passe des choses étranges dans ma vie… Peux-tu, s’il te plaît, me montrer ce que je dois faire. Je suis complètement paumé ! ». Ce n’était pas une prière très orthodoxe, mais Dieu l’a entendue.
Le lendemain, le groupe Naissance chante : « Quand j’ai vu tes mains… Seigneur, en retour, reçois mon amour ». Il reste après la réunion dans un coffee-bar, posant toutes ses questions au pasteur Chabloz. Il achète le disque avec le chant qui l’a touché. Rentré chez lui, il réécoute : « Seigneur, en retour, reçois mon amour ». Il se jette à genoux et pleure. « Oh, Dieu ! Je te remets tous mes péchés, sans exception. Sauve-moi, Seigneur, je suis un pécheur. Je te remets tous ces gens que j’ai lésés, toutes ces filles que j’ai salies, tous ces maris que j’ai bafoués en prenant leur femme. Tout cela, Seigneur, prends-le… Je n’en veux plus… Je remets maintenant ma vie entre tes mains. Dirige-moi vers ta lumière. Accomplis les promesses de ta Parole à mon égard. Mets dans mon cœur l’amour, l’enthousiasme, la joie, toutes ces choses si étranges pour ce monde mauvais… mais que j’ai déjà découvertes intuitivement chez les chrétiens sans pouvoir les saisir… Oh ! merci mon Dieu ! Merci, Jésus, pour ton sacrifice sur la croix, pour ton sang qui a coulé afin de me rendre, à moi mauvais comme je suis, ma noblesse de créature divine. Merci, Seigneur, je sais que tu m’as entendu ce soir ! »
Il se relève, le visage baigné de larmes. « Cette décision m’a entièrement transformé, entraînant un changement radical de direction qui a fait de moi un chrétien. Un être neuf, à cause de la grâce et de la miséricorde de Dieu ».
Dès le lendemain matin, il va rendre témoignage à sa mère, puis à sa sœur et son mari. Son changement suscite des réactions diverses chez ses copains et ses collègues. Certains se moquent ouvertement de lui, mais il reste ferme dans sa foi. Il a le bonheur de conduire plusieurs copains à la foi — y compris sa sœur et son beau-frère qui ne voulaient plus lui parler après sa conversion.21
21 D’après Christian Fonck Cap sur la vie Genève, L’eau vive 1979.
Plus tard, Christian est venu se former pour le ministère à l’Institut Emmaüs.
Terry Deene commença sa carrière de chanteur dans un bar de Londres. Un manager le découvrit et lui offrit un contrat. Au bout de quatre mois, il était au sommet. Partout, il recevait des honoraires de rêve. La foule hurlait, les manchettes des journaux le célébraient, le courrier de ses admirateurs augmentait de jour en jour. On l’appelait l’Elvis Presley anglais ; son premier disque atteignit des records de vente, suivi par d’autres et toujours de plus de succès. Ses gages grimpaient, il fut de plus en plus souvent invité, son premier show télévisé le fit connaître à des millions de gens. Mais cette vie trépidante bouleversa son équilibre.
« Je vivais une vie de cache-cache. Terence Williams (son véritable nom) luttait contre Terry Deene. Pendant tout ce temps, je ressentais cette dichotomie intérieure. Je me sentais de moins en moins sûr. Je savais à peine ce qui se passait en moi et j’essayai de surcompenser cette insécurité en devenant extérieurement de plus en plus mondain. Pour me donner de la contenance, je commençai à boire. Je pensais que cela m’aiderait à me détendre, mais ce fut juste le contraire. L’alcoolisme me prit de plus en plus fortement dans ses griffes ». Plusieurs fois, il fut condamné pour ivrognerie et comportement désordonné. Pendant une party, il dut être hospitalisé. « J’étais au pinacle de la gloire — et au bord du désespoir et de l’effondrement total ». Croyant que le mariage le guérirait, il épousa une chanteuse — qui demanda le divorce après quelque temps. Son étoile subit une éclipse. Il alla vivre chez ses parents et commença à lire le Nouveau Testament. Il reçut beaucoup de lettres — dont des lettres de chrétiens qui l’assuraient qu’ils priaient pour lui.
Un jour, en se promenant au Trafalgar Square, il vit une camionnette avec une inscription biblique. Il s’en approcha et commença à parler avec l’un des hommes. Au bout d’un certain temps cet homme lui demanda s’il voulait accepter Jésus-Christ comme son Sauveur personnel. « Je dis : “Oui, je voudrais le faire”. Nous avons prié ensemble. En partant je me sentais comme un homme nouveau. C’était comme si une vie nouvelle était entrée en moi, comme si j’étais né de nouveau ».
Il renonça à ses différents engagements et dit à son manager qu’il ne voulait plus servir que Dieu seul. Il témoigna de sa foi à la radio et à la télévision. « Aujourd’hui, je suis très loin des feux de la rampe et de tout l’éclat d’antan. Mais je suis beaucoup plus heureux qu’alors. Je voudrais seulement aimer Dieu et le servir de tout mon cœur. Je sais que beaucoup de jeunes souhaitent la gloire, la célébrité, les beaux habits et l’argent. Mais aucune de ces choses ne peut réellement satisfaire. Je peux en témoigner. Je les ai goûtées à satiété et, d’après mon expérience amère, je peux dire honnêtement que rien, rien de tout cela n’est comparable à la joie de connaître Jésus-Christ et de vivre en paix avec Dieu ».22
22 D’après Keith Bill Sie suchiten das Glück Wetzlar, H. Schulte 1970, p. 43-50.