Un monde en flammes

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LES TÂCHES SOCIALES DU NOUVEL HOMME

Une étude même sommaire de la vie de Jésus nous révèle qu’Il s’intéressait à l’attitude de l’homme devant les problèmes sociaux. Depuis que Jésus a foulé le sol de la terre, le monde a radicalement changé sa conception des problèmes sociaux. A cause de Lui on a pu voir naître le respect de la vie et on a appris à connaître un peu la dignité et la valeur de l’homme. Trois hommes sur cinq que l’apôtre Paul rencontrait dans les rues de Rome étaient des esclaves. Christ a déclaré que chaque individu a une valeur incommensurable aux yeux de Dieu et c’est son message qui en fait a aidé à la libération des esclaves. Il a dit : « Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis ? » (Matthieu 12.12.) C’est Jésus qui nous a enseigné que chaque homme est un enfant de Dieu en puissance. Quand Il était sur la terre, Il ne favorisait personne à cause de sa richesse ou de sa pauvreté. Le rang et les distinctions sociales ne jouaient aucun rôle pour Lui, c’était à l’homme en tant qu’homme que Jésus s’intéressait. En prenant notre nature humaine sur Lui, Il nous montra que nous pouvions devenir ce que Dieu veut que nous soyons.

C’est essentiellement grâce à Jésus que la femme a été élevée à sa position actuelle. Dans bien des civilisations anciennes, la femme était considérée comme ne valant pas beaucoup plus qu’un animal. Une loi de l’Antiquité déclarait : « Jour et nuit les femmes doivent rester dans la dépendance des hommes de la famille. Elles ne sont pas faites pour l’indépendance, elles sont aussi impures que la fausseté elle-même. » La venue de Jésus a changé tout cela. Quelques-uns des disciples les plus fervents furent des femmes : Marie de Magdala, Marie et Marthe, et Jésus les comptait parmi ses amis les plus intimes.

La venue de Jésus a modifié la conduite d’une grande partie du monde. Des chrétiens ont consacré leur vie à aider leur prochain, à soulager la pauvreté, à soigner les malades. Beaucoup d’hôpitaux, d’orphelinats, d’institutions pour les nécessiteux et d’asiles existent à cause de Lui. La conscience sociale de l’homme a été approfondie par sa venue sur la terre. L’histoire de l’Eglise chrétienne, au travers des siècles, avec ses triomphes et avec ses échecs aussi, montre que Christ a sensibilisé la vie du monde, Il a dirigé l’homme dans une direction nouvelle.

Pourquoi alors le monde est-il dans un état si désespéré ? C’est parce qu’il ne veut pas venir à Jésus-Christ pour avoir la vie. Le monde L’a rejeté. Bien sûr, une partie de sa conscience approuve encore Christ, mais sa conduite Le désavoue. Christ ne peut sauver le monde que s’Il vit dans les cœurs des hommes et des femmes, individuellement. Nous parlons abondamment de l’établissement d’un ordre social chrétien, fondé sur une législation et des principes sociaux, comme si nous pouvions le faire descendre du ciel à force d’y travailler. Le Royaume de Dieu ne viendra jamais de cette manière. Si la race humaine se tournait soudain vers Christ, nous aurions immédiatement la possibilité d’avoir un nouvel ordre chrétien sur la terre. Nous envisagerions nos problèmes dans le contexte de la compréhension et de la fraternité chrétiennes. Il est bien clair que les problèmes ne disparaitraient pas mais l’atmosphère dans laquelle nous chercherions leur solution serait complètement changée.

Jésus a vécu au milieu des gens. Il n’a pas craint d’entrer en contact avec eux — avec les meilleurs et avec les pires, avec les malades et les bien portants, avec les grands et avec les humbles. « Un lépreux vint à lui, se jetant à ses pieds… Jésus, ému de compassion, étendit la main et le toucha. » (Marc 1.40-41.) Les lépreux étaient en ce temps-là les gens les plus sales, les plus seuls et les plus délaissés. Imaginez ce que cela a dû être pour ce lépreux de voir Jésus lui tendre la main avec amour et compassion. Probablement qu’aucune autre main humaine ne l’avait touché depuis que sa maladie s’était déclarée.

Celui qui a assez d’amour pour désirer bénir les vies des gens doit en quelque sorte vivre au milieu d’eux. Wilfred Grenfell devint l’ange du Labrador parce qu’il est allé y vivre parmi ses habitants. William Booth a vécu dans l’East End même de Londres. William Seagrave est devenu le célèbre et bien-aimé « Docteur Birmanie » parce qu’il vécut toute sa vie, qu’il fût malade ou en bonne santé, dans un village de Birmanie. Il refusa de retourner chez lui où il aimait pourtant être, de peur de mourir loin du peuple birman. C’est parmi ces gens qu’il mourut le 28 mars 1965, dans un petit village, à quelques kilomètres de la frontière de la Chine communiste.

Si nous voulons toucher les gens de nos communautés, nous devons connaître leurs difficultés, être sensibles à leurs tentations, les soutenir dans leurs chagrins. Jésus-Christ est entré dans l’arène de nos soucis, Il a pleuré avec ceux qui pleurent et Il s’est réjoui avec ceux qui se réjouissent.

C’est la raison pour laquelle je m’intéresse beaucoup à ceux qui travaillent dans les Eglises des villes satellites. Ils ont probablement le ministère le plus ingrat qui soit : affronter des quartiers entiers fourmillant de gens vivant dans des conditions précaires et devant souvent faire face au chômage. Les idées religieuses ont bien peu de signification pour ces gens-là, leurs vies sont totalement désorganisées. Le pasteur de ces villes champignons doit comprendre toutes leurs frustrations et essayer d’entrer avec compassion dans leurs problèmes. Dans les grands immeubles locatifs, capter l’attention des habitants qui sont conditionnés par la télévision, demande des techniques d’évangélisation nouvelles et hardies et des capacités de meneur.

La mission de l’Eglise

Voilà où la tension se fait sentir au sein de l’Eglise. Quelle est sa mission première ? Est-elle rédemptrice ou sociale — ou les deux à la fois ? Certaines personnes soutiennent que même l’évangélisation devrait être réadaptée selon les tendances sociales et les pressions politiques. Nous constatons aujourd’hui qu’une grande importance est donnée aux organisations, aux décisions et aux déclarations ecclésiastiques, et même à la loi, pour appuyer les changements sociaux envisagés par les conducteurs spirituels. Lors de leurs conseils annuels, assemblées ou conventions, la plupart des grandes dénominations protestantes font des déclarations sur des sujets tels que le désarmement, l’éducation, le contrôle des naissances, les Nations Unies ou n’importe quel sujet social ou politique. Très rarement seulement des résolutions sont prises ayant un rapport avec le témoignage rédempteur de l’Evangile.

Il y a ceux qui pensent toujours aux mouvements de masses. Les masses ont des obligations, des devoirs, disent-ils, et des lois doivent être décrétées afin qu’elles prennent leurs responsabilités. Ils pensent que c’est là la partie essentielle de la mission chrétienne. D’autres, par contre, estiment que la mission de l’Eglise n’est pas de donner des directives à la société.

En un certain sens, l’Eglise doit conseiller, avertir et stimuler en proclamant le critère absolu par lequel Dieu jugera l’humanité — les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne — en annonçant aussi le but divin que Dieu recherche par les gouvernements dans une société corrompue et en prêchant tout le conseil de Dieu qui touche l’homme, entièrement, son être physique et son âme. Et pourtant certaines personnes s’opposent violemment à cette position. Il est indubitable que l’Eglise court le danger de ne plus avoir les pieds sur la terre. Nous avons essayé de résoudre tous les maux de la société comme si celle-ci était composée d’hommes régénérés à qui nous étions obligés de donner des conseils chrétiens. Nous commençons à nous rendre compte que même si la loi garantit les droits humains et limite ceux qui violent ces droits, partout où les hommes n’aiment pas cette loi, elle n’est pas respectée longtemps, même si elle n’est pas entièrement rejetée. Ainsi les gouvernements peuvent bien essayer de légiférer un comportement chrétien, mais on découvrira bientôt que l’homme reste inchangé.

La transformation de l’homme est la première mission de l’Eglise. La seule manière de changer les êtres humains c’est de les convertir à Jésus-Christ. Alors ils auront la capacité de vivre à la hauteur du commandement chrétien : « Aime ton prochain. »

Je crains que l’Eglise ne parle de sujets qui ne la concernent pas réellement. Il y a certaines choses que nous savons être mauvaises : l’injustice raciale, la criminalité, les jeux d’argent, la malhonnêteté, la pornographie. Nous devons parler comme des prophètes de Dieu avec la force du tonnerre contre ces choses. Cependant, je ne suis pas sûr que le corps de l’Eglise ait le droit de prendre des décisions politiques, et je ne crois pas que les chefs religieux aient le droit de parler au nom de tous les membres de l’Eglise sans les consulter.

L’Eglise s’est éloignée de son ministère et il en résulte que beaucoup de ses membres sont inquiets et insatisfaits. Certains refusent de donner de l’argent à l’Eglise et d’autres cherchent ailleurs leur nourriture spirituelle. Un grand chef travailliste américain a récemment fait cette confession à un de ses amis : « Je vais à l’église le dimanche, et tout ce que j’entends, ce sont des conseils d’ordre social ; mais mon cœur a faim de nourriture spirituelle. » Un président des Etats-Unis m’a dit qu’il était fatigué d’entendre des prédicateurs donner des conseils sur des affaires internationales sans connaître les faits d’une manière exacte. Il est tout à fait à propos pour un pasteur de donner ses idées personnelles sur n’importe quel sujet, en tant que citoyen, mais le résultat est différent si l’Eglise en tant que telle parle sur tous les sujets sociaux ou politiques qui se présentent, surtout si ces sujets ne présentent pas de problèmes moraux ou spirituels. Des hommes également consacrés et spirituels prennent souvent des décisions opposées.

Je suis convaincu que si l’Eglise revenait à sa tâche principale de prêcher l’Evangile et d’amener les gens à se convertir à Christ, elle aurait une influence beaucoup plus grande sur la structure sociale du monde qu’en faisant n’importe quoi d’autre.

Le ministère de Christ

Dans son Evangile, Luc nous rapporte un incident intéressant du ministère de Christ. « Quelqu’un dit à Jésus, du milieu de la foule : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. Jésus lui répondit : O homme, qui m’a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages ? Puis il leur dit : Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens. » (Luc 12.13-15.)

Voici un cas précis. Un homme présenta un problème économique à Jésus. En ce temps-là, si un homme avait deux fils, l’héritage leur revenait dans la proportion de deux tiers à l’aîné et du troisième tiers au cadet. Dans ce cas-là, il est possible que le plus jeune fils ait réclamé plus que son tiers ou que l’aîné ait pris plus que ses deux tiers légaux. Il est en tout cas peu probable que cet homme soit venu vers Jésus avec une demande injuste ou déraisonnable. Nous lui donnons donc le bénéfice du doute. Sa requête était juste, et qu’a dit Jésus ? « Homme, qui m’a établi pour être votre juge, ou pour faire votre partage ? » Quelle réponse décevante ! Voici un homme ayant un problème économique raisonnable, et Christ le repousse. Il est probablement rentré chez lui en disant à ses amis que Jésus ne s’intéressait pas aux affaires sociales. Il a certainement déclaré que Jésus était froid et indifférent à ses besoins matériels.

C’était un vrai problème économique, un dont l’Eglise parle souvent et au sujet duquel elle prend souvent des résolutions. Jésus a-t-il étudié le problème puis fait une déclaration ? A-t-il étudié cette situation économique ? Non ! Il a répondu avec une apparente indifférence : « Homme, qui m’a établi pour être votre juge ; ou pour faire votre partage ? » En d’autres termes, Jésus lui a dit qu’il n’avait pas été appelé à cette tâche d’arbitre de questions juridiques. Les revendications de son interlocuteur pouvaient ou non avoir été parfaitement justes. Jésus a décidé que cette question devait être tranchée par les autorités.

Puis Jésus s’est tourné vers le thème principal de son ministère et a dit : « Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens. » Nous voyons ici que Jésus a délibérément refusé de se mêler à un problème économique. Il visait quelque chose de beaucoup plus élevé ; il y avait une plainte plus subtile, un problème beaucoup plus profond en jeu.

Les injustices sociales

Il est bien évident que nous voyons partout des injustices sociales aujourd’hui. Mais si Jésus regardait notre vie, Il y verrait quelque chose de plus profond. Il dirait certainement : « Gardez-vous avec soin de toute avarice… gardez-vous de cet esprit d’insatisfaction en face de la vie ; veillez à ne pas toujours désirer davantage, à ne pas regarder la condition des autres et de ne jamais être contents. » Voilà l’attitude sociale de Jésus. Si seulement, nous qui appartenons à l’Eglise, voulions nous attaquer à la racine de nos problèmes, c’est-à-dire la maladie de la nature humaine. Cependant nous sommes devenus de maladroits médecins sociaux, donnant un remède ici, mettant un pansement là sur les plaies du monde, qui se rouvrent toujours ailleurs. Ce dont l’Eglise a grand besoin, c’est d’appeler le grand Médecin qui seul peut poser un diagnostic valable. Il regardera au-dessous des simples éruptions cutanées et se prononcera sur la cause du mal — le péché. Si, nous, les membres de l’Eglise cherchons à lutter contre quelque chose, luttons contre le péché, montrons sa laideur, montrons que Jérémie avait raison quand il disait&nbs;: « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. » (Jérémie 17.9.) Quand on s’est occupé du cœur même, quand cette maladie a été déracinée, alors seulement on peut vivre avec son semblable comme avec un frère.

N’interprétez pas mal ce que je viens de dire. Je crois qu’il faut prendre position dans les questions morales, sociales et spirituelles de notre époque. Je ne prêche jamais devant des auditoires où la ségrégation raciale a été appliquée.

Dans mes croisades, j’ai parlé sur tous les sujets sociaux possibles. J’ai employé mon émission de radio « L’heure de la décision » pour prêcher sur tous les thèmes sociaux de notre époque, des mauvaises conditions de logement jusqu’à la sécurité routière. Cependant, les préoccupations sociales n’ont pas été les thèmes essentiels de mes prédications. Mon idée maîtresse a été la même que celle des premiers apôtres : « Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures. » (1 Corinthiens 15.3-4.)

Quand l’évangéliste Philippe prêcha au noble Ethiopien sur la route brûlante du désert, « Il lui annonça la bonne nouvelle de Jésus. » (Actes 8.35.) Le noble Africain était probablement conduit par des esclaves, et l’esclavage était la plus grande injustice de cette époque-là. Il ne nous est pas dit que Philippe lui ait reproché d’avoir des esclaves, mais qu’il lui a annoncé Jésus-Christ.

A ceux qui avaient faim, Jésus a dit : « Je suis le pain de vie. » A ceux qui avaient soif Il a dit : « Je suis l’eau de la vie. » A ceux qui étaient fatigués Il a déclaré : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11.28.) A celui qui était accablé par son péché Il a dit : « Tes péchés te sont pardonnés » (Matthieu 9.2) et à ceux qui étaient dans le deuil Il a déclaré : « Je suis la résurrection. » (Jean 11.25).

Il y a un autre point qui touche le problème social. L’apôtre Paul a dit : « J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. » (Philippiens 4.11.) Quand il écrivit ceci l’apôtre Paul se trouvait dans une prison romaine. C’est une déclaration étonnante que celle-ci, venant d’un homme qui par ailleurs était si mécontent de sa vie spirituelle qu’il s’appelait lui-même le premier des pécheurs et qui, à une autre occasion, a déclaré qu’il n’avait pas encore remporté le prix mais qu’il courait pour tâcher de le saisir (Philippiens 3.13.)

Que voulait-il donc dire ? Il voulait expliquer qu’il avait trouvé le secret d’être parfaitement satisfait dans n’importe quelle situation où il plaisait à Dieu de le placer. Son bonheur ne dépendait pas des circonstances. Il n’avait pas de rancœur contre la vie quand l’argent manquait, qu’il n’avait pas le confort nécessaire ou encore qu’il était la victime de critiques injustes. Il pensait plus à ce qu’il pouvait donner qu’à ce qu’il pouvait recevoir. Ainsi il pouvait dire honnêtement : « Christ est ma vie. » (Philippiens 1.21.) En d’autres termes, la vie, pour l’apôtre Paul, cela voulait dire Jésus-Christ, Christ à aimer et à servir, Christ à prêcher et à adorer.

Les vraies valeurs

Bien que Christ ait dit que la vie d’un homme ne dépendait pas de ses biens, nous, dans l’Eglise, en arrivons presque à enseigner aux gens que les choses matérielles sont les biens les plus importants de la vie. Je vis dans la région des monts Apalaches qui est considérée comme une contrée pauvre des Etats-Unis. Je connais certaines familles qui n’ont pas autant d’argent que les habitants de New York ou de Philadelphie ; elles sont considérées comme pauvres selon les standards de Wall Street, et cependant elles ont une joie, une paix et un rayonnement profondément enracinés dans leur foi spirituelle qui leur donnent contentement et paix. Je connais aussi des millionnaires à New York, au Texas et en Californie qui ne savent plus comment faire face aux pressions de la vie. Lesquels sont les plus riches ? Qui a le plus de richesse ? Paul pouvait dire de sa prison : « Je suis content. » Qu’y a-t-il de pire qu’un cachot romain, froid et infesté de rats ? Nous, les chrétiens, risquons de renverser l’histoire du fils prodigue. Jésus a dit que le fils prodigue réfléchit, quitta le pays éloigné où il était et retourna vers son père. Au lieu de faire revenir le fils prodigue du pays lointain, nous essayons de lui rendre la vie confortable et heureuse au milieu des pourceaux.

Paul a certainement éprouvé un mécontentement spirituel qui l’a fait avancer toujours plus loin, en dépit de toutes les souffrances possibles, afin de gagner des hommes à Christ. Il est bien évident que nous qui sommes des citoyens chrétiens n’avons pas le droit de nous contenter de notre ordre social aussi longtemps que les principes du Christ ne seront pas appliqués à tous les hommes. Tant qu’un homme ayant droit à la liberté sera asservi, aussi longtemps que les taudis et les ghettos existeront, tant qu’un être humain se couchera le soir en ayant faim et tant que la couleur de la peau sera la prison d’un homme, nous devons ressentir un mécontentement divin.

La responsabilité chrétienne

Nous les chrétiens avons deux responsabilités. La première c’est d’annoncer l’Evangile de Jésus-Christ comme la seule réponse aux besoins les plus profonds de l’homme. La seconde c’est d’appliquer aussi bien que nous le pouvons les principes du christianisme aux conditions sociales qui nous entourent.

Jésus a enseigné que le chrétien est « le sel de la terre » (Matthieu 5.13). Jésus a employé cette image parce que le sel ajoute du goût aux mets et parce qu’il conserve. Certaines nourritures se détérioreraient sans sel. La société se corromprait sans lui : la cupidité, la convoitise et la haine mèneraient le monde dans un véritable enfer s’il n’y avait pas le sel chrétien. Enlevez tous les chrétiens du monde et imaginez le chaos qui surgirait du jour au lendemain. Et c’est partiellement parce que l’Eglise a perdu de sa saveur que nous constatons maintenant une moralité épouvantable et des besoins sociaux si grands. Une pincée de sel a une efficacité sans proportion avec son volume.

Christ a aussi dit : « Vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu 5.14.) Les ténèbres de notre monde deviennent toujours plus opaques. Une seule vraie lumière brille encore, la lumière de Jésus-Christ, qui se réfléchit dans ceux qui croient et s’appuient sur Lui. Jésus Lui-même est venu pour répandre la lumière afin que les hommes voient Dieu par Lui. Ses disciples doivent resplendir et réfléchir sa lumière. Il a dit : « Que votre lumière luise… devant les hommes. » (Matthieu 5.16.)

Christ a indiqué que la lumière et le sel devaient être dans le monde. Les problèmes actuels de notre vie nationale sont sérieux et chaque chrétien a une responsabilité bien définie. Le chrétien est citoyen de deux mondes. A cause de cette double citoyenneté, il nous est dit dans les Ecritures non seulement de prier pour ceux qui sont investis de l’autorité politique mais encore de servir le gouvernement et d’y participer. Le chrétien est le seul vrai porteur de lumière dans le monde. De même que le sel risque de perdre sa saveur, de même la lumière court le danger de se perdre dans les ténèbres si elle n’est pas entretenue ou si on ne la laisse pas briller. La vie des premiers chrétiens était leur témoignage invincible. Le monde peut réfuter une croyance mais il ne peut pas discuter une vie transformée.

C’est ce que fait le simple Evangile de Jésus-Christ quand il est prêché avec la puissance et l’autorité du Saint-Esprit.

Le chrétien non seulement suit Christ et apprend à Le connaître, mais il doit aussi agir. Le monde juge le chrétien par sa vie et non par ce qu’il croit : ses actes sont une manifestation de sa foi. L’apôtre Jacques a dit : « Quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. » (Jacques 2.18.) On demanda une fois à un évangéliste s’il ne trouvait pas que le monde allait de mal en pis. Il répondit : « S’il se détériore, je suis décidé à ce que ce soit malgré moi. » Nous pouvons paraphraser cette déclaration : « Si le monde va à sa ruine, alors ce sera en dépit de l’Evangile de Christ et de ceux qui se confient en Lui. »

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