Abraham l’ami de Dieu

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Abraham et le Nouveau Testament

Que retient le Nouveau Testament de la vie et de l’exemple d’Abraham ?

Si l’on en juge par les citations de l’histoire d’Abraham dans le Nouveau Testament, c’est incontestablement sa foi, c.-à-d. sa confiance en Dieu que les auteurs de la nouvelle alliance retiennent. Le verset Genèse 15.6 : « Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » est cité trois fois dans le Nouveau Testament :

Romains 4.3 : « Prenons l’exemple d’Abraham, l’ancêtre de notre peuple, selon la descendance physique. Que pouvons-nous dire à son sujet ? Quelle a été son expérience ? S’il a été déclaré juste en raison de ce qu’il a fait, alors certes, il peut se vanter. Mais ce n’est pas ainsi que Dieu voit la chose ! En effet, que dit l’Ecriture ? Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste ».

Galates 3.5-7 : « Lorsque Dieu vous donne son Esprit et qu’il accomplit parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous obéissez à la Loi ou parce que vous accueillez avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue ? Or, il en a déjà été ainsi pour Abraham, car l’Ecriture déclare à son sujet : Il a eu confiance en Dieu et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste. Comprenez-le donc : seuls ceux qui placent leur confiance en Dieu sont les fils d’Abraham ».

Jacques 2.23 : « L’Ecriture déclare à son sujet : Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste, et il l’a appelé son ami ».

Que faut-il faire pour être sauvé ? Telle est la question angoissée qu’un directeur de prison a posée une nuit à deux détenus qu’il avait entendus chanter les louanges de Dieu avant un tremblement de terre qui a ouvert toutes les portes des cellules : « Crois au Seigneur Jésus, lui répondirent-ils, et tu seras sauvé, toi et les tiens » ou « Fais confiance à Jésus le Seigneur » pour ton salut comme pour ta situation présente. Paul lui a sans doute expliqué ce que cela signifiait de faire confiance à Jésus qui a porté nos péchés sur la croix, Esaïe 53 : « c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (v. 5).

Comment avoir l’assurance du salut ? Faire confiance dans la parole de Dieu. L’apôtre Jean a écrit : « Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu » « Celui qui ne croit pas Dieu fait de lui un menteur, puisqu’il ne croit pas le témoignage que Dieu rend à son Fils. Et qu’affirme ce témoignage ? Il dit que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5.10-13).

Comment remporter la victoire sur le péché ? Dieu nous dit : « L’homme que nous étions autrefois a été crucifié avec le Christ afin que le péché dans ce qui fait sa force soit réduit à l’impuissance et que nous ne servions plus le péché comme des esclaves » (Romains 6.6), puis l’apôtre Paul nous demande de saisir ce fait par la foi : « Considérez-vous comme morts pour le péché, et comme vivants pour Dieu dans l’union avec Jésus-Christ » (v. 11).

Ne pas se fier à la parole de quelqu’un c’est faire de lui un menteur, c’est la pire des injures que nous puissions lui faire. Alors que faire confiance à sa parole, même lorsqu’elle est difficile à croire, c’est l’honorer, lui donner un témoignage d’amitié. C’est parce qu’Abraham a eu confiance en Dieu que « Dieu l’a appelé son ami » nous dit Jacques.

Si ce principe de la confiance est déterminant pour notre salut, il l’est également pour toute notre marche chrétienne. Pourquoi Abraham a-t-il par deux fois fait un faux pas en faisant passer sa femme pour sa sœur ? Parce qu’il avait peur qu’on le tue pour lui ravir sa femme. Donc il n’avait pas confiance en Dieu pour le garder.

Par contre lorsque Kedorlaomer et les trois autres rois mésopotamiens ont emmené Lot avec tous les habitants de Sodome, il ne s’est pas dit : « Je n’ai que 318 hommes, jamais je ne pourrai vaincre ces quatre rois qui ont vaincu tous les rois de la plaine ». Il s’est dit : Lot est mon neveu, il est en danger, je dois donc lui venir en aide ; ma cause est juste, donc Dieu m’aidera. Et il a réussi à vaincre les quatre rois et à les mettre en fuite, à récupérer tous leurs captifs et leur butin.

L’épreuve suprême se présenta à Abraham lorsque Dieu lui a demandé : « Prends Isaac, ton fils unique, que tu aimes, et va au pays de Morija. Là, tu me l’offriras en sacrifice sur l’une des collines, celle que je t’indiquerai » (Genèse 22.2). Il ne s’est pas dit : « Voyons, ce n’est pas logique : Dieu me promet une descendance nombreuse. Je n’ai qu’un seul fils et il veut que je le sacrifie ! »

Non, « le lendemain, Abraham se leva de grand matin, sella son âne et emmena deux de ses serviteurs ainsi que son fils Isaac ; il fendit du bois pour l’holocauste, puis il se mit en route en direction de l’endroit que Dieu lui avait indiqué » (v. 3).

Lorsqu’il vit « le lieu dans le lointain, alors il dit à ses serviteurs : Restez ici avec l’âne ; le garçon et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer Dieu, puis nous reviendrons vers vous ». Comment pouvait-il dire cela ? N’avait-il pas l’intention d’obéir à l’ordre de Dieu ? La suite du récit nous montre qu’il a été jusqu’à lever son couteau sur Isaac avec l’intention de le tuer. Alors ? Hébreux 11.17-19 nous donne la réponse : « Par la foi, Abraham a offert Isaac en sacrifice lorsque Dieu l’a mis à l’épreuve. Oui, il était en train d’offrir son fils unique, lui qui eu la promesse, et à qui Dieu avait dit : C’est par Isaac que tu auras une descendance. Dieu, estimait-il, est assez puissant pour ressusciter un mort ».

Il a eu confiance que Dieu pouvait ressusciter son fils s’il le sacrifiait puisqu’il lui avait dit que c’est par lui qu’il aurait une descendance.

C’est cette même foi qui lui a fait répondre à son fils qui lui demandait : « Voici le feu et le bois, dit-il, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » « Abraham répondit : Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste » (22.7-8).

Le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux illustre ce principe par l’exemple d’hommes et de femmes de l’ancienne alliance : Abel, Hénoc, Noé (qui a construit un bateau loin de la mer parce que Dieu le lui avait demandé), Joseph (qui a demandé à être enterré dans le pays que Dieu avait promis à ses descendants), « Moïse, devenu adulte, a refusé d’être reconnu comme le fils de la fille du pharaon. Il a choisi de prendre part aux souffrances du peuple de Dieu plutôt que de jouir momentanément d’une vie dans le péché » (v. 24). Les Israélites qui ont répandu « du sang sur les portes pour que l’ange exterminateur ne touche pas leurs fils aînés », qui se sont lancés dans la mer Rouge pour la traverser à pied sec, qui ont fait le tourde la ville de Jéricho s’attendant à Dieu pour la leur livrer, Rahab, « Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes » qui ont tous fait confiance à Dieu. Ils « ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation de promesses, fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l’épée. Ils ont été remplis de force alors qu’ils étaient faibles. Ils se sont montrés vaillants dans les batailles, ils ont mis en fuite des armées ennemies », tout ceci « par la foi » c.-à-d. en faisant confiance à Dieu.

Tout au long de l’AT, nous trouvons ce principe de la foi-confiance dans nos relations avec Dieu. Il est particulièrement apparent dans les Psaumes : combien de fois nous y lisons des expressions comme « je me tourne vers toi, je me confie à toi, j’ai confiance en ta Parole, tu es mon rocher, ma haute retraite, j’ai mis en l’Eternel mon espérance, heureux l’homme qui place en l’Eternel sa confiance, en toi mon âme cherche un refuge, j’espère en toi, oui, c’est en Dieu que mon âme se confie », « O Dieu, tu es mon Dieu ! C’est toi que je recherche. Mon âme a soif de toi, mon corps même ne cesse de languir après toi ».

Partout, c’est la même note : confiance, espérance. C’est finalement ce qui distingue le croyant du non-croyant : il met son attente en Dieu alors que le non-croyant ne s’attend qu’à lui-même, à ses propres forces, à son intelligence, son argent et, éventuellement, à ses amis.

Cette « doctrine de la justification par la foi », redécouverte par les Réformateurs, qui se base sur l’exemple d’Abraham, est le fondement de toute vie chrétienne. Celui qui croit en Christ passe par la nouvelle naissance et commence une nouvelle relation avec Dieu. C’est pour quoi Abraham se trouve en premier aux sources de notre foi et qu’il a été appelé « le père des croyants ».

Questions

  1. Quelles leçons retenons-nous des trois citations de l’exemple d’Abraham dans le Nouveau Testament ?
  2. Comment l’assurance du salut est-elle liée à la justification par la foi ?
  3. Comment « faire confiance à Dieu » s’applique-t-il encore à d’autres domaines qu’au salut ?

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