Au troisième siècle, Cyprien, l’évêque de Carthage, écrivait à son ami Donatus : « Ce monde est mauvais, Donatus, incroyablement mauvais. Mais j’y ai découvert des hommes paisibles et saints qui ont appris un grand secret. Ils ont trouvé une joie qui est mille fois supérieure à tous les plaisirs de notre vie de péchés. Ils sont méprisés et persécutés, mais cela ne les affecte pas. Ils sont maîtres de leurs âmes, ils ont conquis le monde. Ces hommes, Donatus, sont des chrétiens… et je suis l’un d’eux. »
Si vous vous êtes repentis de vos péchés et si vous avez reçu Christ comme Sauveur, alors vous aussi êtes l’un d’eux.
Au moment où vous vous êtes converti à Christ, plusieurs choses importantes se sont passées, que vous en ayez été conscient ou non. Premièrement, votre péché a été pardonné. En Christ « nous avons la rédemption, la rémission des péchés. » (Colossiens 1.14.) « Vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom. » (1 Jean 2.12.) Partout dans le Nouveau Testament nous voyons que celui qui reçoit Christ comme Sauveur reçoit immédiatement, en don de Dieu, le pardon de son péché. La Bible dit : « Autant l’Orient est éloigné de l’Occident, autant il éloigne de nous nos transgressions. » (Psaumes 103.12.) La seule raison pour laquelle nos péchés peuvent être pardonnés, c’est que Jésus-Christ en a payé la dette complète sur la croix. Il « a été livré pour nos offenses ». (Romains 4.25.)
Le pardon de Dieu, cependant, va beaucoup plus loin que le pardon du péché. Il ne pardonne pas seulement. Il justifie. Cela veut dire que l’homme apparaît vraiment sans faute aux yeux de Dieu. Quelqu’un a dit : « Je suis justifié, et c’est comme si je n’avais jamais péché. » Ma secrétaire emploie souvent une sorte de papier traité chimiquement sur lequel les erreurs peuvent être effacées sans laisser de trace. Dieu traite nos cœurs avec la chimie de sa grâce et efface si bien les erreurs que nous sommes sans tache et sans souillure à ses yeux.
Celui qui met sa confiance en Jésus-Christ paraît innocent devant Dieu. Il est libéré de toute condamnation. Ce n’est pas une question de sentiment, c’est un fait. Vous pouvez appliquer ce verset à vous-même : « Ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ. » (Galates 2.16.) La justification et le pardon sont les dons gratuits de Dieu : ils n’exigent aucun mérite de la part de l’homme ; tout vient de Dieu, c’est une faveur que nous ne méritons pas. Le pardon et la justification nous sont transmis par la foi.
A notre époque où nous souffrons de complexes de culpabilité, peut-être que le mot le plus glorieux qui soit est le mot « pardon ».
Un homme condamné à perpétuité s’échappa d’une prison de l’Etat de l’Oklahoma. Le gardien fit savoir au fugitif qu’il lui offrait une somme de mille cinq cents dollars s’il se présentait à la porte du pénitencier, mais l’offre contenait une attrape : la récompense devait être gagnée et épargnée par l’évadé par son travail à la prison. « S’il vient, nous ferons en sorte qu’il ne s’évade plus, dit le gardien, la justice doit l’emporter. »
Combien différente est l’offre que Dieu fait à tous les fugitifs de la justice divine. Son offre n’a pas d’attrape. « Que le méchant abandonne sa voie… qu’il retourne à l’Eternel… qui ne se lasse pas de pardonner. » (Esaïe 55.7.) La justice civile cherche à « pincer » le criminel, la justice divine veut le libérer. La justice a été satisfaite par la mort de Christ. Tous ceux qui se présentent à Dieu par la foi et par la repentance seront reçus non pas comme des fugitifs mais comme des fils de Dieu « justifiés de toutes choses ». (Actes 13.39.)
Deuxièmement, l’homme nouveau est adopté. « Dieu a envoyé son Fils. afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi afin que nous reçussions l’adoption. » (Galates 4.4-5.) Au moment où nous recevons Christ comme Sauveur, nous recevons la nature divine de fils de Dieu. Nous sommes maintenant co-héritiers avec Jésus-Christ. « Nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption. » (Ephésiens 1.5.) Nous avons maintenant tous les droits d’un fils. Toutes choses dans le Royaume sont à nous pour que nous en jouissions.
Mon ami Roy Rogers et sa femme Dale Evans ont adopté plusieurs enfants. Je leur ai demandé une fois s’ils donnaient les mêmes droits et les mêmes privilèges à leurs enfants adoptés qu’à leurs propres enfants. Ma question sembla les choquer et ils me répondirent : « Bien sûr ! Ils sont à nous autant que ceux qui nous sont nés. Ils ont tous les droits et tous les privilèges de notre propre chair et de notre propre sang. » Nous aussi, nous avons été adoptés dans la famille de Dieu, avec les droits et les privilèges de fils.
Troisièmement, le nouvel homme est habité par le Saint-Esprit. Avant de monter au ciel, Jésus-Christ a dit : « Et moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre consolateur afin qu’il demeure éternellement avec vous. L’Esprit de vérité… vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14.16-17.) Pendant que Jésus vivait sur la terre, sa présence ne pouvait être visible que par un petit nombre de personnes à la fois. Maintenant Christ habite par son Esprit dans les cœurs de tous ceux qui L’ont reçu comme Sauveur. L’apôtre Paul a écrit aux Romains : « Vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. » (Romains 8.9.) Plus tard, il écrivit aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3.16.)
Le Saint-Esprit est donné à chaque croyant — non pas pour un temps limité, mais pour toujours. S’Il nous quittait un seul instant, nous serions profondément affectés.
Avec un certain dédain une dame dit à un pasteur qu’elle avait entendu parler : « Vous n’êtes pas à la page et vous ne marchez pas avec l’esprit de votre temps. » Le pasteur répondit : « Vous avez tout à fait raison, je ne marche pas avec l’esprit de mon temps, mais j’ai en moi le Saint-Esprit. »
On raconte l’histoire d’un petit garçon qui avait récemment accepté Christ. « Papa, demanda-t-il, comment puis-je croire au Saint-Esprit puisque je ne le vois jamais ? » — « Je vais te montrer », dit le père qui était électricien. Il prit Jim à l’usine électrique et lui montra les générateurs. « Voilà d’où vient la force qui chauffe nos fourneaux et qui nous éclaire, nous ne pouvons pas voir cette énergie, mais elle est dans cette machine et dans les lignes », expliqua le père.
— Je crois à l’électricité, dit Jim.
— Bien sûr, répliqua le père, mais tu n’y crois pas parce que tu la vois, mais parce que tu constates ce qu’elle peut faire. De même, tu peux croire au Saint-Esprit parce que tu vois ce qu’Il fait dans la vie des gens quand ils s’abandonnent à Christ et possèdent sa puissance. »
Ainsi, par la foi vous acceptez le fait que l’Esprit de Dieu habite en vous. Il est là pour vous donner une puissance spéciale pour travailler pour Christ, Il est là pour vous donner de la force au moment de la tentation. Il est là pour produire les fruits surnaturels de l’Esprit, tels que « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ». (Galates 5.22-23.) Il est là encore pour vous guider dans le chemin difficile que vous devez parcourir comme chrétien.
Parfois, lorsque je vais en Europe pour une campagne d’’évangélisation, j’y vais par bateau. J’aime ces cinq jours passés sur la mer. Lors de l’un de mes voyages, le capitaine Anderson du United States me mena voir le gyroscope du bateau. « Quand la mer est agitée, dit-il, le gyroscope stabilise le bateau et même quand les vagues atteignent des proportions gigantesques, il aide à maintenir un degré élevé d’équilibre. » En écoutant cela, je pensais combien le Saint-Esprit était semblable à un gyroscope. Que les ouragans de la vie éclatent sur nos têtes, que Satan, l’ennemi, vienne comme une marée, que les vagues du chagrin, de la souffrance, de la tentation et des épreuves se déchaînent contre nous : nos âmes seront maintenues stables et dans une paix parfaite si le Saint-Esprit habite nos cœurs.
Quatrièmement, l’homme nouveau a la possibilité de vaincre la tentation et le péché. « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation, il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10.13.)
La Bible nous enseigne que l’homme nouveau doit avoir « le mal en horreur » (Romains 12.9) et se « dépouiller… du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses ». (Ephésiens 4.22.) Il nous est aussi dit : « n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises ». (Romains 13.14.)
Le grand problème est, cependant, de savoir comment on peut arriver à cela ? Où obtenons-nous une telle capacité et une telle force ?
Cette capacité et cette force nouvelle viennent du Saint-Esprit, qui vit dans chaque vrai croyant. Elles ne sont pas le résultat de notre propre lutte contre la tentation, elles sont la vie de Dieu en nous. Il vit dans nos cœurs pour nous aider à résister au péché. Ce que nous avons à faire, c’est croire et nous abandonner à Lui. La vie chrétienne, à partir de ce moment, c’est une vie par l’activité de la foi. La foi est notre protection et notre défense contre Satan. « Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin. » (Ephésiens 6.16.) La foi nous rend capable de surmonter le monde mauvais qui nous entoure. « Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde. » (1 Jean 5.4.)
La Bible nous enseigne que nous qui sommes chrétiens pouvons être « plus que vainqueurs ». (Romains 8.37.) La force nécessaire pour nos conquêtes et nos victoires est continuellement tirée de Christ. La Bible ne dit pas que le péché est complètement extirpé du chrétien durant cette vie, mais elle affirme que le péché ne régnera plus sur lui. La force et la puissance du péché ont été brisées. Le chrétien a désormais la possibilité de vivre au-dessus et au-delà de ce monde. Les saintes Ecritures enseignent que « quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ». (1 Jean 3.6-9.) Cela me rappelle l’histoire de la petite fille qui disait que lorsque le diable venait frapper à la porte de son cœur avec une tentation, elle envoyait simplement Jésus lui répondre.
Ainsi, avec Jésus-Christ, l’homme nouveau est vraiment nouveau. Qu’est-ce que cela veut dire, être une nouvelle créature ou une nouvelle personne ? Disons immédiatement que l’homme nouveau n’est pas le vieil homme amélioré ou refait. Ce n’est même pas le vieil homme réformé ou remodelé, car Dieu ne fait pas du neuf avec du vieux ni ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. Le nouvel homme, c’est Christ formé en nous. A la création, nous avons été faits à l’image de Dieu. A la nouvelle création, nous sommes recréés à l’image de Christ. L’apôtre Paul a dit : « Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils. » (Romains 8.29.) Cet homme nouveau n’est pas le produit d’un changement psychologique. Selon le psychiatre Ernest White, la conversion chrétienne « a des résultats permanents dans le tréfonds de la personnalité et met l’homme sur le chemin de la sainteté. Un traitement psychologique peut amener un changement émotionnel et mental, mais il n’apporte pas une force nouvelle dans la vie ».
L’homme nouveau a Christ dans le cœur, et cela signifie donc qu’il est le centre de notre être. La Bible emploie le mot « cœur » symboliquement pour parler du domaine affectif. Christ vient transformer nos affections : certaines choses pour lesquelles nous avions auparavant de l’affection disparaissent et d’autres auxquelles nous portons maintenant notre attention sont nouvelles et viennent de Dieu. Si Christ habite le cœur, cela veut dire qu’il habite aussi l’esprit et ses diverses formes de pensée et de détermination. En se transformant en une nouvelle créature, au moment où Christ vient habiter le cœur, la personnalité humaine n’est ni absorbée ni détruite. Au lieu de cela, elle est enrichie et remplie de puissance par cette union avec Christ.
Il y a un problème que les chrétiens rencontrent immédiatement au moment de leur conversion. Certaines personnes s’imaginent qu’elles deviendront tout de suite parfaites puis, elles découvrent qu’elles sont de nouveau tentées, plongées dans les difficultés et même à l’occasion vaincues par la tentation. Elles sont alors découragées, frustrées et remplies d’incertitudes. Elles disent alors que la vie chrétienne n’est pas ce qu’elles pensaient. La Bible déclare bien que l’on peut atteindre une grande maturité mais cela ne veut pas dire que nous serons irréprochables. Ernest F. Kevan a dit : « Le chrétien parfait est celui qui, se rendant compte de son incapacité à arriver, ne renonce pas à atteindre le but. »1
1 Ernest F. Kevan, Salvation (Grand Rapids, Mich Baker Book House, 1963).
« Je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 3.14.)
La Bible dit : « La chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. » (Galates 5.17.) Elle nous montre qu’il y a une lutte spirituelle dans le cœur de chaque croyant. Il est vrai que le chrétien a une nouvelle nature, mais l’ancienne nature est toujours là. C’est à nous de prendre la résolution maintenant, jour après jour, de nous abandonner au règne et à la direction de la nouvelle nature qui est dominée par Christ. Parce que nous sommes une nouvelle création pour laquelle toutes les choses anciennes sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles, nous ne pratiquons plus le péché.
Il peut nous arriver de tomber dans le péché, mais nous le haïssons. La nouvelle nature ne commet pas de péché ; mais quand le chrétien pèche, c’est que son ancienne nature a repris le dessus pendant un moment. Quand le chrétien commet un péché, il est malheureux jusqu’à ce que le péché soit confessé et que la communion avec Dieu soit rétablie. Voilà la différence qu’il y a entre un croyant et un incroyant. L’incroyant pratique le péché et le croyant ne le pratique pas. Il le hait et plutôt que de vivre dans le dérèglement, il cherche à rester fidèle aux commandements de Dieu. Paul a déclaré : « Nous marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. » (Romains 8.4.) Cela signifie que nous devons nous soumettre à la nouvelle nature, au Saint-Esprit qui habite en nous. « Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. » (Romains 6.13.)
Il nous faut constamment nourrir la nouvelle nature avec la Parole de Dieu, et affamer l’ancienne qui se nourrit du monde et de La chair. Il nous est dit : « N’ayez pas soin de la chair » (Romains 13.14) et « Je vous exhorte… à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. » (Romains 12.1.)
Désormais, nous choisissons à partir d’une nouvelle perspective et avec une nouvelle dimension. Quand nous vivons pleinement les privilèges et les forces de notre nouvelle vie en Christ, le péché perd sa maîtrise sur les choix que nous faisons et sur nos dispositions. Le chrétien est sous la domination de Christ et, par conséquent, il vit selon de nouveaux standards avec une puissance nouvelle.
A Londres, un alcoolique fut confié aux soins d’un psychiatre qui abandonna bientôt ses efforts car l’ivrogne ne faisait pas de progrès. L’alcoolique fut invité à assister à nos réunions à Harringay Arena. Il écouta le message de l’Evangile avec étonnement. « Peut-être y a-t-il quelque espoir pour moi », pensa-t-il. Un soir, quand l’invitation fut donnée, il s’avança avec plusieurs autres personnes. Il se convertit et une nouvelle force entra dans sa vie. Ce même soir, avant d’aller se coucher, il tendit la main comme d’habitude pour prendre sa bouteille de liqueur ; mais quelque chose — ou plutôt Quelqu’un — le retint. Il se leva, prit la bouteille et la vida dans son évier. Quand il se réveilla le lendemain, comme c’était son habitude, il tendit de nouveau le bras pour prendre son tonique matinal. Il n’était pas là, mais il n’en fut pas déçu.
Il appela son psychiatre au téléphone et lui dit : « Vous avez perdu un client, Christ m’a sauvé de la boisson, je suis maintenant un homme nouveau. » Le psychiatre lui répondit : « Cela me semble merveilleux. Peut-être pourrai-je aussi trouver de l’aide là où vous l’avez trouvée. Je ne suis pas alcoolique mais j’ai aussi mes besoins et mes problèmes. » Le médecin commença, lui aussi, à assister aux réunions, et lui aussi accepta Christ comme son Sauveur.
Un an plus tard, dans le vestibule d’un luxueux hôtel de Londres, les deux hommes, le psychiatre et l’ancien alcoolique, rendirent témoignage de la puissance salvatrice de Jésus-Christ. Christ les avait gardés l’un et l’autre.
Etre une nouvelle créature en Christ ne signifie pas être changé dans les éléments de la personnalité. C’est un nouveau principe de vie qui a été introduit au centre de l’être, le cœur, et qui dirige la volonté, donne de nouveaux mobiles, un nouveau comportement et de nouveaux idéals.
Il arrive souvent, comme le dit le Dr White, qu’après la conversion, les goûts d’un homme se modifient complètement, non pas par un effort conscient de la volonté ou du choix, mais parce que le changement qui s’est produit a eu lieu à un niveau plus profond. Le chrétien ne désire plus faire certaines choses qu’il faisait auparavant et il ressent très fort en lui le besoin de faire des choses qu’il aurait évitées avant. Parfois cette transformation s’opère d’une manière spectaculaire et soudaine, comme lorsque un alcoolique abandonne sa boisson ou le médisant ses racontars. En d’autres cas c’est un changement graduel croissant dans la vie et dans l’apparence, transformant de plus en plus l’individu à la ressemblance de Christ.
Il y a cinq raisons pour lesquelles nous, qui sommes de nouvelles créatures, voyons disparaître les choses anciennes et apparaître les choses nouvelles. Premièrement, le nouvel homme a une orientation différente. Avant la conversion, il était orienté vers le monde et ses désirs temporaires et matérialistes. Maintenant, il est orienté vers Jésus-Christ et a les idéals élevés de la vie chrétienne.
Deuxièmement, le nouvel homme a de nouveaux mobiles. Avant la conversion, ses mobiles d’action étaient centrés autour de sa volonté et de ses appétits. Il désirait ce qu’il voulait faire, obtenir et être. C’était parfois bon, parfois mauvais, mais c’était habituellement éloigné de Dieu. Maintenant, ses mobiles vont dans le sens de la volonté de Dieu. C’est le mobile le plus haut que l’on puisse avoir dans la vie, et aussi longtemps qu’il nous inspire et nous stimule, nous agissons conformément au caractère des nouvelles créatures que nous sommes.
Troisièmement, le nouvel homme donne une nouvelle direction à sa vie. Avant sa conversion, la direction de sa vie s’éloignait de Dieu. Cela lui était facile de se tromper, et naturel de pécher. Maintenant, sa vie prend une autre direction. « Nous tous aussi… nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair… et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde… nous a rendus à la vie avec Christ. » (Ephésiens 2.3-5.)
Nous avançons maintenant dans la direction de la volonté de Dieu. Des émotions nouvelles et différentes envahissent nos cœurs. Nous trouvons les habitudes pécheresses dépourvues d’attrait et même détestables. Nous progressons vers la justice et la piété. Nous avons des pensées selon Dieu. Nous avançons avec l’esprit du Christ et nous sommes libérés de l’esclavage de l’esprit naturel. Nous n’avons plus d’envie ni de ressentiment, nous devenons plus aimables et pleins de grâce, comme Lui était.
Quatrièmement, le nouvel homme fera l’expérience d’une nouvelle croissance spirituelle et morale. On peut imiter la vie chrétienne par des efforts religieux, mais une fleur artificielle se fait toujours reconnaître. Il y a une différence entre une croissance spirituelle du principe chrétien et sa copie morale. L’une est une croissance, l’autre une addition. Jésus a dit : « Considérez comment croissent les lis. » (Luc 12.27.) Comment croissent-ils ? Ils poussent organiquement, spontanément et automatiquement, sans effort, sans luttes et sans agitation, comme nous, nous grandissons physiquement, sans en être conscients.
Un de mes fils a dit une fois en s’étirant : « Je veux être aussi grand que papa ! », mais ses efforts ne l’ont pas fait grandir d’un millimètre.
Au moment où vous recevez Christ, vous êtes semblables à un bébé spirituel. « Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur. » (1 Pierre 2.2.) Un enfant peut naître dans une famille riche, avoir de bons parents, des frères et des sœurs, des maisons et des terres ; mais au moment de sa naissance, l’important n’est pas de l’informer de toutes ces choses magnifiques. Il y a d’autres choses essentielles qu’il faut faire d’abord. Il doit être nourri parce qu’il a faim et qu’il a besoin de croître. Il doit être protégé parce qu’il est né dans un monde plein d’ennemis. Dans la salle d’accouchement, il est porté avec des gants stérilisés et gardé éloigné de tout contact extérieur.
Un de mes amis européens s’est converti à Christ en lisant La Paix avec Dieu. Il y apprit que le croyant est une nouvelle création, que les choses anciennes sont passées et que toutes choses sont nouvelles. (2 Corinthiens 5.7.) Il déclara : « S’il en est ainsi, je ne ferai aucun effort pour me réformer ou pour faire le bien sinon on croira que je me change moi-même. Je vais éprouver cette promesse de Dieu et voir quels changements Il opérera en moi comme résultat de ma foi. » Il décida de ne nourrir que « l’homme nouveau » en lisant la Bible, en priant et en allant à l’église. La transformation se produisit, non pas par ses efforts personnels, mais par la puissance du Saint-Esprit qui habitait en lui.
Vous êtes un enfant de Dieu. Vous êtes né comme un bébé dans sa famille. Vous vivez un moment stratégique de votre vie, et il y a deux ou trois choses qui vous aideront à vous fortifier pour la bataille qui vous attend et qui vous garderont des attaques de Satan, l’ennemi de votre âme.
1. Il importe que vous édifiez votre âme en lisant les saintes Ecritures. Si vous ne possédez pas de Bible, procurez-vous en une aussi rapidement que possible et commencez à lire le Nouveau Testament. « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier ? En se dirigeant d’après ta parole. » (Psaumes 119.9.) « Je serre ta parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi. » (Psaumes 119.11.) Je vous exhorte à lire et à mémoriser des portions de la Parole de Dieu.
Satan fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous empêcher de lire la Bible et vous faire tomber dans votre vie chrétienne. Dans le passé, il se peut que vous n’ayez pas été attaqué violemment par Satan, mais maintenant, il vous a vu faire ce pas qui l’enrage plus que n’importe quel autre pas. Vous l’avez abandonné pour rejoindre les rangs de ceux qui croient au Fils de Dieu. Vous n’êtes plus sa propriété, vous appartenez à Celui qui vous a acheté et a payé un prix pour vous — le prix de son sang sur la croix. Vous pouvez être sûr que Satan essayera de vous tourmenter. Ses attaques revêtiront des formes diverses et vous ne pourrez les surmonter que si vous utilisez les armes que Dieu vous a fournies. « Prenez… l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu. » (Ephésiens 6.17.) La Parole de Dieu n’est pas seulement une épée offensive, c’est un bouclier protecteur pour éloigner les dards de l’ennemi (Ephésiens 6.16).
C’est pourquoi il est vital pour vous d’étudier les Ecritures. Quand Christ, dans le désert, a été tenté à trois reprises par le diable, Il résista à chaque tentation avec les Ecritures, en disant : « Il est écrit » (Matthieu 4). Si Jésus-Christ a trouvé qu’il était nécessaire de déjouer les attaques de Satan en citant les saintes Ecritures, à combien plus forte raison cette arme puissante vous est-elle nécessaire.
2. Il importe que vous appreniez à prier. Jésus a dit : « Il faut toujours prier. » (Luc 18.1.) Il a dit encore : « Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » (Jean 16.24.) L’apôtre Paul a été jusqu’à dire : « Priez sans cesse. » (1 Thessaloniciens 5.17.) Puisque vous avez pris votre décision pour Christ, vous pouvez maintenant vous adresser à Dieu comme à un Père. Au début, vous n’arriverez pas à prier avec beaucoup de facilité, mais il est très important que vous commenciez immédiatement. Votre première prière peut être à peu près ceci : « O Père, merci d’avoir sauvé mon âme. Je T’aime. Au nom du Christ. Amen. » Elle peut être aussi simple que cela, mais vous verrez que bientôt vous prierez pour tout. Avant qu’il ne soit longtemps, vos prières seront constamment dans votre subconscient. C’est alors que vous commencerez à « prier sans cesse ».
George W. Carver avait l’habitude de se lever chaque matin à quatre heures pour prier. En parlant des bénédictions de ces heures matinales, il disait : « A aucun autre moment de la journée je n’ai une aussi vive compréhension de ce que Dieu a l’intention de faire de moi. C’est alors que j’entends Dieu le mieux et que j’apprends son plan. »
3. Il importe que vous soyez en communion avec d’autres chrétiens. Dieu ne veut pas que vous viviez seul la vie chrétienne. Vous avez besoin d’être dans la communion d’une Eglise. « N’abandonnons pas notre assemblée. » (Hébreux 10.25.) Si vous isolez un charbon ardent, il s’éteindra rapidement, mais si vous mettez ce charbon avec d’autres charbons ardents, il brûlera pendant des heures. Il peut exister dans votre Eglise, et sans que vous le sachiez, une classe biblique ou un groupe de prière. Vous pouvez entrer dans différents groupes chrétiens qui vous procureront de nouvelles amitiés et qui fortifieront votre foi.
Vous êtes maintenant membre d’une fraternité qui s’étend dans le monde entier et qui passe par-dessus toutes les barrières nationales, raciales et linguistiques. J’ai parcouru des sentiers de brousse en Afrique où j’ai rencontré des chrétiens avec lesquels je me suis tout de suite senti frère, bien que la langue, la race et la culture nous aient séparés. Une des grandes joies de ma vie a été de voyager dans le monde entier et de rencontrer des milliers de chrétiens dans chaque pays. Une fois, lorsque j’étais en Russie, je suis allé au cirque de Moscou. La Russie était un des endroits où — je le pensais — personne ne me reconnaîtrait. Pendant que nous regardions le programme, un monsieur très distingué s’approcha et s’assit à côté de moi. Il me dit : « N’êtes-vous pas Billy Graham, l’évangéliste américain ? » Un regard de surprise dans les yeux, je lui dis qu’en effet, il avait raison. « Je suis un membre officiel du Gouvernement hongrois, me dit-il, et je suis venu à Moscou pour affaires. Je désirais que vous sachiez que je crois au Seigneur Jésus-Christ. » C’est tout ce qu’il me dit. Vous pouvez vous imaginer la joie qui jaillit dans mon cœur de trouver un frère en Christ à Moscou ! J’ai découvert que Dieu a son peuple partout sur la terre. Comme il y avait des saints dans la maison de César, de même il y a des saints dans les palais des rois et des dictateurs.
Cinquièmement, le nouvel homme doit avoir un nouvel intérêt social. Cela modifiera vos relations familiales et professionnelles, votre attitude au travail et votre comportement avec votre prochain.
Toute la différence entre le chrétien et le moraliste repose ici-même. Le chrétien travaille à partir du centre, le moraliste à partir de la circonférence. L’un est un organisme dans le centre duquel se trouve une graine plantée par le Dieu vivant. L’autre est un cristal, peut-être très beau, mais seulement un cristal, manquant du principe vital de croissance.
Vous comprendrez maintenant que Dieu s’intéresse aux grands problèmes sociaux de notre époque, tels que l’immoralité, la misère, le racisme et la criminalité. L’apôtre Jacques a dit : « La foi sans les œuvres est inutile. » (Jacques 2.20.) Nos bonnes œuvres témoignent que nous avons reçu Christ. Nous devons visiter les malades, les prisonniers, donner notre amitié aux isolés et chercher à réconcilier ceux qui sont brouillés. Nous essayerons de diriger des vies gâchées vers de nouvelles valeurs, nous nous efforcerons de montrer de l’amabilité, de la courtoisie et de l’amour à ceux qui sont d’une autre race que nous. Nous accepterons de souffrir, d’être persécutés, dénigrés et ridiculisés par un monde hostile qui ne comprend pas ce qui nous fait agir.
C’est une expérience passionnante de vivre cette vie nouvelle avec Christ en nous qui nous rend capables de la vivre. On raconte qu’un homme conduisant une Ford tomba soudain en panne. Il sortit et regarda son moteur mais il ne put trouver la cause de son arrêt. Pendant qu’il attendait de l’aide, une autre voiture apparut et s’arrêta. D’une Lincoln dernier modèle descendit un homme grand et jovial qui lui demanda ce qui se passait. « Je n’arrive pas à faire partir cette Ford », fut la réponse. Le nouveau venu fit quelques retouches sous le capot et puis déclara : « Essayez maintenant. » Le moteur se mit en marche et le propriétaire de la Ford, reconnaissant, se présenta puis demanda :
— Puis-je savoir votre nom, monsieur ?
— Mon nom, répondit le dépanneur, est Henry Ford !
Celui qui avait fait les Ford savait les faire marcher. Dieu nous a faits, vous et moi, et Lui seul sait faire marcher votre vie et la mienne. Sans Christ, nous pourrions faire une catastrophe de nos vies. Quand c’est Lui qui dirige, tout va bien ; sans Lui nous ne pouvons rien.