Abraham l’ami de Dieu

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La mort d’Abraham

(Genèse 25.7-11)

« Abraham atteignit l’âge de cent soixante-quinze ans, puis il rendit son dernier soupir. Il mourut au terme d’une heureuse vieillesse, âgé et comblé, et rejoignit ses ancêtres. Ses fils Isaac et Ismaël l’enterrèrent dans la caverne de Makpéla, dans le terrain d’Ephrôn, fils de Tsohar, le Hittite, qui se trouve vis-à-vis de Mamré, ce champ qu’Abraham avait acheté aux Hittites. Abraham fut enterré là à côté de sa femme Sara. Après la mort d’Abraham, Dieu bénit son fils Isaac qui s’établit près du puits de Lachaï-Roï » (Genèse 25.7-8).

La vie des patriarches se situe dans une ère où les gens savaient écrire. La notation de leur âge ne rentre donc pas dans le domaine des « légendes orales » sujettes à exagérations. Même actuellement, certaines personnes vivent encore longtemps. Dans les années 1970, il y avait déjà plus de 10000 centenaires aux Etats-Unis et depuis, la durée moyenne de la vie n’a cessé d’augmenter. On a noté qu’un certain Thomas Parr avait atteint 152 ans. On n’est pas trop loin des 175 ans d’Abraham ! Vu la vie saine qu’il a menée et l’environnement non pollué dans lequel il a vécu, son grand âge ne paraît pas si incroyable – surtout si nous pensons à une grâce spéciale accordée à notre « père dans la foi »1

1 Faut-il prendre littéralement l’âge d’Abraham – comme le grand âge des autres patriarches ? Voir l’entrée Genèse 12.4 dans l’EDB I.

L’expression « il rejoignit ses ancêtres » (v. 8) signifie plus que « fut enterré dans le caveau familial » (puisque seule Sara s’y trouvait). A la lumière du Nouveau Testament, cette expression signifie qu’il entra en communion avec les croyants qui l’avaient précédé. « Dieu est le Dieu des vivants ». Cette expression implique-t-elle la croyance en l’immortalité à l’époque d’Abraham ?

Les auteurs critiques ont nié que, à une époque si ancienne, on ait déjà adoré un seul Dieu et cru en l’immortalité de l’homme. Les découvertes archéologiques d’Ebla ont prouvé que le monothéisme était répandu bien avant l’an 2000 av. J.-C. L’idée que la vie de l’âme continuait après la mort était partagée par beaucoup de peuples du temps d’Abraham : les Sumériens, les Babyloniens, les Egyptiens et d’autres. L’expression « se coucha avec ses pères » ne peut pas signifier que l’on a mis son cadavre dans le même tombeau que ses ancêtres : Abraham avait quitté Our-en-Chaldée, qui était à des centaines de kilomètres de l’endroit de sa mort. Il est impensable que l’on ait transporté son cadavre jusqu’à Our pour l’enterrer là-bas. Ce n’est pas la seule référence à une vie après la mort à cette époque-là. Le livre de Job est probablement le livre le plus ancien de l’AT, et les événements qu’il relate se situent avant l’époque d’Abraham et des patriarches. Or, dans Job 19.25-26, Job exprime clairement sa certitude qu’il verrait Dieu après sa mort. Il s’attendait donc à une résurrection des morts. (D’après GH, p. 54-55).

Dans l’AT, « être réuni avec ses pères » se dit toujours d’une mort paisible. La doctrine juive de l’au-delà se fonde sur cette expression. D’après cela, « l’au-delà est la véritable patrie de l’homme ; ici-bas, c’est l’exil durant les années d’épreuves, d’où l’esprit retourne après son pèlerinage et se trouve accueilli dans le cercle de ceux qui l’attendaient » (Hirsch, Genesis, p. 391).

Cette expression témoigne de la foi des patriarches en une vie future après la mort. Hébreux 11.13, 16 parle clairement de la foi des patriarches dans une vie future : après avoir évoqué la foi d’Abraham et de Sara, l’auteur de la lettre aux Hébreux conclut : « C’est dans la foi que tous ces gens sont morts sans avoir reçu ce qui leur avait été promis. Mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient eux-mêmes étrangers et voyageurs sur la terre… En fait, c’est une meilleure patrie qu’ils désirent, c’est-à-dire la patrie céleste ». Une autre preuve de la croyance en une survie est l’avertissement solennel depuis l’époque de Moïse contre la pratique de consulter les morts. Quel sens aurait eu un tel avertissement si les morts n’existaient plus ? « Dès le milieu du second millénaire av. J.-C., les Israélites savaient que la vie après la mort était une réalité, c’est pourquoi ils ont été avertis de ne pas chercher à entrer en contact avec quiconque avait passé de ce monde dans l’autre. Abraham mourut et fut enterré ; mais il rejoignit aussi la communauté des croyants décédés avant lui. Aucun détail ne nous est donné sur la nature de cette communauté, mais les expressions : ‘être recueilli auprès des siens’ et ‘aller rejoindre ses pères’ ne sont pas de simples euphémismes pour la mort, sans implication théologique. Les preuves vont dans le sens opposé » (W. Kaiser, Hard Sayings of the Bible, p. 129).

Questions

  1. Qu’est-ce qui nous montre qu’Abraham croyait en une vie future ?
  2. Quelles autres preuves avons-nous d’une croyance à une vie après la mort dès cette époque ?
  3. Le grand âge d’Abraham fait-il partie des « éléments mythiques » du récit ? Qu’est-ce qui peut nous amener à l’accepter comme un fait ?

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