La promesse donnée au geôlier de Philippes (Ac 16.31) n’impliquait pas un salut automatique de sa famille (par un baptême d’enfants que l’on aurait réveillés à cette heure tardive de la nuit). Mais la foi d’un membre de la famille porte nécessairement des fruits que les autres membres ne peuvent manquer de remarquer. Celui qui laisse le Seigneur régner dans sa vie fait envie aux autres d’être comme lui. De fait, il suffit souvent de la conversion d’un seul membre pour qu’une grande partie de sa parenté se tourne vers le Seigneur — parfois après un temps de violente opposition. Car un vrai disciple du Christ prie aussi régulièrement pour le salut de tous les membres de sa grande famille.
C’est l’expérience qu’a faite Werner Heukelbach, l’athée militant qui avait trouvé la foi en Jésus. Sa joie était ternie d’un souci : « Que va dire ma femme ? Va-t-elle se moquer de toi et rendre ta foi ridicule ? Sera-t-elle même prête à rester avec toi, elle qui vient d’une pieuse famille catholique ? Je priai de tout cœur au Seigneur : “Donne-moi une occasion de parler calmement à ma femme” ».
Le lendemain, il prit son courage à deux mains et dit à sa femme : « Ecoute, j’ai quelque chose à te dire ? S’il te plaît : ne m’interromps pas ». Puis il lui raconta comment il s’était tourné vers le Seigneur. A la fin, elle lui demanda : « Existe-t-il aussi quelque chose d’analogue pour moi ? J’y aspire également ». Werner dit : « Cela me rappela la promesse : “Tu seras sauvé, toi et ta famille”. Pendant les jours suivants, je passai des heures de la nuit à prier pour le salut de ma femme. Après quatre jours, elle vint me dire : “J’ai été délivrée de ma détresse intérieure. A présent, je peux aussi croire que le Seigneur Jésus est mon Sauveur”.
» Plusieurs années passèrent. Un jour ma fille aînée vint me dire : “Moi aussi, je voudrais donner mon cœur au Sauveur”. A cette époque, un réveil avait lieu parmi les enfants de mon village. Des réunions tenues par l’Armée du salut furent le moyen de sauver un certain nombre d’enfants — dont ma fille.
» Quelques années plus tard, je tenais des réunions sous une tente dans une ville d’Allemagne de l’ouest. Mon fils était venu en visite. Il prit part aux réunions pour les enfants et décida de confier les jeunes années de sa vie au Seigneur.
» Encore quelques années s’écoulèrent. Une autre fille me dit : “J’ai vu chez vous, mes parents et chez mes frères et sœurs plus âgés que le chemin que vous avez choisi donne joie et bonheur et mène finalement à la vie éternelle”.
Finalement, la plus jeune de mes filles vint également me dire : “Moi aussi, je voudrais marcher avec le Seigneur” ».25
25 W. Heukelbach Von Gottesleugner zum Evangelisten Kassel, Oncken Verlag 1954, p. 25-27.